Obtenir des papiers : les vrais recours et ce que je fais
Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin, et l’on m’écrit très souvent pour obtenir des papiers. Je vais être direct dès la première ligne, parce que c’est ce qui vous protège : personne ne peut vous obtenir des papiers, ni moi ni aucun autre. Une décision administrative se prend dans un bureau, sur un dossier. En revanche, ce que l’attente fait à un homme ou à une femme, année après année, cela je le connais, et c’est là que je travaille. Voici les recours gratuits que trop peu de gens connaissent, et ce que je fais, moi, à ma place exacte.
Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Prêtre vodun et bokonon du FâPlus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.
Écrire à Maître LucPour obtenir des papiers, aucun praticien, aucun intermédiaire, aucun rite ne peut agir sur une administration. Qui vous le promet vous vole.
Les aides juridiques gratuites existent partout et restent largement méconnues : permanences d’associations, points d’accès au droit, avocats en mairie.
Maître Luc travaille sur la personne qui attend, jamais sur le dossier. L’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
- Ce que personne ne peut faire
- Ce que l’attente consomme
- Le relevé de la situation
- Les aides gratuites qui existent
- Les six escroqueries les plus courantes
- Ce que je fais pour vous
- Le travail au temple, étape par étape
- Ce que l’examen révèle
- Tenir pendant l’attente
- Ce que vivent les femmes en particulier
- Ce que la famille au pays ne comprend pas
- Ce que ma tradition dit du voyage
- Ce que je propose selon votre situation
- Questions fréquentes
Je place ceci en premier parce que c’est la chose la plus utile de toute cette page, et parce que je reçois chaque semaine des gens qui ont déjà été volés.
Aucun praticien ne peut vous faire obtenir des papiers. Ni moi, ni celui qui a un grand titre, ni celui qui vous montre des attestations. Une décision se prend sur un dossier, dans un bureau, par des agents qui appliquent des textes.
Je n’agis jamais sur une administration, un agent ou un guichet. Quelle que soit la somme proposée. Ce que je ferais serait sans effet, et le prétendre serait vous voler.
Je ne conseille jamais rien d’illégal. Ni faux document, ni arrangement, ni union de complaisance. Ce sont des chemins qui détruisent des vies et qui ferment définitivement des portes qui étaient parfois encore ouvertes.
Et je n’annonce jamais de date. Personne ne peut savoir quand une réponse arrivera, et vous faire attendre un jour précis serait cruel.
Ce que je peux : vous écouter, vous orienter vers les aides gratuites, et travailler sur ce que vous portez pendant ces années. C’est étroit et c’est réel.
Obtenir des papiers : ce que l’attente consommeCinq domaines qui s’érodent en silence
Voici ce que je vois chez ceux qui cherchent à obtenir des papiers depuis des années, et ce dont personne ne parle.
Pourquoi je décris cela d’abord. Parce que ceux qui cherchent à obtenir des papiers croient que leur seul problème est administratif. Il l’est, et il ne l’est plus seulement au bout de trois ans. Le dossier relève d’un juriste. Ce que ces années ont prélevé sur vous relève d’un autre travail, et c’est celui que je conduis.
Obtenir des papiers : le relevé de la situationQuinze points pour savoir où vous en êtes
Voici la liste que je parcours avec ceux qui veulent obtenir des papiers. Cochez ce qui est vrai chez vous.
Ce que ce relevé sert à voir. Pas vos chances, personne ne peut les évaluer sur un écran. Seulement s’il faut d’abord une aide juridique gratuite, s’il faut protéger votre santé, ou si l’on est en train de vous escroquer. Et si vous avez coché une case de la troisième famille, lisez la section sur les escroqueries avant toute chose.
Obtenir des papiers : les aides gratuites qui existentEt que trop peu de gens utilisent
Je ne suis ni juriste ni avocat. Voici les portes qui existent réellement pour ceux qui cherchent à obtenir des papiers, et elles ne coûtent rien.
Les associations spécialisées en droit des étrangers
C’est la porte la plus utile et la plus sous-employée. Il existe en France des associations dont c’est précisément le métier, avec des permanences régulières où des juristes formés regardent un dossier, expliquent ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, et aident à constituer les pièces. C’est gratuit et confidentiel.
Beaucoup de gens n’y vont pas parce qu’ils croient devoir payer, ou parce qu’ils ont honte. Cherchez dans votre ville les mots permanence juridique et droit des étrangers, ou demandez au centre communal d’action sociale de votre mairie, qui connaît les adresses.
Les points d’accès au droit et les maisons de justice
Présents dans la plupart des villes, ils proposent des consultations gratuites, parfois avec un avocat, sur rendez-vous. On peut y venir avec une simple question, sans dossier complet, et repartir en sachant enfin quoi faire.
Les permanences d’avocats en mairie
La plupart des mairies organisent des consultations gratuites d’avocats, souvent une fois par semaine ou par mois. Peu de gens le savent. Demandez à l’accueil de votre mairie ou consultez son site.
L’aide juridictionnelle
Si vos ressources sont faibles, l’État peut prendre en charge tout ou partie des honoraires d’un avocat. Beaucoup renoncent à un recours en croyant que cela coûte une fortune, alors que cette aide existe précisément pour eux. Renseignez-vous au tribunal ou dans un point d’accès au droit.
Le défenseur des droits
Une institution indépendante et gratuite, saisissable quand une administration ne répond pas ou traite un dossier de manière anormale. Des délégués reçoivent dans les départements. C’est une voie que presque personne n’emprunte, et elle existe.
Obtenir des papiers : ce qu’il faut faire dès maintenant
- Garder une copie de tout. C’est la base de tout dossier pour obtenir des papiers. Chaque pièce déposée, chaque récépissé, chaque courrier reçu, avec les dates. Faites des photographies et sauvegardez-les ailleurs que sur votre téléphone.
- Noter chaque démarche par écrit. Le jour, le lieu, la personne rencontrée, ce qui a été dit. Une chronologie claire vaut de l’or devant un juriste.
- Ne jamais laisser un original à un intermédiaire qui promet de vous faire obtenir des papiers. Jamais. Des gens se retrouvent sans passeport et sans recours.
- Respecter les délais indiqués sur les courriers. Beaucoup de gens perdent leur chance d’obtenir des papiers ainsi. Les délais de recours sont courts et ne se rattrapent pas. Dès qu’un courrier arrive, allez le faire lire par un juriste dans la semaine.
- Ne pas disparaître. Beaucoup de dossiers pour obtenir des papiers se perdent ainsi. Répondre aux convocations, garder une adresse valide, relever son courrier. Beaucoup de dossiers se perdent pour ces raisons-là.
Les six escroqueries les plus courantesCe contre quoi je veux vous protéger
Ceux qui veulent obtenir des papiers sont la cible la plus recherchée par les escrocs, parce qu’ils ont beaucoup à perdre et peu de recours.
- Le résultat vendu. On vous propose d’obtenir des papiers contre une somme. On vous propose de vous obtenir un titre contre une somme. C’est toujours faux, sans exception. La personne encaisse, puis disparaît, ou vous explique qu’il faut encore payer.
- Le formulaire facturé. Les dossiers pour obtenir des papiers sont gratuits. On vous fait payer cher le remplissage d’un dossier dont les formulaires sont gratuits et que les associations remplissent avec vous sans frais.
- Le faux intermédiaire dans l’administration. Aucun contact placé ne fait obtenir des papiers. On vous parle d’un contact placé, d’un ami au guichet. Cela n’existe pas, et proposer de l’argent à un agent est un délit qui vous mettrait, vous, en très grande difficulté.
- Le document fabriqué. Un faux découvert vous empêchera d’obtenir des papiers définitivement. Attestation, contrat, promesse d’embauche, tout papier obtenu par un intermédiaire contre de l’argent. Un faux découvert détruit un dossier définitivement et expose à des poursuites.
- Le rite vendu avec une date. Personne ne sait quand vous allez obtenir des papiers. On vous annonce une réponse avant tel mois. Personne ne peut le savoir. Cette phrase seule doit vous faire partir.
- L’arrangement personnel proposé pour obtenir des papiers. Une union proposée contre de l’argent, un hébergement contre autre chose. Ces situations tournent presque toujours à l’exploitation, et ce sont les femmes qui en paient le prix le plus lourd.
Ce qu’il faut faire si cela vous est arrivé
- Cessez immédiatement de payer. Même si l’on vous dit que tout est presque fini. C’est toujours ce qu’on dit.
- Rassemblez les traces. Cela protégera d’autres personnes cherchant à obtenir des papiers. Messages, virements, reçus, noms, numéros. Cela servira, et cela protégera d’autres personnes après vous.
- Allez voir une permanence juridique gratuite. Ils connaissent ces situations et ne vous jugeront pas.
- Ne restez pas seul avec la honte. Ces escroqueries sont montées par des professionnels, et se faire prendre ne dit rien de votre intelligence.
Obtenir des papiers : ce que je faisConcrètement, et à ma place exacte
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans.
Obtenir des papiers : d’abord être écouté
Ceux qui m’écrivent pour obtenir des papiers ont souvent cessé d’en parler à qui que ce soit. Les amis se lassent, la famille du pays ne comprend pas, et l’on finit par porter cela seul, année après année. Beaucoup de ces messages arrivent la nuit.
Je vous laisse tout raconter, sans hâte et sans juger. Je réponds moi-même, et cette écoute est gratuite.
Je vous oriente vers ce qui peut réellement agir
Nous regardons ensemble le relevé, et je vous envoie vers les permanences juridiques gratuites, les associations spécialisées, l’aide juridictionnelle. Une part de ceux qui m’écrivent n’ont jamais consulté un juriste, parfois après des années, et repartent avec une adresse.
Je le fais parce qu’un homme de tradition qui laisserait quelqu’un dépenser chez lui au lieu d’aller voir un juriste lui volerait deux fois : son argent et son temps.
J’examine par le Fâ ce que vous portez
Je procède à l’examen par le Fâ, l’art divinatoire de ma tradition et le cœur de mon métier de bokonon. Il porte sur vous : sur ce qui pèse, sur ce qui s’est fermé, sur ce qui est resté ouvert dans votre histoire et dans celle de votre famille.
Ce que le Fâ regarde relève de ce que ma tradition sait traiter : un départ fait sans que les gestes d’usage aient été accomplis, un engagement pris par les vôtres et jamais honoré, un mort mal accompagné dont personne n’a reparlé, une bénédiction demandée à personne avant le voyage. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit.
L’examen ne porte jamais sur votre dossier, sur une administration ou sur un agent. Je ne demande d’ailleurs aucun document et je n’en accepte aucun.
Et je conduis les rites qui allègent
Quand l’examen montre quelque chose, je conduis au temple les rites que ma tradition prévoit : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes, les libations, les gestes d’apaisement, et la veillée quand le cas le demande. Ce travail porte sur vous, sur ce que ces années ont prélevé, et sur ce qui est resté ouvert entre vous et les vôtres.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer, et il ne bouge plus. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Le travail au temple, étape par étapePour que vous sachiez à quoi vous attendre
Voici le déroulement complet quand quelqu’un qui cherche à obtenir des papiers m’écrit depuis la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.
Deux choses propres à ce sujet. Je ne conduis aucun travail présenté comme agissant sur une décision administrative, et je refuse ces demandes même quand on insiste et même quand on propose beaucoup. Et je ne prends jamais l’argent de quelqu’un qui n’a pas encore vu un juriste, parce que ce serait dépenser chez moi ce qui doit servir ailleurs.
Obtenir des papiers : ce que révèle l’examenSix choses que le Fâ met au jour
Voici ce qui ressort le plus souvent quand j’examine quelqu’un qui cherche à obtenir des papiers depuis longtemps.
- Un départ fait sans les gestes d’usage. C’est le premier motif que je trouve chez ceux qui cherchent à obtenir des papiers. C’est de loin le premier. On part vite, dans l’urgence ou en cachette, sans que rien n’ait été demandé ni posé du côté de la famille et des anciens. Chez nous, un voyage se prépare aussi de cette manière, et ce qui n’a pas été fait reste ouvert.
- Une bénédiction jamais demandée. Je la retrouve souvent chez ceux qui cherchent à obtenir des papiers. À un père, à une mère, à un aîné. Parfois parce qu’ils étaient contre le départ. Cela pèse longtemps, des deux côtés, et cela se répare même à distance.
- Un engagement pris et jamais honoré avant le départ. Une promesse faite avant de partir, à quelqu’un ou devant les vodun, et que la vie d’ici a fait oublier. C’est très fréquent, et personne n’y pense en arrivant chez moi.
- Un mort mal accompagné. Un décès survenu au pays pendant qu’on était ici, sans pouvoir rentrer, sans avoir pu faire ce qui se fait. C’est la blessure la plus lourde de la diaspora et elle revient sans cesse.
- Un poids qui n’est pas surnaturel du tout. Je le dis avec la même franchise : chez beaucoup, ce que je trouve n’est ni un envoûtement ni une malédiction, c’est l’usure de l’attente. Cela s’allège, mais cela demande aussi du sommeil, un médecin, et parfois de parler à un professionnel.
- Et souvent, rien à traiter. Une administration lente, une situation ordinaire, une personne solide qui tient. Je le dis franchement et je n’accepte pas son argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Comment êtes-vous parti, exactement. Qui le savait, et qui ne l’a appris qu’après. Avez-vous demandé quelque chose à quelqu’un avant de partir. Y a-t-il eu un décès pendant que vous étiez ici. Qu’avez-vous promis, et à qui. Et une question que personne ne pose jamais : est-ce que vous dormez.
Cette dernière ouvre presque toujours quelque chose. Beaucoup de gens réalisent en répondant qu’ils n’ont pas dormi correctement depuis des années, et que ce n’est pas normal.
Tenir pendant l’attenteDouze appuis concrets
Voici ce que je conseille à tous ceux qui attendent d’obtenir des papiers, qu’ils me confient un travail ou non.
- Protégez votre sommeil comme un bien. C’est ce que l’attente d’obtenir des papiers attaque en premier. Heures régulières, pas d’écran au lit, pas de dossier relu à minuit. C’est le premier domaine que l’attente attaque et celui qui tient tout le reste.
- Voyez un médecin, vraiment. Attendre d’obtenir des papiers use le corps. Maux de tête, estomac, tension, fatigue qui ne cède pas. Un prêtre ne remplace ni un médecin ni un traitement, et je le répète dans tous mes guides.
- Gardez un rythme, même sans obligation. Attendre d’obtenir des papiers crée un vide dangereux. Se lever à la même heure, sortir chaque jour, avoir une activité fixe dans la semaine. Le vide fait plus de mal que la fatigue.
- Ne mettez pas votre vie en pause en attendant d’obtenir des papiers. Apprendre, se former, améliorer son français ou une compétence : ce sont des années qui comptent quand même, et ce sont souvent elles qui servent après.
- Ne restez pas seul avec cela. Une association, une communauté, un lieu de culte, un groupe de parole. L’isolement est ce qui abîme le plus.
- Fixez-vous une seule démarche par mois. Une permanence, un courrier, une pièce à obtenir. Cela vous rend acteur au lieu d’attendre, et l’effet sur le moral est réel.
- Séparez ce qui dépend de vous et ce qui n’en dépend pas. Obtenir des papiers ne dépend pas de vous, le dossier si. Le dossier, les pièces, les délais respectés dépendent de vous. La décision non. Beaucoup s’épuisent à ruminer la seconde.
- Bougez votre corps. L’anxiété d’attendre d’obtenir des papiers se loge dedans. Marcher, du sport si vous pouvez. L’anxiété se loge dans le corps et sort par lui.
- Limitez les récits qui font peur. Les groupes où l’on raconte tous les refus entretiennent la terreur. Un juriste vaut mieux que cent témoignages.
- Ne cédez jamais à une proposition qui vous met mal à l’aise pour obtenir des papiers. Votre gêne est un signal fiable. Ceux qui ont accepté par désespoir le regrettent presque tous.
- Écrivez ce que vous traversez. Un carnet, des notes. Cela allège, et cela sert parfois pour un dossier ou un recours.
- Et si vous pensez à en finir, parlez-en le jour même. En France, le 3114 est joignable à tout moment, gratuitement. J’ai reçu des messages qui me faisaient peur, et cela passe avant tout ce que je peux faire.
Obtenir des papiers : la situation des femmesUne part de mes messages que je ne peux pas taire
Une part des femmes qui m’écrivent pour obtenir des papiers décrivent une situation supplémentaire dont personne ne parle.
Ce qui revient dans ces messages
- La dépendance à quelqu’un. Attendre d’obtenir des papiers place certaines femmes sous la coupe d’un tiers. Un conjoint, un employeur, un logeur dont la situation dépend. Cette dépendance change tout dans une relation, et certains en profitent.
- Les propositions déguisées. On promet d’aider à obtenir des papiers, et le prix apparaît plus tard. Un hébergement contre autre chose, une aide contre un service, une union proposée avec un prix. Cela commence toujours par de la gentillesse.
- Le travail non déclaré et sous-payé tant qu’on n’a pas pu obtenir des papiers. Des heures qui ne comptent pas, des salaires jamais versés, des ménages ou des gardes d’enfants payés au bon vouloir de quelqu’un.
- La peur de parler. Beaucoup croient qu’une plainte les empêcherait d’obtenir des papiers. Beaucoup se taisent en croyant qu’une plainte leur nuirait. Cette peur est utilisée par ceux qui abusent, et c’est justement pour cela qu’il faut aller voir une association.
- Les enfants au milieu. Une scolarité qui continue, un enfant né ici, une vie entière suspendue à une lettre.
Ce que je dis à ces femmes
- Votre situation ne vous prive pas de tous vos droits. Il existe des droits qui ne dépendent pas d’un titre : la scolarité des enfants, des soins d’urgence, la possibilité de porter plainte. Une association spécialisée vous dira lesquels s’appliquent à vous.
- N’acceptez jamais ce qui vous met mal à l’aise. Votre gêne est un signal fiable. Celles qui ont accepté par épuisement le regrettent presque toutes, et cela n’a jamais résolu la démarche.
- Ne laissez jamais vos documents à quelqu’un. Passeport, actes, originaux. C’est le premier moyen de contrôler une personne, et cela arrive souvent.
- Si vous êtes frappée ou menacée, appelez. En France, le 3919 est gratuit, anonyme, et il informe sur les droits quelle que soit la situation administrative. Le 17 en cas de danger immédiat.
- Parlez à une association de femmes, pas seulement à la communauté. Elles connaissent ces situations, elles ne jugent pas, et elles savent quels recours existent.
Je reçois ces messages régulièrement et je ne peux rien sur une administration. Mais je peux écouter, orienter, et travailler sur ce que la peur a posé sur quelqu’un. Cela ne remplace rien et cela compte.
Ce que la famille au pays ne comprend pasEt comment le dire enfin
C’est un poids dont personne ne parle, et il pèse autant que la démarche pour obtenir des papiers.
Ce qui se passe des deux côtés
- On vous croit installé et à l’aise. Dire qu’on attend d’obtenir des papiers depuis quatre ans paraît invraisemblable de là-bas. Être en Europe suffit à faire croire à la réussite. Dire qu’on attend depuis quatre ans paraît invraisemblable de là-bas.
- Les demandes continuent d’arriver. Une scolarité, une hospitalisation, une toiture. Refuser paraît égoïste et expliquer paraît être une excuse.
- On n’ose pas dire la vérité. Par honte, pour ne pas inquiéter la mère, pour ne pas donner raison à ceux qui étaient contre le départ. Alors on se tait, et le mensonge s’épaissit avec les années.
- Le retour devient impossible à envisager. Revenir sans avoir réussi est vécu comme une humiliation, alors on reste, même quand rester coûte tout.
- Les reproches finissent par arriver. Tu nous as oubliés. C’est ce qui blesse le plus, parce que c’est exactement l’inverse de ce qui se passe.
Ce que je conseille
- Dire la vérité à une seule personne d’abord. Un frère, une tante, quelqu’un de solide. Il portera la parole mieux que vous auprès des autres.
- Expliquer avec des faits simples. Sans dossier ni vocabulaire compliqué : je ne peux pas travailler librement, j’attends une décision, cela prend des années. Cela s’entend.
- Ne pas s’endetter pour tenir une image. Beaucoup empruntent pour continuer à envoyer, et se retrouvent avec deux problèmes au lieu d’un. Ce sujet est traité dans le guide sur les dettes.
- Demander une bénédiction, même tard. Un appel à un père, à une mère, à un ancien. Cela paraît petit et cela referme parfois ce qui pesait le plus.
- Accepter d’être aidé, vous aussi. Certaines familles réagissent bien quand elles savent enfin. On sous-estime beaucoup les siens.
Obtenir des papiers : ce que dit ma traditionEt pourquoi le départ compte tant
On me demande souvent pourquoi je pose tant de questions sur le départ à ceux qui veulent obtenir des papiers. Voici ma réponse.
Un voyage se prépare aussi de cette manière
Chez nous, on ne part pas seulement avec un billet et un sac. Avant un grand départ, on va voir les anciens, on demande, on annonce, et l’on pose des gestes. Ce n’est pas une superstition : c’est une manière de dire aux siens qu’on part et de partir avec eux plutôt que contre eux.
Or beaucoup de ceux qui m’écrivent sont partis autrement : vite, en cachette, dans l’urgence, ou parce que quelqu’un s’y opposait. Ils n’ont rien pu demander à personne. Cela ne les rend coupables de rien, et cela laisse quelque chose d’ouvert.
Ce qui reste ouvert, et qui se referme
- Une bénédiction non demandée. À un père, à une mère, à un aîné, parfois à quelqu’un qui est mort depuis. Cela se répare même tard et même à distance, et c’est souvent ce qui allège le plus.
- Une promesse faite avant de partir. Elle pèse encore chez ceux qui attendent d’obtenir des papiers. Je reviendrai, je ferai ceci pour vous, j’enverrai cela. Les années passent et la promesse reste posée quelque part.
- Une opposition jamais réglée. Quelqu’un était contre ce départ, et cela pèse encore. Quelqu’un était contre ce départ et l’a dit clairement, parfois durement. Ce qui a été prononcé ce jour-là s’examine.
- Un deuil qu’on n’a pas pu vivre. Rester ici pendant que l’on enterre quelqu’un là-bas est ce que la diaspora porte de plus lourd, et cela ne se referme pas tout seul.
Ce que ma tradition ne dit pas
- Qu’un rite fasse obtenir des papiers. Ce n’est pas ce qui m’a été transmis, et l’affirmer serait mentir à des gens qui ont déjà été trompés.
- Que ceux qui attendent sont punis. Une administration lente n’est pas un jugement sur vous. J’entends cette idée souvent et elle fait beaucoup de mal.
- Qu’il faille payer sans fin. Un travail se conduit, puis se referme. Un praticien qui vous fait revenir chaque mois vend autre chose.
Ce que je peux, c’est refermer ce qui est resté ouvert derrière vous, et alléger ce que ces années ont posé sur vos épaules. C’est étroit, c’est vrai, et pour beaucoup de gens cela change la manière de traverser l’attente.
Ce que je propose selon votre situationQuatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Tous ceux qui m’écrivent pour obtenir des papiers ne reçoivent pas la même réponse de ma part.
Vous n’avez jamais consulté de juriste
Ce que je fais : pour obtenir des papiers, je vous envoie vers une permanence gratuite et je n’engage rien. C’est ma réponse la plus fréquente, elle ne me rapporte rien, et c’est la plus utile. Revenez me voir ensuite si vous le souhaitez.
On vous a proposé de vendre un résultat
Ce que je fais : je vous dis d’arrêter tout de suite et de ne plus rien verser. Puis je vous explique comment rassembler les traces et où aller. Cela arrive plus souvent qu’on ne l’imagine, et ceux qui en parlent ont déjà fait le plus dur.
Cela dure depuis des années et vous n’en pouvez plus
Ce que je fais : c’est ici que mon travail sert vraiment, non pour obtenir des papiers mais pour ce que ces années ont prélevé. Nous regardons comment vous êtes parti, ce qui a été laissé ouvert, ce qui s’est passé au pays depuis. Quand l’examen montre quelque chose, je conduis au temple les rites d’allègement, avec les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes et les libations.
Vous voulez que j’agisse sur l’administration
Ce que je fais : je refuse, et je prends le temps d’expliquer plutôt que de vous congédier. Je ne peux rien sur un bureau, et celui qui vous dira le contraire prendra votre argent. Puis nous parlons de ce sur quoi je peux réellement travailler, c’est-à-dire vous.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Ce que racontent ceux qui m’écrivent aprèsHuit constats
Beaucoup de personnes venues me parler d’obtenir des papiers me réécrivent des mois après. Voici ce qui revient le plus.
- Ils n’avaient jamais vu de juriste. C’est le constat numéro un, et souvent après plusieurs années. La première consultation change tout, ne serait-ce que parce qu’on sait enfin où l’on est.
- Le sommeil est revenu en premier. C’est ce que l’on me rapporte le plus après un travail, et c’est ce qui compte le plus dans une vie.
- Ils avaient été escroqués avant par quelqu’un qui promettait d’obtenir des papiers. Une part importante de ceux qui m’écrivent avaient déjà payé quelqu’un pour un résultat. Aucun ne l’avait dit à sa famille.
- Le départ n’avait pas été accompagné. Chez ceux où l’examen a montré quelque chose, c’est presque toujours cela.
- Dire la vérité au pays les a soulagés. Souvent à une seule personne, et souvent la réaction a été meilleure que prévu.
- Les démarches mensuelles ont changé leur état d’esprit pendant l’attente d’obtenir des papiers. Une action par mois, même petite, sort de la passivité.
- Certains n’ont pas encore pu obtenir des papiers et vont mieux. Parce qu’ils ont cessé de mettre leur vie en pause. C’est ce que je souhaite le plus à ceux qui me lisent.
- Aucun ne regrette d’avoir refusé un arrangement. Y compris ceux qui ont failli accepter par épuisement.
Une dernière chose, pour celui ou celle qui lit cette page la nuit. Ce que vous traversez est long et injuste à vivre, et le fait que cela ne se voie pas le rend plus lourd encore. Faites deux choses cette semaine : prenez rendez-vous dans une permanence juridique gratuite, et allez voir un médecin si votre corps lâche. Le reste, ce que ces années ont prélevé sur vous, je peux le regarder avec vous. Écrivez-moi, cela ne coûte rien et je ne vous jugerai pas.
Ce que je fais : je vous écoute moi-même et gratuitement, je vous oriente vers les aides juridiques gratuites qui existent, j’examine par le Fâ ce que vous portez et ce qui est resté ouvert depuis votre départ, et je conduis au temple de Sakété les rites d’allègement quand l’examen l’indique.
Mes règles : je n’agis jamais sur un dossier, une administration ou un agent, je ne demande ni n’accepte aucun document officiel, et je ne conseille jamais rien d’illégal. Je ne prends pas l’argent de quelqu’un qui n’a pas encore vu un juriste. Je ne remplace ni un médecin ni un avocat. Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour
Un marabout peut-il vous faire obtenir des papiers ?
Non, personne ne le peut. Une décision se prend sur un dossier, dans un bureau. Qui vous le promet contre de l’argent vous vole.
Où trouver une aide juridique gratuite ?
Permanences des associations spécialisées, points d’accès au droit, avocats en mairie. C’est gratuit et confidentiel, et trop peu de gens y vont.
Que faites-vous concrètement ?
Je vous oriente vers ces aides, et j’examine par le Fâ ce que vous portez et ce qui est resté ouvert depuis votre départ.
Comment reconnaître une escroquerie ?
On vend un résultat, on annonce une date, on facture un formulaire gratuit. Dans ces trois cas, arrêtez tout.
Faut-il payer pour remplir un dossier ?
Non. Les formulaires sont gratuits et les associations spécialisées aident à les constituer sans frais.
Que faire quand l’attente devient insupportable ?
Protéger le sommeil, garder un rythme, ne pas s’isoler, et voir un médecin si le corps lâche. L’attente longue use réellement.
Que demandez-vous pour travailler ?
Votre nom, votre date de naissance et votre photographie. Jamais un document administratif, jamais une copie de dossier.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Aucune décision administrative n’est promise, aucune date n’est annoncée.
Dites-moi depuis combien de temps cela dure
Ce que vous portez, ce que vous avez déjà tenté, et ce qu’on vous a proposé. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je ne vous jugerai pas.
Gratuit · confidentiel · sans engagement · plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.

