Marabout guérisseur : pourquoi je ne soigne personne
Le mot marabout guérisseur est celui qui me met le plus mal à l’aise dans tout mon métier. Non pas parce que la tradition n’aurait rien à voir avec le soin, mais parce que ce terrain est celui où les dégâts sont irréversibles : un traitement arrêté, un diagnostic retardé de six mois, une famille accusée d’avoir rendu quelqu’un malade. Cette page est donc la plus stricte du site. Elle commence par sept engagements écrits, elle explique où un accompagnement traditionnel peut se placer, et elle nomme les huit phrases qui doivent vous faire partir immédiatement.
Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Prêtre vodun et bokonon du FâPlus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.
Écrire à Maître LucJe ne suis pas un marabout guérisseur. Je ne soigne personne, je ne pose aucun diagnostic, je ne délivre aucun remède, et je ne demanderai jamais à personne d’interrompre un traitement.
Un praticien qui vous demande d’arrêter un traitement, de sauter un rendez-vous ou de cacher quelque chose à votre médecin vous met en danger de mort. C’est le signal le plus grave de tout ce métier.
Ce qui peut être accompagné : la parole, le sens, la place de la famille. Jamais la maladie. Aucun résultat n’est promis, aucun délai n’est annoncé, par principe.
- Mes sept engagements écrits
- Où un accompagnement peut se placer
- Ce que je refuse, sans exception
- Les huit phrases qui doivent vous faire partir
- Pourquoi les gens viennent quand même
- Ce qui se vend aux personnes malades
- Le terrain le plus dangereux : les troubles psychiques
- Le désir d’enfant
- Les douleurs que les examens n’expliquent pas
- Ce que la tradition accompagne réellement
- Ce que dit le cadre légal
- Quand c’est un proche qui refuse de se soigner
- Ce que je peux faire pour vous
- Questions fréquentes
Marabout guérisseur : mes sept engagements écritsAvant tout le reste
Sur ce sujet, les mots ne suffisent pas. Voici donc sept engagements que je publie noir sur blanc, et que vous pouvez m’opposer si je m’en écartais un jour.
- Un marabout guérisseur pose un diagnostic, moi jamais. Ni sur une maladie, ni sur une cause, ni sur une gravité. Je n’ai aucune compétence pour cela et je ne prétendrai jamais le contraire.
- Je ne délivre aucun remède. Rien à boire, rien à avaler, rien à appliquer, rien à inhaler. Aucune préparation, aucune plante, aucune poudre, y compris présentée comme inoffensive.
- Je ne demanderai jamais d’arrêter un traitement. Ni de le suspendre, ni de l’espacer, ni d’attendre avant de commencer. Cet engagement ne souffre aucune exception.
- Je ne vous demanderai jamais de cacher quelque chose à votre médecin. Ce que nous nous disons peut être répété à votre soignant, et je vous encourage à le faire.
- Je ne promets aucune guérison. Ni complète, ni partielle, ni à terme, dans aucune formulation.
- Je n’attribue aucune maladie à une personne. Ni un membre de votre famille, ni un voisin, ni une rivale. Jamais un nom, jamais une description.
- Je refuse le titre de guérisseur. Je suis prêtre vodun et bokonon, ce qui n’a rien à voir. Le mot marabout guérisseur ne figure sur aucune de mes pages, sinon pour dire ce que je n’y ferai pas.
Ces sept lignes vous donnent une grille utilisable sur n’importe quel marabout guérisseur. Prenez n’importe quelle annonce de marabout guérisseur et comparez : celle qui contredit un seul de ces engagements vous dit ce qu’elle vaut.
Le soin d’un côté, la parole de l’autreOù un accompagnement peut se placerÀ côté du soin, jamais à sa place
Voici la seule façon honnête de représenter ce qu’un marabout guérisseur peut être dans une maladie. Regardez bien la position des deux lignes : elles sont parallèles, et l’une ne coupe jamais l’autre.
Ce que ce schéma interdit. Toute proposition qui vous ferait quitter la ligne verte, la retarder, ou la remplacer. Un marabout guérisseur qui se présente comme une alternative au médecin propose exactement ce que ce schéma exclut, et c’est la raison pour laquelle des gens meurent dans ce secteur chaque année.
Ce que cela signifie concrètement
- Le médecin d’abord, toujours, avant tout marabout guérisseur. Avant de m’écrire, avant tout examen traditionnel, avant toute réflexion sur une cause invisible.
- Le traitement continue, quoi qu’il arrive. Pendant un accompagnement, après, indépendamment. Personne n’a le droit de vous demander de l’interrompre.
- Votre médecin peut tout savoir. Dites-lui que vous consultez un praticien traditionnel si vous le souhaitez. Un accompagnement qui exige le secret n’est pas un accompagnement.
- L’accompagnement s’arrête où commence le soin. On peut parler de ce que la maladie fait à une famille. On ne parle pas de ce qu’il faudrait prendre.
Marabout guérisseur : ce que je refuse sans exceptionDix demandes, et pourquoi je les refuse
Voici les demandes que je reçois régulièrement au titre de marabout guérisseur, et que je refuse toutes. Je les publie parce que les lire vous protégera ailleurs.
- Guérir une maladie diagnostiquée. Cancer, diabète, maladie chronique, infection. Aucun rite n’agit sur une maladie et le prétendre tue.
- Dire de quelle maladie il s’agit. Quand les examens ne trouvent rien, la tentation est de demander une réponse ailleurs. Je n’en ai aucune.
- Dire si un traitement va marcher. Cette question appartient à l’équipe médicale, qui peut y répondre avec des données réelles.
- Accompagner un refus de soin. Si vous refusez un traitement, c’est votre droit, mais je ne serai pas la caution spirituelle de ce refus.
- Trouver qui a rendu quelqu’un malade. Refus absolu. Cette demande brise des familles, et elle est traitée dans le guide sur le désenvoûtement.
- Agir à distance sur le corps de quelqu’un. Y compris avec les meilleures intentions, y compris pour un enfant, y compris quand la personne est d’accord.
- Remplacer un suivi psychiatrique. Le terrain le plus dangereux, traité dans une section entière plus bas.
- Rendre une grossesse possible. L’infertilité relève d’un bilan médical, pour les deux membres du couple.
- Prolonger une vie. Demande bouleversante et parfois faite par des proches en fin de parcours. Je refuse, et j’oriente vers les équipes de soins palliatifs qui font ce travail avec une compétence que je n’ai pas.
- Vendre quoi que ce soit à une personne malade. C’est la règle qui englobe les neuf autres.
Avez-vous vu un médecin, et suivez-vous ce qu’il a prescrit ? Si la réponse est non, ma réponse est de commencer par là. Aucun échange n’ira plus loin avant.
Et si vous êtes en train d’hésiter entre un rendez-vous médical et un rite, prenez le rendez-vous. Le rite pourra toujours attendre, un diagnostic non.
Marabout guérisseur : les huit phrases qui doivent faire partirUne seule suffit
Si un marabout guérisseur prononce l’une de ces huit phrases, la conversation est terminée. Il n’y a rien à discuter, rien à nuancer, et l’urgence est de retourner vers votre médecin.
- Arrêtez votre traitement pendant le travail. La phrase la plus meurtrière de tout ce secteur. Elle est parfois adoucie en « espacez », « diminuez », « attendez la fin ».
- Les médecins ne peuvent rien voir de ce mal. Elle prépare l’abandon du suivi en discréditant ceux qui vous soignent.
- Ce que vous avez n’est pas une maladie, c’est un sort. Le glissement décisif : il transforme un problème médical en problème payant.
- Je vais vous préparer quelque chose à prendre. Rien d’ingérable ou d’applicable ne doit venir d’un praticien traditionnel, et rien ne doit se mélanger à un traitement.
- Quelqu’un de votre famille vous a fait cela. Elle ajoute la destruction d’un lien à la maladie.
- N’en parlez pas à votre médecin. Aucune raison légitime n’existe jamais pour cette demande.
- Vous serez guéri après le travail. Une promesse de guérison est une escroquerie caractérisée, et elle relève parfois du droit pénal selon les pays.
- Si cela ne marche pas, c’est que vous n’avez pas assez cru. La phrase qui prépare la culpabilité et la vente suivante.
Ces huit phrases sont les seules choses de ce guide que je vous demande de retenir par cœur. Elles ne concernent pas seulement ma profession : on les entend aussi dans d’autres milieux qui promettent des guérisons hors du soin.
Pourquoi les gens consultent un marabout guérisseurEt je ne les juge pas
Il serait facile de conclure que ceux qui cherchent un marabout guérisseur sont mal informés. C’est faux, et je vois précisément pourquoi ils viennent.
Cinq raisons parfaitement légitimes
- La médecine soigne, elle n’explique pas toujours pourquoi vous. Un diagnostic dit ce qui se passe, rarement pourquoi cela vous arrive à vous, maintenant. Cette question du sens est réelle et personne n’y répond dans un couloir d’hôpital.
- L’errance diagnostique existe. Des personnes passent des mois, parfois des années, avec des douleurs réelles et des examens qui ne montrent rien. Chercher ailleurs après cela n’est pas de la crédulité, c’est de l’épuisement.
- Le temps médical est court. Quinze minutes de consultation ne permettent pas de raconter ce qu’on traverse. Beaucoup viennent me voir parce que quelqu’un les écoute enfin.
- La famille pousse. Dans beaucoup de cultures, une maladie qui dure fait naître l’hypothèse d’une cause invisible, et la personne malade se retrouve poussée à consulter par ceux qui l’entourent.
- La peur. Devant un pronostic difficile, on cherche partout, et c’est humain. Ceux qui exploitent cette peur savent exactement ce qu’ils font.
Aucune de ces cinq raisons ne justifie qu’un marabout guérisseur vous vende une guérison. Toutes justifient qu’on vous écoute, et c’est la différence entre ce que je fais et ce que fait le marché.
Ce qui se vend aux personnes maladesHuit produits, du coûteux au criminel
Voici ce que propose le marché du marabout guérisseur, classé par gravité croissante.
- La consultation de marabout guérisseur sur photographie. On vous dit ce que vous avez en regardant une image. Cela ne repose sur rien.
- La protection contre l’aggravation. Un abonnement pour éviter que cela empire, donc une rente sur votre inquiétude.
- L’objet à porter. Bracelet, cordon, pierre, à acheter en supplément et à remplacer régulièrement.
- La préparation à ingérer ou à appliquer. Ici commence le danger physique réel : composition inconnue, interactions possibles avec un traitement, aucune traçabilité.
- La levée du sort à l’origine de la maladie. Le cœur du dispositif commercial, avec sa désignation de coupable.
- Le paiement contre guérison. Formule séduisante qui obtient toujours un premier versement dit symbolique, puis les suivants.
- La substitution au traitement. Le crime de ce secteur, et il tue réellement des gens, notamment sur les cancers et les maladies chroniques.
- Le report d’un diagnostic. Le plus insidieux : on ne vous dit pas d’arrêter, on vous dit d’essayer d’abord ceci, et six mois passent.
Reprenez contact avec votre médecin dès que possible, et dites-lui simplement ce qui s’est passé. Personne ne vous jugera : les soignants connaissent ces situations et voient des patients dans ce cas régulièrement.
Et n’ayez pas honte. Ces dispositifs sont conçus pour fonctionner sur des personnes intelligentes traversant une peur immense. Cela arrive à des médecins eux-mêmes lorsqu’un de leurs proches est touché.
Le terrain le plus dangereux : les troubles psychiquesLa section à lire même en diagonale
Ce que l’on présente parfois comme une possession, une attaque spirituelle ou un envoûtement correspond, dans une part considérable des cas, à des troubles psychiques connus, diagnostiqués et pris en charge par la médecine.
Consultez un médecin sans attendre si une personne : entend des voix ou voit des choses que les autres ne voient pas ; tient des propos qui ne correspondent plus à la réalité ; ne dort plus depuis plusieurs jours ; a cessé de manger ; parle de mourir ou de disparaître ; se met en danger ; ou change brutalement de comportement sans raison.
Ces états relèvent de la médecine, et ils se soignent. Les présenter comme spirituels retarde une prise en charge qui peut être vitale. Un marabout guérisseur qui accepte de traiter cela, ou qui affirme qu’un médecin ne peut rien y voir, met une vie en jeu.
En cas de danger immédiat, appelez les urgences de votre pays. En France, le 15 pour les urgences médicales ou le 112 depuis toute l’Europe. Il existe aussi des lignes d’écoute gratuites pour les proches, et des équipes mobiles de psychiatrie qui se déplacent.
Ce que je fais, moi, dans ces situations : je refuse, j’explique pourquoi, et j’insiste jusqu’à ce que la personne ou sa famille accepte de consulter. C’est la seule chose utile que je puisse faire, et je la fais chaque semaine.
Le désir d’enfantLe terrain où la souffrance est la plus exploitée
Une part importante des demandes qui m’arrivent au titre de marabout guérisseur concerne l’infertilité. C’est l’un des sujets où la douleur est la plus grande et la pression familiale la plus forte, en particulier dans les familles africaines.
Ce que je dis toujours en premier
Un bilan médical, pour les deux membres du couple, avant tout marabout guérisseur. Ce point est essentiel et souvent négligé : dans une part considérable des situations, la difficulté vient de l’homme, et dans beaucoup de familles seule la femme est examinée, accusée et envoyée consulter des praticiens.
Cette injustice n’est pas un détail culturel : elle retarde des diagnostics simples et elle fait porter à des femmes une faute qui n’existe pas. Je le dis à chaque fois, y compris quand cela déplaît à la famille qui accompagne la demande.
Ce que je refuse
- Promettre une grossesse. Sous aucune formulation, y compris « ouvrir le ventre » ou « lever ce qui bloque ».
- Désigner une responsable. Ni une belle-mère, ni une rivale, ni une co-épouse, ni la femme elle-même.
- Donner quoi que ce soit à prendre. Le risque est ici particulièrement grave, y compris pour une grossesse à venir.
- Remplacer un parcours médical. Les techniques d’aide à la procréation existent, elles ont des résultats, et elles sont encadrées.
Ce qui peut être accompagné
La souffrance, qui est immense et rarement dite. La pression de la famille, qui ajoute une humiliation à une peine. Un engagement rompu devant les familles au moment du mariage, s’il existe. Et la question du couple lui-même, souvent mise à mal par des années d’attente.
Ce sont des choses réelles, et elles ne concernent pas la fertilité. Je préfère le dire clairement plutôt que de laisser croire à quiconque que je peux faire venir un enfant.
Ce qui s’écoute, et ce qui se soigneMarabout guérisseur : les douleurs que les examens n’expliquent pasCe qui arrive le plus souvent, et ce qui existe
C’est le motif le plus fréquent des personnes qui m’écrivent au sujet d’un marabout guérisseur : des douleurs, une fatigue, des sensations réelles, et des examens qui ne montrent rien. Cette situation mérite d’être traitée avec sérieux, parce qu’elle est vécue comme une double peine.
Ce que ces personnes décrivent
- La douleur est réelle. Elle n’est ni imaginaire ni inventée, et pourtant on leur laisse entendre le contraire.
- Le sentiment de ne pas être crue. Après plusieurs consultations sans résultat, beaucoup rapportent qu’on a fini par leur dire que c’était nerveux, ce qu’elles reçoivent comme un renvoi.
- La fatigue des démarches. Rendez-vous espacés de plusieurs mois, examens répétés, dossiers à reprendre depuis le début avec chaque nouveau soignant.
- L’entourage qui doute. Au bout d’un an sans diagnostic, la famille commence à parler d’autre chose, et parfois à évoquer une cause invisible.
Ce qui existe et que beaucoup ignorent
Qu’un examen ne montre rien ne signifie pas qu’il n’y a rien. Beaucoup de maladies mettent du temps à être identifiées, certaines ne se voient sur aucune image, et il existe des consultations spécialisées dans la douleur chronique, des centres de référence pour les maladies difficiles à diagnostiquer, et le droit de demander un second avis médical.
Demander un second avis n’est pas une trahison de son médecin : c’est une pratique normale, et la plupart des soignants la comprennent parfaitement. Beaucoup de personnes l’ignorent et préfèrent payer un marabout guérisseur plutôt que de demander une réorientation.
Ce que je peux faire, et ce que je ne ferai pas
Contrairement à un marabout guérisseur, je ne vous dirai jamais ce que vous avez, ni que la médecine s’est trompée, ni qu’un sort explique vos douleurs. Ce serait la réponse la plus facile à vendre et la plus dangereuse.
Ce que je peux faire : écouter le récit complet, ce qui est rare et compte plus qu’on ne croit après des mois d’errance. Et regarder s’il existe dans votre histoire familiale quelque chose de précis, un engagement rompu, un deuil sans rite, sans jamais présenter cela comme la cause de vos symptômes.
Ce que la tradition accompagne réellementQuatre choses, et aucune n’est une maladie
Après tous ces refus, il reste une question légitime : à quoi sert un praticien traditionnel quand quelqu’un est malade ? La réponse existe, et elle n’a rien à voir avec ce que vend un marabout guérisseur.
La parole, quand personne ne l’écoute plus
Une maladie longue épuise l’entourage. Au bout de quelques mois, les proches n’en parlent plus, par gêne ou par lassitude, et le malade se retrouve seul avec cela. Écouter quelqu’un raconter sa maladie sans chercher à le rassurer ni à changer de sujet est un service réel, et il ne coûte rien chez moi.
Le sens, que la médecine ne traite pas
Pourquoi moi, pourquoi maintenant, qu’est-ce que cela vient dire de ma vie. Ces questions ne sont pas médicales et elles sont pourtant les plus présentes. Une tradition peut les accueillir, à condition de ne pas y répondre par une accusation contre quelqu’un.
La place de la famille
Une maladie déplace tout le monde : celui qui devient dépendant, celui qui devient aidant, ceux qui s’éloignent, ceux qui décident sans demander. Ces déplacements créent des conflits réels, et c’est un terrain où le travail traditionnel a un sens, comme l’explique le guide sur les paroles rompues.
Un engagement rompu au moment où la maladie est arrivée
Quand une promesse faite devant les familles a été abandonnée, quand un mort n’a pas reçu ce qui devait lui être donné, quand une dette ancienne n’a jamais été réglée. Ce sont des faits, entre des vivants, et ils peuvent être examinés.
Remarquez ce que ces quatre choses ont en commun : aucune ne prétend agir sur un corps. Elles concernent une personne, une famille, une histoire. C’est tout ce qu’une tradition honnête peut offrir dans la maladie, et c’est déjà beaucoup pour ceux qui en ont besoin.
Marabout guérisseur : ce que dit le cadre légalUne orientation, pas un avis juridique
Je ne suis pas juriste et cette section ne remplace pas l’avis d’un professionnel du droit. Elle existe parce que beaucoup de gens ignorent que ce terrain est encadré.
L’exercice illégal de la médecine
Dans de nombreux pays, poser un diagnostic, prescrire ou administrer un traitement sans être médecin constitue une infraction. Un marabout guérisseur qui vous dit de quelle maladie vous souffrez et ce qu’il faut prendre s’y expose, quelle que soit la présentation spirituelle de son activité.
L’abus de faiblesse
Quand une personne est en situation de vulnérabilité, maladie, deuil, détresse, obtenir de l’argent en exploitant cet état est également sanctionné dans plusieurs législations, notamment en droit français. La maladie grave est précisément l’une des situations visées.
Ce que cela veut dire pour vous
- Conservez les traces. Messages, reçus, virements, noms, numéros, et la description de ce qui vous a été demandé de prendre ou d’arrêter.
- Parlez-en à votre équipe soignante. Elle peut documenter les conséquences, ce qui compte s’il y a une suite.
- Signalez. Selon votre pays, les services de protection des consommateurs, l’ordre des médecins, ou la police et la gendarmerie prennent ces signalements.
- Être en tort ne prive de rien. Une personne qui a payé et arrêté son traitement peut malgré tout signaler ce qui lui a été dit. Beaucoup se taisent par honte, et le vendeur continue avec d’autres.
Un mot pour finir sur ce point, parce qu’il me tient à cœur. Chaque fois qu’un site vend une guérison au nom du vaudou, un peu de ce que ma tradition a de sérieux disparaît dans l’esprit des gens. Le reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon montrait le vodun protégeant une mangrove. C’est infiniment plus proche de ce que je connais qu’un marabout guérisseur promettant de vaincre un cancer par messagerie.
Ce que je peux faire pour vousEt comment m’écrire
Si vous êtes arrivé ici en cherchant un marabout guérisseur, voici exactement ce que vous obtiendrez de moi.
Ce qui est gratuit, toujours
- Vous écouter, longuement. Y compris la peur, la fatigue, la colère contre le corps médical, et ce que vous n’osez pas dire à votre famille.
- Un examen par le Fâ. Il porte sur votre situation et votre histoire familiale, jamais sur votre maladie ni sur son évolution.
- Une orientation claire. Vers votre médecin en premier, et vers ce qui existe autour : associations de patients, groupes de parole, assistantes sociales des hôpitaux, psychologues.
- Un refus argumenté. Si votre demande vise une guérison, je vous dirai non et je vous expliquerai pourquoi, ce qui est plus utile qu’un silence.
Ce que je vous demanderai en premier
Une seule chose : avez-vous vu un médecin et suivez-vous ce qui a été prescrit. Si la réponse est non, tout le reste attendra. Je préfère perdre un échange que participer à un retard de soin.
Une ressource que peu de gens connaissent
Les hôpitaux disposent souvent de services que les patients ignorent : assistantes sociales pour les difficultés financières liées à la maladie, psychologues rattachés aux services, associations de patients par pathologie, et parfois des permanences d’aumônerie de toutes confessions pour ceux qui cherchent un accompagnement spirituel. Tout cela est gratuit et se demande simplement à l’accueil ou à l’équipe soignante.
Je le mentionne parce que beaucoup paient très cher un marabout guérisseur pour un accompagnement qui existe gratuitement à cinquante mètres de leur lit d’hôpital.
Marabout guérisseur et médecine traditionnelle : la distinctionUne distinction nécessaire
Il faut clarifier un point, sinon cette page serait injuste. Le mot marabout guérisseur mélange deux choses très différentes, et l’une d’elles mérite le respect.
Ce qui existe réellement
Dans beaucoup de pays, y compris au Bénin, il existe des tradipraticiens qui travaillent sur les plantes, reconnus par les autorités sanitaires, parfois formés et enregistrés, et dont certains collaborent avec des structures de santé. L’Organisation mondiale de la santé travaille depuis des décennies sur l’intégration encadrée de ces savoirs, et une partie de la pharmacopée moderne vient de plantes utilisées traditionnellement.
Ce champ existe, il est sérieux quand il est encadré, et il n’a rien à voir avec un site qui promet une guérison contre un virement.
Pourquoi je ne suis pas un marabout guérisseur
- Parce que ce n’est pas mon métier. Je suis prêtre vodun et bokonon, pas tradipraticien. Ce sont deux fonctions distinctes, comme un prêtre n’est pas pharmacien.
- Parce que cela demande une compétence que je n’ai pas. Dosages, interactions, contre-indications, conservation. Sans cette compétence, donner quelque chose à ingérer est dangereux.
- Parce qu’à distance, c’est impossible. Envoyer une préparation par colis à quelqu’un qu’on n’a jamais examiné, sans connaître ses traitements en cours, est irresponsable quelle que soit la qualité du produit.
Ce que cela implique pour vous
Si vous vous tournez vers un tradipraticien dans votre pays, deux règles suffisent. Dites-le à votre médecin, pour qu’il vérifie les interactions avec vos traitements. Et n’arrêtez rien de ce qui vous a été prescrit. Ces deux règles rendent la démarche beaucoup moins risquée.
Ce que je conteste n’est donc pas le savoir traditionnel sur les plantes, mais le marché du marabout guérisseur en ligne. C’est un marché en ligne qui l’invoque pour vendre des promesses à des malades qu’il ne verra jamais.
Aucun résultat n’est promis, aucun délai n’est annoncé, par principe. Sur la santé, j’ajoute les sept engagements du haut de cette page, et le premier d’entre eux vaut tous les autres : je ne demanderai jamais à quiconque d’interrompre un traitement.
Initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Quand un proche consulte un marabout guérisseur au lieu de se soignerLa situation la plus douloureuse
Une part des messages que je reçois ne vient pas du malade mais de sa famille, désespérée de le voir consulter un marabout guérisseur au lieu de suivre son traitement.
Ce qui aggrave presque toujours
- Se moquer de sa croyance. Cela ferme la conversation et pousse la personne vers ceux qui l’écoutent, c’est-à-dire vers celui qui lui vend quelque chose.
- L’ultimatum. Choisis entre lui et nous. La personne malade choisit presque toujours celui qui lui promet la guérison, parce que c’est ce qu’elle veut entendre.
- Payer à sa place pour accompagner. Cela finance la suite et valide la démarche.
- Cacher la situation au médecin. Par honte ou par loyauté familiale. Or le soignant a besoin de le savoir, notamment pour les interactions avec les produits pris à côté.
Ce qui aide réellement
- Rester présent. Ne pas rompre, même en désaccord. L’isolement est ce qui livre la personne au vendeur.
- Poser des questions concrètes. Combien as-tu versé, que t’a-t-on demandé de prendre, t’a-t-on dit d’arrêter quelque chose. Les réponses parlent d’elles-mêmes.
- Séparer les deux questions. On peut respecter sa croyance et refuser qu’un traitement soit interrompu. Ce sont deux sujets distincts, et le second n’est pas négociable.
- Parler au soignant. Dites-lui ce qui se passe. Les équipes savent aborder cela sans humilier le patient, et elles le font régulièrement.
- Signaler si des sommes importantes sont en jeu. Selon le pays, les services de protection des consommateurs et la police prennent ces signalements, y compris venant d’un proche.
Et si la personne est un majeur qui décide en pleine conscience, il faut aussi savoir que vous n’aurez peut-être pas le dernier mot. Cela est très dur à accepter. Ce que vous pouvez garantir, en revanche, c’est qu’elle sache qu’elle peut revenir vers vous sans reproche le jour où elle changera d’avis. Beaucoup de gens reviennent, et ils reviennent vers ceux qui n’ont pas claqué la porte.
Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour
Non. Aucun praticien traditionnel ne remplace un médecin, un diagnostic et un traitement. Je ne soigne personne, je ne pose aucun diagnostic et je ne délivre aucun remède.
Jamais. Un praticien qui vous demande d’interrompre un traitement, de sauter un rendez-vous ou de cacher quelque chose à votre médecin vous met en danger.
Parce que la médecine ne répond pas toujours à la question du sens, parce que l’errance diagnostique existe, et parce que le temps médical est court. Ces raisons sont légitimes.
La parole, le sens donné à ce qui arrive, la place de la famille, un engagement rompu. Cela accompagne une personne, cela ne traite pas une maladie.
C’est le terrain le plus dangereux. Ce qui est présenté comme une possession relève souvent de troubles connus et soignés. La priorité absolue est un avis médical, et les urgences en cas de danger.
L’infertilité relève d’un bilan médical pour les deux membres du couple. Ce qui peut être accompagné, c’est le poids familial et la souffrance, jamais la fertilité.
Préparations à ingérer, levées de sort, désignations de coupables dans la famille, protections par abonnement, et promesses de guérison. Le pire étant le report d’un diagnostic.
Il pose un diagnostic, promet une guérison, critique les médecins, demande le secret, vend un produit à prendre, ou accuse un proche. Un seul de ces signes suffit à partir.
Exposez votre situation
Ma première question sera de savoir si vous avez vu un médecin et si vous suivez ce qui a été prescrit. L’écoute est gratuite, et je ne vous vendrai aucune guérison.
Gratuit · confidentiel · sans engagement · aucune relance si vous ne donnez pas suite.Aucun résultat n’est promis ni garanti, aucun délai n’est annoncé, par principe.


