Paralysie du sommeil : ce qui se passe vraiment
Je suis marabout et prêtre vodun au temple de Sakété, au Bénin, et je vais commencer par la phrase que vous cherchez sans doute. Non, ce n’est pas quelqu’un qui monte sur vous, et ce n’est pas un envoûtement. Je sais que chez nous on le dit, je l’ai entendu toute mon enfance, et je sais aussi que c’est sur ce symptôme qu’on vend le plus de désenvoûtements. Je perds des consultations en l’écrivant, et je l’écris quand même. Voici ce qui se passe réellement pendant une paralysie du sommeil, et le geste qui la fait céder.
Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon du FâPlus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.
Écrire à Maître LucUne paralysie du sommeil n’est pas une attaque : c’est une immobilité normale du rêve qui dure quelques instants de trop au réveil.
Le geste qui la fait céder : ne pas lutter de tout le corps, bouger un seul doigt ou un orteil, respirer lentement.
Maître Luc ne vend aucun désenvoûtement pour ce symptôme. L’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
Je place ceci tout en haut parce que quelqu’un peut lire cette page dans l’heure qui suit, encore secoué, et parce que c’est utile immédiatement.
Ne luttez pas de tout votre corps. C’est le premier réflexe et c’est celui qui aggrave tout : plus vous forcez, plus la panique monte, et plus l’épisode paraît long. Le corps ne répondra pas tant que l’interrupteur n’est pas remonté, et il remontera de lui-même.
Concentrez-vous sur une seule petite chose. Un doigt, un orteil, la langue, un clignement d’yeux. Ces petits mouvements reviennent en premier, et il suffit souvent que l’un d’eux passe pour que tout le reste suive d’un coup.
Respirez lentement, en comptant. Votre respiration, elle, fonctionne. Beaucoup ont l’impression d’étouffer : c’est la poitrine qui bouge moins, pas l’air qui manque. Compter jusqu’à cinq à l’inspiration puis à l’expiration ramène le calme et écourte l’épisode.
Et dites-vous, dans votre tête, que cela va passer. Toujours. Cela n’a jamais duré plus de quelques minutes chez personne, et personne n’en est mort. Le savoir change tout : la peur est ce qui fait le plus mal dans cette histoire.
Après, levez-vous quelques instants. Allumez, buvez un peu d’eau, sortez de la chambre. Se rendormir immédiatement dans la même position ramène parfois un second épisode.
- Les deux interrupteurs
- Pourquoi on voit quelqu’un
- Le relevé de la nuit
- Les cinq facteurs
- Ce que dit ma tradition, et ce qu’elle ne dit pas
- Ce que je fais pour vous
- Le travail au temple, étape par étape
- Ce que l’examen révèle
- Ce qu’on vend sur ce symptôme
- Quand cela arrive à un enfant
- Les noms qu’on lui donne
- Quand il faut voir un médecin
- Ce que je propose selon votre situation
- Questions fréquentes
Paralysie du sommeil : les deux interrupteursL’esprit se rallume avant le corps
Voici l’explication de la paralysie du sommeil, et elle tient en une image.
Pourquoi je commence par là. Parce que la plupart des pages sur ce sujet commencent par les esprits, et parce que la peur nourrie sur ce symptôme rapporte beaucoup d’argent à beaucoup de monde. Ce que vous avez vécu a une explication, elle est connue, et elle ne coûte rien.
Paralysie du sommeil : pourquoi on voit quelqu’unCe que personne ne vous explique
Dans une paralysie du sommeil, c’est la partie qui fait le plus peur, et c’est aussi la mieux comprise.
Paralysie du sommeil : le rêve n’est pas terminé
Voilà toute l’explication. La conscience est revenue, mais la machinerie du rêve tourne encore. Ce que vous voyez, ce que vous entendez, ce que vous sentez sur votre poitrine appartient au rêve, et cela se superpose à votre chambre réelle. Vous ne rêvez pas d’une chambre : vous voyez votre chambre, avec quelque chose du rêve dedans. C’est exactement pour cela que cela paraît si vrai.
Les 5 impressions qui reviennent partout
- Une présence dans la pièce. L’impression la plus universelle. Souvent derrière ou sur le côté, jamais bien vue. C’est l’impression la plus universelle, décrite de la même façon sur tous les continents.
- Un poids sur la poitrine. Parce que la respiration est plus superficielle pendant le rêve et que les muscles de la poitrine sont, eux aussi, hors circuit. La sensation est réelle, la cause est mécanique.
- Quelqu’un qui appuie, qui tient, qui étouffe. Le cerveau donne une forme à ce poids, et il lui donne la forme qu’il connaît : une main, un corps, une silhouette.
- Des bruits, des voix, un bourdonnement. Fréquents dans une paralysie du sommeil. Des pas, une porte, son propre prénom appelé. Ce sont des restes de rêve mêlés aux bruits réels de la maison.
- Et l’impression de flotter ou de tomber. Moins fréquente, tout aussi banale, et parfaitement inoffensive.
L’argument qui devrait suffire
La paralysie du sommeil porte un nom dans presque toutes les cultures du monde, et chacune l’attribue à une créature différente. Chez nous on parle d’un esprit qui monte sur le dormeur. Ailleurs, c’est une vieille femme, un démon, un chat, un lutin, une sorcière. Les descriptions physiques, elles, sont partout les mêmes : l’immobilité, le poids sur la poitrine, la présence.
Quand le vécu est identique partout et que l’explication change à chaque frontière, c’est le vécu qui est réel et l’explication qui est ajoutée. Voilà pourquoi je ne reprends aucune de ces figures, y compris la nôtre.
Paralysie du sommeil : le relevéSeize points sur vos nuits
Voici la liste que je parcours avec ceux qui me parlent de paralysie du sommeil.
Ce que ce relevé sert à voir. Pas si l’on vous a fait quelque chose : je ne le dirai pas. Seulement ce qui, dans vos nuits, favorise ces épisodes, et s’il y a lieu d’en parler à un médecin.
Paralysie du sommeil : les 5 facteursCe qui la déclenche, et ce qui la fait reculer
Une paralysie du sommeil ne survient pas au hasard : cinq conditions la favorisent, et elles sont toutes modifiables.
- Le manque de sommeil. Le premier facteur de paralysie du sommeil. Le premier de tous. Quand on dort trop peu, le corps rattrape en produisant plus de phases de rêve, et c’est dans ces phases que naissent ces épisodes. Ceux qui dorment cinq heures en semaine et douze le week-end en font beaucoup plus que les autres.
- Les horaires irréguliers. Le second facteur de paralysie du sommeil. Travail de nuit, gardes, équipes qui tournent, décalage horaire, coucher qui change de trois heures d’un jour à l’autre. C’est le second facteur, et il touche énormément de gens de chez nous qui travaillent en horaires décalés.
- Dormir sur le dos. Cette position favorise la paralysie du sommeil. C’est bien documenté et facile à corriger. La position sur le dos favorise ces épisodes chez la plupart des gens qui en font. Dormir sur le côté suffit parfois à les faire disparaître.
- L’alcool le soir. Il donne l’impression d’aider à dormir et il désorganise la seconde partie de la nuit, précisément celle où ces épisodes surviennent. Si vous buvez le soir, essayez trois semaines sans, et comparez.
- Et une période de stress. Beaucoup de paralysies du sommeil commencent après un choc. Deuil, examens, ennuis d’argent, procédure, séparation. C’est ce que je retrouve le plus chez ceux qui m’écrivent : les épisodes commencent dans les semaines qui suivent un choc, et s’espacent quand la période passe.
Paralysie du sommeil : le test des trois semaines
Prenez les cinq facteurs et agissez sur ceux qui vous concernent, pendant trois semaines. Heure de coucher stable, sept heures au moins, pas d’alcool le soir, et le côté plutôt que le dos. Notez sur un papier chaque épisode.
Chez la plupart des gens que j’accompagne, la fréquence chute nettement. Ceux chez qui rien ne bouge après ces trois semaines ont une bonne raison d’en parler à un médecin, et c’est déjà une information utile.
Ce que dit ma tradition, et ce qu’elle ne dit pasUne mise au point que je vous dois
Je suis prêtre vodun, et je vais être précis sur ce que j’ai reçu au sujet de la paralysie du sommeil. Beaucoup me prêtent des paroles que je n’ai jamais dites.
Ce que ma tradition tient pour vrai
- La nuit compte. Chez nous comme partout, ce qui se passe pendant le sommeil n’est pas rien. Les rêves sont écoutés, les nuits agitées sont remarquées, et personne ne s’en moque.
- Un sommeil abîmé abîme le reste. C’est vrai bien au-delà de la paralysie du sommeil. C’est un savoir ancien, et la médecine dit exactement la même chose aujourd’hui. Quelqu’un qui ne dort plus finit par avoir des ennuis dans tous les domaines.
- Et ce qui reste ouvert dans une famille se manifeste. C’est le cœur de mon métier. Mais cela se manifeste dans la vie entière, pas dans un symptôme précis du réveil.
Paralysie du sommeil : ce que ma tradition ne dit pas
- Qu’une paralysie du sommeil désigne une attaque. Aucun ancien ne me l’a transmis. Cette lecture existe, elle circule, elle est très ancienne, mais elle n’est pas une règle du Fâ, et je ne vais pas l’ériger en règle parce qu’elle m’apporterait du travail.
- Qu’il existe un rite pour empêcher cela. Je n’en connais aucun, et je n’en vendrai pas un.
- Qu’un objet posé sous l’oreiller protège d’une paralysie du sommeil. Couteau, bible, sel, coran, ciseaux. Ces gestes rassurent, et je ne me moquerai pas de quelqu’un qui les fait. Mais ce n’est pas ce qui fait cesser les épisodes : ce sont les cinq facteurs.
- Et que la personne qui en fait est visée. Une personne sur cinq environ en fait au moins une fois. Cela ne désigne personne.
Pourquoi je l’écris alors que cela me coûte
Parce que je sais combien de familles paient pour un désenvoûtement à cause d’une seule paralysie du sommeil, et parce que je sais aussi que les épisodes reviennent après, puisque rien n’a changé dans les nuits. Les gens paient alors une seconde fois, puis une troisième. J’ai vu cela trop souvent pour l’accepter en silence.
Paralysie du sommeil : ce que je faisConcrètement, et à ma place
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans. On m’écrit d’Europe en cherchant un marabout : c’est le mot qu’on emploie là-bas, et voici ce qu’il recouvre chez moi.
Paralysie du sommeil : je rassure d’abord
Les gens qui m’écrivent après une paralysie du sommeil ont eu très peur, et beaucoup n’osent en parler à personne de crainte qu’on les prenne pour des fous. La première chose que je fais est de leur dire ce que vous avez lu plus haut : le phénomène est connu, banal, sans danger, et il porte un nom.
Je réponds moi-même, et cette écoute est gratuite.
Je donne les cinq facteurs et le geste
C’est la partie la plus utile de mon accompagnement, et elle ne me rapporte rien. La plupart des gens repartent avec cela seulement : agir sur leurs nuits, et savoir quoi faire pendant un épisode. Beaucoup me réécrivent quelques semaines plus tard pour dire que c’est devenu rare.
J’oriente quand il le faut
Si les épisodes sont fréquents, s’il y a des endormissements dans la journée, ou si la peur d’aller se coucher s’installe, je dis franchement d’en parler à un médecin. Le sommeil se soigne bien, et je ne remplace personne. C’est développé dans le guide sur les troubles du sommeil.
Et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert
Je procède à l’examen par le Fâ, l’art divinatoire de ma tradition et le cœur de mon métier de bokonon. Il ne porte pas sur vos épisodes de nuit. Il porte sur vous et sur votre lignée, et il cherche ce qui est resté sans réponse : un mort mal accompagné, une parole donnée et jamais reprise, une bénédiction jamais demandée, un engagement pris et oublié. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit.
Quand il montre quelque chose, je conduis au temple les gestes que ma tradition prévoit : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes déposées, les libations versées pour les anciens de votre lignée, et la veillée quand le cas le demande. Cela ne se présente jamais comme un remède contre vos réveils : ce serait vous mentir.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer, et il ne bouge plus. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Le travail au temple, étape par étapePour que vous sachiez à quoi vous attendre
Voici le déroulement complet quand quelqu’un m’écrit pour une paralysie du sommeil depuis la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.
Deux choses propres à ce sujet. Je ne conduis aucun travail présenté comme un remède contre la paralysie du sommeil, parce que ce serait vendre du vent. Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un qui vient uniquement pour cela : ce qu’il lui faut tient dans les cinq facteurs et, si besoin, chez un médecin.
Paralysie du sommeil : ce que révèle l’examenSix choses que le Fâ met au jour
Voici ce qui ressort quand j’examine quelqu’un venu me parler de paralysie du sommeil. Notez bien : rien de tout cela ne cause les épisodes.
- Une période de choc récente. C’est ce que je trouve le plus derrière une paralysie du sommeil. C’est ce que je trouve le plus, et cela recoupe exactement le cinquième facteur. Un deuil, une séparation, une perte d’emploi, une procédure. Le sommeil se dérègle, les épisodes commencent, et l’on cherche une cause surnaturelle à ce qui est un contrecoup.
- Un deuil que rien n’a refermé. Il ne cause aucune paralysie du sommeil, mais il pèse. Fréquent chez ceux qui vivent loin et n’ont pas pu accompagner un mort. Cela ne provoque pas les réveils, mais cela pèse sur la vie entière, et cela se traite. C’est développé dans le guide sur le deuil.
- Une peur installée depuis l’enfance. Quelqu’un a dit un jour, devant un enfant, qu’un esprit montait sur les dormeurs. Cette phrase reste trente ans, et elle transforme un phénomène banal en terreur.
- Un travail de nuit ou en horaires tournants. Cela n’a rien de spirituel et je le note quand même, parce que c’est le second facteur et qu’on n’y pense jamais.
- Une parole ou une bénédiction restée en suspens. Sans lien avec la paralysie du sommeil, mais le Fâ la voit. C’est ce que le Fâ regarde vraiment, et cela ressort quelle que soit la raison qui a amené la personne.
- Et très souvent, rien à traiter. Une paralysie du sommeil reste le plus souvent une affaire de nuits. Des nuits trop courtes, un stress passager, une position de sommeil. Je le dis franchement et je n’accepte pas votre argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Depuis quel mois exactement. Que se passait-il dans votre vie ce trimestre-là. Combien d’heures dormez-vous réellement, pas combien vous restez au lit. À quelle heure vous couchez-vous, et est-ce la même chaque jour. Sur le dos ou sur le côté. Buvez-vous le soir. Qui, dans votre entourage, vous a dit que c’était une attaque. Et une question que personne ne pose jamais : avez-vous peur d’aller vous coucher ?
Cette dernière change tout l’entretien. Ceux qui répondent oui vivent le vrai problème : ce ne sont plus les épisodes qui les abîment, c’est la peur qui les précède. Et cette peur-là se traite, très bien même.
Ce qu’on vend sur ce symptômeEt pourquoi je le combats
La paralysie du sommeil est l’un des symptômes les plus exploités de tout mon métier, parce que la peur y est immédiate et physique.
- Le désenvoûtement d’urgence. C’est ce qu’on vend le plus sur une paralysie du sommeil. On vous explique qu’un esprit vous attaque et qu’il faut agir vite. Vous payez, les épisodes reviennent puisque rien n’a changé dans vos nuits, et l’on vous dit que l’attaque était plus forte que prévu.
- La désignation d’un coupable. Une paralysie du sommeil n’accuse personne. Une belle-mère, une coépouse, un collègue. C’est ce qui fait le plus de dégâts : une famille brouillée pour un phénomène que fait une personne sur cinq.
- Le produit à mettre dans la chambre. Une poudre, un flacon, un objet à placer sous le lit, à renouveler. Je n’envoie rien à mettre dans une maison, jamais.
- Le travail à renouveler chaque mois. Puisque les épisodes reviennent, l’abonnement s’installe tout seul. C’est le mécanisme le plus rentable et le plus malhonnête.
- Et la faute rejetée sur vous. C’est ainsi qu’une paralysie du sommeil devient une culpabilité. Vous n’avez pas assez cru, vous avez parlé à quelqu’un, vous avez mal fait le rite. Cela ajoute la culpabilité à la peur.
Je le répète parce que c’est important : je ne vends aucun désenvoûtement pour ce symptôme, et je considère que ceux qui le font profitent d’une frayeur nocturne. Ce que je peux faire est décrit plus haut, et cela commence toujours par une écoute gratuite.
Ce qui se comprend, et ce qui s’accompagne
Quand cela arrive à un enfantCe qu’il ne faut surtout pas dire
Une paralysie du sommeil chez un enfant demande une attention particulière, et j’y tiens beaucoup.
Ce qui se passe chez les jeunes
Les enfants et les adolescents en font autant que les adultes, parfois davantage, parce qu’ils dorment souvent moins qu’il ne faudrait et à des heures irrégulières. Un adolescent qui se couche à deux heures en semaine et dort jusqu’à midi le samedi réunit exactement les deux premiers facteurs.
Les 4 choses à ne jamais dire à un enfant
- Que sa paralysie du sommeil est un esprit. Un enfant à qui l’on dit cela y croira, et il le portera trente ans. J’ai devant moi, régulièrement, des adultes qui tremblent encore à cause d’une phrase entendue à huit ans.
- Qu’il a fait quelque chose de mal. Une paralysie du sommeil n’est jamais une punition. Certains enfants comprennent qu’ils sont punis. C’est une souffrance ajoutée pour rien.
- Qu’il faut aller voir quelqu’un pour le laver. On installe l’idée qu’il est atteint, et l’on prépare une vie entière de dépenses et de craintes.
- Et qu’il exagère. C’est l’erreur inverse, et elle blesse aussi. Ce qu’il a vécu est réel, la peur est réelle, il faut la prendre au sérieux.
Ce qu’il faut dire, et faire
Dites-lui la vérité, avec des mots simples. Que pendant les rêves, le corps se met au repos pour ne pas bouger, et que parfois la tête se réveille avant le corps. Que cela dure très peu de temps, que cela arrive à beaucoup de gens, et que rien de mal ne peut lui arriver.
Puis regardez ses nuits : l’heure du coucher, la durée réelle, les écrans le soir, la position. C’est presque toujours là. Et si cela revient souvent, parlez-en au médecin qui le suit, comme vous le feriez pour un mal de ventre.
Les noms qu’on lui donnePartout dans le monde, la même nuit
La paralysie du sommeil porte un nom dans presque toutes les cultures, et cette section règle la question mieux que n’importe quel argument.
La même expérience, des créatures différentes
- Chez nous, en Afrique de l’Ouest. La paralysie du sommeil y porte plusieurs noms. On dit qu’un esprit monte sur le dormeur, qu’un mort s’assoit sur la poitrine, ou qu’on a été attaché pendant la nuit. Selon les régions et les langues, le nom change, mais la description est toujours la même.
- Aux Antilles et en Haïti. La paralysie du sommeil y a son personnage. On parle d’un être qui vient s’asseoir sur le dormeur et l’empêche de bouger. Là encore, le poids sur la poitrine.
- Dans le monde arabe. On attribue l’épisode à une créature invisible qui s’installe sur le dormeur. Même immobilité, même sensation d’oppression.
- En Europe du Nord. D’anciennes traditions parlaient d’une créature qui chevauche le dormeur pendant la nuit : c’est de là que vient, dans plusieurs langues, le mot qui désigne le cauchemar.
- Au Japon. Un mot précis existe pour désigner ce moment où l’on se réveille attaché, sans pouvoir bouger.
- Et en Amérique. On y lit parfois la paralysie du sommeil comme un enlèvement. Certains y voient aujourd’hui des visiteurs venus d’ailleurs, avec des récits d’enlèvement nocturne qui reprennent point par point les mêmes éléments : l’immobilité, la présence, l’impossibilité de crier.
Ce que cela démontre
Des sociétés qui n’ont jamais communiqué décrivent le même vécu, dans les mêmes termes physiques, et chacune y met la créature de son propre imaginaire. Si le phénomène venait des esprits d’une tradition, il ne se produirait pas identiquement chez ceux qui n’y croient pas et n’en ont jamais entendu parler.
La partie qui est partout la même est réelle : l’immobilité, le poids, la présence. La partie qui change à chaque frontière est celle que l’esprit humain ajoute pour donner un visage à ce qu’il ne comprend pas. Je le dis en tant que prêtre vodun, et cela ne diminue en rien ma tradition : cela la protège de ce qu’on lui fait dire.
Paralysie du sommeil : quand voir un médecinCinq situations, et ce qu’on y trouve
Une paralysie du sommeil isolée ne demande rien. Cinq situations méritent en revanche un avis médical.
- La paralysie du sommeil revient très souvent. Plusieurs fois par semaine, pendant des mois, malgré les cinq facteurs corrigés. Ce n’est pas grave, mais cela s’explore et cela s’accompagne.
- Vous vous endormez dans la journée sans le vouloir. C’est le point le plus important de cette liste. En pleine conversation, devant un repas, au volant surtout. Cette association mérite un avis, et il ne faut pas conduire tant qu’elle n’est pas explorée.
- Vos jambes lâchent quand vous riez ou quand vous êtes ému. Peu de gens connaissent ce signe. S’il existe chez vous, dites-le au médecin en même temps que le reste : c’est une information précieuse.
- La peur de vous coucher s’est installée. Quand on retarde l’heure du coucher pour éviter un épisode, on dort moins, donc on en fait davantage. La boucle se referme, et elle se casse très bien avec un accompagnement.
- Et l’on vous a dit que vous ronflez fort ou que vous vous arrêtez de respirer. Faites chercher une apnée du sommeil. Elle s’appareille, elle change des vies, et beaucoup de gens l’ignorent pendant des années. C’est traité dans le guide de l’entonnoir.
Comment en parler sans être mal compris
Beaucoup n’osent pas, de peur de passer pour quelqu’un qui croit aux esprits. Dites-le simplement : « il m’arrive de me réveiller conscient sans pouvoir bouger pendant une ou deux minutes, plusieurs fois par mois ». Cette phrase suffit, elle est claire, et tout médecin sait de quoi il s’agit. Ajoutez le nombre d’heures que vous dormez et vos horaires : c’est ce qui l’intéressera le plus.
Ce que je propose selon votre situationQuatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Tous ceux qui me parlent de paralysie du sommeil ne reçoivent pas la même réponse de ma part.
Cela vient de vous arriver et vous avez eu peur
Ce que je fais : je vous explique le phénomène et je n’engage rien. C’est ma réponse la plus fréquente, elle ne me rapporte rien, et elle suffit à la grande majorité des gens.
Cela revient et vos nuits sont mauvaises
Ce que je fais : nous passons les cinq facteurs en revue, un par un, et vous repartez avec trois semaines de test. Ceux qui le font voient presque toujours la fréquence chuter.
On vous a dit que c’était un envoûtement
Ce que je fais : je vous dis que je ne le confirmerai pas, et j’explique pourquoi plutôt que de vous congédier. Si l’on vous a demandé de l’argent pour cela, ne versez rien, et dites-le moi.
Cela dure et quelque chose est resté ouvert dans votre famille
Ce que je fais : c’est ici que mon travail sert, et jamais contre vos réveils. Nous regardons un mort mal accompagné, une parole jamais reprise, une bénédiction jamais demandée. Quand l’examen le montre, je conduis au temple les gestes qui referment.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Ce que racontent ceux qui m’écrivent aprèsHuit constats
Beaucoup de personnes me réécrivent des semaines après m’avoir parlé de paralysie du sommeil. Voici ce qui revient.
- Savoir que ça portait un nom les a soulagés. C’est le retour numéro un, et plusieurs disent qu’ils vivaient avec cette peur depuis des années sans en avoir jamais parlé.
- Dormir sur le côté a suffi à faire cesser la paralysie du sommeil. Le changement le plus simple de toute la liste, et l’un des plus efficaces.
- Ils dormaient cinq heures. La paralysie du sommeil venait de là. Et croyaient que cela leur suffisait. Trois semaines à sept heures ont tout changé.
- C’était l’alcool du soir. Deux ou trois verres pour s’endormir, et une seconde partie de nuit désorganisée.
- Cela avait commencé après un choc. Un deuil, une séparation, un licenciement, dans les semaines précédentes. Le lien n’avait jamais été fait.
- On leur avait vendu un désenvoûtement. La paralysie du sommeil continuait, forcément. Parfois deux. Les épisodes continuaient, forcément.
- Une phrase entendue dans l’enfance pesait encore. Trente ans après, mot pour mot.
- Et quelques-uns ont découvert une apnée en venant pour une paralysie du sommeil. C’est celui qui compte le plus pour moi, parce que ceux-là vont beaucoup mieux aujourd’hui, et pas seulement la nuit.
Une dernière chose, pour celle ou celui qui lit cette page au petit matin, encore secoué. Ce que vous avez vécu arrive à une personne sur cinq, cela porte un nom, cela n’a jamais blessé personne, et cela ne désigne rien ni personne. Ce soir, couchez-vous à heure fixe, sur le côté, sans alcool, et donnez-vous sept heures. Si un épisode revient, souvenez-vous du geste : ne pas lutter, bouger un seul doigt, respirer en comptant. Et si la peur d’aller dormir s’est installée, parlez-en à votre médecin cette semaine : c’est cela qu’il faut traiter, pas un esprit.
Ce que je fais : je vous écoute moi-même et gratuitement, je vous explique ce qui se passe, je donne les cinq facteurs et le geste qui fait céder l’épisode, j’oriente vers un médecin quand il le faut, et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert dans votre lignée.
Mes règles : je ne dis jamais qu’une paralysie du sommeil est une attaque ou un envoûtement. Je ne vends aucun désenvoûtement pour ce symptôme et je considère que ceux qui le font profitent d’une frayeur nocturne. Je ne désigne personne. Je n’envoie rien à mettre dans une chambre. Je ne remplace ni un médecin ni un spécialiste du sommeil. Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un qui vient uniquement pour cela. Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Marabout et prêtre vodun, initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour
Est-ce un envoûtement ?
Non, et je ne le dirai jamais. Le corps est immobilisé chaque nuit pendant le rêve, et cette immobilité dure parfois quelques instants de trop au réveil.
Pourquoi ai-je l’impression que quelqu’un est là ?
Parce que le rêve n’est pas terminé quand la conscience revient. Ce que vous voyez se superpose à votre chambre réelle.
Comment faire pour que cela cesse ?
Ne luttez pas de tout votre corps. Bougez un seul doigt ou un orteil, respirez lentement en comptant, et attendez : cela cède toujours.
Qu’est-ce qui la déclenche ?
Cinq facteurs : manque de sommeil, horaires irréguliers, dormir sur le dos, alcool le soir, période de stress.
Faut-il voir un médecin ?
Oui si cela revient souvent, si vous vous endormez dans la journée sans le vouloir, ou si la peur de vous coucher s’est installée.
Que dit votre tradition ?
Que la nuit compte. Mais aucun ancien ne m’a transmis qu’une immobilité au réveil désignait une attaque, et je ne vais pas l’inventer.
Que faites-vous alors ?
Je rassure, je donne les cinq facteurs et le geste, j’oriente si besoin, et j’examine ce qui est resté ouvert dans la lignée.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Et je ne vends aucun désenvoûtement pour ce symptôme.
Racontez-moi vos nuits
Ce que vous vivez, depuis quand, et combien d’heures vous dormez réellement. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je ne vous vendrai aucun désenvoûtement.
Gratuit · confidentiel · sans engagement · plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.







