rituel de protection
Guide de référence · lecture libre

Conflit de voisinage : ce que je refuse et ce que je propose

Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin, et l’on m’écrit régulièrement au sujet d’un conflit de voisinage. Le bruit, les insultes, les regards, les poubelles, les enfants, les travaux qui ne finissent jamais. Je commence par ce que personne ne veut lire : je n’agirai jamais contre votre voisin, et c’est pourtant la demande que je reçois neuf fois sur dix. Voici ce que je fais à la place, pourquoi ce refus vous protège, et les recours gratuits que presque personne ne connaît.

Écrit par Maître Luc, prêtre vodun de Sakété À l’état civil Wêtê Agbonon Mis à jour le 19 août 2026 Lecture 32 minutes
Maître Luc, Wêtê Agbonon à l'état civil, prêtre vodun de Sakété consulté pour un conflit de voisinage Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Prêtre vodun et bokonon du Fâ
Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Vu à la télévisionReportage de France 24, émission Plan B, janvier 2026 Un lieu réelTemple de Sakété, au Bénin, et non une adresse anonyme Écoute et examen gratuitsSans limite de temps, et sans aucune relance ensuite Il refuse plutôt qu’encaisserSi un travail ne peut rien pour vous, il le dit et n’accepte pas votre argent

Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.

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En résumé

Un conflit de voisinage monte par marches, et l’on ne redescend presque jamais après la quatrième, celle des représailles.

Le recours gratuit le plus efficace est le conciliateur de justice, méconnu et pourtant décisif dans une grande partie des cas.

Maître Luc n’agit jamais contre un voisin, quelle que soit la somme. Il examine ce qui pèse sur celui qui consulte. L’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.

Pourquoi je n’agirai pas contre votre voisin

Dans un conflit de voisinage, la demande arrive presque toujours sous la même forme : qu’il déménage, qu’il ait des ennuis, qu’on lui rende ce qu’il fait subir. Je comprends parfaitement d’où cela vient, et je réponds non.

Parce que ce n’est pas ce que ma fonction m’a transmis. Un prêtre vodun sert une divinité et une communauté. Agir en secret contre quelqu’un, c’est exactement ce que nos traditions appellent la sorcellerie, et c’est ce contre quoi nous protégeons.

Parce que celui qui accepte contre lui accepterait contre vous. Réfléchissez une seconde : un praticien qui prend de l’argent pour nuire à un inconnu prendra celui de votre voisin le mois suivant. Mon refus vous protège autant qu’il protège l’autre.

Parce que cela ne règle rien. Même en admettant que quelque chose se produise, votre voisin reste votre voisin. Il habitera toujours au-dessus, et vous vivrez avec la peur qu’il ait compris.

Et parce qu’un conflit de voisinage se règle par d’autres voies, gratuites, légales et bien plus efficaces qu’on ne le croit. C’est tout l’objet de cette page.

Conflit de voisinage : les six marchesEt celle après laquelle on ne redescend plus

Voici ce que je fais situer en premier à ceux qui m’écrivent pour un conflit de voisinage : à quelle marche vous en êtes, car la réponse n’est pas la même.

Un conflit de voisinage monte toujours dans le même ordreChaque marche paraît une réaction normale à la précédente. C’est ce qui rend l’escalade si difficile à voir de l’intérieur.
1ledésagrément2l’agacement3lapremièreremarque4lesreprésailles5laguerreouverte6laprocédureon ne redescend presque jamais après cette marcheLES SIX MARCHES D’UN CONFLIT DE VOISINAGE
Le désagrémentTout conflit de voisinage commence ici : un bruit, une odeur, un passage. Ce n’est encore rien, on se dit que cela s’arrangera. C’est le moment où une simple conversation règle presque tout, et c’est le moment où personne ne parle.
L’agacementLe conflit de voisinage s’installe : cela recommence, on commence à guetter, à sursauter au moindre bruit. L’attention se fixe et le désagrément grossit. Beaucoup de gens en sont là depuis des mois quand ils m’écrivent.
La première remarqueSouvent mal dite, parce qu’on a attendu trop longtemps et qu’elle sort avec toute la colère accumulée. C’est la dernière marche où tout peut encore se régler simplement.
Les représaillesIl tape au plafond, vous mettez la musique plus fort. C’est le point de bascule d’un conflit de voisinage : à partir d’ici, chacun se considère comme la victime de l’autre, et plus personne ne redescend spontanément.
La guerre ouverteInsultes, courriers, plaintes croisées, voisins pris à témoin, immeuble partagé en deux camps. Le sujet occupe les conversations et empêche de dormir.
La procédureDernière marche du conflit de voisinage : constats, avocats, tribunal, parfois pendant des années. Deux personnes qui se croisent chaque jour finissent devant un juge pour une histoire de haie ou de tapage.

Pourquoi cette échelle compte. Si vous êtes aux trois premières marches, une conversation bien menée règle encore la plupart des situations. À partir de la quatrième, il ne faut plus chercher à convaincre l’autre : il faut passer par un tiers, et c’est précisément à quoi sert le conciliateur de justice. Se tromper d’étape fait perdre des années à des gens épuisés.

Le tri des nuisancesCe qui peut être établi et ce qui ne le sera pas

Voici la liste que je parcours avec ceux qui me parlent d’un conflit de voisinage. Cochez ce que vous subissez réellement.

Ce que vous subissezCochez ce qui est vrai chez vous. Le constat s’affiche en dessous. Rien n’est enregistré, et je ne suis pas juriste : ceci vous oriente, cela ne remplace pas un avis professionnel.
Ce qui se constate et s’établit
Ce qui est difficile à faire reconnaître
Cochez ce que vous subissezSoyez précis et honnête : ce tri ne juge pas votre souffrance, il regarde seulement ce qui pourra être établi devant un tiers et ce qui ne le pourra pas.

Ce que ce tri sert à voir. Pas si vous avez raison de souffrir, vous en avez le droit dans tous les cas. Mais un tiers, conciliateur, bailleur ou juge, ne peut agir que sur ce qui se constate, se date et se prouve. Beaucoup de gens perdent des années à vouloir faire reconnaître ce qui ne l’est pas, au lieu de traiter ce qui l’est.

Ce qu’il faut noter, à partir d’aujourd’hui

  • La date et l’heure exacte. Chaque fois, sans exception. Un carnet ou une note sur votre téléphone suffit.
  • Ce qui s’est passé, en une phrase factuelle. Sans adjectif, sans jugement. Bruit de perceuse de vingt-trois heures à minuit vaut mieux que il m’empêche de vivre.
  • La durée. Elle compte beaucoup pour caractériser un trouble.
  • Qui d’autre l’a constaté. Un autre voisin, un membre de la famille, un gardien.
  • Ce que vous avez fait. La date de la conversation, la copie de la lettre, l’appel passé.

Ce carnet est ce qui fait la différence quand un conflit de voisinage arrive devant un tiers. Sans lui, vous aurez une histoire ; avec lui, vous aurez des faits.

Ce qui se joue entre deux portes

Conflit de voisinage : les recours dans l’ordreDu plus simple au plus lourd, et presque tous gratuits

Je ne suis ni juriste ni avocat, et je vous indique seulement les portes qui existent. Un conflit de voisinage se traite presque toujours par les premières.

Parler, une fois, calmement

Choisissez un moment neutre, pas au moment du bruit. Sonnez, parlez du fait précis, pas de la personne. Dites l’effet sur vous, demandez ce qui est possible, et remerciez même si la réponse est mauvaise. Une conversation sur deux règle le problème à ce stade, et personne ne la tente.

Écrire, simplement

Si parler n’a rien donné, une lettre courte et polie, en gardant une copie. Elle sert deux choses : elle rappelle le fait, et elle constitue une trace datée. Ne mettez aucune insulte et aucune menace, jamais : votre lettre pourrait un jour être lue par un tiers.

Passer par le bailleur ou le syndic

En logement social ou en copropriété, ils ont des obligations et des moyens que vous n’avez pas. C’est souvent la voie la plus rapide, et beaucoup de locataires ignorent qu’ils peuvent simplement signaler par écrit.

Le conciliateur de justice

C’est la voie la plus efficace et la moins connue. En France, le conciliateur de justice est gratuit, il se saisit en mairie ou en ligne, et il réunit les deux parties pour trouver un accord. Une grande partie des conflits de voisinage se règle là, sans avocat, sans tribunal et sans frais. Dans plusieurs cas, cette démarche est même exigée avant toute action en justice.

La mairie et les services compétents

Pour le bruit, l’insalubrité, un chien dangereux, des dépôts, un brûlage. Selon la commune, un service ou la police municipale peut se déplacer et constater.

La police et la plainte

Pour tout ce qui touche aux menaces, aux violences, aux dégradations et au tapage nocturne. Ce n’est plus un conflit de voisinage à ce stade, c’est une question de sécurité, et il faut y aller sans hésiter.

Le constat et la voie judiciaire

Un commissaire de justice peut établir un constat, et une action est possible. C’est long et coûteux, et c’est pourquoi tout ce qui précède compte tant.

Une remarque qui vaut pour tout : dans plusieurs de ces démarches, une aide juridictionnelle existe selon les ressources, et des permanences juridiques gratuites sont proposées dans les mairies et les maisons de justice. Renseignez-vous avant de renoncer pour des raisons d’argent.

Conflit de voisinage : ce que je fais pour vousConcrètement, et à ma place

Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans.

Conflit de voisinage : d’abord être écouté

Un conflit de voisinage a ceci de particulier qu’on s’en lasse autour de vous. Au bout de quelques mois, la famille change de sujet, les amis trouvent que vous exagérez, et vous vous retrouvez seul avec quelque chose qui occupe toutes vos soirées.

Quand vous m’écrivez, je vous laisse tout raconter, depuis le début, avec les détails qui vous paraissent ridicules. Je réponds moi-même, et cette écoute ne se paie pas.

Ensuite trier avec vous et vous orienter

Face à un conflit de voisinage, nous regardons ensemble à quelle marche vous en êtes, ce qui peut être établi, et quelle porte pousser en premier. Beaucoup de gens repartent avec le nom du conciliateur de justice, sans que rien n’ait été engagé ni payé.

Je le fais parce que ma charge me l’impose. Vendre un rite à quelqu’un qui a besoin d’un conciliateur, c’est lui prendre son argent et le laisser dans sa situation.

Puis l’examen par le Fâ, sur vous

Je procède à l’examen par le Fâ, l’art divinatoire de ma tradition et le cœur de mon métier de bokonon. Il porte sur vous et sur votre logement, jamais sur le voisin. Je ne demande jamais son nom, sa photographie ou quoi que ce soit qui le concerne, et si vous me l’envoyez, je ne l’utilise pas.

Ce que le Fâ regarde relève de ce que ma tradition sait traiter : une installation faite sans les gestes d’usage, un lieu qui portait déjà quelque chose avant vous, une parole prononcée sous ce toit lors d’une dispute, une répétition dans votre histoire. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit.

Enfin les rites d’apaisement

Quand l’examen montre quelque chose, je conduis au temple les rites que ma tradition prévoit pour un lieu et pour ceux qui l’habitent : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes et les libations, les gestes d’apaisement du seuil et de la demeure. Ce travail porte sur votre foyer et sur vous, et il tient dans une phrase : que ce qui vous atteint cesse de vous atteindre, sans que rien n’atteigne personne d’autre.

Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer. Et si l’examen ne montre rien à traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent, ce qui est fréquent sur ce terrain où beaucoup de choses relèvent du droit et non de moi.

Le travail au temple, étape par étapePour que vous sachiez à quoi vous attendre

Voici le déroulement complet d’un travail sur un conflit de voisinage quand on m’écrit depuis la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.

De votre premier message au compte rendu que je vous faisRien ne commence sans votre accord écrit, et une demande contre le voisin est refusée dès le premier message.
Vous me racontez le conflit avec ses datesDepuis quand, ce qui se passe exactement, ce que vous avez déjà tenté et ce que cela a donné. Les dates comptent autant que les faits.
Je vous dis d’emblée ce que je ne ferai pasRien contre votre voisin, jamais. Je préfère le dire au premier message plutôt que de laisser croire et d’encaisser. Beaucoup de gens s’arrêtent là, et je le comprends.
Nous situons la marche et les recoursOù vous en êtes dans l’escalade, ce qui peut être établi, quelle porte pousser en premier. Cette étape ne coûte rien et règle une bonne partie des situations.
Je réunis ce qu’il faut pour l’examen, sur vous seulVotre nom, votre date de naissance et une photographie de vous. Dans ma tradition, le visage de celui qui consulte compte pour l’examen et pour les prières. Elle reste chez moi, elle n’est jamais publiée ni transmise. Rien concernant le voisin n’est demandé ni accepté.
J’interroge le Fâ sur vous et sur votre logementAu temple, avec l’opèlè. L’examen ne décrit pas votre voisin, ne dit pas ce qu’il pense et ne le désigne jamais comme responsable de quoi que ce soit.
Je conduis les rites d’apaisement du foyerPrières adressées aux vodun de ma maison, offrandes et libations, gestes d’apaisement du seuil et de la demeure. Je le fais moi-même, dans le lieu où j’ai été initié, et rien de ce que je fais ne vise une personne.
Je vous rends compte et je reste joignableCe qui a été fait, et les gestes qui vous reviennent chez vous. Vous pouvez me réécrire sans nouveau paiement, y compris les soirs où cela recommence.

Deux choses propres à ce sujet. Je refuse la photographie de votre voisin et toute information le concernant, quelle que soit l’insistance. Et si votre récit contient des menaces ou des violences, je vous oriente vers la police avant toute autre chose, parce que cela ne relève plus d’un conflit de voisinage mais de votre sécurité.

Racontez-moi votre situationDepuis quand, ce qui se passe, ce que vous avez déjà tenté. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
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Conflit de voisinage : ce que l’examen révèleSix choses que le Fâ met au jour

Voici ce qui ressort le plus souvent quand j’examine la situation de quelqu’un pris dans un conflit de voisinage.

  • Une installation faite sans rien marquer. C’est ce que je trouve le plus souvent derrière un conflit de voisinage. Un emménagement dans l’urgence, après une séparation ou une expulsion. Chez nous, on ne s’installe pas dans un lieu sans dire ce qu’on vient y faire, et cela se rattrape. C’est développé dans le guide sur la maison.
  • Un lieu qui portait déjà quelque chose. L’ancien occupant était en conflit avec le même voisin, ou quelque chose de lourd s’y est produit avant vous. Demander qui habitait là avant est souvent instructif.
  • Une parole prononcée sous ce toit. Une menace, une malédiction lancée dans une dispute, une promesse rompue devant témoins dans ce logement.
  • Une répétition qui vous appartient. Chez certaines personnes, le conflit de voisinage s’est produit dans trois logements successifs. Ce n’est jamais agréable à entendre et je le dis avec précaution : chez certaines personnes, le conflit avec le voisinage s’est produit dans trois logements successifs. Cela mérite d’être regardé, sans jugement.
  • Un épuisement qui déborde d’ailleurs. Un deuil, une perte d’emploi, une séparation. Le voisin devient alors l’endroit où toute la fatigue se concentre, et le conflit grossit à mesure que le reste va mal.
  • Et très souvent, rien du tout. Vous avez simplement un voisin difficile, ce qui arrive à beaucoup de gens et ne relève pas de moi. Je le dis franchement, je n’accepte pas votre argent, et je vous oriente vers ce qui marche.

Les questions que je pose et que personne ne pose

Depuis quand habitez-vous là et comment vous y êtes-vous installé. Qui occupait le logement avant vous et pourquoi est-il parti. Le conflit a-t-il commencé tout de suite ou à une date précise. Que s’est-il passé dans votre vie à ce moment-là. Est-ce déjà arrivé dans un logement précédent. Et une question que personne ne pose : qu’est-ce qui a changé chez vous quand cela a commencé.

Cette dernière question surprend et elle éclaire beaucoup. Un conflit de voisinage qui démarre trois semaines après une perte d’emploi ou un deuil n’est jamais tout à fait un problème de voisinage.

Comment parler à un voisinLa conversation que presque personne ne tente

C’est ce qui règle le plus de conflit de voisinage, et c’est ce qu’on saute le plus souvent. Voici comment la mener.

Avant de sonner

  • Choisissez un moment neutre. C’est la première règle pour désamorcer un conflit de voisinage. Jamais pendant le bruit, jamais le soir, jamais en colère. Un samedi en fin de matinée vaut mieux qu’un mardi à minuit.
  • Décidez de ce que vous demandez. Une chose précise et réalisable. Baisser après vingt-deux heures est une demande ; être tranquille n’en est pas une.
  • Préparez trois phrases. Ce qui se passe, l’effet sur vous, ce que vous proposez. Écrivez-les si besoin : sur le pas de la porte, tout s’embrouille.
  • Acceptez à l’avance qu’il puisse mal répondre. Vous ne perdez rien : vous aurez fait votre part, et cela compte pour la suite.

Ce qui fonctionne dans la conversation

  • Parler du fait, jamais de la personne. C’est la règle d’or de toute conversation dans un conflit de voisinage. Le bruit du samedi soir, pas vous êtes un mal élevé. La deuxième formulation ferme la porte pour toujours.
  • Dire l’effet sur vous. Je me lève à cinq heures et je n’arrive plus à dormir. C’est beaucoup plus efficace qu’un reproche.
  • Demander plutôt qu’exiger. Est-ce que ce serait possible de. Même quand vous êtes dans votre droit, la forme décide de la réponse.
  • Écouter sa version. Elle existe, elle vous paraîtra fausse, et l’entendre change tout. Beaucoup de conflits reposent sur un malentendu que personne n’a jamais vérifié.
  • Terminer par un merci, même sans accord. Cela laisse une porte ouverte, et vous en aurez besoin.

Ce qui détruit la conversation

  • Y aller en colère. Ce qui sort n’est plus la demande, c’est l’accumulation de six mois.
  • Menacer d’emblée. J’appelle la police, je préviens le syndic. Gardez cela pour plus tard : une menace posée trop tôt fait basculer directement à la quatrième marche.
  • Parler de lui à d’autres voisins avant de lui parler à lui. Cela revient toujours à ses oreilles et empoisonne tout.
  • Écrire un mot anonyme. C’est le pire départ possible dans un conflit de voisinage, et cela crée une méfiance générale dans l’immeuble.
Ce qui s’apaise et ce qui s’envenime
Conflit de voisinage : au temple de Sakété, les rites portent sur le foyer de celui qui consulte
Au temple de Sakété, les rites portent sur le foyer de celui qui consulte. Jamais sur un voisin, jamais sur une personne.
Vous avez fait le tri des nuisances ?Dites-moi ce que vous avez coché, depuis quand cela dure et ce que vous avez tenté. L’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
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Le conflit de voisinage en immeubleQuand tout le monde s’en mêle

Un conflit de voisinage en immeuble a des règles propres, parce qu’il ne reste jamais entre deux personnes.

Ce qui se passe presque toujours en immeuble

  • L’immeuble se divise. C’est ce qui arrive à tout conflit de voisinage en copropriété. Chacun prend un camp, souvent sans connaître les faits. Les conversations dans l’escalier deviennent des interrogatoires.
  • Les anciens conflits ressortent. Une histoire de places de parking d’il y a cinq ans, un vote d’assemblée générale. Tout se mélange.
  • Les groupes de discussion enveniment. Un message écrit à chaud circule, il est capturé, il est montré. Ce qui aurait été oublié en une soirée devient une pièce à conviction.
  • La question devient identitaire. C’est le point le plus douloureux et il faut le nommer : dans beaucoup de situations que je reçois, la personne qui m’écrit finit par se demander si son origine, sa religion ou sa langue joue un rôle. Parfois c’est une interprétation, parfois non.

Ce que je conseille en immeuble

  • Écrire au syndic ou au bailleur plutôt qu’aux voisins. Un signalement écrit crée une trace et évite les campagnes de couloir.
  • Ne rien écrire dans les groupes de discussion pendant un conflit de voisinage. Rien, jamais, même pour se défendre. Tout ce qui s’y écrit ressort mal.
  • Aller à l’assemblée générale. C’est là que se règlent beaucoup de conflit de voisinage en copropriété. C’est là que les décisions se prennent, et les absents sont toujours ceux qui se plaignent après.
  • Garder de bonnes relations avec au moins deux voisins. Cela vous protège plus que tout le reste, et cela rend l’isolement impossible.
  • Signaler si vous subissez des propos racistes. Cela ne relève plus du voisinage. Des associations et un défenseur des droits existent, et des recours précis s’appliquent. N’acceptez pas de considérer cela comme un simple conflit.

Conflit de voisinage : les huit motifs fréquentsEt ce qui marche pour chacun

Voici les situations qui reviennent le plus dans les messages que je reçois au sujet d’un conflit de voisinage.

Le bruit

De loin le premier motif de conflit de voisinage. Musique, télévision, talons, meubles déplacés, fête jusqu’à l’aube. Ce qui compte : la répétition, l’intensité et l’heure. Notez tout, parlez une fois, puis écrivez au bailleur ou au syndic. Pour le tapage nocturne répété, la police peut se déplacer.

Les travaux qui n’en finissent pas

Perceuse à sept heures un dimanche, chantier qui dure des mois. Les horaires autorisés varient selon les communes et ils sont affichés en mairie. Demandez-les, puis rappelez-les poliment par écrit.

Les animaux

C’est un motif de conflit de voisinage très fréquent : un chien qui aboie des heures pendant l’absence des maîtres, souvent sans qu’ils le sachent. Enregistrez, montrez-leur, et parlez : beaucoup découvrent avec sincérité que leur chien hurle toute la journée.

Les odeurs et la fumée

Barbecue, tabac, cuisine, brûlage de déchets. Le brûlage à l’air libre est interdit dans de nombreuses communes. Pour la cuisine, sachez qu’un conflit de voisinage sur des odeurs alimentaires prend parfois une tournure blessante, et cela mérite d’être nommé.

Les limites, les haies et les arbres

Une branche qui dépasse, une clôture déplacée, une vue. Ce sont des questions de droit précises. Le conciliateur est particulièrement efficace ici, et un bornage règle définitivement une limite contestée.

Le stationnement et les parties communes

Place occupée, vélos dans le couloir, poussettes, encombrants. En copropriété, cela relève du règlement et du syndic. Signalez par écrit plutôt que d’apposer un mot sur un pare-brise.

Les enfants

Motif fréquent et délicat. Des enfants qui jouent font du bruit, c’est normal et cela ne se caractérise généralement pas. Si vous êtes celui qui subit, sachez-le. Si vous êtes celui à qui on le reproche, restez calme et proposez un aménagement d’horaires.

Les regards et les mots

Ce qui use le plus et se prouve le moins. Aucune démarche ne fera reconnaître un soupir ou un regard. En revanche, des insultes répétées, des propos racistes ou des menaces relèvent de la police, et il ne faut pas les ranger dans la catégorie des petits ennuis de voisinage.

Conflit de voisinage : quand c’est vous qu’on accuseSi c’est vous qu’on accuse

Il m’arrive de recevoir l’autre partie d’un conflit de voisinage, celle à qui l’on reproche quelque chose. Cette situation mérite sa section.

Ce que vivent ceux qu’on accuse

  • La surprise, puis la colère. On découvre une lettre, une plainte, un mot sur la porte, sans qu’aucune conversation n’ait eu lieu avant.
  • Le sentiment d’être visé pour ce qu’on est. Beaucoup de familles de la diaspora m’écrivent pour cela : la musique du samedi, les visites nombreuses, la cuisine, les enfants. Parfois c’est une interprétation, parfois non, et cela s’examine calmement.
  • L’impossibilité de tout changer. On ne peut pas empêcher un bébé de pleurer ni un enfant de marcher. Certaines demandes sont irrecevables et il faut le dire poliment.
  • La peur des conséquences. En logement social ou en location, une accusation répétée inquiète, et cette peur pousse parfois à s’excuser de choses normales.

Ce que je conseille dans ce cas

  • Répondre par écrit, une fois, sans colère. Reconnaître ce qui est vrai, expliquer ce qui ne peut pas changer, proposer ce qui est possible. Gardez une copie.
  • Faire les gestes faciles. Un tapis, des patins sous les chaises, baisser après une certaine heure. Ces choses coûtent peu et désamorcent beaucoup de conflit de voisinage.
  • Aller voir le voisin avant qu’il n’écrive au bailleur. Une conversation évite presque toujours un courrier.
  • Ne pas s’excuser de vivre. Cuisiner, recevoir, parler sa langue, avoir des enfants. Rien de tout cela n’est une faute et personne n’a à s’en excuser.
  • Signaler si les propos deviennent racistes. Cela sort du conflit de voisinage ordinaire et des recours précis existent, y compris auprès d’associations spécialisées.

Je le dis aussi clairement dans ce sens que dans l’autre : je n’agirai pas davantage contre celui qui vous accuse. J’examine ce qui pèse sur vous et sur votre foyer, et je vous aide à répondre proprement.

Comment tenir quand cela dureNeuf choses pour ne pas s’épuiser

Un conflit de voisinage use davantage par sa durée que par sa gravité. Voici ce que je conseille à ceux qui vivent cela depuis des mois.

  • Fixer un temps quotidien pour penser au conflit de voisinage, et un seul. Quinze minutes le soir pour noter les faits, puis on ferme le carnet. Sans cela, le sujet occupe la journée entière.
  • Protéger vos nuits. Bouchons d’oreilles, chambre déplacée si possible, bruit blanc. Ce n’est pas capituler, c’est tenir. Un conflit de voisinage qui détruit le sommeil détruit tout le reste.
  • Cesser de guetter. C’est ce qui entretient le plus un conflit de voisinage de l’intérieur. L’attention fixée sur un bruit le rend plus fort. C’est un mécanisme connu et il s’apprivoise.
  • Ne pas en parler à chaque conversation. Vos proches s’épuisent, et vous finissez par ne plus parler que de cela.
  • Sortir de chez vous régulièrement. Beaucoup de gens finissent par rester enfermés, à surveiller. C’est ainsi qu’un conflit prend toute la place d’une vie.
  • Garder les preuves sans les relire. Notez, classez, et ne rouvrez le dossier que lorsqu’un tiers le demande.
  • Se demander ce que le conflit de voisinage vous coûte réellement. En sommeil, en santé, en argent, en temps. Certaines personnes découvrent qu’un déménagement coûterait moins cher que trois ans de plus.
  • Ne jamais riposter. C’est la seule chose qui fera basculer le conflit de voisinage à votre tort. C’est la seule chose qui vous fera passer du côté du tort, et c’est ce qu’attendent certains voisins.
  • Parler à un médecin si le corps lâche. Sommeil détruit, tension, angoisse à l’idée de rentrer chez soi. Cela arrive souvent et cela se soigne.

Ce que je propose selon votre situationQuatre cas parmi ceux qui m’arrivent

Toutes les personnes qui me parlent d’un conflit de voisinage ne reçoivent pas la même réponse de ma part.

Vous voulez qu’il parte ou qu’il souffre

Ce que je fais : dans ce conflit de voisinage, je refuse, et je prends le temps de vous expliquer pourquoi plutôt que de vous congédier. Puis je vous demande ce qui se passe réellement, parce que derrière cette demande il y a presque toujours quelqu’un d’épuisé qui ne sait plus quoi faire. Cette conversation ne coûte rien et elle débouche souvent sur autre chose.

Vous n’avez encore rien tenté

Ce que je fais : je vous renvoie à la conversation et au conciliateur, et je n’engage rien. C’est la réponse que je donne le plus souvent sur ce sujet. Beaucoup de gens ignorent l’existence du conciliateur de justice, et le leur apprendre vaut mieux que n’importe quel rite.

Tout a été tenté et cela dure depuis des années

Ce que je fais : pour un conflit de voisinage qui dure, c’est ici que mon travail sert. L’examen porte sur vous et sur votre logement : votre installation, l’histoire du lieu, ce qui a changé quand cela a commencé. Quand il montre quelque chose, je conduis au temple les rites d’apaisement du foyer, avec les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes et les libations.

Vous êtes menacé ou agressé

Ce que je fais : je vous oriente vers la police et je n’engage rien tant qu’une plainte n’a pas été déposée. Cela ne relève plus d’un conflit de voisinage. Si vous craignez de porter plainte, dites-le moi : des associations accompagnent les personnes dans cette démarche, et vous n’êtes pas obligé d’y aller seul.

Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite vendu à quelqu’un qui n’en a pas besoin.

Conflit de voisinage : ce qu’on vend ailleursEt pourquoi je fais autrement

Quelqu’un d’épuisé par un conflit de voisinage est une cible facile. Il faut dire ce qui se vend, pour que vous le reconnaissiez.

  • Le départ du voisin promis. Il déménagera avant tel mois. C’est le produit le plus vendu sur ce terrain, il est invérifiable, et il se renouvelle indéfiniment tant que le voisin reste.
  • Le travail à distance sur la personne. On vous demande son nom, sa photographie, son adresse. Je refuse tout cela, et je vous conseille de fuir quiconque vous le demande.
  • L’objet à enterrer devant sa porte. Outre que cela ne fait rien, cela peut vous être reproché si vous êtes vu, et un conflit de voisinage se transforme alors en affaire bien plus grave pour vous.
  • La protection à renouveler chaque mois. Tant que le conflit dure, on vous fait payer. Cela peut durer des années.
  • La désignation d’un coupable inattendu. Ce n’est pas votre voisin, c’est quelqu’un de votre famille qui aurait demandé cela contre vous. Cette phrase détruit des familles entières et n’a jamais réglé un conflit de palier.

Ma façon de faire est l’inverse : je refuse d’emblée d’agir sur le voisin, je vous oriente vers ce qui fonctionne réellement, et je n’examine que ce qui vous concerne. Un bokonon n’a pas besoin d’entretenir la guerre entre deux paliers pour vivre.

Trois signes qui doivent vous faire partir

  • On accepte d’agir contre votre voisin. Sans hésiter, dès le premier message. C’est le signal le plus clair de tous.
  • On vous demande des informations sur lui. Nom, adresse, photographie, habitudes. Aucun praticien honnête n’a besoin de cela dans un conflit de voisinage.
  • On vous annonce une date de départ. Personne ne peut savoir cela, et vous attendrez cette date en payant.

Ce que racontent ceux qui s’en sont sortisHuit constats

Beaucoup de personnes m’écrivent des mois après m’avoir parlé d’un conflit de voisinage. Voici ce qui revient.

  • Le conciliateur a réglé le conflit de voisinage que trois ans n’avaient pas réglé. C’est le retour le plus fréquent, et presque tous me disent qu’ils ignoraient que cela existait.
  • La conversation avait été mal menée. Beaucoup constatent, en y repensant, qu’ils étaient allés sonner en colère, un soir, pendant le bruit.
  • Le carnet a tout changé. Devant le bailleur ou le conciliateur, avoir des dates et des durées a fait la différence.
  • Ils avaient cessé de dormir. Et récupérer le sommeil, même avec des bouchons d’oreilles, a rendu le reste supportable.
  • Le conflit de voisinage avait commencé à un moment particulier de leur vie. C’est ce que l’examen met souvent au jour, et cela surprend toujours.
  • Personne n’a agi contre personne. Ceux qui étaient venus pour cela me disent, longtemps après, qu’ils sont soulagés que j’aie refusé.
  • Certains ont déménagé et vont bien. Sans que ce soit une défaite. Compter ce que coûtait réellement le conflit les a décidés.
  • Deux voisins se sont reparlé. Cela arrive plus souvent qu’on ne l’imagine, surtout quand un tiers a mené la conversation.

Une dernière chose, pour celui ou celle qui lit cette page après une mauvaise nuit. Votre exaspération est légitime, et vouloir que cela cesse ne fait pas de vous quelqu’un de mauvais. Ce que je refuse, ce n’est pas votre souffrance : c’est une méthode qui vous coûterait cher et ne vous rendrait pas vos nuits. Écrivez-moi, cela ne coûte rien, et nous regarderons ensemble par quelle porte commencer.

Mon engagement

Ce que je fais : je vous écoute moi-même et gratuitement, je vous aide à situer la marche et à trouver le bon recours, j’examine par le Fâ ce qui pèse sur vous et sur votre logement, et je conduis au temple de Sakété les rites d’apaisement du foyer quand l’examen l’indique.

Mes règles : je n’agis jamais contre un voisin, je refuse sa photographie et toute information le concernant, et je vous oriente vers la police en cas de menace avant tout autre chose. Si l’examen ne montre rien à traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. Je ne suis ni juriste ni avocat, et les recours indiqués ici ne remplacent pas un avis professionnel. Aucun résultat n’est promis et aucun délai n’est annoncé, par principe.

Maître Luc, Wêtê Agbonon à l'état civil, prêtre vodun consulté pour un conflit de voisinage
Maître Luc Wêtê Agbonon à l’état civil · Prêtre vodun et bokonon, Sakété, Bénin

Initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.

Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour

Non, jamais, quelle que soit la somme. Celui qui accepterait contre lui accepterait contre vous le mois suivant.

Une écoute entière, le tri de ce qui peut être établi, l’orientation vers les recours gratuits, et l’examen du Fâ sur vous et votre logement.

Le conciliateur de justice : gratuit, demandé en mairie ou en ligne, et il règle une grande partie des conflits sans avocat ni tribunal.

Au moment des représailles. Avant, une conversation suffit souvent. Après, chacun se croit victime et il faut passer par un tiers.

Noter les dates, les heures et les durées, parler une fois calmement, puis écrire au bailleur ou au syndic en gardant une copie.

Cela ne relève plus du voisinage mais de votre sécurité. Appelez la police et déposez plainte. Aucun rite ne remplace cette démarche.

Votre nom, votre date de naissance et une photographie de vous. Jamais celle de votre voisin, et je n’accepte aucune information le concernant.

L’écoute et l’examen ne coûtent rien. Si l’examen ne montre rien à traiter, je n’accepte pas votre argent, et c’est fréquent ici.

Racontez-moi ce qui se passe

Depuis quand, ce que vous subissez, ce que vous avez déjà tenté. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je vous dirai franchement par où commencer.

Écrire à Maître Luc

Gratuit · confidentiel · sans engagement · plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.
Aucun résultat n’est promis ni garanti, aucun délai n’est annoncé, par principe.
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