Maladie inexpliquée : quand les médecins ne trouvent rien
Je suis marabout et prêtre vodun au temple de Sakété, au Bénin, et voici le motif qui m’amène le plus de monde : une maladie inexpliquée, des mois d’examens, et des médecins qui disent qu’ils ne trouvent rien. Je vais commencer par ce qui compte le plus. Qu’un examen ne montre rien ne veut pas dire qu’il n’y a rien : cela veut dire qu’on n’a pas encore trouvé. Et je vous demande une chose avant toute autre : n’arrêtez aucun traitement, quoi que l’on vous dise, y compris chez un homme de mon métier.
Qui vous répondraMaître LucWêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon du FâPlus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, pas votre paiement. Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété : si un travail peut vous aider, Maître Luc vous le dit ; s’il ne peut rien pour vous, il vous le dit aussi et n’accepte pas votre argent.
Écrire à Maître LucUne maladie inexpliquée n’est pas un sort : c’est une maladie qu’on n’a pas encore nommée, et cela arrive souvent.
Trois pistes se mènent en même temps : la médicale, celle de votre vie, celle de votre lignée. La première ne s’arrête jamais.
Maître Luc ne pose aucun diagnostic et ne désigne personne. L’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
Je place ceci en tête parce que c’est ce qui peut coûter le plus cher, et parce que cela se produit encore chaque année.
N’arrêtez jamais un traitement, et ne l’espacez pas. Ni pour un rituel, ni pendant une neuvaine, ni parce qu’on vous a dit que le remède empêchait le travail d’agir. Aucun geste de ma tradition ne demande cela, et celui qui vous le demande met votre vie en jeu. J’ai vu des familles perdre quelqu’un pour cette raison, et c’est ce qui me met le plus en colère dans mon métier.
Ne remplacez aucun médicament par une préparation. Pas de tisane à la place d’un traitement, pas de poudre à avaler, rien à boire qui vienne de quelqu’un que vous n’avez jamais vu. Je n’envoie rien à consommer, jamais, à personne.
Et si un praticien vous dit que votre maladie vient de quelqu’un, partez. Cette phrase ne soigne rien, elle installe un soupçon dans une famille pour dix ans, et elle vise presque toujours la mauvaise personne. Je ne la prononce jamais.
Enfin, certains signes ne se discutent pas. Une douleur dans la poitrine, une difficulté à parler ou à bouger un côté, une déformation du visage, une confusion soudaine, une fièvre avec raideur de la nuque, une gêne à respirer : appelez le 15, ou le 112 partout en Europe. On ne consulte personne d’autre avant, moi compris.
- Les trois pistes
- Pourquoi on ne trouve pas tout de suite
- Le relevé du parcours
- Vos droits, que peu de gens connaissent
- Préparer une consultation
- Ce que je fais pour vous
- Le travail au temple, étape par étape
- Ce que l’examen révèle
- Quand on vit loin du pays
- Ce qu’on vend aux malades
- Les 12 questions à poser
- Ce que la maladie fait autour de vous
- Ce que je propose selon votre situation
- Questions fréquentes
Maladie inexpliquée : les trois pistesElles avancent en même temps
Voici comment j’aborde une maladie inexpliquée, et le mot important est : en même temps.
Pourquoi je montre les trois ensemble. Parce que la plupart des gens qui m’écrivent croient devoir choisir, et parce que d’autres les y poussent. On ne choisit pas. Celui qui vous demande d’abandonner la première piste pour lui laisser la place ne cherche pas votre guérison : il cherche votre argent.
Maladie inexpliquée : pourquoi on ne trouve pasCe que personne ne vous explique
Une maladie inexpliquée n’a rien d’anormal, et le savoir change déjà beaucoup de choses.
Maladie inexpliquée : six raisons très ordinaires
- Une analyse ne cherche que ce qu’on lui demande. Beaucoup de maladies inexpliquées tiennent à cela. Un bilan sanguin ne dépiste pas tout : il regarde une liste précise. Si la bonne question n’a pas été posée, la réponse n’y sera pas, et ce n’est la faute de personne.
- Beaucoup de maladies mettent des années à se nommer. Une maladie inexpliquée n’a rien d’anormal. C’est particulièrement vrai pour les maladies rares, pour certaines maladies auto-immunes et pour les douleurs chroniques. Des années d’errance avant un diagnostic, cela arrive à beaucoup de monde.
- Les symptômes changent selon les personnes. Une même maladie ne se présente pas de la même façon chez tout le monde, et certaines formes ressemblent à autre chose.
- Le parcours est morcelé. C’est ce qui entretient le plus une maladie inexpliquée. Un spécialiste voit un organe, un autre en voit un autre, et personne ne regarde l’ensemble. C’est le rôle du médecin traitant, et beaucoup de gens n’en ont pas ou ne le voient plus.
- Ce qu’on ne raconte pas ne se soigne pas. Le sommeil, l’alcool, la charge de travail, un deuil, une peur. Beaucoup de gens n’en parlent pas au médecin, par pudeur, et cela manque au tableau.
- Et parfois plusieurs choses se cumulent. Beaucoup de maladies inexpliquées sont une addition. Une fatigue, une carence, un sommeil détruit, un dos abîmé. Chacune est petite, l’ensemble vous met à terre, et aucun examen ne montre l’ensemble.
Maladie inexpliquée : ce que « on ne trouve rien » veut dire
Une maladie inexpliquée ne veut pas dire que vous inventez. C’est ce que beaucoup de gens finissent par croire, parfois parce qu’on le leur a laissé entendre. Une douleur ressentie est une douleur réelle, même sans image ni analyse pour la montrer.
Cela ne veut pas dire non plus que c’est dans votre tête au sens où on l’entend. Le corps et l’esprit ne sont pas deux maisons séparées : une angoisse qui dure abîme le corps pour de vrai, et une douleur qui dure abîme le moral pour de vrai. Les deux se soignent, et aucun des deux ne doit être négligé.
Et une maladie inexpliquée ne veut surtout pas dire qu’on vous a fait quelque chose. C’est la conclusion vers laquelle on vous poussera, chez nous comme ailleurs, parce qu’elle donne enfin une explication. Elle est fausse la plupart du temps, et elle coûte très cher.
Maladie inexpliquée : le relevé du parcoursSeize points sur ce qui a déjà été fait
Voici la liste que je parcours avec ceux qui me parlent d’une maladie inexpliquée.
Ce que ce relevé sert à voir. Pas de quoi vous souffrez : je ne le dirai pas et personne ne peut le dire à distance. Seulement ce qui n’a pas encore été fait sur la première piste, et ce que vous portez à côté.
Vos droits, que peu de gens connaissentCe qui débloque le plus de parcours
Voici ce que je conseille à tous ceux qui me parlent d’une maladie inexpliquée, et qui ne coûte rien.
- Vous avez droit à votre dossier médical complet. C’est le premier geste devant une maladie inexpliquée. En France, il se demande par écrit à l’hôpital ou au praticien, et il doit vous être communiqué. Comptes rendus, images, analyses, tout. C’est le premier geste à faire, parce que sans le dossier, chaque nouveau praticien repart de zéro.
- Vous avez droit à un deuxième avis. C’est ce qui débloque le plus de maladies inexpliquées. Toujours, sans avoir à vous justifier, et sans que cela froisse qui que ce soit. Un praticien correct le comprend très bien. Emportez votre dossier.
- Vous avez droit à un médecin traitant qui coordonne. C’est lui qui relie ce que chaque spécialiste a vu séparément. Si vous n’en avez pas, ou s’il ne vous suit plus vraiment, c’est la première chose à régler.
- Les centres de référence existent pour les maladies rares. Ils sont faits pour les maladies inexpliquées. Ils sont faits exactement pour les situations où l’on ne trouve pas. Votre médecin peut vous y adresser, et beaucoup de gens ignorent qu’ils existent.
- Les douleurs chroniques ont leurs consultations dédiées. Une douleur qui dure au-delà de plusieurs mois est une affection en elle-même, reconnue et prise en charge, même quand la cause n’est pas trouvée.
- Et une aide financière existe quand cela dure. Une maladie inexpliquée qui se prolonge ouvre des droits. Selon la situation, arrêt prolongé, reconnaissance d’une affection de longue durée, aide au maintien dans l’emploi. Un travailleur social à l’hôpital vous dira ce à quoi vous avez droit, et c’est gratuit.
Ce que je dis à ceux qui n’osent pas insister
Beaucoup de gens, dans nos familles, n’osent pas demander. On a peur de déranger, de passer pour quelqu’un qui se plaint, d’être mal vu. Je vous le dis franchement : demander son dossier, demander un deuxième avis et demander à être adressé à un spécialiste ne sont pas des faveurs, ce sont vos droits. Et personne ne connaît votre corps mieux que vous.
Préparer une consultationCe qui change tout en dix minutes
C’est le conseil le plus utile que je donne sur une maladie inexpliquée, et il ne coûte rien.
Maladie inexpliquée : ce qu’il faut écrire avant
- La date de début, aussi précise que possible. Toute maladie inexpliquée a un premier jour. Le mois, la saison, ce qui se passait dans votre vie à ce moment-là.
- Les symptômes, en trois lignes maximum. Une maladie inexpliquée se décrit mieux par écrit. Ce que vous ressentez, où, quand dans la journée, ce qui l’aggrave et ce qui le soulage.
- Ce que vous prenez, tout. Médicaments, compléments, tisanes, produits envoyés du pays. Cela compte énormément, car certains produits interagissent avec les traitements.
- Ce qui a déjà été fait. Les examens, les dates, les résultats. Sans cela, on vous refera les mêmes.
- Et vos trois questions, écrites. On oublie toujours l’essentiel une fois assis. Sortez le papier et lisez-les.
Ce qu’il faut oser dire
- Que cela dure et que vous n’y arrivez plus. Le dire change la façon dont on vous écoute.
- Ce que cela vous empêche de faire. Une maladie inexpliquée se mesure à ce qu’elle prend. Travailler, dormir, porter vos enfants, monter un escalier. C’est plus parlant qu’une note sur dix.
- Ce que vous prenez d’autre. Même ce dont vous avez honte. Un médecin n’est pas là pour vous juger.
- Et que vous souhaitez un deuxième avis. Simplement, sans détour. Cela se dit très bien.
Une consultation préparée dure le même temps qu’une autre et vaut trois fois plus. Ceux qui appliquent cela me réécrivent souvent pour me dire que le parcours s’est débloqué, et je n’y suis pour rien : c’est eux qui ont posé les bonnes questions.
Maladie inexpliquée : ce que je faisEt surtout ce que je ne fais pas
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans. On m’écrit d’Europe en cherchant un marabout : c’est le mot qu’on emploie là-bas, et voici ce qu’il recouvre chez moi.
Maladie inexpliquée : ce que je ne ferai jamais
- Je ne pose aucun diagnostic sur une maladie inexpliquée. Je ne nommerai jamais une maladie, je ne commenterai aucun résultat d’examen, et je n’accepte aucun document médical. Ce n’est pas mon métier.
- Je ne dis jamais qu’une maladie vient de quelqu’un. Ni d’une coépouse, ni d’une belle-famille, ni d’un voisin. Cela n’a jamais soigné personne et cela détruit des familles.
- Je ne demande jamais d’arrêter un traitement. Aucune maladie inexpliquée ne le justifie. Ni de l’espacer, ni de le remplacer, ni d’attendre avant de le commencer.
- Je n’envoie rien à consommer. Aucune poudre, aucune tisane, aucun liquide. Jamais, à personne.
- Et je ne promets aucune guérison. Personne ne peut la promettre, et celui qui le fait profite de la peur d’un malade.
Maladie inexpliquée : ce que je fais vraiment
Je vous écoute, longuement. C’est le premier service et il compte plus qu’on ne croit. Une maladie inexpliquée use l’entourage : au bout de quelques mois, les proches changent de sujet, et beaucoup de gens n’ont plus personne à qui le dire. Cette écoute est gratuite et je réponds moi-même.
Je vérifie que la première piste avance. C’est elle qui nomme une maladie inexpliquée, pas moi. Le médecin traitant, le deuxième avis, le dossier. Si rien de tout cela n’est en place, je vous demande de commencer par là et je n’engage rien.
Je vous aide à préparer vos consultations. Ce qu’il faut écrire, ce qu’il faut oser dire, les trois questions. Beaucoup repartent avec cela seulement, et cela débloque plus de situations que tout le reste.
Et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert dans votre lignée. Je procède à l’examen par le Fâ, l’art divinatoire de ma tradition et le cœur de mon métier de bokonon. Il ne cherche pas votre maladie et il ne la nomme pas : il cherche ce qui, dans votre famille, est resté sans réponse. Un engagement pris lors d’une guérison et jamais honoré, une parole prononcée sur la maison, un mort mal accompagné, une bénédiction jamais demandée. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit.
Quand il montre quelque chose, je conduis au temple les gestes que ma tradition prévoit : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes déposées, les libations versées pour les anciens de votre lignée, et la veillée quand le cas le demande. Cela vient en plus de vos soins, jamais à leur place.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Le montant est annoncé une seule fois, par écrit, avant de commencer, et il ne bouge plus. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Le travail au temple, étape par étapePour que vous sachiez à quoi vous attendre
Voici le déroulement complet quand quelqu’un m’écrit pour une maladie inexpliquée depuis la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada.
Deux choses propres à ce sujet. Je n’accepte pas l’argent de quelqu’un dont le suivi médical n’est pas en place : cet argent doit d’abord servir à cela. Et si quelqu’un vous a demandé d’arrêter un traitement, dites-le moi en premier : c’est plus urgent que tout ce dont nous pourrions parler.
Maladie inexpliquée : ce que révèle l’examenSix choses que le Fâ met au jour
Voici ce qui ressort quand j’examine quelqu’un qui vit avec une maladie inexpliquée depuis longtemps.
- Un engagement pris lors d’une guérison et jamais honoré. C’est ce que je trouve le plus derrière une maladie inexpliquée qui dure. C’est le premier, et de loin. Quelqu’un a été malade dans la famille, une promesse a été faite un soir de peur, la personne s’est rétablie, et rien n’a été fait ensuite. Cela reste ouvert, parfois depuis une génération.
- Une parole prononcée sur la maison. Cela ne cause aucune maladie inexpliquée, mais cela reste ouvert. Un jour de dispute, devant témoins, jamais reprise depuis. Chez nous, cela pèse sur ce qui tient.
- Un mort mal accompagné. Des funérailles suivies au téléphone, des rites qui n’ont pas pu être faits parce que la famille était dispersée. C’est ce que je retrouve le plus chez ceux qui vivent loin, et c’est développé dans le guide sur le deuil.
- Une bénédiction jamais demandée. Avant un départ, une installation, une union. Très fréquent chez ceux qui sont partis vite ou en froid avec les leurs.
- Une période entière qui s’est refermée. Quand une maladie inexpliquée arrive avec autre chose. Quand la maladie arrive avec autre chose au même moment : un travail perdu, une séparation, un décès. C’est traité dans le guide sur les séries.
- Et très souvent, rien à traiter. Une maladie inexpliquée reste le plus souvent une affaire de médecine. Une maladie qui n’a pas encore été nommée, un corps épuisé, une vie trop chargée. Je le dis franchement et je n’accepte pas votre argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Depuis quel mois exactement. Qu’est-ce qui s’est passé dans votre vie ce trimestre-là. Combien d’heures dormez-vous réellement. Qui portez-vous en ce moment, à part vous-même. Y a-t-il eu un décès dans les deux dernières années. Qu’a-t-on promis lors d’une guérison dans votre famille. Et une question que personne ne pose jamais : qu’est-ce que vous n’avez dit à aucun médecin ?
Cette dernière ouvre presque tout. Ce que les gens n’ont pas dit, c’est souvent ce qui compte le plus : un produit qu’ils prennent, une consommation, une peur, une violence, une charge. Et quand ils finissent par le dire à leur médecin, le tableau change.
Maladie inexpliquée quand on vit loinCe que je reçois de la diaspora
Une grande partie de ceux qui m’écrivent pour une maladie inexpliquée vivent en Europe ou au Canada, et cela ajoute des difficultés que personne ne nomme.
Maladie inexpliquée dans la diaspora
- On soigne mal ce qu’on ne raconte pas. Beaucoup n’osent pas dire au médecin qu’ils prennent aussi un produit envoyé du pays. C’est pourtant essentiel : certaines préparations abîment le foie ou les reins, et d’autres empêchent un traitement d’agir.
- La famille au pays donne son diagnostic à distance. En trois appels, quelqu’un a désigné une coupable, et l’on vous presse d’agir. Cela ajoute une angoisse à une angoisse.
- On vous propose de faire soigner à distance. Aucune maladie inexpliquée ne se traite ainsi. Contre paiement, par un homme que vous n’avez jamais vu. Je ne le fais pas et je vous conseille de refuser.
- Le parcours de soins est mal connu. Beaucoup subissent une maladie inexpliquée sans médecin traitant. Beaucoup ignorent qu’ils ont droit à un dossier, à un deuxième avis, à un médecin traitant. Certains passent des années sans en avoir un.
- Et il y a la peur des conséquences. Sur le titre de séjour, sur le travail, sur les papiers. Cette peur pousse à ne pas se faire suivre, et c’est ce qui coûte le plus cher. Un travailleur social ou une permanence d’accès aux soins vous dira ce qui est possible dans votre situation, gratuitement.
Ce que je conseille aux familles de la diaspora
- Dites tout à votre médecin, y compris les produits du pays. Beaucoup de maladies inexpliquées s’éclairent là. Il ne vous jugera pas et cela peut éviter un accident grave.
- Ne laissez personne désigner un coupable au téléphone. Coupez la conversation, poliment. Une famille brouillée ne vous soignera pas.
- N’envoyez d’argent à personne pour un soin à distance. Ni ici, ni au pays, ni par un intermédiaire.
- Et faites-vous suivre, quelle que soit votre situation administrative. Des dispositifs existent précisément pour cela. Le sujet des papiers est traité dans le guide correspondant, mais votre santé ne peut pas attendre.
Ce qu’on vend aux maladesEt pourquoi je le combats
Une maladie inexpliquée est la situation la plus exploitée de tout mon métier, parce que la peur y est immense.
- La guérison promise. C’est ce qu’on vend le plus à qui vit une maladie inexpliquée. Contre paiement, avec une date. Personne ne peut promettre cela, ni moi ni personne, et cette promesse se vend très cher aux gens qui ont peur.
- Le sort désigné. On l’annonce à presque tous ceux qui vivent une maladie inexpliquée. On vous dit qu’on vous a fait quelque chose, parfois on vous dit qui. Vous payez pour le lever, la maladie reste, et la famille est brouillée pour dix ans.
- Le traitement présenté comme un obstacle. La plus dangereuse de toutes : on vous explique que le médicament empêche le travail d’agir. C’est cette phrase qui tue.
- Le produit à consommer. Une poudre, une décoction, une eau envoyée du pays. On ne sait pas ce qu’il y a dedans, cela peut abîmer le foie ou les reins, et cela interagit avec les traitements.
- Le travail à renouveler. Une maladie inexpliquée fait payer sans discuter, pendant des années. Chaque mois, pour maintenir l’effet. Une personne malade paie sans discuter, et cela peut durer des années.
- Et la faute rejetée sur vous. Quand rien ne va mieux : vous n’avez pas assez cru, vous n’avez pas bien fait, vous avez parlé à quelqu’un. C’est ce que je trouve le plus indigne, parce que cela ajoute la culpabilité à la souffrance.
Je perds des consultations à écrire cela, et je le sais. Mais je ne veux pas d’un argent gagné sur la peur de quelqu’un qui souffre.
Ce qui se soigne, et ce qui s’accompagne
Les douze questions à poser à votre médecinQuand rien n’avance
Devant une maladie inexpliquée qui dure, voici ce qu’on peut demander sans crainte de déranger.
- Quelles hypothèses avez-vous écartées, et sur quoi ? Cela vous dit ce qui a déjà été cherché, et cela évite qu’on refasse les mêmes examens.
- Quelles hypothèses restent-elles ? Même celles qui vous paraissent improbables. Une maladie inexpliquée se résout souvent par une piste qu’on avait jugée peu vraisemblable.
- Quel examen n’a pas encore été fait, et pourquoi ? Une maladie inexpliquée tient parfois à cela. Il y a parfois une bonne raison, et parfois personne n’y a pensé.
- Vers quel spécialiste pourrais-je être adressé ? Demandez le courrier, il change l’accueil et les délais.
- Existe-t-il un centre de référence pour ce type de situation ? La question à poser quand rien n’avance depuis des mois.
- Puis-je avoir mon dossier complet ? Par écrit, avec les comptes rendus et les images.
- Que pensez-vous d’un deuxième avis ? Un praticien correct le comprend très bien et vous aide même à l’organiser.
- Ce que je prends à côté peut-il gêner ? Compléments, tisanes, produits reçus du pays. Dites tout.
- Ces symptômes peuvent-ils venir de plusieurs choses à la fois ? Beaucoup de maladies inexpliquées sont un cumul. C’est fréquent et cela oriente autrement.
- Le sommeil peut-il expliquer une partie de tout cela ? Souvent oui, et personne ne pose la question.
- Puis-je être adressé à une consultation de la douleur ? Quand la douleur dure au-delà de plusieurs mois.
- Et que faisons-nous si le prochain examen ne montre rien ? La meilleure question devant une maladie inexpliquée. La meilleure des douze. Elle oblige à prévoir la suite au lieu de vous laisser sans plan.
Ces douze questions ne remplacent aucune compétence : elles organisent une conversation. Et une conversation organisée vaut trois consultations improvisées.
Ce que la maladie fait autour de vousCe dont personne ne parle
Une maladie inexpliquée ne touche pas que le corps, et c’est une part importante de ce qu’on me raconte.
Une maladie inexpliquée use aussi l’entourage
- Les proches se lassent. Une maladie inexpliquée use l’entourage. Au bout de quelques mois, on change de sujet quand vous en parlez. Ce n’est pas de la méchanceté : les gens ne savent pas quoi dire et ils se protègent.
- On finit par douter de vous. C’est le prix d’une maladie inexpliquée, et il est lourd. Puisque les examens ne montrent rien. Certains le disent, d’autres le laissent entendre, et c’est parfois plus dur que la maladie.
- Le couple s’abîme. L’un porte, l’autre culpabilise, et personne n’en parle. C’est très fréquent et cela se répare quand on le nomme.
- La famille au pays s’en mêle. Chacun a son explication d’une maladie inexpliquée. Chacun a son avis, quelqu’un finit par dire qu’on vous a fait quelque chose, et l’on vous presse d’aller voir untel. C’est développé dans le guide sur la famille au pays.
- Et le travail devient une menace. Les arrêts s’accumulent, on vous regarde autrement, vous avez peur de perdre votre place. Il existe des dispositifs pour cela, et un service de médecine du travail est fait exactement pour en parler.
Ce que je conseille aux proches
- Choisissez une seule personne à qui tout dire. Une maladie inexpliquée épuise ceux qui écoutent. Et épargnez les autres. Cela protège vos liens sur la durée.
- Ne demandez pas à votre entourage d’être votre médecin. Ni votre soutien permanent. Un groupe de patients, une association de malades, un psychologue : ce sont des gens dont c’est le rôle.
- Dites à votre conjoint ce dont vous avez besoin. Concrètement : de l’aide sur telle tâche, ou simplement qu’on ne vous demande rien ce jour-là. Les gens ne devinent pas.
- Et parlez à un professionnel de ce que cela vous fait. Une maladie inexpliquée use le moral pour de bon. Une maladie qui dure use le moral, et cela se soigne aussi. Ce n’est pas un aveu de faiblesse : c’est la deuxième piste.
Si à un moment vous n’avez plus envie de vivre, dites-le à quelqu’un tout de suite. En France, le 3114 répond à toute heure et gratuitement. Cela arrive aux gens qui souffrent depuis longtemps, cela ne dit rien de votre force, et cela se traverse quand on est accompagné.
Ce que je propose selon votre situationQuatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Tous ceux qui me parlent d’une maladie inexpliquée ne reçoivent pas la même réponse de ma part.
Le suivi médical n’est pas en place
Ce que je fais : je vous demande de commencer par là et je n’engage rien. Médecin traitant, dossier, deuxième avis. Je ne prendrai pas votre argent tant que ces trois choses ne sont pas faites, parce qu’elles valent plus que tout ce que je pourrais conduire.
On vous a dit qu’on vous avait jeté un sort
Ce que je fais : je vous dis que je ne confirmerai pas cela, et j’explique pourquoi plutôt que de vous congédier. Puis nous regardons ce qui a réellement changé dans votre vie au moment où cela a commencé. C’est presque toujours plus utile.
Cela dure depuis des années et quelque chose se répète dans la famille
Ce que je fais : c’est ici que mon travail sert. Nous regardons ce qui a été promis lors d’une guérison, ce qui a été dit et jamais repris, et ce qui n’a pas pu être fait pour un mort. Quand l’examen le montre, je conduis au temple les gestes qui referment, en plus de vos soins.
Vous n’en pouvez plus
Ce que je fais : je vous écoute, et je n’accepte pas votre argent. Quand quelqu’un est à bout, ce qu’il lui faut n’est pas un rite : c’est quelqu’un qui écoute et un professionnel qui accompagne. Je vous oriente, et vous pouvez me réécrire quand vous voulez.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Ce que racontent ceux qui m’écrivent aprèsHuit constats
Beaucoup de personnes me réécrivent des mois après m’avoir parlé d’une maladie inexpliquée. Voici ce qui revient.
- Le deuxième avis a tout changé. C’est le retour numéro un, et de très loin. Un autre praticien a posé une question que personne n’avait posée.
- Le dossier médical a débloqué le parcours. Parce que chaque nouveau praticien repartait de zéro sans lui.
- C’était le sommeil. Une partie de la maladie inexpliquée tenait à des nuits détruites. Chez plusieurs, une partie des symptômes tenait à des nuits détruites depuis des années. C’est traité dans le guide sur le sommeil, où je parle aussi de l’apnée.
- Ils n’avaient pas tout dit au médecin. Un produit pris à côté, une consommation, une peur. Le dire a changé le tableau en une consultation.
- On avait failli leur faire arrêter un traitement. Et ils ont refusé après avoir lu cette page. C’est celui qui compte le plus pour moi.
- Il y avait eu une promesse oubliée. Chez ceux où l’examen a montré quelque chose, faite lors d’une guérison des années auparavant.
- Ils avaient cessé d’en parler à leurs proches. Une maladie inexpliquée finit par isoler. Et le fait d’avoir enfin quelqu’un qui écoute sans se lasser les a soulagés autant que le reste.
- Et certains vivent encore avec une maladie inexpliquée. Mais ils sont suivis, accompagnés, et ils vivent mieux. C’est déjà beaucoup, et je ne le cacherai pas derrière une promesse.
Une dernière chose, pour celle ou celui qui lit cette page ce soir après des mois d’examens. Ce que vous ressentez est réel, même si aucune image ne le montre. Vous n’inventez rien, et vous n’êtes pas puni. Faites trois choses cette semaine : demandez votre dossier médical complet, demandez un deuxième avis, et écrivez vos trois questions avant la prochaine consultation. Ce sont vos droits, cela ne coûte rien, et c’est ce qui débloque le plus de situations. Et si vous voulez qu’on regarde ce qui est resté ouvert du côté de votre famille, écrivez-moi : cela ne coûte rien non plus, et je vous dirai franchement s’il n’y a rien.
Ce que je fais : je vous écoute moi-même et gratuitement, aussi longtemps qu’il le faut. Je vérifie que la piste médicale avance et je vous dis quoi demander. Je prépare vos consultations avec vous. Et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert dans votre lignée, en plus de vos soins.
Mes règles : je ne pose aucun diagnostic, je ne nomme aucune maladie et je n’accepte aucun document médical. Je ne dis jamais qu’une maladie vient de quelqu’un. Je ne demande jamais d’arrêter, d’espacer ou de remplacer un traitement, et je n’envoie rien à consommer. Je ne promets aucune guérison. Je ne remplace ni un médecin, ni un psychologue, ni un pharmacien. Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un dont le suivi médical n’est pas en place. Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Marabout et prêtre vodun, initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentesLes réponses courtes, sans détour
Une maladie inexpliquée veut-elle dire un sort ?
Non, et je ne le dirai jamais. Qu’un examen ne montre rien veut dire qu’on n’a pas encore trouvé, pas qu’il n’y a rien.
Faut-il arrêter son traitement pour un rituel ?
Jamais, sous aucune condition. Aucun geste de ma tradition ne le demande, et celui qui le demande met votre vie en jeu.
Que faire quand les examens ne montrent rien ?
Trois choses : votre dossier médical complet, un deuxième avis, un médecin traitant qui coordonne. Ce sont des droits.
Pouvez-vous dire de quoi je souffre ?
Non. Je ne pose aucun diagnostic, je ne nomme aucune maladie et je n’accepte aucun document médical.
Direz-vous qui est responsable ?
Jamais. Cela n’a soigné personne et cela détruit des familles, presque toujours contre la mauvaise personne.
Que faites-vous alors ?
J’écoute, je vérifie que la piste médicale avance, je prépare vos consultations, et j’examine ce qui est resté ouvert dans la lignée.
Que demandez-vous pour travailler ?
Votre nom, votre date de naissance et votre photographie. Aucun résultat d’examen, aucune ordonnance.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Jamais une guérison, et jamais à la place d’un médecin.
Dites-moi depuis quand cela dure
Ce que vous ressentez, ce qui a déjà été fait, et ce que vous n’avez dit à personne. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je ne remplacerai jamais votre médecin.
Gratuit · confidentiel · sans engagement · plus de trente ans de pratique au temple de Sakété.Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.







