Malédiction familiale : ce qui se répète et ce que j’examine
Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin, et l’on m’écrit très souvent au sujet d’une malédiction familiale. Les messages disent presque tous la même chose : chez nous, personne ne réussit, les femmes sont toujours seules, les hommes meurent tôt, l’argent ne reste jamais. Voici ce que je fais dans ces situations, et je commence par la chose la plus importante : je ne confirmerai jamais une malédiction familiale pour vous vendre un travail. Ce que je fais, c’est chercher ce qui se répète réellement, dire ce qui s’explique, et traiter ce qui relève de ma tradition.
Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Prêtre vodun et bokonon du FâPlus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.
Écrire à Maître LucCe qu’on appelle malédiction familiale recouvre le plus souvent des répétitions qui s’expliquent : ce qu’on a appris enfant, des conditions transmises, des secrets, des deuils mal accompagnés.
Maître Luc ne confirme jamais une malédiction pour vendre un travail, et il ne désigne aucun coupable dans la famille.
Ce qui relève d’un rite manqué ou d’une parole rompue se traite au temple. L’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
- Ce qui se répète d’une génération à l’autre
- Les six explications ordinaires
- Le relevé des trois générations
- Ce que je fais pour vous
- Le travail au temple, étape par étape
- Ce que l’examen révèle
- Les secrets de famille
- Quand la famille est dispersée
- Comment on rompt une répétition
- Ce qu’on transmet aux enfants
- Ce qu’on vend sous ce nom
- Ce que je propose selon votre situation
- Les phrases qui installent la peur
- Ce que ma tradition dit vraiment
- Ce que racontent ceux qui ont regardé
- Questions fréquentes
Malédiction familiale : ce qui se répète vraimentLe point de départ de tout examen
Voici ce que je fais établir en premier à ceux qui me parlent d’une malédiction familiale.
Ce que ce tableau change. Une malédiction familiale ressentie comme un brouillard devient un fait précis : ce domaine, cette branche, à partir de cette génération. Un brouillard ne se traite pas ; un fait précis, oui. C’est vrai pour ce que ma tradition sait faire comme pour tout le reste.
Les six explications ordinairesÀ écarter avant de parler d’autre chose
Je ne peux pas examiner honnêtement une malédiction familiale sans commencer par là, et c’est ce que presque personne ne fait dans mon métier.
- On reproduit ce qu’on a vu. C’est la première explication d’une malédiction familiale. Un enfant qui grandit dans une maison où l’on crie apprend que c’est ainsi qu’on s’aime. Un enfant dont le père partait apprend que les hommes partent. Ce n’est ni un sort ni une faiblesse : c’est un apprentissage, et il se défait quand on le nomme.
- Les conditions se transmettent. Le quartier, l’école, le métier, le réseau, la langue parlée à la maison. Beaucoup de répétitions qu’on attribue à une malédiction familiale sont des conditions de départ que les enfants héritent sans le savoir.
- On choisit dans ce qu’on connaît. C’est ainsi qu’une malédiction familiale se rejoue sans que personne ne l’ait voulu. Les conjoints, les métiers, les amis. On se dirige vers ce qui nous est familier, même quand cela nous a fait du mal, et c’est ainsi que les mêmes histoires se rejouent.
- Un secret déforme tout. Beaucoup de ce qu’on appelle malédiction familiale vient de là. Une naissance cachée, une faillite tue, un départ jamais expliqué. Ce qui n’est pas dit se transmet quand même, sous forme de malaise, de zone interdite, de comportement inexpliqué.
- Une santé familiale se partage. Certaines fragilités se transmettent réellement, et cela relève du médecin, pas de moi. Quand plusieurs personnes d’une même famille souffrent de la même chose, c’est la première porte à pousser.
- On remarque ce qui confirme. Quand on croit à une malédiction familiale, chaque malheur devient une preuve et chaque réussite passe inaperçue. Ce n’est pas de la naïveté : c’est ainsi que fonctionne l’attention chez tout le monde.
Ces six explications ne sont pas une façon de vous congédier. Elles couvrent une grande partie de ce qu’on me raconte, et je préfère vous les donner gratuitement plutôt que de vous vendre un travail qui n’y changerait rien.
Le relevé des trois générationsÀ remplir tranquillement, avec quelqu’un si possible
Voici l’outil que j’utilise avec ceux qui me parlent d’une malédiction familiale. Cochez les cases où la chose s’est produite.
| Ce qui est arrivé | Grands-parents | Parents | Votre génération |
|---|---|---|---|
| Séparations ou unions qui ne tiennent pas | |||
| Difficultés d’argent qui reviennent | |||
| Départs, exils, ruptures avec le pays | |||
| Morts précoces ou accidents graves | |||
| Brouilles durables entre frères et sœurs | |||
| Enfants nés hors mariage ou non reconnus |
Ce que ce relevé sert à voir. Pas à mesurer un malheur, mais à repérer si une chose précise revient et depuis quand. Une famille où tout est coché partout n’a pas de malédiction familiale : elle a une histoire difficile, souvent liée à des conditions de vie, et cela se travaille autrement. Une famille où une seule ligne est cochée aux trois générations a quelque chose de précis à regarder, et c’est là que je peux servir.
Les questions à poser aux aînés
- Qui était le premier à qui c’est arrivé ? C’est la question la plus utile, et souvent la seule que personne n’a posée.
- Que s’est-il passé cette année-là dans la famille ? Un décès, un départ, un partage, un conflit avec une autre famille.
- Y a-t-il eu un mort qu’on n’a pas pu accompagner ? Guerre, exil, accident loin du pays, funérailles interrompues.
- Y a-t-il eu une brouille avec une autre lignée ? Un mariage refusé, un partage contesté, une parole dite devant tout le monde.
- De quoi ne parle-t-on jamais chez nous ? Posez la question telle quelle à un aîné, un jour calme. La réponse arrive parfois après un long silence.
Ces questions valent plus que tout ce que je pourrais faire tant qu’elles n’ont pas été posées. Et elles ne coûtent rien d’autre que le courage de les poser.
Ce qui remonte de loinMalédiction familiale : ce que je fais pour vousConcrètement, et sans vous effrayer
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans.
Malédiction familiale : d’abord raconter la famille
Pas votre problème actuel : votre famille. C’est ainsi que s’examine une malédiction familiale. Les deux branches, les mariages, les décès, les départs, les brouilles, les métiers. C’est long et beaucoup de gens ne s’y attendent pas, car ils viennent avec une question précise et je remonte de trois générations.
C’est pourtant la seule façon d’examiner honnêtement une malédiction familiale. Je réponds moi-même, personne d’autre, et cette écoute ne se paie pas.
Ensuite écarter avec vous ce qui s’explique
Je reprends les six explications ordinaires d’une malédiction familiale, une par une, avec ce que vous m’avez raconté. Dans une bonne moitié des cas que je reçois, la répétition s’éclaire à cette étape, et je vous le dis franchement.
Ce n’est pas un discours pour me défausser. C’est ce que ma charge m’impose : je ne confirmerai jamais une malédiction familiale que je ne vois pas, parce qu’une personne qui repart en croyant sa lignée maudite vit ensuite avec cette idée, la transmet à ses enfants, et se met à la vérifier partout.
Puis l’examen par le Fâ
Je procède à l’examen par le Fâ, l’art divinatoire de ma tradition et le cœur de mon métier de bokonon. Il ne cherche pas un coupable et il ne nomme personne. Il cherche ce qui est resté ouvert dans la lignée et depuis quand.
Ce que le Fâ regarde relève de ce que ma tradition sait traiter : un mort mal accompagné, un rite interrompu par une guerre ou un exil, une parole donnée devant les familles et jamais tenue, une dot restée incomplète il y a deux générations, une brouille entre deux lignées jamais dénouée, une part promise à quelqu’un et gardée. Le déroulement complet est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit.
Enfin les rites de dénouement
Quand l’examen montre quelque chose, je conduis au temple les rites que ma tradition prévoit : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes et les libations, la part donnée à ceux qui l’attendaient, les gestes qui referment ce qui devait l’être, et la veillée quand le cas le demande.
Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer. Et si l’examen ne montre rien, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. Sur ce sujet plus que sur tout autre, c’est la règle qui compte le plus.
Le travail au temple, étape par étapePour que vous sachiez à quoi vous attendre
Voici le déroulement complet d’un travail sur une malédiction familiale quand on m’écrit depuis la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.
Deux choses propres à ce sujet. Je ne dirai jamais à quelqu’un que sa famille est maudite, parce que cette phrase abîme une vie entière et se transmet aux enfants. Et je ne désigne aucun responsable dans une famille, jamais, quelle que soit l’insistance : c’est ce qui détruit le plus de familles sur ce terrain.
Malédiction familiale : ce que l’examen révèleSix choses que le Fâ met au jour
Voici ce qui ressort le plus souvent quand j’examine ce qu’une famille appelle une malédiction familiale.
- Un mort qu’on n’a pas pu accompagner. C’est de très loin la première chose que je trouve derrière une malédiction familiale. Une guerre, un exil, un accident loin du pays, des funérailles interrompues. Une ou deux générations plus tard, plus personne ne fait le lien, et pourtant la date de départ correspond. Le sujet est développé dans le guide sur le deuil.
- Une dot restée incomplète il y a longtemps. Ce qui avait été promis entre deux familles et jamais achevé. Cela s’examine et cela se dénoue, comme l’explique le guide sur la dot.
- Une brouille entre deux lignées jamais réglée. Un mariage refusé, un partage contesté, une parole dite devant tout le monde. Ce qui n’a pas été refermé entre deux familles continue de peser sur les deux.
- Une part gardée qui revenait à quelqu’un. Un héritage détourné, une terre prise, une aide jamais rendue. C’est le motif le plus fréquent après le deuil, et il est traité dans le guide sur les successions.
- Un engagement pris envers une tradition et abandonné. Une charge familiale que personne n’a reprise, un lieu laissé à l’abandon, une obligation annuelle interrompue à l’exil.
- Et très souvent, rien de tout cela. La famille a traversé des choses dures, elle en porte les traces, et il n’y a pas de malédiction familiale. Je le dis franchement, je n’accepte pas votre argent, et nous parlons de ce qui peut changer réellement.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Quelle est la génération avant laquelle cela n’arrivait pas. Du côté du père ou de la mère. À quel âge cela survient. Qui, dans la famille, a échappé à cette répétition et qu’a-t-il fait de différent. Y a-t-il eu un mort qu’on n’a pas pu enterrer selon les usages. Et une question que personne ne pose jamais : à qui doit-on encore quelque chose, dans cette famille.
Cette dernière question fait souvent un long silence, puis une réponse précise. C’est presque toujours là que se trouve ce que ma tradition sait dénouer.
Les secrets de familleCe qui se transmet sans être dit
Une part importante de ce qu’on nomme malédiction familiale vient de choses tues, et ce mécanisme mérite d’être expliqué.
Comment un secret agit sur une famille
- Les enfants sentent la zone interdite. Sans savoir de quoi il s’agit, ils repèrent les sujets qui font baisser la voix, la pièce où l’on n’entre pas, la photo décrochée.
- Le silence se remplit d’imagination. Un enfant qui ne sait pas invente une explication, souvent bien pire que la réalité, et il grandit avec.
- Les comportements se transmettent sans le motif. On apprend à se méfier d’une branche de la famille sans savoir pourquoi, et l’on transmet cette méfiance à son tour.
- La date revient. Beaucoup de familles ont un mois de l’année où tout va mal, sans que personne ne sache qu’il s’y est passé quelque chose deux générations plus tôt.
Ce que je conseille, et ce que je ne conseille pas
Ce que je conseille : poser la question à l’aîné le plus âgé encore vivant, calmement, sans reproche, en disant simplement que vous voudriez comprendre. Beaucoup de gens attendent que le dernier témoin meure, et ensuite il est trop tard.
Ce que je ne conseille pas : déterrer un secret devant toute la famille réunie, ni obliger quelqu’un à parler de ce qui lui a coûté cher. Certains secrets protègent des personnes encore vivantes, et il faut le respecter. Ce qui compte, c’est que quelqu’un sache, pas que tout le monde sache.
Et je ne cherche jamais à faire dire à quelqu’un ce qu’il ne veut pas dire. Ce n’est pas mon rôle, et une malédiction familiale ne se dénoue pas en forçant les gens.
Ce qui reste ouvert dans une lignée
Malédiction familiale et famille disperséeCe qui s’ajoute pour ceux qui vivent loin
Une grande partie de ceux qui m’écrivent au sujet d’une malédiction familiale vivent en Europe ou au Canada, et leur situation a des traits que je retrouve d’un message à l’autre.
Ce qui complique l’examen à distance
- L’histoire s’est perdue en route. Les aînés sont restés au pays ou sont morts, et personne ici ne connaît les détails. C’est la première difficulté et elle est réelle.
- Les rites n’ont pas pu être faits. C’est souvent toute la malédiction familiale. Ni pour les décès, ni pour les naissances, ni pour les unions. Sur deux générations d’exil, cela s’accumule, et c’est souvent ce que l’examen met au jour derrière une malédiction familiale.
- Le départ lui-même a été une rupture. Certains sont partis fâchés, d’autres en cachette, d’autres après un conflit d’héritage. Ce qui n’a pas été refermé au moment du départ pèse longtemps.
- Les explications circulent au téléphone. Chacun au pays a sa version, souvent effrayante, et personne ne peut vérifier.
- Les enfants nés ici n’ont plus les repères. Ils entendent des choses sans contexte et grandissent avec une peur qu’ils ne peuvent situer nulle part.
Ce que je conseille dans ces cas
- Appelez le plus âgé pendant qu’il est là. Enregistrez si vous le pouvez, avec son accord. Ce que vous obtiendrez servira à vos enfants autant qu’à vous.
- Notez ce que vous savez, même incomplet. Les noms, les dates approximatives, les villages. Un tableau imparfait vaut mieux que rien, et je travaille très bien avec cela.
- Ne prenez pas pour argent comptant ce qu’on vous dit de loin. Surtout quand cela s’accompagne d’une adresse à consulter d’urgence.
- Sachez que ce qui n’a pas pu être fait se rattrape. C’est le cœur de ma pratique pour la diaspora : les rites manqués au moment voulu se conduisent plus tard, au temple, au nom de ceux qui sont loin.
Comment on rompt une répétitionNeuf choses qui marchent réellement
Voici ce que je conseille à tous ceux qui viennent me voir pour une malédiction familiale, et cela vaut même sans aucun rite.
- Nommer précisément ce qui se répète. Une malédiction familiale nommée cesse d’être un brouillard. Pas « tout va mal chez nous » mais « les hommes de la branche paternelle partent vers quarante ans ». Une chose nommée cesse d’être une fatalité et devient un sujet.
- Chercher celui qui a échappé à la malédiction familiale. Il y en a presque toujours un : un oncle, une cousine, une tante. Regardez ce qu’il a fait de différent. C’est l’exercice le plus utile de toute cette page.
- Poser les questions aux aînés pendant qu’ils sont là. Chaque année qui passe emporte des réponses.
- Dire à ses enfants ce qui peut être dit. Simplement, à leur âge. Un enfant informé se protège mieux qu’un enfant qui sent sans savoir.
- Refuser de transmettre la phrase. Ne dites jamais devant vos enfants que la famille est maudite. C’est ainsi qu’une malédiction familiale se fabrique et se perpétue, et c’est en votre pouvoir de l’arrêter.
- Changer une chose concrète. Une décision différente de celle qu’aurait prise votre père au même âge. Une seule suffit pour ouvrir une brèche.
- Régler ce qui se règle entre vivants. Une part rendue, une visite faite, des excuses présentées. Beaucoup de choses que l’on croit spirituelles se règlent par une conversation difficile.
- Se faire accompagner si cela pèse trop. Un psychologue, notamment sur les répétitions familiales, aide énormément et beaucoup de gens n’y pensent pas.
- Accomplir ce qui n’a pas pu l’être. C’est ma part du travail sur une malédiction familiale. Un rite manqué, une part non donnée, un mort mal accompagné : cela se rattrape, même des générations plus tard, et c’est précisément ce que ma tradition sait faire.
Ces neuf façons de défaire une malédiction familiale ne demandent pour la plupart aucun argent et aucun praticien. Je les donne en entier parce que beaucoup de familles n’ont besoin de rien d’autre.
Malédiction familiale : ce qu’on transmet aux enfantsLa seule chose qui dépend entièrement de vous
C’est la partie de cette page qui compte le plus, et je voudrais qu’elle soit lue par tous ceux qui craignent une malédiction familiale.
Ce qu’un enfant retient
- La phrase entendue à table. C’est ainsi qu’une malédiction familiale se transmet. « Chez nous, ça ne réussit jamais. » Dite une fois devant un enfant de huit ans, elle le suit toute sa vie et il la vérifiera partout.
- Le ton plus que les mots. Un enfant qui ne comprend pas les mots comprend la peur dans la voix, et il en déduit qu’il y a quelque chose de grave.
- Ce qu’on ne dit pas de son ascendance. Un grand-père dont on ne parle jamais devient dans l’esprit d’un enfant une menace bien pire que ce qu’il a réellement fait.
- Les précautions inexpliquées. Interdire quelque chose sans dire pourquoi apprend qu’un danger existe sans permettre de le situer.
Ce que vous pouvez faire, et qui ne coûte rien
- Ne dites jamais devant vos enfants que la famille est maudite. Même en plaisantant, même de mauvaise humeur. C’est ainsi qu’une malédiction familiale se fabrique de génération en génération.
- Dites la vérité à leur mesure plutôt que de parler de malédiction familiale. Ton grand-père a eu une vie difficile, il est parti à cause de la guerre, il a fait des choses que nous n’approuvons pas. Une vérité simple protège mieux qu’un silence.
- Nommez ce que vous faites différemment. Dire à un enfant « moi j’ai choisi autrement, et voilà comment » lui montre qu’une répétition n’est pas un destin.
- Racontez aussi ce qui a réussi. Dans toutes les familles, quelqu’un s’en est sorti. Ces récits-là ne se transmettent presque jamais, alors que ce sont les plus utiles.
- Répondez à leurs questions. Même les gênantes, surtout les gênantes. Un enfant à qui l’on répond n’a pas besoin d’inventer.
Si vous ne faisiez qu’une seule chose après avoir lu cette page, faites celle-là. Elle ne dépend d’aucun praticien, elle ne coûte rien, et elle a plus d’effet sur les générations suivantes que tout ce que je peux conduire au temple.
Malédiction familiale : ce qu’on vend sous ce nomEt pourquoi je fais autrement
La malédiction familiale est l’un des terrains les plus rentables pour ceux qui trompent, et il faut dire pourquoi.
- La confirmation immédiate d’une malédiction familiale. Dès le premier message, on vous dit que oui, votre famille est frappée depuis sept générations. C’est ce que vous redoutiez d’entendre, cela explique tout, et cela ne repose sur rien.
- La levée en plusieurs versements. Un premier montant pour ouvrir, un deuxième parce que c’est plus profond que prévu, un troisième pour protéger les enfants. Cela ne s’arrête jamais tant que vous payez.
- L’ancêtre coupable désigné. On vous nomme un grand-oncle, une aïeule, une branche entière de la famille. Vous ne pourrez plus jamais regarder ces gens de la même façon, et rien n’aura changé pour autant.
- La menace sur les enfants. On vous dit que la malédiction familiale retombera sur eux. Si vous ne faites rien, cela retombera sur eux. C’est le levier le plus efficace et le plus cruel de tout ce marché.
- Le rituel à renouveler chaque année. Parce que la malédiction familiale reviendrait sinon. Chez moi, un travail est fait, il est terminé, et je ne facture pas les nouvelles.
Ma façon de faire est l’inverse : j’écarte d’abord ce qui s’explique, j’examine ensuite, et très souvent je conclus qu’il n’y a rien de tel. Dire à quelqu’un que sa famille n’est pas maudite est parfois le plus grand service que je puisse lui rendre, et cela ne me rapporte rien.
Ce que je propose selon votre situationQuatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Toutes les personnes qui me parlent d’une malédiction familiale ne reçoivent pas la même réponse de ma part.
Vous avez peur sans savoir ce qui se répète
Ce que je fais : face à une peur de malédiction familiale sans fait précis, je vous fais établir le relevé des trois générations et je n’engage rien. Dans un grand nombre de cas, la peur vient d’une phrase entendue enfant et jamais vérifiée. Une fois le tableau posé, beaucoup de gens constatent qu’il n’y a pas de répétition, et cette conversation ne coûte rien.
Une chose précise revient depuis une génération identifiée
Ce que je fais : c’est ici que mon travail sur une malédiction familiale a tout son sens. Nous cherchons ce qui s’est passé au moment où cela a commencé. L’examen porte sur ce point, et quand il montre quelque chose, je conduis au temple les rites de dénouement, avec les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes et les libations.
Quelqu’un vous a déjà annoncé une malédiction
Ce que je fais : j’examine sérieusement, parce que c’est mon métier, et je vous dis ce que je vois, y compris quand cela contredit ce qu’on vous a dit. Il m’arrive de recevoir des personnes terrorisées depuis des années par une phrase payée très cher. Leur dire que l’examen ne montre rien de tel est un travail utile, et je ne le facture pas.
Cela vous empêche de vivre
Ce que je fais : je vous écoute, et je vous oriente aussi vers un professionnel. Quand quelqu’un ne dort plus, renonce à faire des enfants ou refuse de s’engager par peur d’une malédiction familiale, cela dépasse ce qu’un rite peut apaiser. Un psychologue aide réellement sur ces questions, et le dire fait partie de ma charge.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite vendu à quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Malédiction familiale : dix phrases qui font peurDix formules à reconnaître
Voici ce que l’on dit aux gens pour les convaincre d’une malédiction familiale, et ce qu’il faut en penser.
- « C’est sur sept générations. » Cette formule ne vient d’aucune tradition que je connaisse. Elle sert à donner une profondeur impressionnante et à justifier un travail long et coûteux.
- « Vous êtes le maillon qui doit payer. » Terrifiant et invérifiable. Ma tradition parle de dettes à régler, pas de personnes désignées pour payer.
- « Si vous ne faites rien, ce sera vos enfants. » Le levier le plus efficace de tout ce marché. Un praticien qui l’emploie sait exactement ce qu’il fait.
- « Je vois quelqu’un dans votre famille qui vous veut du mal. » Cette phrase a détruit plus de familles que n’importe quelle malédiction familiale, et elle ne repose sur rien.
- « C’est votre grand-mère qui a fait un pacte. » Impossible à vérifier, impossible à démentir, et cela salit la mémoire de quelqu’un qui ne peut plus répondre.
- « Le travail est plus profond que prévu. » Dite après le premier paiement, elle annonce le deuxième.
- « Il faut agir avant la prochaine lune. » L’urgence artificielle empêche de réfléchir et de comparer.
- « Ne parlez de ceci à personne. » L’isolement est l’outil principal de tous ceux qui trompent. Un praticien honnête n’a aucune raison de vous demander le silence.
- « Votre réussite était bloquée depuis toujours. » Formulation qui explique tous les échecs d’un coup et flatte en même temps : ce n’est pas vous, c’est le blocage.
- « Vous ressentirez les effets dans les jours qui viennent. » Toute annonce de délai est un signal d’alarme, sur ce sujet comme sur tous les autres.
Si vous avez entendu plusieurs de ces phrases, vous n’avez pas affaire à quelqu’un qui examine une malédiction familiale : vous avez affaire à quelqu’un qui vend de la peur. Et la peur, sur ce terrain, se vend très cher et très longtemps.
Malédiction familiale : ce que dit ma traditionEt ce qu’elle ne dit pas
On invoque beaucoup le vodun pour parler de malédiction familiale. Voici ce qu’un prêtre en exercice peut en dire.
Ce que ma tradition tient pour vrai
- Ce qui est dû se paie tant que ce n’est pas donné. Une part promise, une dot inachevée, un héritage détourné. Chez nous, cela ne s’efface pas avec le temps et cela ne s’efface pas avec la mort de celui qui devait.
- Les morts gardent une place parmi les vivants. Ceux qui n’ont pas été accompagnés selon les usages restent, en quelque sorte, en attente. C’est le fondement de la plus grande partie de mon travail sur ce sujet.
- Une parole prononcée devant témoins engage. Une promesse, une bénédiction, une parole dure dite un jour de colère devant les deux familles.
- Une charge non reprise appelle quelqu’un. Quand personne n’a repris ce qu’un ancien tenait, cela se manifeste dans la lignée, parfois deux générations plus tard.
Ce que ma tradition ne dit pas, malgré ce qu’on entend
- Qu’une famille entière serait condamnée sur sept générations. Cette formule circule beaucoup et elle ne vient pas de chez nous. Elle sert surtout à impressionner.
- Qu’un enfant paierait pour ce que son grand-père a fait. Ce que ma tradition traite, ce sont des dettes et des rites, pas des punitions transmises.
- Qu’il faudrait renouveler un travail chaque année. Ce qui est refermé est refermé.
- Qu’un coupable devrait être nommé. Chez nous, on répare ce qui est dû, on ne désigne pas des gens.
Une malédiction familiale, dans le vocabulaire que je connais, n’existe pas comme un sort jeté une fois pour toutes. Ce qui existe, ce sont des choses restées ouvertes, et une chose ouverte se referme. C’est une différence considérable, et c’est celle que j’essaie de faire comprendre à tous ceux qui m’écrivent.
Ce que racontent ceux qui ont regardéHuit constats
Beaucoup de personnes m’écrivent des mois après m’avoir parlé d’une malédiction familiale. Voici ce qui revient.
- La malédiction familiale n’était pas ce qu’ils croyaient. C’est le constat le plus fréquent de tous. Le relevé montre presque toujours autre chose que ce que la personne était venue chercher.
- Un deuil non accompagné était au départ de la malédiction familiale. Chez ceux où l’examen a montré quelque chose, c’est de loin la cause la plus fréquente.
- Un aîné savait. Beaucoup me racontent la conversation qu’ils ont enfin osé avoir, et ce qu’ils ont appris ce jour-là.
- Quelqu’un avait échappé à la répétition. Et personne n’y avait jamais pensé. Regarder ce que cette personne avait fait de différent a changé beaucoup de choses.
- Le soulagement est venu du non. Ceux à qui j’ai dit qu’il n’y avait pas de malédiction familiale me disent souvent que c’est ce jour-là que quelque chose s’est desserré.
- Ils ont cessé de le dire devant leurs enfants. C’est le changement le plus concret et celui qui les rend le plus fiers.
- Une part avait été gardée. Chez plusieurs familles, ce qui pesait était un héritage détourné deux générations plus tôt, et le régler entre vivants a suffi.
- Aucun ne regrette d’avoir tracé le tableau. Y compris ceux qui y ont découvert des choses difficiles.
Une dernière chose, pour celui ou celle qui lit cette page en se croyant condamné d’avance. Une famille n’est pas un destin. Vous portez une histoire, ce qui n’est pas la même chose qu’un sort, et beaucoup de ce que vous croyez inscrit se change en une seule génération. Souvent, la vôtre. Vous pouvez m’écrire pour en parler, cela ne coûte rien et cela n’engage à rien.
Ce que je fais : je vous écoute moi-même et gratuitement, je vous aide à établir ce qui se répète réellement, j’écarte avec vous ce qui s’explique, j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert dans la lignée, et je conduis au temple de Sakété les rites de dénouement quand l’examen l’indique.
Mes règles : je ne dirai jamais à quelqu’un que sa famille est maudite si l’examen ne le montre pas, je ne désigne aucun responsable, je n’utilise jamais vos enfants comme argument, et je ne fais renouveler aucun travail chaque année. Si l’examen ne montre rien, je n’accepte pas votre argent. Aucun résultat n’est promis et aucun délai n’est annoncé, par principe.
Initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour
Ce qu’on nomme ainsi recouvre surtout des répétitions qui s’expliquent : apprentissage, conditions de vie, secrets, deuils mal accompagnés. Je vérifie s’il reste autre chose.
En traçant ce qui se répète sur trois générations, domaine par domaine, avec des dates. Beaucoup découvrent que ce n’était pas ce qu’ils croyaient.
J’écarte avec vous ce qui s’explique, j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert, et je conduis les rites de dénouement quand l’examen l’indique.
Non, sauf si l’examen le montre, et c’est rare. Confirmer une malédiction pour vendre un travail est l’une des tromperies les plus destructrices de ce métier.
Jamais. Nommer un coupable soulage un soir et détruit des relations pendant des générations.
Je n’utilise jamais cet argument, qui est le levier le plus cruel de ce marché. Ce que vous pouvez faire pour eux, c’est ne pas leur transmettre la phrase.
Ce qui vient d’un rite manqué se traite dans ma tradition. Ce qui vient de l’apprentissage se change par des décisions, et beaucoup y parviennent en une génération.
L’écoute et l’examen ne coûtent rien. Si l’examen ne montre rien, je n’accepte pas votre argent, et c’est très fréquent sur ce sujet.
Racontez-moi votre famille
Ce qui se répète, dans quelle branche, et depuis quelle génération. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je vous dirai franchement ce que je vois.
Gratuit · confidentiel · sans engagement · plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.Aucun résultat n’est promis ni garanti, aucun délai n’est annoncé, par principe.







