rituel de protection
Guide de référence · lecture libre

Prêtre vaudou : ce qu’il est, ce qu’il fait, ce qu’il refuse

Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil, et je suis prêtre vaudou au temple de Sakété, au Bénin. On écrit beaucoup de choses sur ce que nous sommes, presque toujours de loin et rarement par quelqu’un qui l’est. Alors voici ce qu’un prêtre vaudou est réellement, comment on le devient, à quoi ressemble une journée au temple, ce qu’un prêtre vaudou peut faire pour ceux qui viennent le voir, et ce que je refuse absolument, quelle que soit la somme proposée.

Écrit par Maître Luc, prêtre vodun de Sakété À l’état civil Wêtê Agbonon Mis à jour le 19 août 2026 Lecture 32 minutes
Maître Luc, Wêtê Agbonon à l'état civil, prêtre vaudou au temple de Sakété au Bénin Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Prêtre vodun et bokonon du Fâ
Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Vu à la télévisionReportage de France 24, émission Plan B, janvier 2026 Un lieu réelTemple de Sakété, au Bénin, et non une adresse anonyme Écoute et examen gratuitsSans limite de temps, et sans aucune relance ensuite Il refuse plutôt qu’encaisserSi un travail ne peut rien pour vous, il le dit et n’accepte pas votre argent

Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.

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En résumé

Un prêtre vaudou est une personne initiée au service d’une divinité, chargée d’un lieu de culte et des rites de sa communauté. C’est une fonction religieuse, pas un pouvoir personnel.

Ce n’est ni un sorcier, ni un voyant, ni un guérisseur, et la confusion entre ces mots est ce qui permet aux escrocs de prospérer.

Maître Luc n’agit jamais contre une personne, ne publie aucun rite, et respecte entièrement la religion de ceux qui le consultent.

Ce qu’est un prêtre vaudouLa définition, sans mystère

Commençons par le plus simple, parce que presque personne ne le dit clairement.

Un prêtre vaudou est une personne initiée au service d’une divinité vodun. Il en garde le lieu, il en conduit les rites, il enseigne à ceux qui viennent après lui, et il accompagne la communauté qui s’adresse à cette divinité. Le mot vodun, en langue fon, désigne ces puissances : elles ont chacune leur domaine, leurs interdits, leurs jours, leurs offrandes.

Ce qui compte dans cette définition tient en peu de mots : un prêtre vaudou sert, il ne possède pas. Il n’a pas de pouvoir à lui, il a une charge. C’est exactement la même logique que dans les autres religions du monde, où celui qui officie tient sa place d’une transmission et non de sa personne.

Les mots qu’il faut distinguer

  • Le vodun. La divinité elle-même, et par extension la religion. On écrit vodun en langue fon, vaudou en français, voodoo dans les pays anglophones. Ce sont les mêmes mots pour des réalités différentes selon les régions.
  • Le prêtre ou la prêtresse. Car les femmes exercent cette fonction, et parfois aux plus hauts rangs. C’est une chose que l’on ignore souvent hors du Bénin.
  • Le bokonon. Celui qui pratique le Fâ, l’art divinatoire. Ce n’est pas la même fonction, même si un prêtre vaudou peut être les deux, comme c’est mon cas. Le sujet est développé dans le guide sur la consultation du Fâ.
  • Le couvent. Le lieu où se fait l’initiation, et non un endroit où l’on jetterait des sorts. On y apprend, souvent longtemps, comme dans un séminaire.
  • Le marabout. Un mot d’origine différente, venu de l’islam d’Afrique de l’Ouest, employé aujourd’hui en France pour désigner à peu près n’importe qui. Cette question est traitée dans le guide qui distingue les métiers.

Je suis prêtre vaudou et bokonon du Fâ, et l’on m’appelle marabout en France parce que c’est le mot que les gens connaissent. Je l’accepte sans le revendiquer, et je préfère qu’on sache ce que je suis réellement.

Prêtre vaudou : les huit confusions courantesCe qu’on croit, et ce qu’il en est

Ces confusions ne sont pas anodines : c’est précisément parce qu’elles existent que des escrocs peuvent se présenter en prêtre vaudou sans que personne ne puisse les contredire.

Huit idées reçues, et ce qu’il en est réellementÉcrites par quelqu’un qui exerce cette fonction, et non par quelqu’un qui l’observe de loin.
Ce qu’on croit

Un prêtre vaudou est un sorcier.

Ce qu’il en est

C’est l’inverse. Dans nos sociétés, la sorcellerie désigne ce qui agit en secret contre quelqu’un, et c’est précisément ce contre quoi les prêtres protègent. Un prêtre sert une divinité et une communauté, au vu de tous.

Ce qu’on croit

Le vaudou, ce sont les poupées piquées d’aiguilles.

Ce qu’il en est

Cette image vient du cinéma américain et de la Louisiane, pas du Bénin. Je n’ai jamais vu une telle chose dans un temple, et aucun prêtre que je connais n’en utilise.

Ce qu’on croit

Un prêtre vaudou peut jeter un sort à distance.

Ce qu’il en est

Ce qu’un prêtre conduit, ce sont des rites adressés à une divinité, pour une demande précise. Il ne s’agit pas d’agir sur une personne à son insu, et ceux qui le proposent vendent autre chose que le vodun.

Ce qu’on croit

C’est de la magie noire.

Ce qu’il en est

Le vodun est une religion, avec des divinités, des interdits, des fêtes, des lieux et des prêtres. Ce que l’on appelle magie noire en Occident n’est pas une catégorie de notre tradition.

Ce qu’on croit

Un prêtre vaudou voit l’avenir.

Ce qu’il en est

Non. Ce que je pratique, le Fâ, examine ce qui pèse dans une vie et d’où cela vient. Il ne prédit ni dates ni événements, et un prêtre qui vous annonce l’avenir sort de sa fonction.

Ce qu’on croit

On peut le devenir en quelques semaines.

Ce qu’il en est

L’initiation dure des mois ou des années, dans un couvent, sous l’autorité d’un aîné. Aucun diplôme n’existe, aucune école ne le délivre, et personne ne s’autoproclame prêtre dans nos familles.

Ce qu’on croit

Le vaudou est interdit ou clandestin.

Ce qu’il en est

Au Bénin, c’est une religion reconnue, avec une fête nationale le dix janvier. Les temples sont visibles, les cérémonies sont publiques, et des chaînes internationales viennent les filmer.

Ce qu’on croit

Un prêtre vaudou demande des sacrifices humains.

Ce qu’il en est

Cette accusation est ancienne et elle est fausse. Elle a servi à justifier bien des choses au cours de l’histoire, et elle continue de circuler. Aucun temple sérieux ne pratique rien de tel.

Pourquoi je prends le temps d’écrire cela. Parce que ces confusions servent d’abord aux escrocs. Quand personne ne sait ce qu’un prêtre vaudou fait réellement, n’importe qui peut se dire prêtre et vendre n’importe quoi. Ceux qui promettent des sorts, des retours en sept jours et des vengeances utilisent une image du vodun qui n’est pas la nôtre, et ce sont mes propres traditions qu’ils salissent.

Comment on devient prêtre vaudouLe chemin réel, sans secret divulgué

On me demande souvent comment on devient prêtre vaudou. Je peux décrire le chemin sans rien trahir de ce qui doit rester dans le couvent.

Ce qui précède l’initiation

  • Une désignation. Elle vient souvent de la famille, parfois d’une consultation, parfois d’événements que les aînés interprètent. Chez moi, la transmission est familiale : mon père et son père avant lui.
  • Un accord des aînés. Personne n’entre au couvent parce qu’il le décide seul. Il faut être accepté, et cela peut être refusé.
  • Un temps d’attente. Souvent long. On observe le candidat, sa conduite, sa patience, sa façon de se tenir avec les autres.

Ce que l’initiation comporte

Une réclusion au couvent, dont la durée varie selon les traditions et selon la divinité servie. On y apprend les chants, les langues rituelles, les gestes, les interdits, les plantes, les jours, les histoires. C’est un apprentissage complet, exigeant, et il ne ressemble en rien à ce que l’on imagine.

Je ne dirai rien de plus précis, et c’est volontaire. Ce qui se passe dans un couvent se transmet dans un cadre, à des personnes préparées. Ce n’est pas du mystère commercial : c’est le respect de ce qui m’a été confié, exactement comme un prêtre d’une autre religion ne raconte pas tout de ce qu’il a reçu.

Ce qui vient après

  • Des années auprès d’un aîné. Sortir du couvent ne fait pas de vous un prêtre vaudou accompli. On accompagne quelqu’un longtemps avant de conduire soi-même.
  • Des interdits à vie. Chaque divinité a les siens : des aliments, des couleurs, des jours, des lieux. Ils ne se négocient pas et ils vous suivent partout, y compris en voyage.
  • Une charge, pas un métier. On ne prend pas sa retraite de prêtre vaudou, et l’on ne change pas de temple comme on change d’employeur.
  • Une responsabilité envers la communauté. Les fêtes, les funérailles, les naissances, les conflits. Une grande partie de ce que je fais ne rapporte rien et ne se refuse pas.

Aucun diplôme n’existe, et je le dis franchement parce qu’on me le demande souvent. C’est pour cela que la vérification passe par autre chose : un lieu réel, une lignée qu’on peut nommer, des personnes qui vous connaissent, une présence publique vérifiable.

Ce qui se transmet et ne se publie pas

Une journée de prêtre vaudou au templeCe que fait réellement un prêtre vaudou

Voici à quoi ressemble une journée ordinaire, celle dont on ne parle jamais quand on décrit un prêtre vaudou.

Du lever du jour à la nuit, au temple de SakétéUne journée sans cérémonie particulière, comme il y en a la plupart du temps. Rien de spectaculaire, et c’est précisément le sujet.
AVANT LE JOURles libationsAU MATINceux qui viennentMIDIles consultationsAPRÈS-MIDIles messages de loinAU SOIRles ritesLA NUITles veilléesUNE JOURNÉE AU TEMPLE DE SAKÉTÉle travail commence avant le jour et finit après la nuit
Avant le jourLes libations et les premières prières. C’est le moment le plus régulier de ma vie, et il n’a jamais changé depuis mon initiation. Personne ne le voit, personne ne le paie, et c’est ce qui tient tout le reste.
Au matinCeux qui viennent au temple. Des voisins, des gens du village, parfois quelqu’un venu de loin. Beaucoup n’ont rien à demander : ils viennent saluer, s’asseoir, parler. Un prêtre vaudou est aussi quelqu’un devant qui l’on s’assoit.
Vers midiLes consultations. J’écoute d’abord, longuement, puis je procède à l’examen du Fâ quand il y a lieu. Sur dix personnes qui viennent, deux ou trois seulement repartent avec un travail à entreprendre.
L’après-midiLes messages venus de loin. France, Belgique, Suisse, Canada. Je réponds moi-même, ce qui prend du temps, et c’est la partie de ma journée qui a le plus changé en trente ans.
Au soirLes rites eux-mêmes : les offrandes, les libations, les prières adressées aux vodun de ma maison, selon ce que les examens ont montré. C’est là que se fait le travail que l’on m’a confié.
La nuitLes veillées, quand le cas le demande. Elles ne sont pas quotidiennes, et elles sont longues. C’est aussi la nuit que se règlent les affaires qui touchent aux morts.

Ce que cette journée montre. Un prêtre vaudou passe la plus grande partie de son temps à écouter, à entretenir un lieu et à conduire des rites pour sa communauté. Ce que l’on vend sur internet sous notre nom, les vengeances et les retours garantis en quelques jours, n’occupe aucune place dans une journée réelle. Cela n’existe pas chez nous.

Ce qu’un prêtre vaudou fait pour vousConcrètement, quand vous le consultez

Voici ce que je propose à ceux qui m’écrivent, et cela vaut pour n’importe quel sujet.

L’écoute, entière et gratuite

Vous racontez votre situation avec vos mots, aussi longuement qu’il le faut. Je réponds moi-même, personne d’autre. Cette écoute ne se paie pas, ni à la minute ni au forfait, et beaucoup de gens s’arrêtent là parce que c’était ce dont ils avaient besoin.

L’examen par le Fâ

C’est le cœur de mon métier de bokonon. Il ne prédit rien et ne décrit personne : il cherche ce qui pèse dans votre histoire et d’où cela vient. Je vous demande votre nom, votre date de naissance et une photographie de vous, car dans ma tradition le visage de celui qui consulte compte pour l’examen et pour les prières. Cette photographie reste au temple, elle n’est jamais publiée ni transmise, et je n’accepte jamais celle d’un tiers qui ignore la démarche.

Ce que le Fâ regarde relève de ce que ma tradition sait traiter : une parole donnée devant les familles et jamais tenue, une dot restée incomplète, une union antérieure non dénouée, un mort mal accompagné, une brouille ancienne entre deux lignées. Cet examen est gratuit lui aussi.

Les rites au temple, quand l’examen l’indique

Quand quelque chose apparaît, je conduis au temple les rites que ma tradition prévoit : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes et les libations, les gestes de dénouement, et la veillée quand le cas le demande. Le travail est fait ici, dans le lieu où j’ai été initié, en votre nom.

Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer, et il ne bouge plus. Si l’examen ne montre rien à traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. C’est la règle de ma maison et c’est ce qui me distingue le plus sûrement de ceux qui se disent prêtre vaudou sans l’être.

Exposez-moi votre situationAvec vos mots, sans vous soucier de la forme. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je vous dirai franchement ce que je vois.
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Ce que je refuse absolument

Un prêtre vaudou honnête doit dire ce qu’il ne fait pas, sinon personne ne peut le distinguer des autres.

Je n’agis jamais contre une personne. Ni un rival, ni une belle-mère, ni un concurrent, ni un ex-conjoint. Quelle que soit la somme proposée, et j’en ai refusé de considérables. Ce n’est pas ce que ma fonction m’a transmis.

Je ne contrains la volonté de personne. Faire qu’un homme revienne, qu’une femme cède, qu’un patron embauche. Une volonté forcée ne tient pas, et ce que ma tradition sait traiter, ce sont les paroles données et les engagements rompus, pas les décisions des vivants.

Je ne promets aucun résultat et aucun délai. Par principe, sur tous les sujets. Un prêtre vaudou qui vous annonce une date vend de l’attente, pas un travail.

Je ne remplace jamais un médecin. Sur les sujets de santé, mon travail se place à côté du soin, jamais devant, et je n’ai jamais donné une plante à qui que ce soit.

Je ne publie aucun rite ni aucun signe. Ce qui se transmet dans un cadre ne s’écrit pas sur internet. Ceux qui publient des formules ne les tiennent de personne.

Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un pour qui je ne peux rien. C’est la règle la plus simple et celle qui coûte le plus. Elle est aussi la seule qui vaille quelque chose.

Le vaudou et les autres religionsCe que je réponds à ceux qui hésitent

Beaucoup de gens m’écrivent en s’excusant presque, parce qu’ils sont chrétiens ou musulmans et se demandent s’ils ont le droit de consulter un prêtre vaudou.

Ce que je réponds toujours

  • Je ne demande à personne de changer de religion. Ni de renier quoi que ce soit, ni de cacher sa foi, ni de cesser de prier comme il a l’habitude de le faire.
  • Je respecte entièrement les autres religions. Ce n’est pas une formule de politesse : au Bénin, beaucoup de familles pratiquent le vodun et une religion du Livre depuis des générations sans y voir de contradiction.
  • Si votre foi vous l’interdit, écoutez-la. Je le dis franchement à ceux qui me le demandent. Consulter en se sentant en faute ne vous apportera rien de bon, et je préfère perdre une consultation.
  • Votre religieux n’a pas à savoir. Ce qui se dit entre nous reste entre nous, et je n’écris à personne.
  • Je ne dénigre jamais une autre pratique. Ni les prières, ni les autres traditions, ni ceux qui préfèrent aller ailleurs.

Cette question est traitée plus longuement dans le guide destiné aux croyants, écrit précisément pour ceux que cette hésitation retient.

Consulter un prêtre vaudou depuis l’étrangerCe qui change et ce qui ne change pas

Une grande partie de ceux qui consultent un prêtre vaudou aujourd’hui vivent en Europe ou au Canada, et cela pose des questions légitimes.

Ce qui ne change pas

  • Le travail se fait au temple. Ici, à Sakété, dans le lieu où j’ai été initié. La distance ne change rien à cela, et c’est précisément pour cette raison que le lieu compte.
  • L’écoute reste entière. Par écrit plutôt que face à face, ce qui a d’ailleurs un avantage : beaucoup de gens écrivent des choses qu’ils n’oseraient pas dire.
  • Ce que je demande est le même. Votre nom, votre date de naissance, une photographie de vous.
  • Les refus sont les mêmes. Je n’agis pas davantage contre quelqu’un parce que la personne vit loin.

Ce qui change réellement

  • Le temps de réponse. Je réponds moi-même et je ne suis pas devant un écran toute la journée. Une réponse peut prendre un jour ou deux, et c’est bon signe.
  • L’impossibilité de vérifier de vos yeux. C’est la vraie difficulté, et c’est pourquoi je donne mon nom d’état civil, le nom de mon village, et un reportage où l’on peut me voir.
  • Les gestes qui vous reviennent. Quand une part du travail doit se faire chez vous, je vous explique quoi faire avec ce que vous avez sous la main, sans rien acheter.
  • Le paiement. C’est là que se jouent la plupart des arnaques à distance. Chez moi, le montant est dit une fois, par écrit, avant, et il ne change plus jamais.

Le déroulement complet est décrit dans le guide sur la consultation à distance.

Ce qui se vérifie de loin
Prêtre vaudou au temple de Sakété : le lieu réel où Maître Luc conduit les rites de sa tradition
Le temple de Sakété, où se conduisent les rites. Un lieu réel, que l’on peut nommer et situer.

Ce qu’un prêtre vaudou fait pour sa communautéLa part du travail dont on ne parle jamais

On imagine un prêtre vaudou occupé à des rites spectaculaires. La réalité est beaucoup plus proche de ce que fait n’importe quel homme de religion.

Ce qui occupe réellement la charge

  • Les funérailles. C’est la plus lourde et la plus fréquente. Accompagner les morts et ceux qui restent occupe une part considérable du temps d’un prêtre vaudou, et cela ne se refuse jamais, quelle que soit la fortune de la famille.
  • Les naissances. Les rites qui accueillent un enfant, le nom, la présentation. Ce sont des jours heureux et ils demandent une préparation.
  • Les unions. Ce qui se dit devant les deux familles, les paroles données, les engagements pris. C’est ce terrain que j’examine le plus souvent quand quelque chose se bloque des années après.
  • Les conflits. Entre voisins, entre héritiers, entre branches d’une même famille. Un prêtre vaudou est souvent celui devant qui l’on vient s’expliquer, et c’est un travail de patience plus que de rites.
  • Les fêtes annuelles. Elles se préparent des semaines à l’avance, réunissent des dizaines de personnes, et coûtent davantage qu’elles ne rapportent.
  • La transmission. Enseigner à ceux qui viendront après. C’est la partie la plus lente et la plus importante, car une tradition qui ne se transmet plus s’éteint en une génération.

Une grande partie de ce travail ne se paie pas. C’est ce qui explique une chose que beaucoup de gens en Europe ne comprennent pas : un prêtre vaudou n’exerce pas un commerce, il tient une charge, et la charge comprend ce qui ne rapporte rien.

Les vodun que sert un prêtre vaudouCe qu’ils sont, et pourquoi je ne les nomme pas tous

On me demande souvent quelles divinités je sers, et ce qu’elles sont. Voici ce qu’un prêtre vaudou peut en dire publiquement.

Ce que sont les vodun

  • Des puissances qui ont chacune leur domaine. L’orage, l’eau, la terre, le fer, la variole autrefois, les carrefours, la parole. Chacune a ses jours, ses couleurs, ses aliments, ses interdits.
  • Elles ne sont pas interchangeables. On ne s’adresse pas à l’une pour ce qui relève d’une autre, et c’est une part importante de ce qu’apprend un prêtre vaudou pendant son initiation.
  • Elles ont des familles et des histoires. Des liens de parenté, des récits, des lieux d’origine. C’est un ensemble cohérent, pas une collection de forces anonymes.
  • Elles se servent, elles ne se commandent pas. C’est la différence la plus importante avec ce qu’on imagine en Europe. Un prêtre demande, il n’ordonne pas.
  • Au-dessus, il y a une puissance suprême. Lointaine, à laquelle on ne s’adresse pas directement, ce qui rapproche notre tradition de bien d’autres.

Pourquoi je ne publie pas les noms de ceux que je sers

Pour la même raison que je ne publie aucun rite. Ces noms s’emploient dans un cadre, à des moments précis, avec des gestes qui vont avec. Publiés hors de ce cadre, ils deviennent des mots que n’importe qui reprend pour se donner l’air d’être un prêtre vaudou.

Cela s’est produit et cela se produit encore : des sites entiers alignent des noms de vodun et de signes du Fâ pour paraître authentiques, sans qu’aucune de ces personnes n’ait jamais mis les pieds dans un couvent. C’est précisément pour ne pas leur donner de matière que je m’abstiens.

Si vous engagez un travail avec moi, vous saurez ce qui est fait et pourquoi. Ce qui reste au temple reste au temple, et c’est ainsi depuis bien avant moi.

Reconnaître un vrai prêtre vaudouSix vérifications que vous pouvez faire

Je préfère que vous sachiez vérifier plutôt que vous me croyiez sur parole. Voici ce que vous pouvez contrôler chez n’importe qui se disant prêtre vaudou, y compris chez moi.

  • Un nom d’état civil. Pas seulement un nom de pratique. Le mien est Wêtê Agbonon, et c’est ainsi qu’une chaîne internationale m’a nommé.
  • Un lieu que l’on peut situer. Un village, une ville, un temple. Quelqu’un qui n’indique aucun lieu précis n’a rien à montrer.
  • Une lignée que l’on peut nommer. De qui tenez-vous votre initiation, dans quel couvent, sous quelle autorité. Un prêtre vaudou répond à cette question sans hésiter.
  • Une trace extérieure. Un reportage, un article, une association, une personne connue qui peut confirmer. Le mien est un reportage de France 24 tourné dans le village de ma mère.
  • Un prix dit une fois, par écrit, avant. C’est le point le plus discriminant de tous. Ceux qui font apparaître des compléments en cours de route se reconnaissent à cela.
  • Des refus assumés publiquement. Un prêtre vaudou qui accepte tout ce qu’on lui demande n’est pas un homme de tradition. Demandez ce qu’il refuse de faire, et écoutez la réponse.

Les trois signes qui doivent vous faire partir

  • On vous promet un résultat ou une date. Aucune tradition sérieuse ne le permet, et celui qui le fait le sait.
  • Le montant grandit après le premier versement. Un blocage apparaît, un sacrifice supplémentaire devient nécessaire. Cela ne s’arrête jamais tant que vous payez.
  • On vous désigne un coupable. Une voisine, une belle-sœur, un collègue. Cette accusation détruit des familles et elle ne règle rien.

Cette matière est développée dans le guide sur la vérification en vingt minutes et dans celui sur le cadre écrit.

Ce que je propose selon votre situationQuatre cas parmi ceux qui m’arrivent

Tous ceux qui cherchent un prêtre vaudou ne viennent pas pour la même chose.

Vous voulez comprendre avant de consulter

Ce que je fais : je réponds à vos questions, sans rien vous vendre. Beaucoup de gens m’écrivent uniquement pour savoir ce que je fais, comment cela se passe, ce que je refuse. Ces échanges ne débouchent sur rien dans la plupart des cas, ils me prennent du temps, et je les considère comme faisant partie de ma charge.

Vous avez un problème précis

Ce que je fais : je vous écoute, je procède à l’examen du Fâ, et je vous dis franchement ce que je vois, y compris quand il n’y a rien à traiter de mon côté. Selon le sujet, je vous oriente aussi vers ceux dont c’est le métier : un médecin, un juriste, une association. Le site compte plus de soixante guides écrits pour cela.

Vous avez déjà été trompé par quelqu’un

Ce que je fais : je vous écoute sans jugement, car cela arrive à des gens très avisés. Puis je vous donne les six vérifications ci-dessus et je vous demande de me les appliquer à moi aussi. Ceux qui ont perdu de l’argent ont besoin de vérifier avant de faire confiance, et c’est légitime.

Vous voulez qu’on agisse contre quelqu’un

Ce que je fais : je refuse, et je vous explique pourquoi plutôt que de vous congédier. Un prêtre vaudou qui accepterait cela contre quelqu’un l’accepterait contre vous le jour où une autre personne le paierait. Ce refus vous protège autant qu’il protège l’autre.

Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite vendu à quelqu’un qui n’en a pas besoin.

Prêtre vaudou : les questions qu’on n’ose pas poserDix réponses franches

Voici ce que les gens hésitent à demander à un prêtre vaudou, et que je préfère écrire une fois pour toutes.

  • Est-ce que vous sacrifiez des animaux ? Les offrandes font partie de ma tradition, comme dans beaucoup de religions du monde, y compris en Europe autrefois. Elles se font dans un cadre, avec des règles, et l’animal est ensuite partagé et consommé. Rien de secret et rien de gratuit.
  • Est-ce dangereux de consulter ? Non. Ce qui est dangereux, c’est de tomber sur quelqu’un qui vous fera payer sans fin ou vous fera avaler des choses inconnues. C’est pour cela que je publie les vérifications.
  • Puis-je venir vous voir au Bénin ? Beaucoup de gens le demandent. Le travail se conduit très bien à distance, et je ne demande à personne de faire un voyage coûteux pour cela.
  • Est-ce que vous voyez des choses sur moi quand je vous écris ? Non, et méfiez-vous de qui vous répond le contraire. Je lis ce que vous m’écrivez, je pose des questions, et j’examine ensuite.
  • Est-ce que je dois croire pour que cela fonctionne ? Je ne demande à personne de croire. Ce que je fais relève de ma tradition et de ma charge, pas de votre adhésion.
  • Vous arrive-t-il de vous tromper ? Oui. Un prêtre vaudou n’est pas infaillible, et celui qui prétend l’être ment. C’est aussi pour cela que je ne promets rien.
  • Que devient ma photographie ? Elle reste au temple, elle n’est jamais publiée ni transmise à personne, et vous pouvez me demander de la détruire.
  • Est-ce que d’autres personnes savent que je vous ai écrit ? Non. Je suis seul à lire ce que vous m’envoyez et je ne parle de personne à personne.
  • Combien de temps dure un travail ? Cela dépend de ce que l’examen montre, et je vous le dis avant de commencer. Ce que je ne fais jamais, c’est annoncer une date de résultat.
  • Et si je change d’avis après avoir payé ? Dites-le moi. Si le travail n’a pas commencé, il n’y a aucune raison de vous retenir.

Aucune de ces questions n’est déplacée. Elles sont même le signe de quelqu’un qui réfléchit avant de faire confiance, et c’est exactement ce que je conseille à tout le monde, y compris avec moi.

Une tradition vivante, pas un folkloreCe que le vodun est aujourd’hui

On parle souvent du vodun au passé, comme d’une survivance. C’est faux, et cela mérite d’être dit par un prêtre vaudou en exercice.

Ce qu’est le vodun aujourd’hui

  • Une religion reconnue au Bénin. Avec une fête nationale le dix janvier, des temples visibles, des cérémonies publiques auxquelles assistent des milliers de personnes.
  • Une tradition présente sur plusieurs continents. Portée par la déportation puis par les migrations, elle a donné naissance à des traditions cousines dans les Amériques et aux Caraïbes, avec leurs propres formes.
  • Une pratique qui évolue. Les prêtres répondent aujourd’hui par message à des gens installés à des milliers de kilomètres. Cela ne dénature rien : nos traditions ont toujours accompagné ceux qui partaient.
  • Un savoir sur la nature. Les forêts sacrées, les mangroves, les espèces protégées par des interdits. C’est d’ailleurs à ce titre qu’une équipe de télévision est venue me filmer au village de ma mère.
  • Un rôle social réel. Un prêtre vaudou intervient dans les conflits, les deuils, les mariages, les naissances. Une bonne part de ce travail ne se paie pas et ne se refuse pas.

Ce que je voudrais qu’on retienne

Le vodun a mauvaise réputation pour deux raisons. La première est ancienne et vient de ce qu’on a écrit sur nous pour justifier ce qu’on nous faisait. La seconde est actuelle et vient de ceux qui vendent des vengeances sur internet en se réclamant de nous.

Je ne peux rien à la première. Sur la seconde, je fais ce que je peux : j’écris, je dis ce que je refuse, je publie mon nom d’état civil et le nom de mon village. Un prêtre vaudou qui explique son art en détail rend service à sa tradition, et c’est aussi pour cela que ce site existe.

Une question sur ce que je fais ?Écrivez-moi, même si vous n’avez rien à demander pour l’instant. Je réponds moi-même, cela ne coûte rien et cela n’engage à rien.
Écrire à Maître Luc

Prêtre vaudou, mais aussi prêtressesCe qu’on ignore presque toujours hors du Bénin

Quand on parle d’un prêtre vaudou, on imagine un homme. C’est une erreur, et elle mérite d’être corrigée.

  • Des femmes exercent cette fonction depuis toujours. Certaines divinités sont même servies principalement par des femmes, et certaines prêtresses occupent des rangs très élevés dans la hiérarchie de leur couvent.
  • Elles initient, enseignent et transmettent. Exactement comme un prêtre vaudou, avec les mêmes exigences et les mêmes interdits.
  • Elles tiennent des lieux de culte entiers. Et des communautés importantes s’adressent à elles.
  • Cette réalité surprend en Europe. Parce que l’image qui circule vient de récits anciens écrits par des voyageurs qui ne comprenaient pas ce qu’ils voyaient.

Je le dis parce que des femmes m’écrivent en me demandant si une femme peut consulter, si une femme peut apprendre, si une femme a sa place dans ces traditions. La réponse est oui, et depuis bien plus longtemps que dans beaucoup d’institutions occidentales.

Ce que me disent ceux qui reviennentHuit constats

Voici ce qui revient dans les messages que je reçois des mois ou des années plus tard.

  • Ils ne savaient pas ce qu’était un prêtre vaudou. Beaucoup découvrent en lisant que ce qu’ils imaginaient venait de films.
  • Ce qui les a décidés, c’est un refus. Le fait que je dise non à certaines demandes les a convaincus plus que tout le reste.
  • Ils avaient peur d’être jugés sur leur religion. Et ils ont été soulagés que la question ne se pose même pas.
  • L’écoute a compté autant que le reste. C’est ce qui revient le plus souvent, y compris chez ceux pour qui aucun travail n’a été engagé.
  • Ils ont vérifié avant. Le reportage, le nom, le village. Et ils me disent que cela a fait la différence.
  • Ils ont été surpris par la gratuité. Beaucoup s’attendaient à payer dès le premier message, comme ailleurs.
  • Certains sont revenus des années après. Pour autre chose, ou simplement pour donner des nouvelles. C’est ainsi que fonctionne la relation entre un prêtre vaudou et ceux qui le consultent : elle ne se termine pas à la fin d’un travail.
  • Aucun ne regrette d’avoir posé des questions avant. Y compris ceux à qui j’ai répondu que je ne pouvais rien pour eux.

Une dernière chose, pour celui ou celle qui lira cette page en hésitant à écrire. Vous n’avez pas besoin de croire au vodun pour m’écrire, ni de savoir quoi demander, ni d’avoir un problème assez grave. Un prêtre vaudou est quelqu’un devant qui l’on s’assoit et à qui l’on raconte. Le reste vient après, ou ne vient pas.

Mon engagement

Ce que je fais : je vous écoute moi-même, gratuitement et sans limite de temps, je procède à l’examen du Fâ, et je conduis au temple de Sakété les rites de ma tradition quand l’examen l’indique. Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer.

Mes règles : je n’agis jamais contre une personne, je ne contrains la volonté de personne, je ne remplace jamais un médecin, je ne publie aucun rite, et je respecte entièrement la religion de ceux qui me consultent. Si je ne peux rien pour vous, je n’accepte pas votre argent. Aucun résultat n’est promis et aucun délai n’est annoncé, par principe.

Maître Luc, Wêtê Agbonon à l'état civil, prêtre vaudou et bokonon du Fâ au temple de Sakété
Maître Luc Wêtê Agbonon à l’état civil · Prêtre vodun et bokonon, Sakété, Bénin

Initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.

Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour

Une personne initiée au service d’une divinité vodun, qui garde un lieu de culte et conduit les rites de sa communauté. Une charge transmise, pas un pouvoir personnel.

C’est l’inverse. Dans nos sociétés, la sorcellerie désigne ce qui agit en secret contre quelqu’un, et c’est ce contre quoi les prêtres protègent.

Par une initiation longue, en couvent, sous l’autorité d’un aîné, souvent après une désignation familiale. Aucun diplôme n’existe et aucune école ne le délivre.

Le prêtre sert une divinité et conduit ses rites. Le bokonon pratique le Fâ, l’art divinatoire. Certains sont les deux, comme moi.

Non, jamais, quelle que soit la somme. Ce n’est pas ce que ma fonction m’a transmis, et ce refus vous protège autant qu’il protège l’autre.

Je ne demande à personne de changer de religion ni de renier quoi que ce soit. Si votre foi vous l’interdit, écoutez-la : je préfère perdre une consultation.

Parce que ce qui se transmet dans un cadre ne s’écrit pas sur internet. Ceux qui publient des formules ne les tiennent de personne.

Un nom d’état civil, un village, une lignée, un reportage. Appliquez-moi ces vérifications, c’est ce que je demande à tous.

Écrivez-moi, même seulement pour comprendre

Vous n’avez pas besoin de savoir quoi demander ni d’avoir un problème assez grave. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.

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Gratuit · confidentiel · sans engagement · plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.
Aucun résultat n’est promis ni garanti, aucun délai n’est annoncé, par principe.
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