Coépouse : ce qui se joue vraiment et ce que je fais
Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin, et j’ai reçu des centaines de femmes qui vivaient avec une coépouse, ou qui venaient de l’apprendre. Je ne juge ni ceux qui vivent ainsi ni ceux qui refusent : ce n’est pas mon rôle, et ma tradition connaît ces maisons depuis toujours. Ce que je peux, c’est vous dire ce qui se joue réellement, ce que la loi française change quand on vit ici, et surtout une chose que je répète à chaque fois : ce qui se règle ne se règle jamais dans le cercle de l’autre femme.
Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Prêtre vodun et bokonon du FâPlus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.
Écrire à Maître LucAvec une coépouse, presque tout ce qui se dispute est au centre : le mari, l’argent, les fêtes. C’est là que les règles se posent.
En France, la polygamie n’est pas reconnue, et cela a des conséquences concrètes sur le séjour, les droits et la succession. La filiation des enfants, elle, est reconnue.
Maître Luc n’agit jamais contre une coépouse ni contre ses enfants, et ne promet jamais qu’un mari renoncera. L’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
Sur ce sujet, la demande arrive presque toujours dans les mêmes termes : faites qu’elle parte, faites qu’il la quitte. Je comprends d’où cela vient, et je réponds non.
Je n’agis jamais contre une coépouse. Cette femme n’a le plus souvent rien décidé : elle a été demandée, elle a dit oui, parfois sans même savoir qu’une autre existait. Et ses enfants sont les enfants de votre mari.
Je n’agis jamais contre des enfants, quels qu’ils soient. Cela devrait aller sans dire, et je le dis quand même parce que la demande existe.
Je ne promets jamais qu’un homme renoncera. Une volonté forcée ne tient pas, et vous auriez ensuite à vivre avec un homme qu’on aurait contraint.
Et je ne dirai jamais qu’elle vous a fait quelque chose. C’est ce qu’on vend le plus cher aux femmes dans votre situation. Cette phrase installe une guerre, et je ne la prononce pas sans examen.
Ce que je peux : vous écouter, regarder ce qui a été promis au moment de l’union et jamais tenu, et travailler sur votre place à vous.
- Les deux cercles
- Les quatre manières dont cela arrive
- Le relevé de la place
- Ce que la loi française change
- Tenir sa place sans se battre
- Ce que je fais pour vous
- Le travail au temple, étape par étape
- Ce que l’examen révèle
- Les enfants au milieu
- Quand les deux femmes s’entendent
- Quand il faut envisager de partir
- Ce que je propose selon votre situation
- Questions fréquentes
Coépouse : les deux cerclesCe qui est à vous, ce qui ne l’est pas
Voici l’image que j’emploie avec toutes les femmes qui m’écrivent au sujet d’une coépouse, et elle change souvent la conversation.
Pourquoi je commence toujours par là. Parce que la souffrance d’une coépouse se dirige presque toujours vers la mauvaise personne. Ce n’est pas elle qui a promis quelque chose le jour de votre union : c’est lui. Et c’est avec lui que cela se reprend, calmement, une chose à la fois.
Coépouse : les 4 manières dont cela arriveEt ce qui change dans chacune
On ne se retrouve pas avec une coépouse de la même façon, et la suite n’est pas la même.
- La coépouse annoncée avant l’union. Vous saviez, vous avez accepté, les familles ont parlé. C’est la situation la plus claire, même si elle reste difficile. Ce qui pèse alors n’est pas la surprise, c’est le respect des règles qui avaient été posées, et personne ne les a écrites.
- La coépouse annoncée après, franchement. Il vient vous le dire. C’est brutal et c’est honnête. Vous avez alors un vrai choix à faire, et surtout du temps pour le faire : ne décidez rien la première semaine.
- La coépouse cachée, puis découverte. Vous l’apprenez par un message, une photographie, un cousin. Ce n’est pas une question de coépouse : c’est un mensonge tenu pendant des mois ou des années. C’est cela qu’il faut regarder, et c’est traité aussi dans le guide sur le doute.
- La coépouse imposée par la famille. Les anciens ont décidé, souvent parce qu’il n’y avait pas d’enfant, ou pas de garçon. Votre mari a cédé plutôt que choisi. Cela change tout, et cela se traite avec les anciens, pas avec lui seul. Le sujet de l’enfant est développé dans le guide sur la difficulté à avoir un enfant.
Coépouse : ce que je dis à celle qui vient de l’apprendre
- Ne décidez rien pendant sept jours. Ni partir, ni pardonner, ni annoncer. Ce que l’on décide dans les premiers jours, on le regrette presque toujours.
- Ne l’annoncez pas publiquement. Ni aux réseaux, ni au groupe de la famille. Une fois dit, cela ne se retire plus et tout le monde prendra position.
- Mettez au clair vos papiers. Vos documents, ceux de vos enfants, votre situation de séjour et votre compte. Ce n’est pas de la guerre : c’est de la prudence élémentaire.
- Parlez à une personne de confiance hors des deux familles. Une amie, une association, un professionnel. Dans les deux familles, chacun a un intérêt.
- Dormez et mangez. Cela paraît dérisoire et c’est ce qui vous permettra de penser clairement dans deux semaines.
Coépouse : le relevé de la place en 16 pointsSeize points pour savoir où vous en êtes
Voici la liste que je parcours avec les femmes qui me parlent d’une coépouse. Cochez ce qui est vrai chez vous.
Ce que ce relevé sert à voir. Pas s’il faut rester ou partir : cela n’appartient qu’à vous. Seulement ce qui est solide dans votre position et ce qui ne l’est pas, parce qu’une femme qui sait où elle se tient parle autrement. Et si vous avez coché la dernière case, allez lire la section sur ce qui passe avant tout.
Coépouse : ce que la loi française changeCe que personne ne dit clairement
Je ne suis ni juriste ni avocat, et je ne prends pas parti. Mais vivre en France avec une coépouse a des conséquences concrètes que beaucoup de femmes découvrent trop tard.
Ce qui est établi
- La France ne reconnaît pas la polygamie, donc aucun statut de coépouse. Un second mariage célébré alors que le premier subsiste n’a pas de valeur ici, et le contracter est une infraction. Cela ne dit rien de la validité d’un mariage célébré ailleurs selon d’autres lois : c’est précisément pour cela qu’il faut un avis juridique sur votre cas.
- Cela touche le séjour. Une situation de coépouse effective sur le territoire a des conséquences. Une situation de polygamie effective sur le territoire peut avoir des conséquences sur les titres de séjour et leur renouvellement. C’est le point le plus lourd et le moins connu, et il concerne les femmes autant que les hommes.
- Cela touche les droits sociaux et la succession. Deux épouses ne sont pas traitées ici comme au pays. Prestations, pension de réversion, part d’héritage. Deux épouses ne sont pas traitées ici comme dans le pays d’origine, et cela se découvre souvent au décès, au pire moment.
- La filiation des enfants, elle, est reconnue. Quels que soient l’union et sa validité, un enfant reconnu par son père a ses droits : nom, entretien, héritage. Retenez cela avant tout le reste, parce que c’est ce qui rassure le plus de femmes.
Ce que je vous conseille de faire
- Consultez un juriste, gratuitement. Points d’accès au droit, maisons de justice, permanences d’avocats en mairie, associations d’aide aux familles. C’est gratuit et confidentiel, et une seule consultation vous dira ce qui s’applique à vous.
- N’y allez pas avec lui. Ni avec quelqu’un de sa famille. Vous devez pouvoir tout dire.
- Mettez vos documents en sécurité. Vos papiers, ceux de vos enfants, actes, livret, titres. Une copie ailleurs que chez vous, chez une amie ou dans un espace en ligne dont vous seule avez la clé.
- Ouvrez un compte à votre nom si vous n’en avez pas. Même sans y mettre grand-chose. C’est la mesure qui change le plus de choses, et elle ne se voit pas.
- Ne signez rien que vous ne comprenez pas. Ni pour un logement, ni pour un prêt, ni pour une démarche administrative présentée comme une formalité.
Si vous avez peur de votre mari, de sa famille ou de quelqu’un de son entourage, cela passe avant cette page et avant moi.
En France, le 3919 est gratuit, anonyme et joignable tous les jours. Il informe sur les droits quelle que soit la situation de séjour, et il ne juge personne. Le 17 en cas de danger immédiat.
Et si une femme de votre entourage est contrainte à une union qu’elle refuse, c’est un délit en France, quel que soit l’âge. Les mêmes numéros existent pour cela.
Tenir sa place sans se battreDouze appuis pour la femme qui reste
Voici ce que je conseille aux femmes qui vivent avec une coépouse et choisissent de rester, et elles sont nombreuses.
- Ne parlez jamais mal de la coépouse devant vos enfants. C’est la règle qui compte le plus. Ils croiseront ses enfants toute leur vie, et ce que vous dites aujourd’hui, ils le porteront.
- Ne parlez pas de vos affaires de couple à la coépouse. Rien de ce que vous lui direz ne restera entre vous deux, même si vous vous entendez bien.
- Traitez avec votre mari, pas avec la coépouse. Tout ce qui concerne l’argent, les nuits, les fêtes, les enfants. Vous avez un interlocuteur, un seul.
- Demandez des règles claires, et par écrit si possible. Avec une coépouse, le flou use plus que le partage. Ce qui revient à chaque maison, quand, comment. Le flou est ce qui use le plus, bien plus que le partage lui-même.
- Ne vous comparez pas à la coépouse. Sur les cadeaux, les voyages, les enfants. Cette comparaison n’a pas de fin et vous perdrez toujours, quel que soit le score.
- Gardez quelque chose à vous. C’est ce qui vous tient debout face à une coépouse. Un travail, une activité, un revenu même modeste, des amies qui ne connaissent pas cette histoire. C’est votre respiration.
- Restez correcte en public. Ce que la famille retiendra, c’est votre tenue, pas celle de la coépouse. Aux fêtes, aux deuils, devant les anciens. Ce que la famille retiendra dans dix ans, c’est votre tenue, pas la sienne.
- N’entrez pas dans les concours avec la coépouse. Faire un enfant pour rattraper, dépenser pour égaler, se faire remarquer. Ces courses-là abîment celle qui court.
- Cherchez une alliée chez les anciens. Une tante, une grand-mère respectée. Dans nos familles, une femme âgée qui prend votre parti pèse énormément.
- Ne cherchez pas à savoir ce qui se passe chez la coépouse. Ni par les enfants, ni par les voisins, ni par le téléphone. Cette surveillance ronge celle qui la fait.
- Décidez ce que vous n’accepterez jamais. Deux ou trois choses, précises, et tenez-les. Une femme qui a une limite connue est respectée ; une femme qui cède sur tout ne l’est plus.
- Faites-vous accompagner si cela vous détruit. Un professionnel de santé, une association. Beaucoup de femmes tiennent des années en pensant que c’est leur devoir, et le corps finit par parler.
Coépouse : ce que je faisConcrètement, et à ma place
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans.
Coépouse : je vous écoute sans juger votre vie
Les femmes qui m’écrivent au sujet d’une coépouse ont souvent été jugées de tous les côtés : par celles qui trouvent qu’elles devraient partir, par celles qui trouvent qu’elles devraient accepter en silence. Je ne fais ni l’un ni l’autre. C’est votre vie, votre famille, votre foi, et vous savez des choses que je ne sais pas.
Je vous laisse tout raconter, y compris ce que vous n’osez dire à personne. Je réponds moi-même, et cette écoute est gratuite.
Je vous aide à trier les deux cercles
Nous reprenons ensemble ce qui est à vous, ce qui est à elle, ce qui est au centre. Et nous regardons ce qui avait été promis au moment de votre union, à vous et à votre famille. C’est là que se trouve presque toujours ce qui fait mal, et personne n’y avait mis de mots.
J’examine par le Fâ ce qui a été promis et jamais tenu
Je procède à l’examen par le Fâ, l’art divinatoire de ma tradition et le cœur de mon métier de bokonon. Il porte sur vous, sur votre union et sur votre lignée. Il ne porte jamais sur la coépouse ni sur votre mari : je ne demande ni leur nom ni leur photographie, et si vous me les envoyez je ne m’en sers pas.
Ce que le Fâ regarde relève de ce que ma tradition sait traiter : une parole donnée devant les familles au moment de l’union et jamais honorée, une dot laissée inachevée, un engagement pris envers votre lignée, une bénédiction jamais demandée, un mort de la famille mal accompagné dont on n’a plus reparlé. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit.
Et je conduis les rites qui rendent une place
Quand l’examen montre quelque chose, je conduis au temple les gestes que ma tradition prévoit : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes déposées, les libations versées pour les anciens de votre lignée, et la veillée quand le cas le demande. Ce travail porte sur vous et sur votre place, jamais sur quelqu’un d’autre.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer, et il ne bouge plus. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Le travail au temple, étape par étapePour que vous sachiez à quoi vous attendre
Voici le déroulement complet d’un travail sur une situation de coépouse quand une femme m’écrit depuis la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.
Deux choses propres à ce sujet. Je ne conduis aucun travail destiné à séparer un homme d’une femme, ni à faire venir un homme chez l’une plutôt que chez l’autre. Et je ne prends pas l’argent d’une femme qui a d’abord besoin d’un juriste ou d’être mise en sécurité, ce qui arrive plus souvent qu’on ne croit.
Coépouse : ce que révèle l’examen du FâSix choses que le Fâ met au jour
Voici ce qui ressort le plus souvent quand j’examine une femme qui vit avec une coépouse.
- Une dot laissée inachevée. C’est ce que je trouve le plus derrière une situation de coépouse. C’est le premier, et de loin. Une part promise et jamais versée, une cérémonie remise puis oubliée, une famille qui n’a jamais été honorée jusqu’au bout. Tant que cela reste ouvert, votre place n’a jamais été entièrement posée. Le sujet est développé dans le guide sur la dot.
- Une parole donnée devant les familles et jamais tenue. Elle pèse plus que l’arrivée d’une coépouse. Le jour de l’union, devant témoins, quelqu’un a promis quelque chose. Chez nous, cela pèse, et cela se rappelle des années après.
- Une union commencée sans la bénédiction d’un parent. Un père ou une mère qui n’a rien voulu dire, un mariage fait sans les anciens. C’est traité dans le guide sur la bénédiction des parents.
- Un engagement pris par la lignée du mari. Il produit parfois l’arrivée d’une coépouse une génération plus tard. Parfois une génération avant lui, envers une autre famille. Vous n’y êtes pour rien et vous en portez les conséquences.
- Un deuil mal accompagné dans la famille. Un décès survenu peu avant ou peu après l’union, dont personne n’a reparlé et pour lequel rien n’a été achevé.
- Et très souvent, rien à traiter de mon côté. Un homme qui a fait un choix, une famille qui a poussé, une femme qui souffre. Cela demande du courage et des conversations, pas un rite. Je le dis franchement et je n’accepte pas votre argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Qui a parlé pour vous le jour de la demande. La dot est-elle allée jusqu’au bout, vraiment. Que vous a-t-on promis ce jour-là devant les familles. Vos parents ont-ils donné leur parole, tous les deux. Y a-t-il eu un décès dans l’année de votre union. Et une question qui surprend toujours : qu’est-ce qui a changé chez lui le mois où cela a commencé.
Cette dernière ouvre beaucoup de choses. Une seconde union arrive rarement sans rien autour : une pression familiale, un deuil, une réussite soudaine, une peur. Le savoir ne change pas les faits, mais cela change ce que vous en faites.
Les enfants au milieuCe qui les protège vraiment
C’est ce dont on me parle le moins et ce qui compte le plus dans une maison où il y a une coépouse.
Ce que vivent les enfants
- Ils comptent les nuits. Les enfants savent tout d’une maison à coépouse. Bien plus tôt qu’on ne l’imagine. Ils savent combien de soirs leur père a passés d’un côté et de l’autre, et ils font le compte en silence.
- Ils reçoivent votre colère sans en avoir la cause. Une mère qui souffre le montre, même quand elle croit le cacher. Les enfants pensent souvent que c’est de leur faute.
- On leur demande de rapporter. Ce qui se passe chez l’autre maison, ce qui se dit. C’est une charge qui n’est pas de leur âge et qui les abîme des deux côtés.
- Ils croiseront les enfants de la coépouse toute leur vie. Aux fêtes, aux deuils, aux partages. Ce que vous semez maintenant, ils le récolteront dans trente ans, à votre enterrement.
Ce que je conseille pour eux
- Ne dites jamais de mal de la coépouse devant eux. Ni de leur père. Vous pouvez dire que vous êtes triste sans désigner un coupable.
- Ne les utilisez jamais comme messagers ni comme informateurs auprès de la coépouse. Aucune information ne vaut ce que cela leur coûte.
- Répondez à leurs questions simplement. Selon leur âge, sans détails d’adultes. Un enfant supporte mieux une vérité simple qu’un mensonge qu’il devine.
- Protégez leur lien avec leur père. Même quand vous lui en voulez. Un enfant à qui l’on abîme son père s’abîme lui-même.
- Laissez-les s’entendre avec les autres enfants. Ce n’est pas une trahison envers vous. Dans nos familles, ce sont ces liens-là qui tiennent les maisons debout après la mort des parents.
- Surveillez l’école et le sommeil. Ce sont les deux endroits où cela se voit d’abord. Les guides sur l’échec scolaire et sur l’adolescent difficile donnent les points à regarder.
Quand il faut envisager de partirJe le dis parce que personne ne le dit
Rester avec une coépouse est un choix respectable. Partir en est un aussi, et certaines situations ne se négocient pas.
- S’il y a violence, quelle qu’elle soit. Coups, menaces, contrainte, enfermement, confiscation de papiers. Cela ne se traite ni par la patience ni par un rite. Le 3919 est gratuit et anonyme, le 17 en cas de danger immédiat.
- Si l’on vous pousse à agir contre la coépouse. Par la famille, par un praticien, par lui. Une maison qui en arrive là s’est déjà brisée, et vous risquez d’y perdre plus que votre place.
- Si vos enfants en souffrent visiblement. École qui s’effondre, sommeil détruit, enfant qui s’efface ou explose. Leur santé passe avant l’unité de la maison.
- Si l’on vous prive de tout moyen. Pas de compte, pas de papiers, pas de sortie. Ce n’est plus une question d’union partagée, c’est une emprise, et c’est traité dans le guide sur les relations toxiques.
- Si votre santé lâche. Sommeil détruit depuis des mois, corps qui parle, plus d’envie de rien. Voyez un médecin, et si vous n’avez plus envie de vivre, le 3114 est joignable à tout moment et gratuitement en France.
Et une chose que je dis à toutes celles qui hésitent : partir ne se prépare pas en un jour. Papiers en sécurité, compte à votre nom, une personne prévenue, un juriste consulté. Prendre trois mois pour préparer un départ n’est pas de la lâcheté, c’est ce qui fait qu’il tiendra.
Coépouse : quand les deux femmes s’entendentCela existe, et voici ce qui le permet
On ne me croit jamais quand je le dis, et pourtant je l’ai vu des dizaines de fois : avec une coépouse, dans certaines maisons, les deux femmes finissent par se tenir.
Ce qui rend cela possible
- Aucune des deux n’a humilié l’autre publiquement. C’est la condition première. Ce qui a été dit devant la famille ne se répare pas, ou alors en dix ans.
- Les enfants ont été laissés en dehors. Quand chacune a protégé le lien des enfants avec leur père et avec les autres enfants, quelque chose reste possible entre les adultes.
- Le mari a tenu ses règles. Là où l’homme est clair et régulier, les deux maisons s’apaisent. Là où il ment aux deux, elles finissent par comprendre qu’elles ont le même problème.
- Une ancienne a servi de pont. Une grand-mère, une tante respectée des deux côtés. Dans nos familles, c’est presque toujours une femme âgée qui rétablit ce qui peut l’être.
- Un deuil ou une maladie est passé par là. C’est le plus fréquent, et le plus triste. Devant un cercueil ou un lit d’hôpital, beaucoup de choses tombent d’elles-mêmes.
Ce que je conseille à celle qui veut essayer
- Commencez par le minimum, pas par l’amitié. Se saluer, ne pas se nuire, se parler pour ce qui concerne les enfants. Avec une coépouse, c’est déjà énorme.
- Ne cherchez pas à savoir ce qu’elle pense de vous. Ni par les enfants, ni par les cousines. Cette information ne sert qu’à faire mal.
- N’attendez rien en retour tout de suite. Elle a peut-être peur de vous autant que vous d’elle, et souvent depuis plus longtemps.
- N’en faites pas une alliance contre lui. Cela paraît tentant et cela finit toujours mal pour les deux.
- Et acceptez que cela ne marche pas. Certaines maisons ne se réconcilient jamais, et ce n’est pas votre faute. Vous aurez au moins la paix d’avoir tenu votre rang.
Les huit erreurs qui font le plus de dégâtsCe que je vois le plus souvent
Voici ce qui aggrave presque toujours une situation de coépouse.
- Faire la guerre à la coépouse. Messages, humiliations publiques, sorts demandés. Cela vous met en tort aux yeux de tous et cela ne ramène personne.
- Demander à un praticien d’agir contre la coépouse. Aucun homme sérieux n’acceptera, et celui qui accepte vous prendra votre argent en entretenant votre haine.
- Faire un enfant pour rattraper la coépouse. C’est ce que je vois de plus triste. On met un enfant au monde dans une compétition, et il le sent toute sa vie.
- Surveiller la coépouse sans arrêt. Téléphone, réseaux, cousins, enfants. Cette surveillance détruit celle qui la fait avant tout le monde.
- Annoncer aux réseaux. Une fois publié, cela ne se retire plus, et vous perdez le soutien des anciens, qui comptent énormément dans nos familles.
- Céder sur tout en espérant qu’il revienne. Une femme sans limite connue cesse d’être respectée, dans toutes les maisons du monde.
- Ne rien mettre à son nom. C’est ce qui enferme le plus de femmes vivant avec une coépouse. Pas de compte, pas de papiers en main, pas un franc de côté. C’est ce qui enferme le plus de femmes.
- Porter cela seule pendant des années. Beaucoup de femmes vivent avec une coépouse sans jamais en parler. Sans en parler à une seule personne. C’est ce qui casse la santé, et c’est le plus fréquent de tous.
Ce que je propose selon votre situationQuatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Toutes les femmes qui me parlent d’une coépouse ne reçoivent pas la même réponse de ma part.
Vous venez de l’apprendre
Ce que je fais : je vous demande de ne rien décider pendant sept jours et je n’engage rien. Mettez vos papiers au clair, parlez à une personne de confiance hors des deux familles, dormez. Nous reparlerons quand vous pourrez penser.
Vous restez et vous voulez tenir votre place
Ce que je fais : nous trions les deux cercles, nous préparons la conversation à mener avec votre mari, et nous regardons ce qui avait été promis à votre union. Quand l’examen montre qu’une parole est restée ouverte, je conduis au temple les gestes qui la referment.
Vous voulez que j’agisse sur elle ou sur lui
Ce que je fais : je refuse, et j’explique plutôt que de vous congédier. Elle n’a le plus souvent rien décidé, ses enfants sont ceux de votre mari, et un homme contraint ne tient pas. Puis nous parlons de ce qui peut réellement bouger.
Vous avez peur ou vous êtes privée de vos moyens
Ce que je fais : je vous oriente immédiatement et je n’accepte aucun paiement. Le 3919 est gratuit et anonyme, un juriste vous recevra sans frais, et cela passe avant tout ce que je peux faire. Je reste disponible ensuite.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour toutes, une réponse différente pour chacune, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Ce que racontent celles qui m’écrivent aprèsHuit constats
Beaucoup de femmes me réécrivent des mois après m’avoir parlé d’une coépouse. Voici ce qui revient.
- Parler à lui seul a tout changé. C’est le retour numéro un. Elles avaient passé des mois à se battre contre le mauvais cercle, et une conversation cadrée avec leur mari a obtenu ce qu’un an de guerre n’avait pas donné.
- La dot n’était pas allée jusqu’au bout. Chez celles où l’examen a montré quelque chose, c’est le motif le plus fréquent, et il datait de leur mariage.
- Elles ont posé deux limites, pas dix. Deux choses précises, tenues sans crier. C’est ce qui a fait revenir le respect.
- Ouvrir un compte les a soulagées. Même avec peu dedans. Elles disent toutes la même chose : elles se sont senties debout.
- Le juriste leur a appris ce que personne ne leur avait dit sur leur situation de coépouse. Sur le séjour, sur la succession, sur les droits de leurs enfants. Une consultation gratuite, et des années d’angoisse levées.
- Elles ne parlent plus mal d’elle devant les enfants. Et les enfants vont mieux. C’est celui qui me touche le plus.
- Certaines sont parties, préparées. Pas dans la nuit et dans les larmes : en trois mois, papiers en ordre, avec quelqu’un de prévenu.
- Aucune ne regrette de n’avoir rien fait contre la coépouse. Y compris celles qui étaient venues pour cela.
Une dernière chose, pour celle qui lit cette page tard le soir en pensant qu’elle est seule. Vous ne l’êtes pas, et ce que vous portez n’est pas une honte. Faites deux choses cette semaine : mettez vos papiers en sécurité, et prenez un rendez-vous gratuit avec un juriste pour savoir exactement où vous en êtes. Ensuite, écrivez-moi si vous voulez qu’on regarde ce qui avait été promis le jour de votre union. Cela ne coûte rien, et je ne vous jugerai pas.
Ce que je fais : je vous écoute moi-même et gratuitement, sans prendre parti sur votre vie, je trie avec vous les deux cercles, j’examine par le Fâ ce qui a été promis à votre union et jamais tenu, et je conduis au temple de Sakété les gestes qui rendent une place quand l’examen l’indique.
Mes règles : je n’agis jamais contre une coépouse, contre ses enfants ni contre votre mari, et je refuse ces demandes sans exception. Je ne demande ni n’accepte le nom ou la photographie d’un tiers. Je ne promets jamais qu’un homme renoncera et je ne dirai jamais qu’une femme vous a fait quelque chose. Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour
Comment vivre avec une coépouse ?
En sachant ce qui est à vous, ce qui est à elle, et ce qui est commun. Presque tout ce qui se dispute est au centre, et le centre se règle avec votre mari.
Que dit la loi française ?
La France ne reconnaît pas la polygamie, avec des conséquences sur le séjour, les droits et la succession. La filiation des enfants, elle, est reconnue.
Que faites-vous concrètement ?
Je trie les deux cercles avec vous, et j’examine ce qui a été promis à votre union et jamais tenu.
Pouvez-vous agir contre la coépouse ?
Non, jamais. Elle n’a le plus souvent rien décidé, et ses enfants sont ceux de votre mari.
Pouvez-vous faire renoncer un mari ?
Non, et je ne le promettrai jamais. Une volonté forcée ne tient pas.
Que faire quand on l’apprend brutalement ?
Ne rien décider pendant sept jours, ne rien annoncer publiquement, mettre ses papiers au clair, et parler à quelqu’un hors des deux familles.
Que demandez-vous pour travailler ?
Votre nom, votre date de naissance et votre photographie, plus l’histoire de votre union. Jamais celles de la coépouse ni de votre mari.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même et je reste joignable.
Dites-moi ce qui avait été promis
Comment votre union s’est faite, ce qui a été dit devant les familles, et ce qui se passe aujourd’hui. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je ne vous jugerai pas.
Gratuit · confidentiel · sans engagement · plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.


