Litige de terrain : ce qui se vérifie avant de payer
Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin, et le litige de terrain est l’un des motifs les plus anciens pour lesquels on venait déjà voir mon père. Aujourd’hui il arrive d’Europe : des économies de dix ans envoyées pour une parcelle, et un jour la nouvelle qu’elle a été revendue, occupée, ou qu’elle n’a jamais existé. Voici ce que ma tradition regarde, ce qu’elle ne peut pas faire, et surtout les vérifications qui évitent trois cas sur quatre, avant de payer.
Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Prêtre vodun et bokonon du FâPlus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.
Écrire à Maître LucUn litige de terrain se prévient bien plus qu’il ne se règle : trois situations sur quatre se voient avant l’achat.
Les quatre pièges sont toujours les mêmes : le terrain revendu, le terrain occupé, le terrain sans bornes, et celui qui n’a jamais existé.
Maître Luc n’agit jamais contre un vendeur ni contre un occupant, et ne promet aucune décision de justice. L’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
- Le plan des parcelles
- Les huit vérifications avant de payer
- Le relevé du terrain
- Quand c’est un proche qui s’en occupe
- Les recours quand c’est déjà fait
- Ce que je fais pour vous
- Le travail au temple, étape par étape
- Ce que l’examen révèle
- La terre et la coutume
- Avant de bâtir sur cette terre
- Les huit erreurs qui coûtent le plus
- Ce que je propose selon votre situation
- Questions fréquentes
Litige de terrain : le plan des parcellesQuatre terrains, quatre histoires
Voici ce que je fais situer en premier à ceux qui m’écrivent pour un litige de terrain, parce que la suite n’est pas la même selon la case.
Ce que ce plan sert à voir. Pas si vous récupérerez votre terrain, personne ne peut le dire. Seulement dans quelle case vous êtes, parce que la démarche n’est pas la même : la deuxième relève des autorités locales, la troisième d’un constat urgent sur place, et la quatrième d’une plainte. Se tromper de case fait perdre des années.
Litige de terrain : les 8 vérifications avant de payerCe qui évite trois litiges sur quatre
Je ne suis ni notaire ni juriste. Voici simplement ce que trente ans de dossiers m’ont appris sur le litige de terrain, et ce que je fais vérifier à tous ceux qui m’écrivent avant d’acheter.
- Savoir qui vend, vraiment. C’est la première protection contre un litige de terrain. Pas celui qui parle, celui qui a le droit de vendre. Demandez qui d’autre est héritier de cette terre, et exigez que tous signent. Une vente signée par un seul frère sur cinq n’est pas une vente.
- Voir le document officiel, pas une photocopie. Sans lui, tout litige de terrain est perdu d’avance. Selon les pays, cela porte des noms différents. Le principe est le même partout : un papier reconnu par l’administration, à jour, et au nom du vendeur. Faites-le vérifier auprès du service concerné, pas seulement lire.
- Aller voir les bornes. Un terrain sans bornes finit toujours en litige de terrain. Physiquement. Un terrain sans bornes visibles est un terrain dont les limites se discuteront un jour, toujours en votre défaveur puisque vous n’êtes pas là.
- Interroger les voisins immédiats. Ils savent quel litige de terrain dort sur cette parcelle. Les trois ou quatre parcelles autour. Ce sont eux qui savent qui a déjà revendiqué cette terre, et ils le disent volontiers à quelqu’un qui demande poliment.
- Passer par les autorités coutumières. Chef de village, chef de terre, notables selon la région. Dans une grande partie des campagnes, rien ne se règle sans eux, et une vente qu’ils ignorent est fragile.
- Payer devant témoins, et jamais tout d’un coup. C’est ce qui limite un futur litige de terrain. Un acompte, puis le solde une fois les vérifications faites et le document établi. Un vendeur honnête comprend cela ; celui qui exige tout immédiatement vous dit quelque chose.
- Faire établir un acte par un professionnel. Un papier manuscrit ne tient dans aucun litige de terrain. Notaire, huissier, ou l’équivalent selon le pays. Un papier manuscrit signé sous un arbre ne vous protégera pas, même s’il a été signé de bonne foi.
- Mettre le bien à votre nom. Sans cela, le litige de terrain viendra de votre propre famille. Pas au nom de votre frère « en attendant ». C’est le point qui fait perdre le plus d’argent à la diaspora, et j’y consacre une section entière plus bas.
Ce que je conseille à ceux qui ne peuvent pas se déplacer
- Payez quelqu’un d’indépendant pour aller voir. C’est la dépense qui évite le plus de litiges de terrain. Un professionnel du droit ou un géomètre local, pas un membre de la famille. Cela coûte peu au regard de ce qui est en jeu, et c’est la meilleure dépense du dossier.
- Demandez des photographies datées avec un repère. Le vendeur devant les bornes, le journal du jour, un point de repère visible. Cela paraît méfiant, cela ne coûte rien et cela a sauvé beaucoup de gens.
- Ne financez jamais sur la seule parole d’une vidéo. Beaucoup de litiges de terrain commencent ainsi. Il est très facile de filmer un terrain qui ne vous sera jamais vendu.
- Prenez votre temps. L’urgence est l’arme de ceux qui vendent ce qui ne leur appartient pas. L’urgence est l’arme principale de ceux qui vendent ce qui ne leur appartient pas : une autre personne est intéressée, il faut décider ce soir. Une terre attend, toujours.
Litige de terrain : le relevé en 16 pointsSeize points pour savoir où vous en êtes
Voici la liste que je parcours avec ceux qui me parlent d’un litige de terrain. Cochez ce qui est vrai pour votre parcelle.
Ce que ce relevé sert à voir. Pas si le terrain est à vous : cela se tranche sur place, sur pièces. Seulement s’il faut agir en urgence, faire vérifier, ou porter plainte. Et une chose que je répète : la première dépense à faire n’est pas un rite, c’est un professionnel indépendant qui va sur le terrain.
Quand c’est un proche qui s’en occupeLa configuration la plus fréquente et la plus coûteuse
Je le dis avec ménagement, parce que cela touche des familles entières : la majorité des dossiers de litige de terrain que je reçois passent par un proche resté au pays.
Pourquoi cela tourne mal si souvent
- Personne ne contrôle personne. C’est ainsi que naît la majorité des litiges de terrain de la diaspora. Ce n’est pas une question de malhonnêteté au départ. C’est qu’aucun compte n’est demandé, aucun papier n’est exigé, et qu’on ne va jamais vérifier.
- Le bien est mis à son nom « pour aller plus vite ». Et il y reste. Des années après, il est propriétaire en droit, vous êtes propriétaire en confiance, et le jour où il y a un désaccord, seul le droit compte.
- L’argent des travaux se dilue. Des envois réguliers pour un mur, une dalle, un toit, et au bout de cinq ans le chantier en est au même point. Personne ne ment vraiment, personne ne tient de comptes non plus.
- Il finit par se considérer copropriétaire. C’est un litige de terrain qui commence sans que personne le dise. Parce qu’il a surveillé, négocié, couru les bureaux pendant que vous étiez loin. Ce sentiment est parfois légitime, et il n’a jamais été discuté.
- Le décès change tout. Un litige de terrain naît souvent d’une succession non prévue. S’il meurt avec le bien à son nom, ce sont ses héritiers qui héritent, pas vous. C’est ainsi que des familles se déchirent, et c’est traité dans le guide sur les successions.
Ce que je conseille, et qui fâche parfois
- Le bien à votre nom, toujours. C’est la meilleure prévention d’un litige de terrain. Ce n’est pas de la méfiance, c’est ce qui protège la relation. Dites-le ainsi, exactement.
- Une procuration écrite plutôt qu’un arrangement. Si quelqu’un doit agir pour vous, que ce soit encadré par un professionnel, avec des limites précises.
- Un budget annoncé et des reçus. Pour chaque tranche de travaux. Demander des reçus n’est pas insultant : c’est ce qui permet de continuer à s’aimer.
- Rémunérez celui qui s’occupe de tout. Un travail jamais payé finit en litige de terrain. Franchement, à un montant convenu d’avance. Beaucoup de conflits naissent d’un travail réel jamais reconnu ni payé.
- Parlez-en avant, pas après. Un litige de terrain se prévient au début, pas au bout de trois ans. Poser ces règles au début se fait bien. Les poser après trois ans passe pour une accusation.
Litige de terrain : les recours quand c’est faitDans quel ordre agir
Je ne suis ni juriste ni avocat, et les procédures varient d’un pays à l’autre. Voici l’ordre qui fonctionne le mieux dans les dossiers de litige de terrain que je vois.
Litige de terrain : ce qu’il faut faire dans la semaine
- Rassembler toutes les traces. Tout litige de terrain se gagne ou se perd là-dessus. Actes, reçus, transferts, messages, photographies, noms des témoins présents le jour de la vente. Numérisez tout et sauvegardez-le ailleurs que sur votre téléphone.
- Faire constater l’état actuel. Par un huissier ou l’équivalent local, avec des photographies datées. Si quelqu’un construit, chaque semaine qui passe rend la situation plus difficile à défaire.
- Écrire au vendeur, calmement et par écrit. En rappelant la date, la somme et ce qui avait été convenu. Sans menace : ce message sera lu par d’autres.
- Prendre un avocat sur place, pas un intermédiaire. C’est la dépense qui règle le plus de litiges de terrain. Un professionnel inscrit, que vous choisissez vous-même, et à qui vous parlez directement. C’est la dépense qui change tout.
Les voies qui existent
- Le règlement coutumier. Il tranche beaucoup de litiges de terrain sans tribunal. Chef de village, chef de terre, conseil des notables. C’est souvent la voie la plus rapide et la moins chère, et dans beaucoup de villages c’est la seule qui soit vraiment respectée.
- La conciliation devant l’autorité locale. Beaucoup de litiges de terrain se règlent là, sans tribunal. Mairie, arrondissement, service du domaine selon le pays. Beaucoup de dossiers se règlent là, sans tribunal.
- Le service foncier de l’administration. Sa vérité prime dans tout litige de terrain. Pour faire vérifier ce qui est enregistré et au nom de qui. C’est la vérité administrative, et elle prime dans un tribunal.
- La plainte, si l’on vous a vendu ce qui n’existait pas. Vendre deux fois la même parcelle ou vendre le bien d’autrui est une infraction dans à peu près tous les pays. Une plainte fait souvent revenir un vendeur disparu.
- Le tribunal, en dernier. Un litige de terrain jugé à distance coûte cher et dure. Long et coûteux, surtout à distance. Ne vous y engagez pas sans un avocat qui vous a dit honnêtement ce que vaut votre dossier.
Et la question que personne n’ose poser
Faut-il continuer ou s’arrêter. Je réponds franchement à ceux qui me le demandent : quand la somme engagée dans la procédure dépasse la valeur du terrain, quand le dossier repose sur un papier manuscrit sans témoin, ou quand cela vous empêche de dormir depuis trois ans, il faut au moins poser la question. Renoncer à une terre n’est pas déshonorant, et c’est traité dans le guide sur l’argent qu’on ne récupère pas.
Litige de terrain : ce que je faisConcrètement, et à ma place
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans.
Litige de terrain : je commence par le dossier
Ceux qui m’écrivent pour un litige de terrain ont souvent perdu des années d’économies et n’osent pas le dire à leur entourage d’ici. Je vous laisse tout raconter, y compris ce que vous vous reprochez d’avoir cru. Je réponds moi-même, et cette écoute est gratuite.
Puis nous regardons ensemble le plan des parcelles et le relevé, et je vous dis franchement ce qui relève d’un avocat sur place. Dans une majorité de cas, c’est par là qu’il faut commencer, et je le dis même si cela ne me rapporte rien.
J’examine par le Fâ ce qui entoure cette terre
Je procède à l’examen par le Fâ, l’art divinatoire de ma tradition et le cœur de mon métier de bokonon. Il porte sur vous et sur ce qui est resté ouvert autour de cette terre. Il ne porte jamais sur le vendeur ni sur l’occupant : je ne demande ni leur nom ni leur photographie, et si vous me les envoyez, je ne les utilise pas.
Ce que le Fâ regarde relève de ce que ma tradition sait traiter : une terre vendue sans l’accord de tous les ayants droit, un partage jamais réglé entre deux branches d’une famille, une parole donnée devant les anciens et jamais tenue, des morts enterrés sur cette terre dont personne n’a reparlé, un lieu qui appartenait à autre chose avant d’être vendu. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit.
Et je conduis les rites que la terre demande
Quand l’examen montre quelque chose, je conduis au temple les gestes que ma tradition prévoit : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes déposées, les libations versées pour ceux qui étaient là avant, et la veillée quand le cas le demande. Chez nous, une terre a une mémoire et des anciens : c’est à eux que l’on s’adresse, jamais contre quelqu’un.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer, et il ne bouge plus. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Et je le dis clairement : aucun rite ne fait signer un juge, ne fait démolir un mur, ni ne remplace un avocat. Ce que je conduis se situe ailleurs, et je préfère le dire d’emblée.
Le travail au temple, étape par étapePour que vous sachiez à quoi vous attendre
Voici le déroulement complet d’un travail sur un litige de terrain quand on m’écrit depuis la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.
Deux choses propres à ce sujet. Je ne conduis aucun travail dirigé vers un occupant ou un vendeur, quelle que soit la somme proposée : sur les terres, ces demandes-là ont fait couler du sang et je n’y prends aucune part. Et je ne prends pas l’argent de quelqu’un qui n’a pas encore fait vérifier son dossier sur place, parce que cet argent-là doit servir à un avocat.
Litige de terrain : ce que révèle l’examenSix choses que le Fâ met au jour
Voici ce qui ressort le plus souvent quand j’examine quelqu’un pris dans un litige de terrain.
- Une terre vendue sans l’accord de tous. C’est la première cause de litige de terrain que je trouve. C’est le premier, et de loin. Un aîné a vendu ce qui appartenait à toute une fratrie, parfois de bonne foi, parfois non. Tant que les autres n’ont pas été entendus, rien ne tient, ni en droit ni chez nous.
- Un partage jamais réglé entre deux branches. Votre litige de terrain est plus vieux que vous. La parcelle que vous avez achetée est au milieu d’un contentieux qui date d’avant votre naissance. Vous n’y êtes pour rien et vous l’avez acheté quand même.
- Une parole donnée devant les anciens et jamais tenue. Beaucoup de litiges de terrain viennent de là. Une promesse faite au moment d’un partage ou d’un décès, dans laquelle cette terre était engagée. Chez nous, cela pèse davantage qu’un papier.
- Des morts sur cette terre dont personne n’a reparlé. C’est fréquent et personne ne le dit à l’acheteur. Une terre où reposent des gens ne se traite pas comme un lot vide, et cela se règle par des gestes précis.
- Un lieu qui servait à autre chose avant. Un endroit consacré, un arbre, une source. Cela ne rend pas la terre mauvaise : cela demande simplement d’être reconnu avant de bâtir.
- Et très souvent, rien de tout cela. Un vendeur malhonnête, un acheteur trop confiant, un dossier mal ficelé. Cela relève d’un avocat et pas de moi. Je le dis franchement et je n’accepte pas votre argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Qui vous a présenté ce vendeur. Combien d’héritiers avait la personne qui possédait la terre avant. Y a-t-il eu un décès dans cette famille juste avant ou juste après la vente. Que vous a-t-on dit sur ce qu’il y avait sur ce terrain autrefois. Les anciens du village ont-ils été informés. Et une question qui met souvent mal à l’aise : qu’est-ce que vous saviez et que vous avez préféré ne pas creuser.
Cette dernière n’est pas un reproche. Presque tous ceux qui achètent de loin ont eu un doute à un moment, et l’ont écarté parce que c’était un proche qui parlait. Le dire une fois soulage plus qu’on ne croit.
La terre et la coutumeCe que ma tradition dit d’un sol
On me demande souvent pourquoi un litige de terrain devrait concerner un prêtre. Voici ma réponse.
Ce que ma tradition tient pour vrai
- Une terre n’appartient jamais à un seul homme. C’est pourquoi tant de litiges de terrain naissent d’une seule signature. Elle appartient à une lignée, aux vivants et à ceux qui sont partis. C’est pourquoi une vente signée par un seul héritier ne tient pas, chez nous comme dans les faits.
- Une terre a une mémoire. C’est ce que ma tradition regarde dans un litige de terrain. Ce qui s’y est passé avant compte : ce qui y a été enterré, ce qui y a été promis, ce qui y a été juré. On demande avant de bâtir, et c’est ce que je conduis au temple.
- On demande la permission aux anciens du lieu. C’est ce qui prévient les litiges de terrain, chez nous. Pas seulement au vendeur. Dans nos villages, on va voir le chef de terre, et ce geste-là vaut plus que beaucoup de papiers.
- Ce qui a été pris se rend, tôt ou tard. C’est le principe le plus constant de ma tradition, et c’est aussi pourquoi je ne conduis jamais rien qui aiderait à garder ce qui appartient à un autre.
Ce que ma tradition ne dit pas, malgré ce qu’on entend
- Qu’un rite règle un litige de terrain en faisant partir un occupant. Ce n’est pas ce qui m’a été transmis, et c’est ce qu’on vend le plus cher sur les conflits de terre.
- Qu’on puisse gagner un litige de terrain en protégeant la parcelle contre les vivants. Ce qui protège une terre, c’est un titre à votre nom, une clôture et un gardien.
- Qu’il faille frapper celui qui a construit. Ces demandes-là existent, elles sont graves, et je les refuse toutes. Un homme qui accepterait cela contre votre adversaire l’accepterait contre vous.
Ce que je peux, c’est demander pour vous ce qui n’a pas été demandé, refermer ce qui a été laissé ouvert, et alléger ce que cette affaire a posé sur vous. C’est étroit, c’est ancien, et c’est vrai.
Ce qu’on demande à une terre avant de bâtir
Après le litige de terrain : avant de bâtirCe qui se fait chez nous, et pourquoi
Une fois le litige de terrain écarté et la parcelle bien à vous, il reste un moment que la diaspora escamote presque toujours.
Ce que les anciens faisaient avant la première pierre
- On demandait au lieu. Pas au vendeur : au lieu lui-même et à ceux qui y étaient avant. Un mot dit, un peu d’eau versée, la permission demandée à voix haute. C’est le geste le plus simple et le plus ancien de tous.
- On informait les anciens du village. C’est ainsi que naissent, ou pas, les litiges de terrain. Chef de terre, doyen du quartier, voisins immédiats. Un chantier qui commence sans que personne n’ait été salué démarre mal, et pas seulement spirituellement : c’est ainsi que naissent les contestations.
- On regardait ce qu’il y avait avant. Beaucoup de litiges de terrain viennent de ce qu’on n’a pas demandé. Un arbre ancien, une source, une tombe, un lieu qui servait à quelque chose. Cela ne rend pas une terre mauvaise : cela demande simplement d’être reconnu.
- On marquait le premier jour. Ce repas évite plus de litiges de terrain qu’un mur. Un repas partagé avec les ouvriers et les voisins. Vous n’imaginez pas ce que ce repas règle d’avance en matière de bon voisinage.
Ce que je conseille à ceux qui bâtissent de loin
- Faites poser ces gestes par un aîné de votre famille. En votre nom, à la date que vous fixez ensemble. Cela se fait très bien à distance et cela compte autant.
- Ne commencez pas un chantier un jour de deuil dans la famille du vendeur. Cela paraît anodin d’ici et cela ne l’est pas là-bas.
- Saluez les voisins avant les ouvriers. Ils vous éviteront un litige de terrain en votre absence. Ce sont eux qui surveilleront votre mur pendant vos six ans d’absence, gratuitement, ou pas du tout.
- Prenez des photographies à chaque étape. Elles servent le jour d’un litige de terrain. Datées. C’est utile pour les comptes, et c’est utile le jour où quelqu’un prétend avoir construit à votre place.
- Et si quelque chose vous a été signalé sur ce terrain, écrivez-moi avant de bâtir. Une tombe, un ancien lieu consacré, une histoire que les voisins racontent. Cela se traite avant, calmement, et cela évite d’avoir à le traiter après.
Les huit erreurs qui coûtent le plusCe que je vois dans presque tous les dossiers
Voici ce qui transforme un achat en litige de terrain, ou un litige en gouffre.
- Payer avant de vérifier. C’est la mère de tous les litiges de terrain. L’erreur mère, celle dont découlent toutes les autres. Une fois l’argent parti par transfert, votre position s’effondre.
- Mettre le bien au nom d’un proche. C’est ce qui produit le plus de litiges de terrain dans la diaspora. Toujours provisoire, jamais corrigé. C’est ce qui fait perdre le plus d’argent à la diaspora.
- Se contenter d’un papier manuscrit. Aucun litige de terrain ne se gagne avec cela. Signé sous un arbre, avec deux témoins qui ont déménagé depuis. Cela ne pèsera rien le jour où il faudra prouver.
- Laisser la parcelle nue pendant des années. C’est ainsi qu’un bon achat devient un litige de terrain. Sans clôture, sans gardien, sans visite. Dans beaucoup d’endroits, une terre vide finit par être considérée comme libre.
- Envoyer de l’argent pour des travaux sans reçus. Des tranches successives, aucun compte, et un chantier qui n’avance pas.
- Menacer publiquement. Aucun litige de terrain ne s’est jamais réglé sur les réseaux. Sur les réseaux, devant la famille, au village. Cela durcit tout le monde et cela vous met en tort.
- Envoyer quelqu’un « régler ça ». C’est ainsi qu’un litige de terrain devient une affaire de sang. C’est ainsi que des affaires de terre deviennent des affaires de sang. Je refuse absolument toute demande de ce genre, et je vous demande d’y renoncer aussi.
- Attendre en espérant que cela s’arrange. Aucun litige de terrain ne se règle par le temps. Le temps travaille toujours pour celui qui occupe, jamais pour celui qui est loin.
Ce que je propose selon votre situationQuatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Tous ceux qui me parlent d’un litige de terrain ne reçoivent pas la même réponse de ma part.
Vous n’avez pas encore acheté
Ce que je fais : je vous donne les huit vérifications et je n’engage rien. C’est de très loin la réponse la plus utile de cette page, et elle ne me rapporte rien. Faites vérifier par un professionnel indépendant avant de verser quoi que ce soit.
Quelqu’un occupe ou revendique la parcelle
Ce que je fais : je vous envoie faire constater l’état des lieux et prendre un avocat sur place, cette semaine. Le temps joue contre vous. Je reste disponible ensuite, et l’examen du Fâ ne coûte rien de toute façon.
Le dossier est bloqué depuis des années dans la famille
Ce que je fais : c’est ici que mon travail sert. Nous cherchons ce qui n’a jamais été réglé entre les branches, ce qui a été promis devant les anciens, ce qui a été laissé ouvert au moment d’un décès. Quand l’examen le montre, je conduis au temple les gestes dus à la terre et à ceux qui étaient là avant.
Vous voulez que j’agisse sur celui qui occupe
Ce que je fais : je refuse, et je prends le temps d’expliquer. Sur les terres, ces demandes-là ont fait des morts, et celui qui accepterait contre votre adversaire accepterait contre vous demain. Puis nous parlons de ce qui peut réellement bouger votre dossier.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Ce qu’on vend sur les conflits de terreEt pourquoi je fais autrement
Quelqu’un qui a perdu dix ans d’économies dans un litige de terrain paierait n’importe quoi pour les récupérer.
- Le terrain promis récupéré avec une date. Vous rentrerez dans vos droits avant telle saison. Personne ne peut le savoir, et cette phrase seule doit vous faire partir.
- Le travail contre l’occupant, vendu à qui subit un litige de terrain. Pour qu’il parte, pour qu’il tombe malade, pour que son chantier s’arrête. Je refuse absolument : c’est une atteinte à une personne, et sur ce terrain-là les choses dégénèrent vite.
- La protection posée sur la parcelle contre paiement. On vous propose de la rendre inconstructible pour les autres. Ce qui protège une terre est un titre, une clôture et un gardien.
- Le juge influencé, promis à qui subit un litige de terrain. On vous parle d’un travail pour faire pencher une décision. C’est faux, et si c’était vrai ce serait un délit dans lequel vous seriez impliqué.
- La demande de photographies du vendeur ou de l’occupant. Fuyez. Je ne les accepte jamais et aucun praticien honnête n’en a besoin.
Ma façon de faire est l’inverse : je situe le dossier, j’envoie vers un avocat sur place, je refuse tout ce qui vise une personne, et je dis très souvent qu’il n’y a rien à traiter de mon côté. Ce sujet est développé dans le guide du cadre écrit.
Ce que racontent ceux qui m’écrivent aprèsHuit constats
Beaucoup de personnes me réécrivent des mois après m’avoir parlé d’un litige de terrain. Voici ce qui revient.
- Un avocat sur place a débloqué le litige de terrain en trois mois. C’est le retour numéro un, et presque tous avaient d’abord essayé de gérer par téléphone avec la famille pendant des années.
- Tous les héritiers n’avaient pas signé. C’est le fond de la plupart des litiges de terrain. Chez ceux dont la vente était contestée, c’est le motif le plus fréquent, et cela se régularise parfois en réunissant les frères.
- Le règlement coutumier a suffi à trancher le litige de terrain. Le chef de terre a tranché, les deux parties ont accepté, et personne n’est allé au tribunal.
- Ils avaient payé sans jamais voir le document. C’est le regret le plus fréquent, et personne n’ose l’avouer à sa famille d’ici.
- Mettre le bien à son nom a sauvé la relation. Contrairement à ce qu’ils craignaient, le proche qui gérait n’a pas été vexé : il a été soulagé.
- Il y avait un partage jamais réglé à l’origine du litige de terrain. Chez ceux où l’examen a montré quelque chose, c’est le motif que je rencontre le plus.
- Certains ont renoncé au litige de terrain et vont mieux. Parce que la procédure allait coûter plus que la parcelle, et qu’ils ont récupéré leurs nuits.
- Aucun ne regrette de n’avoir envoyé personne « régler ça » dans leur litige de terrain. Y compris ceux qui étaient venus pour cela, en colère.
Une dernière chose, pour celui ou celle qui lit cette page en pensant à une parcelle achetée il y a des années. Vous n’avez pas été bête : on vous a parlé avec les mots de la famille, et ces mots-là désarment tout le monde. Faites deux choses cette semaine : rassemblez toutes vos traces dans un seul dossier, et prenez un avocat sur place, choisi par vous. Le reste, ce qui est resté ouvert autour de cette terre, je peux le regarder avec vous. Écrivez-moi, cela ne coûte rien.
Ce que je fais : je vous écoute moi-même et gratuitement, je situe votre dossier dans le plan des parcelles, je vous oriente vers les démarches et les professionnels sur place, j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert autour de cette terre, et je conduis au temple de Sakété les gestes dus aux anciens du lieu quand l’examen l’indique.
Mes règles : je n’agis jamais contre un vendeur, un voisin ou un occupant, et je refuse toutes les demandes de ce genre sans exception. Je ne demande ni n’accepte le nom ou la photographie d’un tiers. Je ne promets aucune décision de justice et je ne suis ni juriste ni avocat. Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour
Comment éviter un litige de terrain ?
En vérifiant avant de payer : qui vend vraiment, ce que dit le document officiel, si les bornes existent, ce que dit le voisinage.
Faut-il confier l’achat à un frère au pays ?
C’est la configuration la plus risquée, non par malhonnêteté mais parce que personne ne contrôle personne. Le bien doit être à votre nom.
Que faites-vous concrètement ?
Je situe votre dossier, je vous oriente vers un avocat sur place, et j’examine ce qui est resté ouvert autour de cette terre.
Pouvez-vous agir contre l’occupant ?
Non, jamais. Sur les terres, ces demandes-là ont fait des morts, et je n’y prends aucune part.
Que valent les chefs coutumiers ?
Beaucoup, dans les faits. Dans nos villages, leur parole règle ce que les tribunaux mettraient des années à trancher.
Un terrain acheté il y a longtemps est-il perdu ?
Pas nécessairement. Rassemblez vos traces, retrouvez les témoins de la vente, et faites examiner le dossier sur place.
Que demandez-vous pour travailler ?
Votre nom, votre date de naissance et votre photographie, plus l’histoire de l’achat. Jamais celles du vendeur ni de l’occupant.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Aucune décision de justice n’est promise, aucune date n’est annoncée.
Racontez-moi cette parcelle
Qui vendait, ce que vous avez signé, et ce qui s’est passé depuis. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je vous dirai franchement ce qui relève d’un avocat.
Gratuit · confidentiel · sans engagement · plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.


