Ne plus voir ses enfants : ce que je fais et ce que je refuse
Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin, et parmi tous les messages que je reçois, ceux de parents qui en sont venus à ne plus voir ses enfants sont les plus lourds. Ces personnes ont souvent tout essayé, elles sont épuisées, et beaucoup m’écrivent la nuit. Voici ce que je fais réellement, les recours que presque personne ne connaît, et ce que je refuse absolument : je n’agirai jamais contre l’autre parent, et je ne vous promettrai aucune garde.
Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Prêtre vodun et bokonon du FâPlus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.
Écrire à Maître LucOn en vient rarement à ne plus voir ses enfants d’un coup : cela se fait en cinq temps, et plus on agit tôt, plus c’est simple.
La médiation familiale est le recours le moins connu et le plus efficace. Elle coûte peu, parfois rien, et évite l’affrontement.
Maître Luc n’agit jamais contre l’autre parent, ne promet aucune garde, et n’examine jamais un enfant. L’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
- Ce que je refuse, et pourquoi
- Les cinq temps de l’éloignement
- Le relevé du lien
- Les recours, dans l’ordre
- Tenir le lien malgré tout
- Ce que je fais pour vous
- Le travail au temple, étape par étape
- Ce que l’examen révèle
- Les huit erreurs qui éloignent davantage
- Quand l’enfant est dans un autre pays
- Ce qu’un parent conserve toujours
- Ce que je propose selon votre situation
- Questions fréquentes
Sur ce sujet, la demande arrive presque toujours sous la même forme : faites qu’elle me les rende, faites qu’il perde la garde. Je comprends d’où cela vient, et je réponds non.
Je n’agis jamais contre l’autre parent. Quelle que soit la somme. Cette personne reste le père ou la mère de votre enfant, et tout ce qui l’atteindrait atteindrait votre enfant en premier.
Je ne promets aucune garde ni aucun droit de visite. Ce qui relève d’un juge relève d’un juge. Promettre une décision de justice à un parent qui souffre est l’une des tromperies les plus graves de ce métier, et elle se vend très cher.
Je n’examine jamais un enfant et je ne demande jamais sa photographie. Ni celle de l’autre parent. Je ne travaille que sur la personne qui me consulte.
Et je ne dirai jamais qu’un enfant est retenu par une force. Cette phrase circule beaucoup, elle terrifie les parents, et elle empêche de faire les démarches qui, elles, fonctionnent.
Ce que je peux : vous écouter longuement, vous aider à établir ce qui reste et ce qui a été tenté, vous orienter vers les recours réels, et examiner ce qui pèse sur vous. C’est étroit et c’est honnête.
Ne plus voir ses enfants : les cinq tempsComment un lien se défait sans qu’on le décide
Voici ce que je fais situer en premier aux parents qui en viennent à ne plus voir ses enfants : à quel temps vous en êtes.
Pourquoi ce repère compte. Aux deux premiers temps, une conversation directe suffit souvent. À partir du troisième, il faut écrire et garder trace ; à partir du quatrième, il faut un tiers, et attendre encore ne fait qu’ajouter des mois. Beaucoup de parents qui en viennent à ne plus voir ses enfants ont attendu des années en espérant que cela s’arrange tout seul.
Ne plus voir ses enfants : le relevé du lienCe qui reste, et ce que vous avez tenté
Voici la liste que je parcours avec les parents qui en sont venus à ne plus voir ses enfants. Cochez ce qui est vrai aujourd’hui.
Ce que ce relevé sert à voir. Pas si vous êtes un bon parent, cela ne se coche pas. Seulement ce qui reste debout et par où recommencer, parce que la démarche n’est pas la même selon ce qui subsiste. Et si vous avez coché la dernière case, allez d’abord vers la protection de l’enfance et la police : cela passe avant tout le reste, y compris avant moi.
Ne plus voir ses enfants : les recours dans l’ordreDu plus simple au plus lourd
Je ne suis ni juriste ni avocat. Quand on en vient à ne plus voir ses enfants, je vous indique les portes qui existent, parce que beaucoup de parents ignorent qu’elles sont ouvertes et gratuites.
Ne plus voir ses enfants : parler une fois calmement
Seul à seul, sans les enfants, sans la nouvelle compagne ni le nouveau compagnon, à un moment neutre. Parlez de l’organisation, pas du passé. Beaucoup de blocages tiennent à des rancunes de séparation que personne n’a jamais posées à plat, et une conversation menée sans reproche débloque plus souvent qu’on ne le croit.
Écrire, et garder trace
Un message ou une lettre qui demande simplement à voir votre enfant, avec des propositions de dates précises. Sans insulte, sans menace, sans reproche : ce que vous écrivez pourra être lu un jour par un magistrat, et parfois par votre enfant devenu adulte. Gardez une copie de tout.
La médiation familiale
C’est le recours le plus utile et le moins connu. Un médiateur formé réunit les deux parents et les aide à trouver un accord sur l’organisation de la vie de l’enfant. Le coût est calculé selon les revenus et reste très faible, parfois nul. Elle aboutit dans une part importante des cas, et surtout elle laisse une relation possible pour les quinze années qui suivent, ce qu’un affrontement judiciaire ne fait jamais.
Le juge aux affaires familiales
Il fixe la résidence de l’enfant et le droit de visite, et peut être saisi pour faire respecter une décision existante ou la faire modifier. On peut le saisir sans avocat dans certains cas, et une aide juridictionnelle prend en charge tout ou partie des frais selon les ressources. Beaucoup de parents renoncent en croyant que cela coûte une fortune.
Quand une décision existe et n’est pas respectée
Empêcher un parent d’exercer son droit de visite fixé par une décision n’est pas sans conséquence : cela porte un nom dans la loi française, la non-représentation d’enfant, et cela peut être signalé. Avant d’en arriver là, faites constater les refus par écrit et demandez conseil, parce que la manière de procéder compte autant que le fond.
Où obtenir un conseil gratuit
Les points d’accès au droit, les maisons de justice, les permanences d’avocats en mairie, les associations d’aide aux familles. C’est le premier endroit où aller quand on hésite, et cela ne coûte rien. En France, le 119 est le numéro de l’enfance en danger, joignable à tout moment, si vous craignez pour la sécurité de votre enfant.
Ce qui se referme et ce qui peut se rouvrirTenir le lien malgré toutDix gestes qui comptent, même sans réponse
Voici ce que je conseille à tous les parents qui en sont venus à ne plus voir ses enfants, et qui se demandent à quoi bon continuer.
- Écrivez régulièrement, même sans réponse. C’est ce qui compte le plus quand on en vient à ne plus voir ses enfants. Un message par semaine, calme, sans reproche envers l’autre parent. Beaucoup d’enfants les retrouvent des années plus tard, et cela change tout : ils savent alors que vous n’avez pas disparu.
- Gardez une trace de tout ce que vous envoyez. Datée. Cela sert devant un juge, et cela servira surtout à votre enfant devenu adulte.
- Ne dites jamais de mal de l’autre parent. C’est la règle d’or quand on risque de ne plus voir ses enfants. Jamais, dans aucun message. Un enfant qui entend cela se sent obligé de choisir, et il choisit celui chez qui il vit.
- Marquez les dates qui comptent. Ne plus voir ses enfants ne dispense pas de les fêter. Anniversaire, rentrée, fêtes. Un mot, une carte, même s’ils ne sont pas remis : vous saurez que vous les avez envoyés, et cela vous tient debout.
- Restez joignable et stable. Ne plus voir ses enfants ne veut pas dire être introuvable. Même numéro, même adresse si possible. Un enfant qui veut reprendre contact à quinze ans doit pouvoir vous trouver.
- Tenez-vous informé par les voies légitimes. Ne plus voir ses enfants ne veut pas dire tout ignorer d’eux. Un parent conserve en principe le droit d’être informé de la scolarité et de la santé de son enfant, même sans résidence. Demandez-le par écrit à l’établissement.
- N’utilisez jamais l’enfant comme messager. Ne lui demandez pas ce que dit l’autre, ne lui faites pas transmettre. C’est ce qui abîme le plus, et les enfants s’en souviennent longtemps.
- Préparez ce que vous direz quand il reviendra. Sans reproche sur les années perdues. Beaucoup de retrouvailles échouent parce que le parent commence par demander des comptes.
- Ne laissez pas cela vous détruire. Ne plus voir ses enfants use, et un enfant qui revient a besoin de quelqu’un de solide. Continuez à travailler, à voir du monde, à vous soigner. Un enfant qui revient a besoin de retrouver quelqu’un de solide, pas quelqu’un de brisé.
- Faites-vous accompagner. Ne plus voir ses enfants se traverse rarement seul. Un psychologue, une association de parents séparés, un groupe de parole. Beaucoup de parents traversent cela dans une solitude complète, et ce n’est pas nécessaire.
Ne plus voir ses enfants : ce que je faisConcrètement, et à ma place
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans.
Ne plus voir ses enfants : d’abord être écouté
Les messages sur le fait de ne plus voir ses enfants sont les plus longs que je reçois, et c’est normal : personne n’écoute vraiment ces parents. L’entourage se lasse, la famille prend parti, et beaucoup finissent par ne plus en parler du tout pour éviter les regards.
Je vous laisse tout raconter, depuis le début, y compris ce que vous vous reprochez. Je réponds moi-même, et cette écoute ne se paie pas.
Ensuite regarder ce qui reste et vous orienter
Quand on en vient à ne plus voir ses enfants, nous reprenons le relevé du lien et les cinq temps, puis nous choisissons la porte à pousser. Beaucoup de parents repartent avec le mot médiation familiale, qu’ils n’avaient jamais entendu, sans que rien n’ait été engagé ni payé.
Je le fais parce qu’un homme de tradition qui vendrait un rite à un parent qui n’a jamais demandé de médiation lui prendrait son argent et lui ferait perdre des mois. Sur ce sujet, chaque mois compte.
Puis l’examen par le Fâ, sur vous
Je procède à l’examen par le Fâ, l’art divinatoire de ma tradition et le cœur de mon métier de bokonon. Il porte sur vous : sur ce qui pèse, sur ce qui s’est fermé, sur ce qui est resté ouvert dans votre histoire et entre les deux familles.
Ce que le Fâ regarde relève de ce que ma tradition sait traiter : une union défaite sans qu’aucun geste n’ait été posé, une parole prononcée en pleine dispute, une dot restée inachevée, un ancien conflit entre les deux lignées, un mort mal accompagné dont personne n’a reparlé. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit.
Enfin les rites d’apaisement
Quand l’examen montre quelque chose, je conduis au temple les rites que ma tradition prévoit : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes et les libations, les gestes d’apaisement, et la veillée quand le cas le demande. Ce travail porte sur vous et sur ce qui est resté ouvert, jamais sur l’autre parent, et jamais sur l’enfant.
Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer. Et si l’examen ne montre rien à traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. Aucun résultat n’est promis et aucun délai n’est annoncé, par principe.
Le travail au temple, étape par étapePour que vous sachiez à quoi vous attendre
Voici le déroulement complet quand un parent qui en est venu à ne plus voir ses enfants m’écrit depuis la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.
Deux choses propres à ce sujet. Je ne conduis aucun travail destiné à faire revenir un enfant contre la volonté d’un parent ni contre la sienne. Et je vous dirai franchement quand votre situation relève d’un médiateur ou d’un juge et non de moi, ce qui est le cas le plus fréquent.
Ne plus voir ses enfants : ce que révèle l’examenSix choses que le Fâ met au jour
Voici ce qui ressort le plus souvent quand j’examine la situation d’un parent qui en est venu à ne plus voir ses enfants.
- Une union défaite sans qu’aucun geste n’ait été posé. C’est ce que je trouve le plus souvent derrière le fait de ne plus voir ses enfants. C’est de loin la première chose que je trouve. Deux familles s’étaient engagées l’une envers l’autre, la séparation a eu lieu entre deux personnes, et rien n’a été refermé du côté des lignées. Ce qui reste ouvert là continue d’agir longtemps.
- Une parole lancée en pleine dispute. C’est souvent le point de départ du fait de ne plus voir ses enfants. Tu ne les reverras jamais, ou pire. Prononcée une fois, dans la colère, souvent devant témoins. Chez nous, une parole prononcée sur des enfants pèse, et cela se dénoue.
- Une dot restée inachevée. Elle explique souvent le fait d’en venir à ne plus voir ses enfants après une séparation. Très fréquent quand les familles sont d’origines différentes ou que le mariage coutumier n’a jamais été mené à son terme. C’est développé dans le guide sur la dot.
- Un conflit ancien entre les deux familles. Les enfants en paient le prix et le parent finit par ne plus voir ses enfants. Antérieur au couple, parfois d’une génération. Les enfants deviennent alors l’enjeu d’une histoire qui n’est pas la leur.
- Un deuil dont personne n’a reparlé. Un décès pendant la séparation, des funérailles auxquelles l’un des deux n’a pas été convié. Cela referme des portes de façon durable.
- Et souvent, rien de tout cela. Une séparation douloureuse, une rancune ordinaire, une situation qui relève du médiateur et du juge. Je le dis franchement, je n’accepte pas votre argent, et je vous oriente.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Comment la séparation s’est-elle faite exactement. Qu’est-ce qui a été dit ce jour-là, et devant qui. Les deux familles s’étaient-elles engagées l’une envers l’autre, et cela a-t-il été refermé. Y a-t-il eu un décès pendant cette période. Que sait votre enfant de ce qui s’est passé. Et une question que personne ne pose : que vous reprochez-vous, à vous.
Cette dernière question fait souvent pleurer. Presque tous ces parents portent quelque chose qu’ils n’ont jamais dit à personne, et le dire une fois allège déjà beaucoup.
Les huit erreurs qui éloignent davantageCe que je vois le plus souvent
Voici ce qui aggrave une situation où l’on en vient à ne plus voir ses enfants. Aucune de ces erreurs ne vient de la méchanceté, toutes viennent de la douleur.
- Dire du mal de l’autre parent à l’enfant. C’est ce qui mène le plus sûrement à ne plus voir ses enfants. C’est l’erreur la plus destructrice de toutes. L’enfant se sent sommé de choisir, et il s’éloigne de celui qui l’oblige à le faire.
- Écrire des messages de nuit, en colère. Ils seront relus, montrés, et parfois versés à un dossier. Une seule phrase peut coûter des mois.
- Cesser d’écrire par découragement. C’est ce qui transforme un éloignement en ne plus voir ses enfants du tout. Après des mois sans réponse, on abandonne. Et l’enfant, plus tard, ne trouvera aucune trace, ce qui confirmera ce qu’on lui a peut-être dit.
- Se présenter à l’improviste à l’école ou au domicile. Cela paraît naturel et cela se retourne toujours contre le parent qui le fait.
- Impliquer toute la famille. C’est ce qui fige une situation où l’on commence à ne plus voir ses enfants. Appels des grands-parents, messages des oncles, pressions collectives. La situation se durcit et il devient impossible de reculer.
- Arrêter de payer ce qui est dû parce qu’on en est venu à ne plus voir ses enfants. Par colère, ou parce qu’on ne voit plus l’enfant. Les deux questions sont distinctes en droit, et cela vous mettra en tort sans rien changer aux visites.
- Attendre que l’enfant grandisse. Trois ans à ne plus voir ses enfants passent vite pour un adulte, jamais pour un enfant. Trois ans passent vite, et l’enfant qui les traverse sans nouvelles se construit une explication de votre absence.
- Chercher quelqu’un pour agir sur l’autre parent. C’est ce qu’on me demande le plus souvent ici, et c’est ce que je refuse. Cela ne ramène aucun enfant, et cela vous coûte de l’argent au moment où vous en avez le plus besoin pour un avocat.
Quand l’enfant est dans un autre paysLa situation la plus difficile que je reçois
Une part importante des parents qui m’écrivent pour ne plus voir ses enfants sont séparés d’eux par une frontière.
Les situations que je rencontre
- L’enfant est resté au pays avec sa famille. Beaucoup de parents en viennent ainsi à ne plus voir ses enfants sans l’avoir décidé. Confié à une grand-mère, à une tante, le temps de s’installer ici. Les années passent, le lien se distend, et l’enfant appelle maman quelqu’un d’autre.
- L’autre parent est reparti avec l’enfant. Parfois annoncé comme des vacances. C’est la situation la plus grave et la plus urgente : elle a un nom juridique et il existe des procédures internationales, à condition d’agir vite.
- Le parent d’ici ne peut pas voyager, et finit par ne plus voir ses enfants qu’à l’écran. Situation administrative, moyens, travail. Il voit grandir son enfant par écran interposé, et parfois plus du tout.
- L’enfant est né ici et la famille est là-bas. Les grands-parents ne l’ont jamais vu, et cela pèse dans les deux sens.
Ce que je conseille dans ces cas
- Agir immédiatement si l’enfant a été emmené sans accord. Ne perdez pas un mois : consultez un avocat ou un point d’accès au droit dès cette semaine, et renseignez-vous auprès des autorités compétentes. Le temps joue contre vous dans ces procédures.
- Passer par un aîné respecté des deux familles. Pour tout ce qui relève d’un enfant confié au pays, c’est la voie la plus efficace. Une parole d’ancien pèse plus que dix appels.
- Maintenir un contact régulier et prévisible. C’est ce qui évite de ne plus voir ses enfants du tout. Un appel le même jour chaque semaine vaut mieux que dix appels irréguliers. Les enfants s’attachent au rythme.
- Envoyer des choses matérielles. Ne plus voir ses enfants oblige à exister autrement. Photos imprimées, cahiers, vêtements. Un enfant loin a besoin d’objets qui prouvent que vous existez.
- Ne pas laisser l’argent remplacer le lien. Beaucoup de parents envoient et n’appellent plus, par honte ou par fatigue. L’enfant, lui, retient l’absence bien plus que les envois.
Et c’est dans ces situations que mon travail sert le plus souvent, parce que ce qui reste ouvert entre deux familles séparées par une frontière, ma tradition sait le regarder.
Ne plus voir ses enfants : ce qu’on conserveLes droits que beaucoup ignorent
Beaucoup de parents qui en sont venus à ne plus voir ses enfants croient avoir tout perdu. C’est faux, et il faut le dire.
Ce qui subsiste, même sans résidence
- Le lien de filiation ne disparaît pas, même quand on en vient à ne plus voir ses enfants. Vous restez le père ou la mère, quoi qu’il arrive, et cela ne dépend d’aucune décision.
- L’autorité parentale reste en principe partagée, même quand on en est venu à ne plus voir ses enfants. Sauf décision contraire d’un juge. Cela signifie que les décisions importantes concernant l’enfant se prennent à deux, et non par celui qui l’héberge.
- Le droit d’être informé. Ne plus voir ses enfants ne prive pas de ce droit. Sur la scolarité, sur la santé. Un parent peut en principe demander à l’établissement d’être destinataire des bulletins et des convocations, et beaucoup ne le font jamais parce qu’ils ignorent pouvoir le faire.
- Le droit de saisir un juge. Ne plus voir ses enfants depuis des années ne rend pas la situation définitive. À tout moment, y compris des années après. Une situation figée depuis longtemps n’est pas une situation définitive en droit.
- Le droit de reprendre contact quand l’enfant est majeur. Là, plus aucune décision ne s’applique : cela ne dépend plus que de lui et de vous.
Comment faire valoir ces choses sans envenimer
- Écrire à l’établissement scolaire, poliment. Une demande simple d’être informé, en rappelant votre qualité de parent. Sans conflit, sans détail sur votre situation.
- Demander conseil avant d’agir. Un point d’accès au droit vous dira gratuitement ce qui s’applique à votre cas précis, et évitera une démarche maladroite qui se retournerait contre vous.
- Ne jamais utiliser ces droits comme une arme. Le but est de rester présent dans la vie de votre enfant, pas de gagner contre quelqu’un.
- Tout garder par écrit. Vos demandes, les réponses, les silences. C’est ce qui construit un dossier calme et solide si un juge doit un jour regarder.
Je ne suis ni juriste ni avocat, et ces indications ne remplacent pas un avis professionnel. Je les donne parce que trop de parents renoncent en croyant n’avoir plus aucun droit, alors qu’ils en conservent beaucoup.
Quand l’enfant revientCe qu’il ne faut surtout pas faire
Après des années à ne plus voir ses enfants, des liens se renouent, plus souvent qu’on ne le croit. Et beaucoup de retrouvailles échouent dans les premières semaines.
Ce qui casse une reprise de contact
- Demander des comptes. Après des années à ne plus voir ses enfants, c’est ce qui referme tout. Pourquoi tu n’as jamais répondu, pourquoi tu as attendu si longtemps. L’enfant, même adulte, referme immédiatement.
- Accuser l’autre parent. Il ou elle t’a monté contre moi. Même si c’est vrai, ce n’est pas le moment, et peut-être jamais.
- Vouloir tout rattraper d’un coup. Cadeaux, voyages, confidences. Cela met une pression que l’enfant ne peut pas porter.
- Raconter toute votre souffrance. Il n’a pas à porter ce que vous avez vécu. Cela viendra plus tard, ou jamais.
- Reprocher le silence à la première dispute. Ce qui remonte alors ruine des mois de reconstruction.
Ce qui fonctionne
- Commencer petit. Après des années à ne plus voir ses enfants, une heure suffit. Un café, une heure, une activité simple. Pas un week-end entier.
- Laisser l’enfant fixer le rythme. Y compris s’il disparaît quelques semaines. La constance de votre côté compte plus que la fréquence.
- Répondre aux questions, sans charger l’autre. Avec des faits, calmement, à hauteur de ce qu’il demande.
- Dire une fois que vous n’avez jamais cessé de penser à lui. Une fois, simplement. Et montrer les messages gardés s’il le demande.
- Vous faire aider pour cette étape. Un psychologue, une médiation. Les retrouvailles sont souvent plus difficiles que l’attente, et personne ne s’y attend.
Ce que je propose selon votre situationQuatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Tous les parents qui m’écrivent pour ne plus voir ses enfants ne reçoivent pas la même réponse de ma part.
Rien n’a encore été tenté officiellement
Ce que je fais : quand on commence à ne plus voir ses enfants, je vous oriente vers la médiation familiale et je n’engage rien. C’est la réponse que je donne le plus souvent, et elle ne me rapporte rien. Beaucoup de parents n’ont jamais entendu ce mot et découvrent qu’un tiers formé peut réunir les deux parents pour presque rien.
Tout a été tenté et rien ne bouge
Ce que je fais : c’est ici que mon travail sur le fait de ne plus voir ses enfants sert vraiment. Nous cherchons ce qui s’est passé au moment de la séparation, entre les deux familles, et ce qui a été dit ce jour-là. L’examen porte sur ce point, et quand il montre quelque chose, je conduis au temple les rites d’apaisement, avec les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes et les libations.
Vous voulez que l’autre parent perde la garde
Ce que je fais : je refuse, et je prends le temps d’expliquer pourquoi. Cette personne reste le père ou la mère de votre enfant. Ce qui l’atteindrait atteindrait votre enfant en premier, et aucun enfant n’a jamais gagné à voir un de ses parents s’effondrer. Puis nous parlons de ce que vous pouvez réellement faire.
Vous craignez pour la sécurité de votre enfant
Ce que je fais : je vous oriente immédiatement et je n’accepte aucun paiement. En France, le 119 est joignable à tout moment pour l’enfance en danger, et le 17 en cas d’urgence. Aucun rite ne remplace un signalement, et le dire fait partie de ma charge.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite vendu à quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Ce qu’on vend aux parents séparésEt pourquoi je fais autrement
Un parent qui souffre de ne plus voir ses enfants paierait n’importe quoi. Ce terrain attire ce qu’il y a de pire, et il faut le décrire.
- Le retour de l’enfant promis avec une date. Vous le reverrez avant tel mois. Personne ne peut le savoir, et ce parent attendra cette date en payant.
- Le travail contre l’autre parent, vendu aux parents qui en sont à ne plus voir ses enfants. Pour qu’il perde la garde, pour qu’il ait des ennuis. Je refuse absolument : c’est une atteinte à une personne, et cette personne est le parent de votre enfant.
- L’enfant déclaré retenu par une force, vendu aux parents qui en sont à ne plus voir ses enfants. On vous dit qu’il est bloqué, envoûté, tenu. C’est terrifiant pour un parent, c’est invérifiable, et surtout cela remplace les démarches qui, elles, marchent.
- La demande de la photographie de l’enfant. Fuyez quiconque vous la demande. Je ne l’accepte jamais, et aucun praticien honnête n’en a besoin.
- Le travail à renouveler chaque mois tant qu’on continue à ne plus voir ses enfants. Tant que l’enfant ne revient pas, vous payez. Cela peut durer des années et ruiner des gens qui auraient dû payer un avocat.
Ma façon de faire est l’inverse : je commence par la médiation et les recours, je refuse tout ce qui vise l’autre parent, et je dis très souvent qu’il n’y a rien à traiter de mon côté. Un bokonon n’a pas besoin de vivre du désespoir des parents.
Ce que racontent ceux qui m’écrivent aprèsHuit constats
Beaucoup de parents venus me parler de ne plus voir ses enfants me réécrivent des mois ou des années après. Voici ce qui revient.
- La médiation familiale a débloqué la situation. C’est le retour le plus fréquent, et presque tous ignoraient qu’elle existait.
- Les messages gardés ont tout changé après des années à ne plus voir ses enfants. L’enfant, devenu adolescent ou adulte, les a lus et a compris que son parent n’avait jamais disparu.
- Ils avaient attendu trop longtemps. Deux, trois, cinq ans, en espérant que cela s’arrange seul. C’est le regret qui revient le plus.
- Un ancien conflit entre les familles est remonté. Chez ceux où l’examen a montré quelque chose, c’est presque toujours cela.
- Le lien s’est renoué à l’adolescence, après des années à ne plus voir ses enfants. Souvent à l’initiative de l’enfant lui-même, quand il a pu se déplacer seul.
- Ceux qui n’avaient jamais dit de mal de l’autre parent ont été récompensés. C’est ce que les enfants citent le plus quand ils reviennent.
- Certains n’ont pas cessé de ne plus voir ses enfants. Je le dis aussi, parce que ce serait malhonnête de ne citer que les autres. Et ils vont mieux qu’avant, parce qu’ils ont cessé de vivre en attente.
- Aucun ne regrette de n’avoir agi contre personne. Y compris ceux qui étaient venus pour cela.
Une dernière chose, pour le parent qui lit cette page la nuit. Ce que vous vivez est l’une des douleurs les plus lourdes qui soient, et le fait qu’elle soit invisible pour les autres la rend plus lourde encore. Vous n’avez pas disparu de la vie de votre enfant tant que vous continuez à écrire, à noter, à tenir. Faites une seule démarche cette semaine, même petite. Et écrivez-moi si vous voulez en parler : cela ne coûte rien et je ne vous jugerai pas.
Ce que je fais : je vous écoute moi-même et gratuitement, sans juger, je regarde avec vous ce qui reste et ce qui a été tenté, j’examine par le Fâ ce qui pèse sur vous et ce qui est resté ouvert entre les deux familles, et je conduis au temple de Sakété les rites d’apaisement quand l’examen l’indique.
Mes règles : je n’agis jamais contre l’autre parent, je ne promets aucune garde ni aucun droit de visite, je n’examine jamais un enfant et je ne demande jamais sa photographie. Si vous craignez pour sa sécurité, je vous oriente vers le 119 et la police avant toute autre chose. Si l’examen ne montre rien à traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. Aucun résultat n’est promis ni garanti, aucun délai n’est annoncé, par principe.
Initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour
Que faire quand on ne voit plus ses enfants ?
Agir tôt et par écrit : noter chaque refus daté, continuer à écrire à l’enfant, puis demander une médiation familiale.
Qu’est-ce que la médiation familiale ?
Un tiers neutre réunit les deux parents pour trouver un accord. Le coût dépend des revenus et reste très faible, parfois nul.
Que faites-vous concrètement ?
Je regarde avec vous ce qui reste et ce qui a été tenté, j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert entre les deux familles, et je conduis les rites d’apaisement s’il y a lieu.
Pouvez-vous agir contre l’autre parent ?
Non, jamais. Cette personne reste le parent de votre enfant, et ce qui l’atteindrait atteindrait votre enfant en premier.
Pouvez-vous me faire récupérer la garde ?
Non, et aucune promesse de ce genre n’est faite. Ce qui relève d’un juge relève d’un juge.
Faut-il continuer à écrire sans réponse ?
Oui, et c’est ce qui compte le plus à long terme. Beaucoup d’enfants retrouvent ces messages des années plus tard.
Que demandez-vous pour travailler ?
Votre nom, votre date de naissance et votre photographie. Jamais celle de l’enfant, jamais celle de l’autre parent.
Et si je crains pour sa sécurité ?
Le 119 est joignable à tout moment, et le 17 en urgence. Aucun rite ne remplace un signalement, et je n’accepte aucun paiement dans ce cas.
Parlez-moi de votre enfant
Depuis quand, ce qui a été décidé, et ce que vous avez déjà tenté. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je ne vous jugerai pas.
Gratuit · confidentiel · sans engagement · plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.Aucun résultat n’est promis ni garanti, aucun délai n’est annoncé, par principe.


