Bénédiction des parents : ce qu’elle pèse et comment la demander
Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin, et voici ce que je trouve le plus souvent quand j’examine quelqu’un, quel que soit son motif : quelque chose n’a pas été demandé, ou n’a pas été donné, du côté du père ou de la mère. La bénédiction des parents est le fondement le plus ancien de ma tradition, et c’est aussi ce que la diaspora perd le plus vite. Bonne nouvelle : elle se demande à tout âge, même tard, même de loin, et même quand ils ne sont plus là.
Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Prêtre vodun et bokonon du FâPlus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.
Écrire à Maître LucLa bénédiction des parents est une parole favorable prononcée à un moment qui compte : un départ, un mariage, une épreuve.
Une phrase dure lancée dans la colère n’est pas une malédiction. Ce qui pèse, c’est ce qui a été dit délibérément et jamais retiré.
Maître Luc n’agit jamais contre un parent et ne demande ni son nom ni sa photographie. L’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
Je place ceci en premier parce que c’est ce qui évite le plus de souffrance inutile, et parce que trop de gens arrivent chez moi terrifiés par une phrase.
Une parole dure d’un parent n’est pas une malédiction. Une mère épuisée qui crie « tu ne feras jamais rien de bon » ne maudit pas son enfant. Elle est à bout. Cela blesse, cela marque, et cela se répare.
Je ne dirai jamais qu’un père ou une mère a maudit son enfant. C’est ce qu’on vend le plus cher sur ce sujet, cela détruit des familles, et cela s’installe pour toujours dans la tête de celui qui l’entend.
Et je n’agis jamais contre un parent. Quelle que soit la somme proposée, quelle que soit la douleur. Un père et une mère ne se combattent pas : ce qui les atteindrait atteindrait leur enfant en premier.
Ce que je peux : regarder ce qui a été prononcé et jamais retiré, ce qui n’a jamais été demandé, et conduire les gestes que ma tradition prévoit pour refermer cela.
- Le sablier des paroles
- Le relevé de la parole
- Les moments où elle se demande
- Comment la demander, concrètement
- Quand le parent refuse ou se tait
- Ce que je fais pour vous
- Le travail au temple, étape par étape
- Ce que l’examen révèle
- Quand le parent n’est plus là
- La langue dans laquelle on bénit
- Ce que vous transmettez, vous
- Ce que je propose selon votre situation
- Questions fréquentes
Bénédiction des parents : le sablierCe qui passe par vous, dans les deux sens
Voici l’image que j’emploie avec tous ceux qui m’écrivent sur la bénédiction des parents, parce qu’elle règle la moitié des malentendus.
Pourquoi le sablier et pas une simple liste. Parce que ce sujet ne regarde pas seulement vos parents : il regarde ce que vous êtes en train de dire à vos propres enfants, souvent avec les mots exacts que vous avez détestés. C’est là que la bénédiction des parents cesse d’être un sujet du passé et devient une décision d’aujourd’hui.
Bénédiction des parents : le relevé en 15 pointsQuinze points pour savoir où vous en êtes
Voici la liste que je parcours avec ceux qui viennent me parler de la bénédiction des parents. Cochez ce qui est vrai.
Ce que ce relevé sert à voir. Pas si vous êtes maudit : cela ne se coche pas sur un écran, et je me méfie de tout site qui vous répondrait oui. Seulement s’il manque une demande, s’il reste une parole à retirer, ou s’il y a un geste à poser pour quelqu’un qui n’est plus là.
Bénédiction des parents : les moments où on la demandeSept passages que ma tradition marque
Chez nous, la bénédiction des parents ne se demande pas au hasard : elle accompagne les passages.
- Avant un grand départ. C’est le premier moment où la bénédiction des parents se demande. C’est le premier de tous, et celui que la diaspora saute le plus. On part vite, dans l’urgence, parfois en cachette. Ce qui n’a pas été demandé ce jour-là reste ouvert des années, et je le retrouve dans presque tous mes examens.
- Avant un mariage. La bénédiction des parents s’y demande des deux côtés. Des deux côtés, et pas seulement pour la forme. Une union commencée sans la parole des anciens porte quelque chose que le couple ne comprend pas. C’est développé dans le guide sur la dot.
- À la naissance d’un enfant. On présente, on annonce, on demande. C’est le moment où le sablier bascule : vous devenez à votre tour celui qui donne.
- Avant une épreuve. Une bénédiction des parents demandée la veille tient debout. Un examen, une opération, un procès, un entretien. Une parole demandée la veille tient debout mieux qu’on ne l’imagine.
- Au moment d’un pardon. Après une brouille, après des années de silence. C’est le passage le plus difficile et le plus libérateur.
- Quand un parent vieillit ou tombe malade. Ne remettez pas la bénédiction des parents à plus tard. Beaucoup de gens attendent, et il devient trop tard. Si votre père ou votre mère est âgé, ne remettez pas cette conversation.
- Et sans occasion particulière. La bénédiction des parents se demande aussi un dimanche ordinaire. Un appel un dimanche, sans rien demander d’autre. C’est celui que je conseille le plus, parce qu’il ne coûte rien et qu’il n’engage personne.
Ce que je réponds à ceux qui trouvent cela dépassé
Beaucoup de jeunes de la diaspora me disent que ce sont des idées d’un autre temps. Je réponds toujours la même chose : appelez votre mère et demandez-lui sa bénédiction, puis dites-moi comment vous vous sentez après. Ce n’est pas une croyance, c’est une expérience, et elle ne coûte rien à faire.
Ce qui se transmet par la paroleComment demander la bénédiction des parentsDix appuis pour une conversation qu’on repousse
C’est ce qu’on me demande le plus : les mots. Voici comment demander la bénédiction des parents sans que cela devienne un règlement de comptes.
- Seul à seul, jamais devant la famille. La bénédiction des parents ne se demande pas en public. Une demande faite en public devient une scène, et personne ne dit vrai devant témoins.
- Ne réclamez rien d’autre en même temps. Une seule demande : la bénédiction des parents. Ni argent, ni explication, ni excuses. Une seule demande à la fois, sinon elle se noie.
- Dites pourquoi maintenant. Je pars, je me marie, j’attends un enfant, je traverse une épreuve. Un motif précis rend la demande naturelle.
- Employez vos mots à vous. Il n’y a pas de formule officielle pour la bénédiction des parents. Il n’y a pas de formule. Je voudrais ta bénédiction suffit. Dans nos langues, cela se dit encore plus simplement, et le dire dans la langue du parent touche davantage.
- Ne commencez pas par les reproches. La bénédiction des parents ne s’obtient pas après un procès. Même s’ils sont justifiés. Si vous ouvrez sur ce qui n’a pas été fait, vous n’obtiendrez qu’une défense.
- Acceptez qu’il ne réponde pas tout de suite. Beaucoup de parents sont pris de court et ne savent pas quoi dire. La réponse vient parfois des jours après, et parfois autrement qu’en paroles.
- Faites-le par téléphone si la distance l’impose. La bénédiction des parents se donne aussi à six mille kilomètres. Cela vaut. Et si vous ne pouvez pas parler, écrivez : une lettre lue et relue par un parent âgé a un poids que rien n’égale.
- Passez par un aîné si le contact est rompu. C’est la voie qui rouvre le plus de bénédictions des parents. Un oncle, une tante, quelqu’un que le parent écoute. Dans nos familles, c’est la voie qui rouvre le plus de portes.
- Remerciez, quoi qu’il arrive. Même une réponse tiède. Ce que vous montrez ce jour-là compte autant que ce que vous recevez.
- Recommencez plus tard si cela n’a pas marché. Beaucoup de bénédictions des parents arrivent à la deuxième tentative. Une demande n’est pas un examen qu’on rate. Beaucoup de bénédictions arrivent à la deuxième ou à la troisième tentative, des années après.
Ce qui bloque presque tout le monde
La peur du ridicule, la peur d’être rejeté une fois de plus, et l’idée que ce serait avouer une faiblesse. Je le comprends, et je réponds ceci : je n’ai jamais vu quelqu’un regretter d’avoir demandé. J’ai vu beaucoup de gens regretter de ne pas l’avoir fait avant un décès.
Quand le parent refuse ou se taitCe qu’il reste à faire
C’est la situation la plus douloureuse autour de la bénédiction des parents, et elle a des issues.
Les refus que je rencontre
- Le refus par principe. Il était contre ce mariage, contre ce départ, et il maintient. Ce n’est pas contre vous : c’est contre une décision, et cela se déplace avec le temps.
- Le refus par orgueil blessé. La bénédiction des parents attend un geste qu’on ne demandera jamais. Vous êtes parti sans dire au revoir, vous avez réussi sans lui, vous ne l’avez pas consulté. Il attend un geste qu’il ne demandera jamais.
- Le silence par incapacité. Beaucoup de pères n’ont jamais appris à donner la bénédiction des parents. Beaucoup de pères de cette génération n’ont jamais appris à dire ces choses. Leur silence n’est pas un refus, c’est une impuissance, et cela se lit très différemment.
- Le refus par manipulation. La bénédiction des parents ne se monnaie pas. Il existe, et je le nomme : certains parents monnaient leur parole contre de l’argent ou de l’obéissance. Ce n’est pas une bénédiction, c’est un marché, et une parole obtenue ainsi ne vaut rien.
- Le refus définitif. Rare, et réel. Il faut alors le regarder en face et faire autrement, ce que ma tradition prévoit.
Ce que je conseille alors
- Ne suppliez pas et ne payez pas. Ce qui s’achète ne porte pas, et vous vous mettriez sous dépendance pour des années.
- Demandez à un autre aîné de la lignée. La bénédiction des parents n’appartient pas à une seule personne. Une grand-mère, un oncle du côté paternel, l’aîné de la famille. Chez nous, la parole des anciens n’appartient pas à une seule personne.
- Posez le geste vous-même. Ma tradition prévoit ce qu’on fait quand la bénédiction des parents ne vient pas. Ma tradition prévoit ce qu’on fait quand la parole ne vient pas : cela s’adresse aux vodun de la maison et à ceux qui sont partis avant, et c’est le travail que je conduis au temple.
- Écrivez ce que vous auriez voulu entendre comme bénédiction des parents. Et gardez-le. Beaucoup de gens découvrent en l’écrivant qu’ils peuvent se le dire eux-mêmes.
- Ne transmettez pas le refus. C’est le plus important de tous : ce que vous n’avez pas reçu, donnez-le à vos enfants. C’est ainsi que le sablier s’arrête.
Bénédiction des parents : ce que je faisConcrètement, et à ma place
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans.
Bénédiction des parents : d’abord être écouté sans jugement
Ceux qui m’écrivent au sujet de la bénédiction des parents portent souvent deux choses en même temps : de la colère et de la culpabilité. En vouloir à sa mère, cela ne se raconte pas. Beaucoup n’en ont jamais parlé à personne.
Je vous laisse tout dire, y compris ce que vous vous reprochez. Je réponds moi-même, et cette écoute est gratuite.
Je distingue avec vous la brouille et ce qui est resté ouvert
Nous reprenons le sablier et le relevé. Très souvent, ce qui ressort est simple : personne n’a rien refusé, cela n’a jamais été demandé. Je vous le dis, je vous donne la conversation à mener, et cela s’arrête là sans que rien n’ait été engagé.
J’examine par le Fâ ce qui a été prononcé et jamais retiré
Je procède à l’examen par le Fâ, l’art divinatoire de ma tradition et le cœur de mon métier de bokonon. Il porte sur vous et sur ce qui pèse dans votre lignée. Il ne porte jamais sur votre père ni sur votre mère : je ne demande ni leur nom ni leur photographie.
Ce que le Fâ regarde relève de ce que ma tradition sait traiter : une parole prononcée sur vous devant témoins et jamais reprise, un départ fait sans que rien n’ait été demandé, une union commencée contre l’avis des anciens, un engagement pris par vos parents envers quelqu’un et jamais honoré, un mort de la famille mal accompagné. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit.
Et je conduis les rites que ma tradition prévoit
Quand l’examen montre qu’une parole est restée ouverte, je conduis au temple les gestes qui la referment : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes déposées, les libations versées pour les anciens de votre lignée, et la veillée quand le cas le demande. C’est le travail le plus ancien de ma famille.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer, et il ne bouge plus. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Le travail au temple, étape par étapePour que vous sachiez à quoi vous attendre
Voici le déroulement complet d’un travail sur la bénédiction des parents quand on m’écrit depuis la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.
Deux choses propres à ce sujet. Je ne conduis aucun travail destiné à forcer un parent à donner sa parole : une bénédiction arrachée ne vaut rien, chez nous comme ailleurs. Et je ne prends pas l’argent de quelqu’un qui n’a simplement jamais demandé, ce qui est le cas le plus fréquent de tous.
Bénédiction des parents : ce que révèle l’examenSix choses que le Fâ met au jour
Voici ce qui ressort le plus souvent quand j’examine quelqu’un venu pour la bénédiction des parents.
- Un départ fait sans rien demander. C’est le premier motif qui amène à la bénédiction des parents. C’est le premier, et de très loin, chez ceux qui vivent hors du pays. On est parti vite, ou en cachette, ou parce que quelqu’un s’y opposait. Rien n’a été demandé, rien n’a été donné, et cela reste ouvert des années. C’est traité aussi dans le guide sur l’attente administrative.
- Une union commencée contre l’avis des anciens, sans la bénédiction des parents. Un mariage sans les familles, une dot laissée inachevée, une présentation jamais faite. Le couple porte alors quelque chose qu’il n’a pas choisi.
- Une parole prononcée devant témoins et jamais reprise. Elle pèse plus qu’une bénédiction des parents refusée. Un jour de dispute, à un partage, à un enterrement. Ce qui a été dit devant d’autres pèse davantage chez nous, et cela se dénoue quand on sait laquelle.
- Un engagement pris par les parents et jamais honoré. Il bloque la bénédiction des parents sans que personne le sache. Une promesse faite à quelqu’un, parfois avant votre naissance. Vous n’y êtes pour rien et vous le portez quand même.
- Un parent qui n’a jamais su dire. Ni bénédiction des parents ni reproche, seulement le silence. Ni bénir ni maudire, seulement se taire. C’est ce que je trouve le plus chez les hommes de la génération précédente, et le nommer soulage plus que tout.
- Et très souvent, rien à traiter. Une relation ordinaire, une distance banale, une demande jamais formulée. Je le dis franchement et je n’accepte pas votre argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Comment êtes-vous parti, exactement. Qui le savait. Que vous a-t-on dit ce jour-là. Vos parents étaient-ils d’accord avec votre mariage, sincèrement. Qu’a fait votre père quand vous avez réussi. Et une question qui fait souvent pleurer : qu’est-ce que vous auriez voulu qu’il vous dise.
Cette dernière ouvre tout. Beaucoup de gens ne l’avaient jamais formulée, et découvrent que ce qu’ils cherchent tient en une phrase de sept mots.
Quand le parent n’est plus làCe que ma tradition prévoit
C’est la question qui revient le plus souvent, et la réponse en soulage beaucoup : la bénédiction des parents se demande encore après leur mort.
Ce que ma tradition tient pour vrai
- Ceux qui sont partis gardent leur place. La bénédiction des parents ne s’arrête pas à l’enterrement. On leur parle, on verse pour eux, on marque les dates. Ce lien-là ne se coupe pas avec l’enterrement.
- Ce qui n’a pas été dit peut encore se dire. La bénédiction des parents ne s’éteint pas avec eux. À voix haute, seul, dans un lieu qui compte. Ce n’est pas une consolation de façade : chez nous, c’est un acte.
- Ce qui n’a pas été accompli peut se rattraper. La bénédiction des parents n’a pas de date limite. Une part de rites manquée, une cérémonie écourtée, un deuil vécu de loin. C’est le travail le plus fréquent que je conduis, et il n’a pas de date limite.
- Une parole dure prononcée avant la mort ne devient pas éternelle. Beaucoup de gens vivent avec cette terreur. Elle se dénoue, et le fait qu’ils ne soient plus là ne change pas cela.
Les gestes que je conseille, où que vous soyez
- Dites-lui ce que vous n’avez pas eu le temps de dire. À voix haute, une fois, seul. C’est le geste le plus simple et le plus fort de tous.
- Versez un peu d’eau en pensant à lui. À votre manière, selon votre foi. Chez nous, c’est ainsi qu’on s’adresse à ceux d’avant.
- Demandez-lui sa parole, même maintenant. Cela paraît étrange à qui n’a pas grandi chez nous. Ceux qui l’ont fait me disent tous la même chose : quelque chose s’est desserré.
- Faites ce qui n’a pas pu être fait aux funérailles. Ici ou au pays, avec un aîné, selon votre religion. Ce sujet est développé dans le guide sur le deuil et dans celui sur les rêves de disparus.
- Portez son nom quelque part. C’est ainsi qu’une bénédiction des parents continue d’agir. Un enfant, un projet, une date que vous marquez. C’est ainsi qu’un mort continue d’être un parent.
Ce que vous transmettez, vousLa moitié du sablier que personne ne regarde
Voici la partie de cette page sur la bénédiction des parents qui change le plus de vies, et ce n’est pas celle qu’on vient chercher.
Ce que je vois chez les parents qui m’écrivent
- Ils répètent les mots exacts qu’ils ont détestés, faute d’avoir reçu la bénédiction des parents. Presque tous. Ce qu’on a entendu à huit ans sort tout seul quand on est fatigué, et l’on s’entend le dire avec effroi.
- Ils croient que les enfants d’ici n’ont pas besoin de la bénédiction des parents. C’est faux. Un adolescent né en France reçoit une parole de son père exactement comme on la recevait au village.
- Ils attendent le mérite. Or la bénédiction des parents ne se mérite pas : elle se donne. Je le dirai quand il aura fait ses preuves. Or une bénédiction ne se mérite pas : elle se donne, et c’est elle qui permet de faire ses preuves.
- Ils pensent que c’est trop tard. La bénédiction des parents se donne à un enfant de quarante ans. Avec un enfant de vingt-cinq ans, de quarante ans. Ce n’est jamais trop tard, et un enfant adulte qui reçoit enfin cette parole en pleure encore des années après.
Les dix phrases qui construisent un enfant
- Je suis fier de toi. C’est la bénédiction des parents la plus simple qui soit. Simplement, sans condition ni comparaison. C’est la phrase que citent le plus ceux qui l’ont reçue, et celle qui manque le plus aux autres.
- Tu iras loin. C’est une bénédiction des parents à elle seule. Dite une fois avant un départ, elle porte des années.
- Que Dieu t’accompagne. Ou les mots de votre foi et de votre langue. Ce qui compte est de nommer ce qui vous dépasse.
- Je te bénis. Dans votre langue maternelle si vous en avez une. Cela touche à un endroit que le français n’atteint pas.
- Tu es de notre sang, et c’est un bon sang. Ce qui rattache un enfant de la diaspora à une lignée qu’il ne connaît pas.
- Ce que tu as fait était courageux. Sur un acte précis, pas sur un résultat.
- Tu peux revenir, quoi qu’il arrive. La phrase qui empêche le plus de ruptures définitives.
- J’ai eu tort ce jour-là. Un parent qui reconnaît une fois désarme vingt ans de rancune.
- Je te pardonne. Quand il y a eu faute, et qu’elle a été portée assez longtemps.
- Et le nom que vous lui donnez. Chez nous, un nom est déjà une parole posée sur quelqu’un. Dites-lui pourquoi vous l’avez appelé ainsi : beaucoup d’enfants de la diaspora ne le savent pas.
Ces dix phrases ne coûtent rien, ne demandent aucun rite, et ne me rapportent rien. Je les donne à tout le monde, y compris à ceux qui ne me confieront jamais un travail, parce que c’est ainsi que le sablier s’arrête.
Bénédiction des parents : la langue dans laquelle on bénitCe que la diaspora perd sans le voir
C’est le détail qu’on me cite le plus au sujet de la bénédiction des parents, et personne n’en parle jamais.
Pourquoi la langue change tout
- La bénédiction des parents se dit dans la langue où l’on a été bénit. Ce que votre mère a reçu de la sienne, elle l’a reçu en fon, en yoruba, en bambara, en wolof, en peul. Le français ne porte pas les mêmes mots pour ces choses-là.
- Les formules existent déjà. Presque toutes nos langues ont une phrase toute faite pour la bénédiction des parents. Dans presque toutes nos langues, il y a une phrase toute faite pour bénir un enfant qui part. Demandez-la à un ancien : il la connaît par cœur et sera heureux qu’on la lui demande.
- Les parents s’ouvrent autrement. La bénédiction des parents sort mieux dans leur langue. Un père qui reste sec en français peut se mettre à pleurer dans sa langue. Ce n’est pas de la nostalgie, c’est l’endroit où il a lui-même été un enfant.
- Les enfants d’ici en héritent malgré tout. Un enfant né en France qui entend son grand-père le bénir dans une langue qu’il ne parle pas retient la scène toute sa vie. Il n’a pas besoin de comprendre les mots.
Ce que je conseille
- Demandez la formule à un ancien de la famille. Notez-la, écrivez-la phonétiquement si vous ne l’écrivez pas. C’est une chose qui se perd en une génération.
- Enregistrez-la si un ancien accepte. Beaucoup de gens m’écrivent après un décès pour me dire qu’ils n’ont plus aucune trace de la voix de leur père. Un enregistrement de trente secondes vaut plus que n’importe quel objet.
- Employez-la pour vos propres enfants. Même mal prononcée, même à moitié. Ils la reconnaîtront un jour.
- Ne vous excusez pas de ne pas parler la langue en demandant la bénédiction des parents. Beaucoup de gens de la deuxième génération n’osent pas demander pour cette raison. Aucun ancien ne reprochera cela à quelqu’un qui vient demander sa bénédiction.
Les huit erreurs qui aggravent toutCe que je vois le plus souvent
Voici ce qui abîme durablement la relation autour de la bénédiction des parents.
- Réclamer devant toute la famille. Cela devient une scène et personne ne peut plus reculer.
- Mêler l’argent à la demande. Une bénédiction des parents achetée ne vaut rien. Une parole obtenue contre un virement ne vaut rien, et vous entrez dans un rapport dont vous ne sortirez plus.
- Ouvrir sur vingt ans de reproches. Même justifiés. Vous n’obtiendrez qu’une défense, et la conversation sera perdue.
- Attendre qu’ils fassent le premier pas. La bénédiction des parents se demande, elle s’offre rarement. La plupart des parents de cette génération ne le feront jamais, non par dureté mais parce que cela ne se faisait pas chez eux.
- Croire qu’une parole dure vous a condamné. C’est la peur qu’on vend le plus cher, et elle empêche d’agir pendant des années.
- Chercher quelqu’un pour agir sur un parent. C’est ce qu’on me demande parfois, et c’est ce que je refuse absolument.
- Couper complètement. Sans bénédiction des parents, une rupture laisse tout ouvert. Une rupture laisse tout ouvert, et le jour du décès elle devient très lourde à porter.
- Remettre à plus tard avec un parent âgé. C’est le seul regret qu’on ne rattrape qu’à moitié. C’est le regret que j’entends le plus, et le seul qui ne se rattrape qu’à moitié.
Ce que je propose selon votre situationQuatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Tous ceux qui me parlent de bénédiction des parents ne reçoivent pas la même réponse de ma part.
Vous ne l’avez jamais demandée
Ce que je fais : pour obtenir la bénédiction des parents, je vous donne la conversation à mener et je n’engage rien. C’est ma réponse la plus fréquente, elle ne me rapporte rien, et c’est celle qui règle le plus de situations. Appelez, seul à seul, sans rien réclamer d’autre.
Une parole a été prononcée devant témoins et jamais reprise
Ce que je fais : c’est ici que mon travail sur la bénédiction des parents sert vraiment. Nous cherchons les mots exacts, l’année et le lieu. Quand l’examen montre que cela est resté ouvert, je conduis au temple les gestes qui referment une parole, avec les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes et les libations pour les anciens de votre lignée.
Votre parent est décédé sans que rien ne soit réglé
Ce que je fais : nous regardons ce qui n’a pas pu être accompli au moment du décès, et je conduis ce qui se rattrape. C’est un travail très fréquent chez ceux qui n’ont pas pu rentrer, et il n’y a pas de délai au-delà duquel ce serait trop tard.
Vous voulez que j’agisse sur votre père ou votre mère
Ce que je fais : je refuse, et j’explique plutôt que de vous congédier. Une bénédiction arrachée ne porte pas, et ce qui atteindrait un parent atteindrait son enfant en premier. Puis nous parlons de ce que vous pouvez vraiment poser, vous.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Ce que racontent ceux qui m’écrivent aprèsHuit constats
Beaucoup de personnes me réécrivent des mois après m’avoir parlé de la bénédiction des parents. Voici ce qui revient.
- Rien n’avait jamais été refusé. La bénédiction des parents n’avait jamais été demandée. C’est le retour numéro un, et de très loin. Cela n’avait simplement jamais été demandé, et un appel a suffi.
- Le parent s’est mis à pleurer en donnant sa bénédiction. Souvent le père, souvent celui dont on croyait qu’il ne dirait jamais rien. Beaucoup de ces hommes attendaient qu’on leur donne l’occasion.
- Ils ont demandé la bénédiction des parents dans leur langue. Et cela a tout changé. C’est le détail qu’on me cite le plus souvent en retour.
- Il a fallu s’y reprendre à deux fois pour obtenir la bénédiction des parents. La première demande est tombée à plat, la seconde, des mois après, a porté.
- Un aîné a débloqué ce qui durait depuis dix ans. Dans nos familles, c’est la voie la plus efficace quand le contact est rompu.
- Le départ n’avait pas été accompagné par la bénédiction des parents. Chez ceux où l’examen a montré quelque chose, c’est le motif le plus fréquent.
- Ils l’ont fait après le décès, et cela a compté quand même. Ce sont les retours qui me touchent le plus, parce que ces gens-là avaient cru que le moment était passé.
- Ils ont commencé à donner la bénédiction des parents à leurs propres enfants. Et c’est le seul retour qui, à mes yeux, vaut tous les autres.
Une dernière chose, pour celui ou celle qui lit cette page en pensant à un appel qu’il repousse depuis des années. Vous n’avez besoin ni de rite, ni d’argent, ni de moi pour le passer. Appelez, seul à seul, dites pourquoi vous appelez, et demandez leur parole. Si cela ne se passe pas bien, ou s’il y a autre chose derrière, écrivez-moi : cela ne coûte rien, et je ne jugerai pas vos parents.
Ce que je fais : je vous écoute moi-même et gratuitement, je distingue avec vous la brouille ordinaire de ce qui est resté ouvert, j’examine par le Fâ ce qui a été prononcé et jamais retiré dans votre lignée, et je conduis au temple de Sakété les gestes qui referment une parole quand l’examen l’indique.
Mes règles : je n’agis jamais contre un père ni contre une mère, je ne demande ni leur nom ni leur photographie, et je ne dirai jamais qu’un parent a maudit son enfant. Je ne conduis aucun travail destiné à forcer quelqu’un à donner sa parole. Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour
Qu’est-ce que la bénédiction des parents ?
Une parole favorable prononcée par un père ou une mère à un moment qui compte : un départ, un mariage, une naissance, une épreuve.
Une parole dure est-elle une malédiction ?
Non. Une phrase lancée dans la colère par un parent épuisé n’en est pas une. Ce qui pèse, c’est ce qui a été dit délibérément et jamais retiré.
Peut-on la demander à tout âge ?
Oui, à trente ans comme à cinquante, par téléphone ou par écrit. Demandée tard, elle vaut autant que demandée tôt.
Et si le parent est décédé ?
Elle se demande quand même, par les gestes que la tradition prévoit : une parole dite à voix haute, une libation, ce qui n’a pas été accompli.
Que faites-vous concrètement ?
Je distingue avec vous la brouille de ce qui reste ouvert, et j’examine ce qui a été prononcé et jamais retiré.
Pouvez-vous agir sur un parent ?
Non, jamais. Une bénédiction arrachée ne porte pas, et ce qui atteindrait un parent atteindrait son enfant en premier.
Comment la demander concrètement ?
Seul à seul, sans reproche, sans rien réclamer d’autre. On dit pourquoi maintenant, et on demande sa parole. La formule importe peu.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même et je reste joignable.
Dites-moi ce qui a été dit, et quand
Les mots, l’année, qui était présent. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je ne jugerai pas vos parents.
Gratuit · confidentiel · sans engagement · plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.


