Retour au pays : les quatre verrous
Je suis marabout et prêtre vodun au temple de Sakété, au Bénin, et je reçois beaucoup de messages de gens qui pensent au retour au pays après quinze ou vingt ans en Europe. Beaucoup attendent que je leur dise si c’est le bon moment. Je ne le dirai pas, et personne ne peut le dire. En revanche, je peux vous montrer quelque chose de plus utile : les quatre verrous qui doivent être tirés en même temps pour qu’une porte s’ouvre. Quand un retour échoue, ce n’est presque jamais un mauvais sort. C’est un verrou resté fermé.
Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon du FâPlus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.
Écrire à Maître LucUn retour au pays tient à quatre verrous : l’argent, vos droits, les enfants, le conjoint. Un seul resté fermé, et la porte ne s’ouvre pas.
Ne liquidez rien avant d’avoir testé. Un séjour d’essai coûte infiniment moins cher qu’une erreur.
Maître Luc ne promet jamais qu’un retour réussira. L’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
Je place ceci en tête parce que c’est ce qui coûte le plus cher, et parce que presque personne ne s’en occupe avant de partir.
Votre retraite française se perçoit à l’étranger, mais elle demande un geste chaque année. Une caisse vous envoie un certificat de vie, à faire signer par une autorité locale et à renvoyer dans les délais. Sans ce papier, les versements s’arrêtent. C’est la cause d’interruption la plus fréquente chez ceux qui sont rentrés, elle est parfaitement évitable, et remettre les paiements en route prend des mois.
L’assurance maladie, elle, ne vous suit pas. Quitter la France de façon durable met fin à la couverture. Il faut donc prévoir comment vous vous soignerez là-bas, et à quel prix, avant de partir et non après. C’est le point que les gens découvrent au premier problème de santé.
Certaines prestations cessent purement et simplement. Les aides au logement, les minima sociaux, plusieurs allocations familiales ne se versent pas à l’étranger. D’autres continuent sous conditions. Chaque situation est différente, et c’est exactement pour cela qu’il faut demander.
Le geste à faire, et il est gratuit. Écrivez à votre caisse de retraite et à votre caisse d’assurance maladie, par courrier ou par leur messagerie en ligne, en indiquant le pays et la date envisagés. Demandez ce que vous conservez, ce que vous perdez, et à quelles conditions. Gardez la réponse écrite. Un guichet vous dira une chose, un autre vous en dira une autre : seul l’écrit vous protège.
Je ne suis ni juriste ni conseiller, et je ne remplace personne. Mais je vois trop de familles découvrir cela une fois installées, quand il est devenu très difficile de revenir en arrière.
- Les quatre verrous
- Le séjour d’essai
- Le relevé du retour
- Les huit raisons qui poussent au retour
- Le regard de la famille
- Ce que je fais pour vous
- Le travail au temple, étape par étape
- Ce que l’examen révèle
- Ce qui change selon le pays
- Ce qu’on vend à ceux qui rentrent
- Les six premiers mois
- Ce que je propose selon votre situation
- Questions fréquentes
Retour au pays : les quatre verrousIls s’ouvrent ensemble ou pas du tout
Voici l’image que j’emploie pour un retour au pays, et elle vient de chez nous : une porte à quatre pênes ne s’entrouvre pas.
Pourquoi cette image plutôt qu’une liste. Parce qu’une liste laisse croire qu’on peut avancer en cochant les cases les unes après les autres. Une serrure ne fonctionne pas ainsi. Et quand un retour se passe mal, on cherche un mauvais sort là où il y avait simplement un pêne resté en place.
Retour au pays : le séjour d’essaiLa règle qui évite les pires erreurs
Si vous ne deviez retenir qu’une chose de cette page sur le retour au pays, ce serait celle-ci. Aucun retour au pays ne se décide sans essai.
Ne liquidez rien avant d’avoir testé
Je vois régulièrement des familles vendre l’appartement, résilier le bail, solder les comptes et partir avec tout. Quand le retour ne se passe pas comme prévu, il n’y a plus de porte de sortie. Il faut alors tout reconstruire de zéro, souvent avec moins qu’au départ, et parfois en s’endettant auprès de la famille.
Gardez une porte ouverte pendant au moins un an. Un logement sous-loué, une adresse chez un proche, un compte qui reste actif, des papiers à jour. Cela coûte peu et cela change tout : vous décidez alors librement, au lieu d’être obligé de réussir.
Ce qu’est vraiment un séjour d’essai
- Plusieurs mois, pas deux semaines. Un retour au pays ne se teste pas en quinze jours. Trois mois est un minimum honnête. En dessous, vous restez un visiteur, et un visiteur ne voit rien de ce qui compte.
- Hors vacances et hors fêtes. C’est la règle décisive. Un mois d’août ou une fin d’année ne ressemblent en rien à la vie ordinaire : tout le monde est disponible, joyeux, en congé. Allez plutôt en pleine saison de travail.
- En vivant, pas en étant reçu. Faites les courses, payez des factures, allez dans une administration, conduisez, cherchez un artisan, emmenez un enfant chez le médecin. C’est là que se voit la vie réelle, pas dans les repas de retrouvailles.
- Avec le conjoint et les enfants. Un retour au pays se décide à plusieurs. Un essai fait seul ne vaut rien puisque ce sont eux qui poseront le verrou décisif.
- Et en logeant chez vous, pas chez la famille. Louez, même modestement. Vivre chez des proches vous place en invité, et l’invité ne mesure ni les coûts ni les frictions.
Ceux qui font cet essai prennent ensuite une décision solide, dans un sens ou dans l’autre. Une partie d’entre eux découvrent qu’ils veulent rentrer plus vite que prévu. D’autres comprennent qu’ils ne le veulent pas, et cela aussi est un résultat précieux : mieux vaut le savoir avant.
Retour au pays : le relevéSeize points sur votre projet
Voici la liste que je parcours avec ceux qui me parlent d’un retour au pays.
Ce que ce relevé sert à voir. Pas si vous devez rentrer : cela n’appartient qu’à vous et je ne le déciderai pas. Seulement quels verrous sont encore fermés, et lequel travailler en premier.
Retour au pays : les 8 raisons qui y poussentEt ce qu’elles valent chacune
Toutes les raisons de penser au retour au pays ne se valent pas, et il vaut la peine de savoir laquelle vous porte. Un retour au pays porté par une fuite ne tient pas.
- Un parent qui vieillit. La première cause de retour au pays. La plus fréquente, et la plus lourde. Elle est légitime, mais posez-vous une question avant : est-ce qu’il faut rentrer définitivement, ou est-ce qu’il faut organiser autrement ce qui est déjà en place ? C’est développé dans le guide de la chaîne des relais.
- La fatigue de la vie ici. Elle pousse au retour au pays plus qu’on ne l’admet. Elle est réelle et je ne vais pas la minimiser : le froid, la solitude, le travail dur, le sentiment de ne jamais être tout à fait chez soi. Mais elle est mauvaise conseillère seule, parce qu’elle décrit ce qu’on fuit, pas ce vers quoi l’on va.
- Un projet précis qui vous attend. La meilleure raison de préparer un retour au pays. Un commerce, une terre, une école, une maison. C’est la meilleure raison de toutes, à une condition : que le projet ait été vérifié sur place, pas seulement raconté au téléphone.
- La retraite qui approche. Beaucoup préparent leur retour au pays pour ce moment. Excellente raison, si les droits sont réglés par écrit avant le départ. C’est exactement le cas où le premier bloc de cette page vaut de l’or.
- Élever les enfants là-bas. Souvent portée par la crainte de les voir se perdre ici. Elle mérite d’être entendue, et elle demande de regarder froidement l’école, la langue et l’âge des enfants.
- La pression de la famille. Ce n’est pas une raison de retour au pays. Ce n’est pas une raison : c’est une charge. Elle mérite d’être écoutée et elle ne doit pas décider, parce que ce sera vous qui vivrez avec la décision.
- Un échec ici qu’on veut effacer. Un retour au pays ne répare pas ce qui n’a pas été réglé. Une perte d’emploi, une séparation, des dettes. Je le dis avec douceur : un déménagement ne répare pas ce qui n’a pas été réglé. Ce qui n’est pas résolu voyage avec vous.
- Et le sentiment que c’est le moment. Il compte, je ne le balaie pas. Mais un sentiment ne tire aucun verrou : faites-lui tenir compagnie aux quatre autres.
Retour au pays : la question que je pose à tous
Si votre situation ici s’améliorait nettement demain, meilleur travail, meilleur logement, moins de fatigue, voudriez-vous encore rentrer ?
Ceux qui répondent oui sans hésiter ont un vrai projet de retour, et ils réussissent le plus souvent. Ceux qui hésitent fuient quelque chose, et il vaut mieux le savoir avant de tout vendre. Il n’y a aucune honte dans la seconde réponse : elle indique simplement que le travail à faire est ici, pas là-bas.
Le regard de la familleCe qui pèse et qu’on ne dit pas
Dans un projet de retour au pays, c’est ce dont on me parle le plus, et presque jamais au premier message.
Ce que les gens n’osent pas dire
- La peur de rentrer les mains vides. Beaucoup repoussent le retour au pays non par manque d’envie, mais parce qu’ils n’ont pas ce qu’on attend d’eux : la maison, la voiture, les moyens. Ils préfèrent rester loin plutôt que d’être vus ainsi.
- La crainte du jugement. Beaucoup repoussent leur retour au pays pour cela. Rentrer après vingt ans, c’est parfois entendre qu’on n’a pas réussi. Cette phrase, redoutée pendant des années, est prononcée bien plus rarement qu’on ne l’imagine.
- Les attentes financières. Celui qui rentre est vu comme celui qui a. Les demandes arrivent dès les premières semaines, et il faut savoir comment on y répondra avant d’être sur place. C’est traité dans le guide du pont.
- Et la place qui a changé. On revient d’un retour au pays sans retrouver sa place d’avant. Vous êtes parti jeune, vous revenez autre. Les places se sont redistribuées pendant votre absence, et reprendre la sienne demande du temps et de la patience.
Ce que je réponds sur ce regard
Personne ne doit sa vie au regard des autres, et surtout pas un retour au pays. Le seul jugement qui vaut est celui que vous porterez sur vos propres années, et il ne se mesure pas en voitures.
Cela dit, je ne vais pas prétendre que ce regard n’existe pas : il existe, il pèse, et il vaut mieux le préparer. Décidez à l’avance de la phrase que vous direz, une seule, calme, sans vous justifier. « Je suis rentré parce que je l’ai décidé. » Elle suffit, et elle coupe court à beaucoup de conversations.
Retour au pays : ce que je faisConcrètement, et à ma place
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans. On m’écrit d’Europe en cherchant un marabout : c’est le mot qu’on emploie là-bas, et voici ce qu’il recouvre chez moi.
Retour au pays : je ne décide pas à votre place
C’est la première chose que je dis, parce que beaucoup espèrent que le Fâ tranchera. Il ne le fera pas. Un retour au pays engage votre vie entière, celle de votre conjoint et celle de vos enfants : personne d’autre que vous ne peut porter cette décision, et celui qui prétend la prendre pour vous vous rend un très mauvais service.
Je réponds moi-même, et cette écoute est gratuite.
Je vérifie les quatre verrous avec vous
Un par un, sans complaisance. C’est la partie la plus utile de mon accompagnement et elle ne me rapporte rien. Beaucoup découvrent en une conversation quel verrou est encore fermé, et repartent avec deux ou trois courriers à écrire.
Je regarde ce qui vous pousse réellement
Un projet ou une fuite, une envie ou une pression. Je pose la question de l’amélioration, celle que j’ai donnée plus haut, et la réponse arrive en général très vite. Ceux qui fuient quelque chose ont besoin de le savoir avant de tout vendre, pas après.
Et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert
Je procède à l’examen par le Fâ, l’art divinatoire de ma tradition et le cœur de mon métier de bokonon. Il ne dit pas si vous devez rentrer. Il regarde ce qui est resté ouvert entre vous et le lieu où vous voulez revenir.
Chez nous, un départ se marque et un retour aussi. Ce que le Fâ met au jour relève de cela : une bénédiction jamais demandée avant le départ, une parole donnée à un ancien et jamais reprise, un mort de la famille mal accompagné pendant votre absence, une terre héritée dont la parole n’a pas été dite, un engagement pris devant les vôtres au moment de partir. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit.
Quand il montre quelque chose, je conduis au temple les gestes que ma tradition prévoit : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes déposées, les libations versées pour les anciens de votre lignée, et la veillée quand le cas le demande. Ces gestes accompagnent un retour, ils ne le remplacent pas et ne tirent aucun verrou à votre place.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer, et il ne bouge plus. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Le travail au temple, étape par étapePour que vous sachiez à quoi vous attendre
Voici le déroulement complet quand quelqu’un m’écrit pour un retour au pays depuis la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.
Deux choses propres à ce sujet. Je ne promets jamais qu’un retour réussira ni qu’une affaire prospérera là-bas : personne ne peut le promettre. Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un qui n’a pas encore de quoi vivre douze mois sur place : cet argent doit servir au premier verrou.
Retour au pays : ce que révèle l’examenSix choses que le Fâ met au jour
Voici ce qui ressort quand j’examine quelqu’un qui prépare un retour au pays.
- Une bénédiction jamais demandée avant le départ. C’est ce que je trouve le plus avant un retour au pays. C’est le premier, et de très loin. Beaucoup sont partis vite, dans l’urgence ou en froid avec les leurs, sans que rien ne soit dit. Chez nous, ce qui commence sans parole demande une parole au retour.
- Un engagement pris au moment de partir. Il pèse sur tout retour au pays. Une promesse faite à un père, à une mère, à un oncle : je reviendrai, je ferai ceci, je m’occuperai de cela. Les années passent, la promesse reste. Elle pèse souvent plus lourd que ce qu’on imagine.
- Un mort mal accompagné pendant l’absence. Des funérailles suivies au téléphone, des rites qu’on n’a pas pu faire parce qu’on ne pouvait pas rentrer. C’est ce que je retrouve le plus chez ceux qui vivent loin depuis longtemps, et cela se rattrape. C’est développé dans le guide sur le deuil.
- Une terre ou une maison dont la parole n’a pas été dite. À régler avant le retour au pays, jamais après. Un héritage reçu de loin, une parcelle achetée par correspondance, une construction menée par un frère. Cela se règle avant l’installation, jamais après. C’est traité dans le guide du plan des parcelles.
- Une brouille jamais réparée avec quelqu’un qui est resté. Elle attendra votre retour, et elle vous attendra à la descente d’avion. Mieux vaut la traiter depuis l’Europe, où la distance protège encore un peu.
- Et très souvent, rien à traiter. Un projet mûr, une famille d’accord, des verrous en cours. Je le dis franchement et je n’accepte pas votre argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Depuis combien d’années êtes-vous parti. Qu’avez-vous dit exactement le jour du départ, et à qui. Y a-t-il eu un décès dans la famille que vous n’avez pas pu accompagner. Qu’avez-vous promis, à qui, et quand. Qui, au pays, ne vous parle plus. Que possédez-vous là-bas que vous n’avez jamais vu de vos yeux. Et une question que personne ne pose jamais : de quoi avez-vous peur en rentrant ?
Cette dernière ouvre presque tout. Les réponses sont toujours précises et rarement mystiques : de ne pas y arriver, d’être jugé, de décevoir, de ne plus reconnaître les lieux, de ne plus être personne là-bas. C’est cela qu’il faut regarder, et cela n’a rien à voir avec un mauvais sort.
Ce qui change selon le paysCe que je vois le plus souvent
Un retour au pays ne ressemble pas au même projet selon l’endroit, et il vaut la peine de le regarder de près.
Retour au pays : cinq points à vérifier partout
- La convention entre les deux États sur la retraite et la santé. Elle change tout à un retour au pays. Elle existe avec certains pays, pas avec d’autres, et elle change complètement ce que vous conservez. C’est la première question à poser à votre caisse.
- Ce qu’il faut pour posséder une terre ou une maison. Selon votre nationalité et le pays, les règles diffèrent, et parfois un titre acheté de loin ne vaut rien. Ne versez jamais avant qu’une personne de confiance ait vu les papiers et le terrain.
- La situation de vos enfants nés en Europe. Elle se prépare bien avant le retour au pays. Nationalité, papiers, service national parfois, inscription dans le système scolaire. Cela se prépare bien à l’avance, jamais dans le mois du départ.
- Le coût réel de la santé sur place. Consultation, hospitalisation, traitement au long cours. Si quelqu’un de la famille suit un traitement régulier, cette question devient la première de toutes.
- Et la stabilité de la région où vous allez. Je le dis sobrement : renseignez-vous auprès de gens qui y vivent aujourd’hui, pas d’après ce que vous avez connu il y a vingt ans. Les choses changent, en bien comme en mal.
Ce que je vois chez ceux qui rentrent au Bénin
C’est le pays que je connais le mieux pour un retour au pays, puisque j’y vis et que j’y travaille. Ce qui revient le plus chez ceux qui reviennent : le foncier, toujours, avec des parcelles achetées de loin et des papiers incomplets ; l’électricité et l’eau, dont il faut anticiper les coupures ; et le rythme des démarches, qui demande de la patience plutôt que de l’insistance.
Ce qui se passe bien, en revanche, et personne ne le dit assez : la vie de famille retrouvée, les enfants qui grandissent entourés, et le sentiment d’être à sa place, qui vaut beaucoup de choses. Je ne vais pas noircir un tableau qui a de vraies lumières.
Ce qu’on vend à ceux qui rentrentEt pourquoi je refuse
Un projet de retour au pays attire les promesses, parce qu’on y engage beaucoup d’argent d’un coup. Voici ce qu’on vend le plus.
- Le rituel qui garantit la réussite du retour au pays. Personne ne peut le garantir. Ce qui décide, ce sont les quatre verrous, et aucun rite ne les tire à votre place.
- Le travail pour faire prospérer l’affaire là-bas. On le vend beaucoup à qui prépare un retour au pays. Une affaire prospère par le marché, l’emplacement, la gestion et le travail. Ce que ma tradition peut accompagner est autre chose, et c’est développé dans le guide du seau percé.
- La protection contre la jalousie de ceux qui restent. On vous explique qu’au village, on ne supportera pas votre réussite. C’est de la vente par la peur, et cela brouille des familles pour rien. C’est traité dans le guide du cadran.
- L’intermédiaire qui s’occupe de tout sur place. C’est ainsi qu’un retour au pays coûte les économies de vingt ans. Terrain, papiers, travaux, contre versements successifs. C’est la façon la plus courante de perdre les économies de vingt ans. Ne payez jamais rien pour une terre ou une maison que personne de confiance n’a vue de ses yeux.
- Et la date favorable, contre paiement. Le bon moment pour partir n’est pas écrit dans un ciel : c’est celui où les quatre verrous sont tirés, et c’est vous qui le saurez avant tout le monde.
Je n’annonce aucune date, je ne garantis aucune réussite et je ne désigne personne. Ces règles sont détaillées dans le guide du marabout africain sérieux.
Ce qui se dit avant, et ce qui se referme après
Retour au pays : les six premiers moisCe que personne ne prépare
Dans un retour au pays, on prépare le départ pendant des années et l’arrivée pendant quinze jours. C’est là que se joue pourtant la réussite d’un retour au pays.
Retour au pays : ce qui surprend tout le monde
- Les demandes commencent dès la première semaine. Elles ne sont pas de la malveillance : on vous a attendu, et vous êtes celui qui revient d’Europe. Décidez avant de partir de ce que vous pourrez faire, et dites-le une fois, clairement.
- Tout coûte plus cher que prévu. C’est vrai de tout retour au pays. Les prix ont changé, les circuits aussi, et l’on vous annonce parfois un tarif différent parce que vous rentrez de l’étranger. Prévoyez large, toujours.
- Les démarches prennent trois fois plus de temps. Papiers, raccordements, inscriptions, autorisations. Ce n’est pas de la mauvaise volonté : c’est un rythme différent, et s’y opposer ne l’accélère pas.
- Le conjoint venu d’ailleurs vit un choc plus dur. Un retour au pays n’est pas le sien. S’il n’a pas grandi là-bas, il découvre tout en même temps que vous retrouvez tout. Ce n’est pas la même expérience, et cela demande beaucoup d’attention. C’est développé dans le guide sur les couples mixtes.
- Les enfants passent un cap difficile vers le troisième mois. La nouveauté s’épuise, les amis manquent, l’école pèse. Cela s’améliore en général vers le sixième mois, et il faut le savoir pour ne pas paniquer.
- Et l’Europe vous manque, ce qui surprend. Pas le pays lui-même, mais des choses précises : une pharmacie ouverte le dimanche, un train à l’heure, une administration en ligne. Ce manque est normal et il passe.
Les 5 gestes qui aident vraiment
- Faites la tournée des anciens dès la première semaine. C’est ce qui ouvre un retour au pays. Avant les affaires, avant l’installation. Chez nous, cela vaut tous les contrats du monde.
- Ne lancez rien pendant trois mois. Observez, écoutez, comprenez qui fait quoi. Ceux qui investissent dès l’arrivée paient leur impatience.
- Gardez une trace écrite de tout. Achats, accords, versements, même en famille. Ce n’est pas de la méfiance, c’est de la clarté, et cela protège les liens plus que l’inverse.
- Trouvez quelqu’un à qui parler franchement. Un retour au pays est solitaire, même entouré. Quelqu’un qui est rentré avant vous, de préférence. Le premier semestre est solitaire même entouré.
- Et fixez un rendez-vous à six mois avec vous-même. Une date écrite à l’avance, pour faire le point honnêtement, avec votre conjoint. Décider de rester ou de revenir n’est pas un échec : c’est ce que permet la porte que vous avez gardée ouverte.
Ce que je propose selon votre situationQuatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Tous ceux qui me parlent d’un retour au pays ne reçoivent pas la même réponse de ma part.
Vous y pensez sans avoir rien préparé
Ce que je fais : nous passons les quatre verrous en revue et je n’engage rien. Vous repartez avec deux ou trois courriers à écrire et une conversation à avoir. C’est ma réponse la plus fréquente, elle ne me rapporte rien, et c’est celle qui sert le plus.
Un parent vieillit et vous vous sentez obligé
Ce que je fais : nous regardons si un retour définitif est vraiment la réponse, ou s’il faut d’abord réorganiser ce qui existe. Beaucoup découvrent qu’ils portaient seuls ce que cinq personnes pouvaient porter.
Le projet est mûr et quelque chose est resté ouvert au pays
Ce que je fais : c’est ici que mon travail sert. Nous regardons la bénédiction jamais demandée, la promesse faite au moment du départ, le mort qu’on n’a pas pu accompagner. Quand l’examen le montre, je conduis au temple les gestes qui referment, avant votre arrivée.
Vous fuyez une situation difficile ici
Ce que je fais : je vous le dis avec douceur et je n’accepte pas votre argent. Ce qui n’est pas réglé voyage avec vous, et vous vous retrouveriez avec les mêmes difficultés, plus loin de tout ce qui pouvait aider. Traitons d’abord ce qui se passe ici.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Ce que racontent ceux qui m’écrivent aprèsHuit constats
Beaucoup de personnes me réécrivent des mois après m’avoir parlé d’un retour au pays. Voici ce qui revient.
- Le verrou fermé était le conjoint. C’est le retour numéro un, et presque tous disent la même chose : ils le savaient sans se l’être dit.
- Ils avaient oublié le certificat de vie. Certains ont découvert l’existence de ce papier en lisant cette page, avant que les versements ne s’arrêtent.
- Le séjour d’essai a tout changé. Trois mois hors vacances, en vivant normalement. Une partie a avancé le départ, une autre l’a repoussé, tous ont mieux décidé.
- Douze mois d’avance, ce n’était pas de trop. Ceux qui étaient partis avec six mois l’ont dit sans détour.
- Ils fuyaient quelque chose. La question de l’amélioration les a arrêtés net, et ils ont commencé par régler ce qui se passait ici.
- Une promesse ancienne pesait. Faite au père ou à la mère le jour du départ, jamais reprise depuis. C’est ce que l’examen révèle le plus souvent.
- Les demandes d’argent sont arrivées la première semaine. Ceux qui avaient décidé à l’avance de ce qu’ils pouvaient faire s’en sont bien mieux sortis.
- Et plusieurs sont revenus en Europe. Sans drame, parce qu’ils avaient gardé une porte ouverte. Deux d’entre eux sont repartis là-bas trois ans plus tard, mieux préparés.
Une dernière chose, pour celle ou celui qui lit cette page en y pensant depuis des mois. Vous n’avez pas à décider aujourd’hui, et vous n’avez surtout pas à décider seul. Prenez les quatre verrous un par un, en commençant par le plus facile : écrire à votre caisse de retraite ne coûte rien et vous donnera une réponse écrite en quelques semaines. Puis posez la vraie question à votre conjoint, en clair, un soir calme. Le reste suivra, et si quelque chose est resté ouvert du côté du pays, écrivez-moi : cela ne coûte rien non plus.
Ce que je fais : je vous écoute moi-même et gratuitement, je passe les quatre verrous en revue avec vous, je regarde ce qui vous pousse réellement, et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert entre vous et le lieu où vous voulez revenir.
Mes règles : je ne décide jamais à votre place si vous devez rentrer. Je ne promets jamais qu’un retour réussira ni qu’une affaire prospérera. Je n’annonce aucune date favorable. Je ne désigne personne comme jaloux de votre réussite. Je n’accepte ni le nom ni la photographie de vos proches restés au pays. Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un qui n’a pas encore de quoi vivre douze mois sur place. Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Marabout et prêtre vodun, initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour
Comment savoir si je suis prêt à rentrer ?
Quatre verrous doivent être tirés ensemble : douze mois d’argent, vos droits par écrit, l’école des enfants, l’accord réel du conjoint.
Est-ce que je perds ma retraite ?
Non, elle se perçoit à l’étranger. Mais le certificat de vie annuel doit être renvoyé, sinon les versements s’arrêtent.
Faut-il tout vendre avant de partir ?
Surtout pas. Gardez une porte ouverte un an au moins. Un séjour d’essai coûte infiniment moins cher qu’une erreur.
Ma famille m’attend, est-ce un signe ?
C’est une réalité, pas un signe. Elle mérite d’être entendue et ne doit pas décider : c’est vous qui vivrez avec la décision.
Un rituel peut-il faire réussir mon retour ?
Aucun rituel ne tire les quatre verrous à votre place, et je ne prétendrai pas le contraire.
Que faites-vous concrètement ?
Je vérifie les verrous avec vous, et j’examine ce qui est resté ouvert entre vous et le lieu où vous rentrez.
Que demandez-vous pour travailler ?
Votre nom, votre date de naissance et votre photographie. Jamais rien concernant vos proches restés là-bas.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Jamais qu’un retour réussira, jamais une date favorable.
Dites-moi où en sont vos quatre verrous
Ce qui est réglé, ce qui ne l’est pas, et ce qui vous pousse à rentrer. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je ne déciderai pas à votre place.
Gratuit · confidentiel · sans engagement · plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.







