Guide de référence · lecture libre
Mariage coutumier et mariage français : les deux amarres d’une même union
Une union de la diaspora tient par la coutume et par la loi. L’examen est gratuit.
30+ années · Temple de Sakété · France 24 · Examen du Fâ gratuit
La dot a été remise au pays et la mairie vous a mariés en France, ou bien un seul des deux a eu lieu, et l’autre famille attend. Je suis Maître Luc, à l’état civil Wêtê Agbonon, prêtre du vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin. Votre union a deux attaches : le mariage coutumier la noue aux familles et aux ancêtres, le mariage civil la noue à la loi. Je vous écoute sans frais, puis j’interroge le Fâ sur vous et sur votre couple pour voir ce qui lui manque : une parole des familles, une bénédiction, un ancêtre à informer. Si l’examen le justifie, je bénis moi-même votre union au temple.
Écrit par Maître Luc, prêtre du vodun et bokonon du Fâ · à l’état civil Wêtê Agbonon · 30+ ANNÉES · TEMPLE DE SAKÉTÉ · FILMÉ PAR FRANCE 24 · lecture 28 MIN
Celui qui examinera l’amarre des familles
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon du Fâ
Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, et non votre paiement. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Mon engagement, en trois phrases
L’examen du Fâ est gratuit et il décide de tout. C’est à Sakété que je l’interroge, sur vous puis sur votre couple, du côté de chacune de vos familles.
S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. Parfois, ce qui manque se règle à la mairie, au consulat ou par une visite entre aînés : je vous indique alors le bon interlocuteur.
S’il montre une parole, une bénédiction ou un ancêtre en attente, je conduis les gestes moi-même, jusqu’au bout, et je vous rends compte. Le prix de ces gestes vous parvient par écrit avant toute dépense.
Ce que je ne vous dirai jamais
« Vos ancêtres refusent votre mariage de la mairie : payez, et ils l’accepteront. » Cette phrase vise ceux qui vivent entre deux mariages, et change un rendez-vous entre familles en dette envers un inconnu.
Je ne bénis aucune union que l’un de vous deux refuse, et aucun geste au temple ne tient lieu d’acte de mariage.
Ce que vous allez lire
- Ma pratique, d’abord
- Six façons de vivre entre deux mariages
- Les deux amarres
- Ce que le mariage coutumier engage
- Ce que la France reconnaît d’un mariage coutumier
- Mariage coutumier et mairie : dans quel ordre
- Ce que le Fâ révèle
- Couple mixte et mariage coutumier
- Mariage coutumier et première union
- Mariage forcé : qui appeler
- Le médecin et la protection d’abord
- L’examen du Fâ
- Le travail au temple, étape par étape
- Ce qu’on vous vendra ailleurs
- Quand le mariage coutumier vient du pays
- Ce que je fais et ce que je refuse
- Les dix questions à se poser
- Questions fréquentes
Mariage coutumier et mariage civil : ma pratique, d’abord
Six temps, de la première lettre à la bénédiction
Voici d’abord ma part du travail, pour un couple qui a fait un mariage coutumier, une mairie, les deux, ou aucun encore.
- Je vous écoute, sans frais. Où chaque mariage a été fait, quand, devant qui, et ce que chaque famille en dit aujourd’hui. Je vous réponds moi-même.
- J’interroge le Fâ sur vous, puis sur le couple. Sur vous d’abord : votre nom, la date de votre naissance, votre photographie. Ensuite sur votre couple, depuis votre lignée puis depuis la sienne.
- Je repère ce qui manque à l’union. Une parole jamais échangée entre les familles, une bénédiction donnée d’un seul côté, un ancêtre qu’on n’a pas informé. Ou rien : je vous l’écris alors simplement.
- J’oriente vers l’état civil ce qui en relève. Un mariage coutumier sans acte, une transcription jamais demandée : cela se règle à la mairie ou au consulat, et je vous indique la démarche.
- Je conduis la bénédiction de l’union au temple. Seulement si l’examen la justifie, par les gestes décrits ci-dessous, et je vous rends compte ensuite.
- Je respecte la foi et la volonté de chacun. Personne n’a à changer de religion, et rien de ce que je conduis ne porte sur la volonté de votre conjoint ou de vos familles.
Au temple, pour votre union
Je prépare ce que le Fâ a demandé : offrandes, plantes, libations. Devant les vodun de ma maison, je prie pour vous deux et je verse les libations aux anciens de votre famille ; s’il faut informer un ancêtre, je lui annonce l’union. La veillée, quand elle est demandée, se tient au temple. Ces gestes se reçoivent auprès de qui les transmet, avec leurs interdits, et je ne les confie jamais à faire chez soi.
Mariage coutumier : six façons de vivre entre deux mariages
Ce qu’on m’écrit depuis la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada
Derrière la question du mariage coutumier et du mariage français, il y a des histoires précises.
- Les deux mariages, avec un écart entre eux. Le mariage coutumier au pays, la mairie en France plus tard, ou l’inverse : tout est fait, et une famille a pourtant appris l’autre date après coup.
- Le mariage coutumier seul. La dot a été remise, les anciens ont béni, et vous vivez en France comme mari et femme. Devant la loi française, aucun mariage n’existe encore.
- La mairie seule. Vous êtes mariés en France, le livret de famille est rangé, et au pays on attend toujours que quelqu’un vienne demander la main.
- La coutume faite sans vous. Les familles ont tout réglé en votre absence, sur une photographie et un appel. Pour elles, vous êtes mariés ; pour transcrire un mariage, la France exige la présence des deux époux.
- Le couple mixte. Une famille attend le mariage coutumier, l’autre ne connaît que la mairie et l’église, et chacune croit que l’autre la néglige.
- Une première union jamais défaite. Une coutume ancienne au village, ou un premier mariage à la mairie, et un nouveau projet qui s’y heurte.
Deux mariages, deux questions
Le mariage coutumier répond à une question : les familles et les ancêtres ont-ils reçu cette union ? Le mariage civil répond à une autre : la loi la reconnaît-elle ? Une union peut avoir répondu à l’une et laissé l’autre ouverte. C’est cet écart que nous regardons ensemble.
Mariage coutumier et mariage civil : les deux amarres
Une même union, tenue du côté des familles et du côté de la loi
J’appelle « les deux amarres » ce qui tient une union quand on vit entre l’Europe et le pays. Le mariage coutumier noue la première aux familles : demande, dot, bénédiction, ancêtres. Le mariage civil noue la seconde à la loi : présence des époux, officier de l’état civil, consulat, transcription. Un seul nœud qui manque, et l’amarre file.
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Une seule amarre, et la pirogue tourne
Avec le seul mariage coutumier, l’union est reçue au pays, et en France votre conjoint n’a aucun des droits d’un époux. Avec la seule mairie, la loi protège le couple, et une famille peut garder le sentiment que personne n’est venu la saluer.
Mariage coutumier : ce que je regarde, et ce que je laisse à l’état civil
Au temple, je regarde l’amarre des familles ; celle de la loi se vérifie sur vos papiers. Les quatre accords d’une union sont décrits dans le guide sur le marabout pour se marier ; les deux amarres y ajoutent le versant légal.
Ce que le mariage coutumier engage, et ce que la mairie engage
Six engagements, trois de chaque côté
Le mariage coutumier et le mariage civil ne lient pas les mêmes personnes. Voici ce que chacun engage.
- Le mariage coutumier engage deux familles. Une demande portée par des aînés, une parole échangée devant témoins, une alliance entre deux lignées.
- Il engage une dot, remise et reçue. Ce qui a été demandé, apporté et accepté, devant ceux qui pourront le rappeler. Le guide sur la dot du mariage africain détaille ce qui s’y promet.
- Il engage les ancêtres, dans les familles qui pratiquent. L’union leur est annoncée, et la bénédiction des anciens la place sous leur regard. Les familles chrétiennes ou musulmanes tiennent cette place par leur prière.
- Le mariage civil engage deux époux devant la loi. Chacun contribue aux charges quotidiennes selon ses moyens, et les deux sont locataires du logement commun, d’après la fiche du service public sur le mariage, le Pacs et le concubinage.
- Il protège le conjoint survivant. Celui-ci a droit à tout ou partie de la succession, et il peut avoir droit à une pension de réversion, sous conditions.
- Il touche la filiation et le nom. Les parents mariés exercent ensemble l’autorité parentale sur leurs enfants communs, et chaque époux peut prendre un nom d’usage.
Ce que le mariage coutumier seul laisse sans protection en France
Quand la coutume n’a produit aucun mariage reconnu par la loi, la loi française voit deux concubins. Le survivant n’a pas droit à une pension de réversion, seul celui qui a signé le bail a des droits sur le logement, et un testament ne transmet des biens qu’avec des droits fiscaux élevés. L’union libre n’a pas non plus d’effet sur la filiation ni sur le nom.
Mariage coutumier célébré au pays : ce que la France reconnaît
Six règles, lues sur les pages officielles
Voici ce que disent les pages officielles françaises quand l’un de vous au moins est français, à commencer par la fiche du service public sur le mariage d’un Français à l’étranger.
- La France reconnaît le mariage civil. Le ministère des Affaires étrangères l’écrit dans sa fiche sur le mariage forcé à l’étranger : « La France ne reconnaît que le mariage civil », celui qu’un officier de l’état civil a constaté. Un mariage coutumier sans acte de l’état civil ne fait donc pas de vous des époux en France.
- Le mariage suit la loi du pays de célébration. Une autorité locale le célèbre, selon les règles du pays : officier de l’état civil, consul étranger ou autorité religieuse.
- Les deux époux doivent être présents. Les autorités françaises vérifient que vous étiez tous les deux présents lors de la cérémonie, et que chacun a consenti librement. Un mariage coutumier fait en votre absence ne remplit pas cette condition.
- Avant la date, le certificat de capacité à mariage. L’époux français le demande à l’ambassade ou au consulat de France du lieu de célébration, qui le délivre après dix jours de publication des bans, sauf dispense.
- Après la date, la transcription. L’un des époux la demande au consulat, sans délai imposé, en principe après une audition. Pour quelques pays, dont le Niger, le Maroc ou la Tunisie, elle part par courrier au Service central d’état civil, à Nantes. Saisi par le consulat, le procureur peut s’y opposer dans un délai de deux mois.
- Sans transcription, un effet limité. Le mariage vaut entre vous deux et envers vos enfants, sans effet pour les tiers : pas de titre de séjour pour votre époux, pas d’avantages fiscaux de couple marié. Transcrit, il donne un livret de famille.
Au Bénin, ce que dit le Code des personnes et de la famille
Deux articles comptent pour un mariage au Bénin. L’article 126 : « Seul le mariage célébré par un officier de l’état civil a des effets légaux. » L’article 142 : « La dot a un caractère symbolique. » La Cour constitutionnelle du Bénin les a rappelés dans une décision du 30 mai 2024, qui les tient pour déjà jugés conformes à la Constitution. Au Bénin, un mariage coutumier seul n’a donc pas d’effets légaux, et c’est l’acte de l’officier de l’état civil que le consulat de France peut transcrire.
Pour un autre pays
Chaque pays a sa règle sur la coutume. Pour le Togo, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Sénégal ou le Congo, demandez à l’état civil du pays, ou à son consulat en France, ce que vaut votre mariage coutumier. Pour un cas difficile, un point-justice vous reçoit gratuitement et en toute confidentialité : le 3039, numéro de l’accès au droit, vous oriente vers le plus proche.
Mariage coutumier puis mairie, ou l’inverse : dans quel ordre
Six repères pour poser les deux dates
La loi française ne règle pas le calendrier de la coutume. En France, elle pose une règle : pas de mariage religieux avant le mariage civil. Le reste se décide avec les deux familles.
- Annoncez les deux dates aux deux familles. Que le mariage coutumier vienne avant ou après la mairie, faites-les connaître en même temps, par un aîné. Une date apprise après coup blesse davantage que l’ordre choisi.
- La coutume d’abord, la mairie ensuite. Les familles reçoivent l’union en premier. Entre les deux, vous vivez en France sans les droits d’époux : sachez-le, et fixez la date de la mairie.
- La mairie d’abord, la coutume ensuite. La loi protège le couple dès le départ. Faites porter la nouvelle au pays par un aîné avant la mairie, et présentez le mariage coutumier comme la suite prévue.
- Les deux au pays, le même séjour. Le mariage civil devant l’officier de l’état civil du pays, le mariage coutumier avant ou après. L’époux français demande le certificat de capacité au consulat avant la date, puis la transcription.
- Le mariage religieux célébré en France vient après la mairie. Si votre mariage coutumier s’accompagne en France d’un mariage à l’église ou à la mosquée, la loi interdit de le célébrer avant le mariage civil.
- Les mêmes noms sur chaque acte. Vérifiez avant la date que vos noms, prénoms et dates de naissance s’écrivent de la même façon sur chaque pièce du dossier.
Ce que l’examen regarde dans l’ordre suivi
Il regarde ce que cet ordre a laissé derrière lui : un oncle prévenu après la mairie, une bénédiction donnée d’un seul côté, une dot réglée par téléphone. Le guide sur le rituel pour se marier détaille les étapes d’une union.
Mariage coutumier : ce que le Fâ révèle au-delà des dates
Six découvertes possibles, chacune avec sa suite
Vous savez quels mariages ont eu lieu, et quand. L’examen du Fâ regarde ce que ces dates ne disent pas, du côté des familles.
- Un mariage coutumier reçu d’un seul côté. La dot a été remise et acceptée, et votre propre famille n’a envoyé personne pour la porter. L’union est reçue chez votre conjoint, et elle attend encore chez vous.
- Un ancien parti entre les deux mariages. Un grand-père est mort après la mairie et avant la coutume, sans qu’on lui ait annoncé l’union. Sa bénédiction manque à la lignée.
- Une bénédiction donnée au téléphone. Un père a dit « je vous bénis » pendant un appel, sans les anciens autour de lui. La famille attend que la parole soit dite devant elle.
- Une dot envoyée, jamais remise. L’argent est parti par transfert, un frère l’a reçu, et personne ne l’a présenté aux anciens devant témoins. Pour la famille, le mariage coutumier n’a pas encore eu lieu.
- Une première union encore nouée. Une coutume faite jeune, au village, jamais défaite devant les familles. La nouvelle union bute sur elle jusqu’à ce qu’on la délie.
- Rien ne manque. Les deux amarres sont nouées, et la tension vient d’ailleurs : la fatigue, l’argent, la distance. Je vous le dis, et je ne propose aucun geste.
Les questions que je pose avant de jeter l’opèlè
Qui a porté la demande dans votre famille, et qui l’a reçue en face ? Étiez-vous présent le jour du mariage coutumier, ou l’a-t-on fait pour vous ? Vos deux familles connaissent-elles la date de la mairie ? Un ancien est-il mort entre vos deux mariages ? La dot a-t-elle été remise aux anciens, ou seulement envoyée ? Avez-vous déjà été uni à quelqu’un selon la coutume ? Une seule réponse peut suffire à montrer quel nœud a glissé.
Couple mixte : quand une seule famille attend le mariage coutumier
Six points à régler quand une famille connaît la coutume et l’autre non
Quand une famille attend le mariage coutumier et que l’autre n’en a jamais vu, chacune peut croire que l’autre la néglige. Voici ce qui les rapproche.
- Expliquer avant d’inviter. Votre conjoint et ses parents doivent savoir ce qu’est la demande, ce que représente la dot et qui parlera ; un aîné de votre famille le leur dira.
- Présenter la dot comme une alliance. Une famille qui entend « prix » se ferme. Dites qu’elle lie deux familles par une promesse mutuelle, et laissez les porte-parole en régler la forme.
- Donner un porte-parole à l’autre famille. Un ami de confiance, un témoin du couple ou un ancien de la communauté peut parler en son nom, si elle l’accepte.
- Prévoir la présence du conjoint. Pour les familles, sa présence au mariage coutumier montre qu’il entre dans l’alliance. Pour un mariage civil au pays, la loi française exige que vous soyez présents tous les deux.
- Choisir deux fêtes, ou une seule. La coutume au pays et la mairie en France, ou tout en un séjour : ce que les deux familles peuvent suivre, en voyage comme en argent.
- Laisser à chacun sa foi. Personne n’a à changer de religion pour entrer dans un mariage coutumier.
Ce que je fais pour un couple mixte
L’examen porte sur vous qui m’écrivez, puis sur votre couple. Si votre conjoint est au courant et d’accord, il me confie aussi son nom, la date de sa naissance et son portrait ; sinon, son prénom suffit. Quand une famille attend une parole ou une bénédiction, je vous dis qui peut la porter, et je conduis au temple ce qui me revient. Le guide sur le couple mixte traite des dix décisions à prendre à deux.
Mariage coutumier et première union : ce que la loi ne permet pas
Six règles à connaître avant toute dot
Un projet de mariage coutumier se heurte parfois à une union plus ancienne. Sur ce point, la fiche du service public sur le mariage en France est nette.
- Un seul mariage à la fois. Une personne déjà mariée ne peut pas se marier une deuxième fois, qu’elle soit mariée selon la loi française ou selon une loi étrangère.
- Une instance de divorce compte comme un mariage. Tant que le divorce est en cours, ou en cas de séparation de corps, vous êtes considéré comme marié.
- Le consulat vérifie la situation passée. Pour un mariage au pays, l’époux divorcé ou veuf fournit au consulat des pièces en plus.
- Une deuxième épouse « seulement coutumière » n’a aucun statut d’épouse en France. La France ne reconnaît que le mariage civil, et un seul à la fois.
- Une première union coutumière se délie aussi. Devant les deux familles qui l’avaient nouée, et avant toute nouvelle dot.
- Un avis avant toute dot. Un point-justice, un avocat ou un notaire vous dit ce que votre situation permet, avant qu’une famille s’engage dans un mariage coutumier.
Ce que je conduis, et ce que je refuse ici
Quand l’examen montre une première union jamais déliée, je vous dis devant qui elle se délie, et je conduis au temple la part qui me revient. Je ne conduis rien contre une première épouse, une coépouse ou leur famille. Le guide sur la coépouse parle de celles qui vivent cette situation.
Mariage forcé : la loi, et qui appeler
Une section courte, parce que la réponse est simple
Un mariage forcé, qu’il soit civil, religieux ou coutumier, consiste à obliger une personne à en épouser une autre contre son gré. Un mariage coutumier imposé en fait partie. La loi pénale française interdit de contraindre quelqu’un à se marier, que ce soit en France ou à l’étranger.
- Sans consentement, il n’y a pas de mariage. Un mariage contraint peut être annulé, à la demande de l’époux dans les cinq ans, ou à celle du procureur de la République.
- Le 3919, à toute heure. Le numéro d’écoute national pour les femmes victimes de violences, anonyme et gratuit, joignable jour et nuit.
- Le 17 ou le 112 en cas de danger. La police et la gendarmerie répondent ; le 114, par SMS, sert aux personnes sourdes ou malentendantes.
- L’ordonnance de protection. Une personne majeure menacée la demande en urgence au juge aux affaires familiales, qui peut prononcer une interdiction temporaire de sortie du territoire.
- Avant un voyage qui inquiète. Scannez vos papiers dans une boîte mail que vous seul connaissez, ou confiez-en des copies à une personne de confiance. Jusqu’au dernier moment, vous pouvez alerter la police aux frontières ou la douane.
- Avant 18 ans, le 119. Allô enfance en danger répond gratuitement, jour et nuit. Le procureur ou le juge des enfants peut interdire la sortie du territoire d’un mineur menacé.
Ma règle, sans exception
Je ne bénis jamais une union que l’un des deux n’a pas choisie, et je reçois des majeurs. La page du gouvernement sur le mariage précoce ou forcé détaille ces protections.
Quand le conflit autour du mariage coutumier relève d’abord du médecin
Le soin et la protection passent avant le temple, dans six cas
Vivre entre deux mariages et deux pays use. Ce qui se soigne et ce qui se signale passe avant tout examen.
- Un conflit qui épuise. Des disputes à chaque appel du pays, une fatigue qui ne passe plus. Parlez-en à votre médecin : cet épuisement se soigne.
- Le sommeil qui se dérobe. Des nuits à refaire les comptes du mariage coutumier, ou à rejouer une phrase d’un beau-parent. Le médecin d’abord.
- L’alcool pour tenir. Un verre pour supporter l’appel du soir, puis plusieurs. Votre médecin vous écoute sans jugement.
- Des violences dans le couple. Coups, menaces, humiliations, argent contrôlé, passeport ou titre de séjour confisqués : ce sont des violences. Le 3919 vous écoute, anonyme et gratuit, et le 17 répond en cas de danger.
- Un enfant pris dans le conflit. S’il est menacé, ou témoin de violences, le 119, Allô enfance en danger, répond pour lui.
- Des idées de mort. Si l’envie de disparaître vous vient, le 3114 répond, gratuitement et à toute heure. Au bout du fil, un soignant formé à la prévention du suicide.
Pourquoi cette section passe avant l’examen
Le soin, la police et le juge ont leur heure, et elle passe avant la mienne. Tant que votre réponse est chez eux, je ne prends rien. L’examen du Fâ attendra que vous soyez à l’abri.
L’examen du Fâ, et comment il se déroule
À Sakété, l’opèlè en main, pour votre mariage coutumier
Voici ce que l’examen regarde, et ce que vous en recevez.
- Je le conduis avec l’opèlè. Le bokonon jette cette chaîne de divination et lit la figure qu’elle forme ; à Sakété, c’est moi qui la jette.
- Il porte d’abord sur vous. Votre nom et la date de votre naissance, avec une photographie ordinaire : dans ma tradition, l’examen tient compte du visage.
- Puis sur l’union. Du côté de votre lignée, puis de celle de votre conjoint, sur l’amarre du mariage coutumier.
- La loi reste à l’état civil. Vos actes se vérifient à la mairie et au consulat, et je vous y renvoie.
- Il ne nomme aucun coupable et n’annonce aucune date. Ni celle d’une réconciliation entre familles, ni celle d’un oui.
- Il ne coûte rien, et vous en recevez le compte rendu. Par écrit si vous le voulez : ce qui manque, de quel côté, qui peut le porter, ce que je peux faire au temple.
Les trois choses que je demande, et celles que je refuse
De vous : votre nom, la date de votre naissance et une photographie ordinaire, gardée au temple sans être publiée ni transmise. De votre conjoint, les mêmes s’il est au courant et d’accord, son prénom seul s’il ne l’est pas. Je refuse la photographie d’un tiers tenu à l’écart, toute image intime et tout paiement avant l’examen. Je consulte des majeurs et je n’affiche aucun tarif. Écrivez-moi pour commencer.
Le travail au temple, étape par étape
Du premier message jusqu’au temple, en huit étapes
Rien ne commence sans votre accord écrit, et rien ne se paie avant que je sache si je peux agir
Pour une union, deux règles de plus : je ne bénis que ce que vous voulez tous les deux, et je laisse à la mairie et au consulat leur part.
L’examen du Fâ est gratuit
Dites-moi où et quand votre mariage coutumier et votre mariage civil ont été faits, et ce que chaque famille attend encore. Je vous dis ce qui manque, ou que rien ne manque.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Mariage coutumier : ce qu’on vous vendra ailleurs
Six pièges tendus aux couples qui vivent entre deux pays
Entre deux mariages et deux pays, on est pressé, et l’on a peur de mal faire. Ces offres visent ce moment-là.
- Le rituel qui « scelle » la mairie. On vous dit que la mairie ne compte pas tant qu’un rituel payant ne l’a pas fait accepter des ancêtres. Le mariage civil vaut dès sa célébration.
- Le rituel pour faire accepter le mariage coutumier par la belle-famille. On vous promet que la famille de votre conjoint dira oui. Nul ne peut s’engager pour la volonté d’une autre famille.
- Le « certificat » de mariage coutumier. Un papier tamponné, vendu comme reconnu par la France. Seul un officier de l’état civil dresse un acte de mariage, et seule l’administration française peut le transcrire.
- La dot « réduite » par un travail. On propose d’agir sur la famille pour qu’elle baisse sa demande : un travail sur la volonté d’autrui. La dot se règle entre porte-parole.
- Le travail contre une première union. On vous propose d’« effacer » une ancienne épouse, un ancien fiancé ou leur famille. Une union se délie devant ceux qui l’ont nouée, et rien ne se conduit contre une personne.
- La protection du foyer au mois. Une prière facturée chaque mois pour que le mariage « tienne ». Une bénédiction se conduit une fois, puis je vous en rends compte.
La question à poser à tout praticien
Demandez-lui ce qu’il fera si votre union ne manque de rien. S’il trouve toujours quelque chose à vendre, l’examen n’a pas eu lieu. Si quelqu’un vient d’encaisser votre argent et continue de vous presser, parlez-m’en : je vous écoute, sans rien encaisser tant que la pression continue.
Quand le mariage coutumier vient du pays
Six situations propres à ceux qui vivent loin
Vous vivez loin du pays, et c’est là-bas qu’une partie de votre mariage se décide.
- La coutume organisée sans vous. La famille a fixé la date, reçu la dot, et vous l’annonce faite. Si l’un de vous est français, ce mariage coutumier ne pourra pas servir de mariage en France.
- La dot demandée par message. Une liste sur le téléphone, une somme à verser vite. Demandez qui l’a fixée, qui la recevra, et devant qui.
- Le voyage « pour une fête de famille ». On vous fait rentrer, et vous redoutez qu’une union soit déjà prévue pour vous. Relisez la section sur le mariage forcé avant de partir.
- Le mariage civil au pays, jamais transcrit. Célébré à la mairie de votre ville natale, il dort dans un tiroir. En France, il reste sans effet pour les tiers tant qu’il n’est pas transcrit.
- Un ancien qui attend sa visite. Un oncle, une grand-mère, un chef de famille à qui personne n’a présenté votre conjoint : un appel vidéo, puis une visite, lui rendent sa part.
- La rumeur d’un mariage coutumier « mal fait ». On dit au village que votre union n’est pas reçue. Avant d’y croire, laissez l’examen du Fâ regarder ce qui est réellement ouvert, sans nommer personne.
Mon premier conseil, depuis l’Europe
Confiez la parole à un aîné resté au pays, respecté des deux familles, et dites la vérité sur les deux dates. Pour ce que vous pouvez donner à ceux de là-bas, le guide sur la famille au pays vous aide.
Ce que je fais et ce que je refuse
Ma part, et ses limites
Pour l’état civil, je suis Wêtê Agbonon ; pour ceux qui m’écrivent, Maître Luc. Depuis l’Europe, on me cherche sous le mot marabout, et je réponds à ce nom. Je suis marabout et prêtre vodun, et bokonon du Fâ : à Sakété, je fais des rituels et je prie les esprits vodun pour donner satisfaction à ceux qui me consultent.
Mariage coutumier : j’examine, puis je bénis
J’examine gratuitement, sur vous puis sur votre couple, et je vous dis ce qui manque du côté des familles. Quand l’examen le justifie, je bénis l’union moi-même, au temple : offrandes et libations, prières aux vodun de ma maison, veillée.
Chacun garde sa volonté et sa foi
Je ne conduis rien sur la volonté de votre conjoint, de vos parents ou de votre belle-famille, ni contre une ancienne union, et chacun garde sa religion. La mairie marie, le consulat transcrit : je vous dis vers qui aller, et je ne vends aucun papier.
Des majeurs, et le temps de réfléchir
Je ne reçois que des majeurs, et je conseille une nuit de sommeil avant de dire oui à un geste payant : aucune dépense ne se décide dans la précipitation.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Aucune union n’est bénie au temple avant l’examen du Fâ. Cette bénédiction ne remplace ni la mairie ni le consulat.
Mariage coutumier : les dix questions à se poser
Avant de fixer une date, ou de payer qui que ce soit
- Quels mariages avons-nous faits, et où ? Coutume, mairie, cérémonie religieuse.
- Étions-nous présents tous les deux ? Au mariage coutumier comme au mariage civil.
- Notre mariage célébré au pays est-il transcrit ? Sinon, il n’a pas d’effet pour les tiers en France.
- Nos deux familles connaissent-elles les deux dates ? Et les ont-elles apprises à temps.
- Qui a porté la demande, et qui l’a reçue ? Un aîné de chaque côté.
- La dot a-t-elle été remise devant témoins ? Ou seulement envoyée.
- La bénédiction a-t-elle été donnée des deux côtés ? Et devant la famille.
- Un ancien est-il mort entre nos deux mariages ? Sans avoir appris l’union.
- L’un de nous est-il encore lié par une autre union ? Coutumière ou civile.
- Sommes-nous libres de choisir, et en sécurité ? Sinon, le 3919, le 17 et le 119 passent avant tout.
Ce que je conseille à un couple qui prépare ses deux mariages
Annoncez la date du mariage coutumier et celle de la mairie aux deux familles, en même temps. Demandez le certificat de capacité au consulat avant un mariage civil au pays, puis faites transcrire l’acte. Choisissez un porte-parole de chaque côté pour la dot. Priez selon votre foi, avec vos mots.
Mon engagement
Ce que je fais : une écoute sans frais, puis l’examen du Fâ sur vous et sur votre couple. Je vous rends ce qu’il montre tel quel, même quand il ne montre rien. La bénédiction se fait au temple de Sakété, de mes mains, une fois le geste et son prix écrits ensemble. Après, vous pouvez toujours m’écrire.
Mes règles : aucune union bénie contre l’avis de l’un de vous, rien sur la volonté d’une famille ni contre une ancienne union, aucun papier vendu, aucune date annoncée. Si j’ai mal évalué un geste, je ne vous réclame rien de plus.
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon, Sakété, Bénin
Marabout et prêtre vodun, initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Il est apparu dans un reportage de France 24, tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet. Lui écrire.
Questions fréquentes
Les réponses courtes, sans détour
Le mariage coutumier est-il reconnu en France ?
Pas à lui seul. La France ne reconnaît que le mariage civil, constaté par un officier de l’état civil. Un mariage coutumier sans acte de l’état civil ne donne pas les droits d’un époux en France.
Faut-il faire transcrire un mariage célébré au pays ?
La transcription est recommandée, sans être obligatoire. Sans elle, le mariage vaut entre les époux et envers les enfants, sans effet pour les tiers : pas de titre de séjour sur cette base. La demande se fait au consulat, sans délai imposé.
Dans quel ordre faire le mariage coutumier et le mariage civil ?
Dans l’ordre que les deux familles ont accepté. En France, la loi pose une règle : pas de mariage religieux avant le mariage civil. Pour un mariage civil au pays, l’époux français demande d’abord au consulat le certificat de capacité à mariage, puis la transcription.
Un mariage coutumier fait en mon absence vaut-il en France ?
Pas comme un mariage. La France ne reconnaît que le mariage civil, et quand l’un de vous est français, la transcription exige que les deux époux aient été présents. Du côté des familles, l’examen du Fâ dit ce que cette coutume faite sans vous attend encore.
La dot est-elle une condition du mariage ?
Pas devant la loi française, qui demande notamment 18 ans révolus, un consentement libre et éclairé, et l’absence d’un mariage en cours. Au Bénin, le Code des personnes et de la famille dit que la dot a un caractère symbolique. Devant les familles, elle se règle entre porte-parole.
On veut me marier au pays contre mon gré, que faire ?
Appelez le 3919, anonyme et gratuit, ou le 17 en cas de danger. Le juge aux affaires familiales peut délivrer une ordonnance de protection qui interdit temporairement votre sortie du territoire. Avant 18 ans, le 119. La loi pénale française interdit ce mariage imposé, y compris à l’étranger.
Pouvez-vous bénir notre union au temple ?
Oui, quand l’examen du Fâ le justifie et que vous la voulez tous les deux. Offrandes, libations, prières aux vodun de ma maison, puis une veillée quand le Fâ la réclame : je conduis tout moi-même, au prix écrit avant toute dépense. Cette bénédiction accompagne votre mariage coutumier et votre mariage civil, sans tenir lieu d’aucun des deux.
L’examen du Fâ est-il gratuit ?
Oui, comme l’écoute, quelle que soit la réponse. Seul le geste conduit au temple, quand l’examen le demande, se paie : son prix vous arrive par écrit avant tout engagement. Si je ne peux pas agir, vous ne payez rien.
Dites-moi quels mariages ont eu lieu
Et ce que chaque famille attend encore. L’examen du Fâ est gratuit, et je vous dis ce qui manque à votre union, ou que rien ne manque.
Gratuit, confidentiel, sans engagement, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.
Maître Luc · Wêtê Agbonon · Temple de Sakété
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