Guide de référence · lecture libre
Marabout ou psychologue : les deux questions
Ce ne sont pas des concurrents : ils ne posent pas la même question
30+ années · Temple de Sakété · France 24 · Examen du Fâ gratuit
On me pose souvent la question comme un choix : faut-il voir un psychologue ou un praticien de ma tradition. Je suis Maître Luc, marabout et prêtre vodun au temple de Sakété, au Bénin, et je vais vous répondre sans ménager mon intérêt. La question marabout ou psychologue est mal posée, parce que nous ne posons pas la même question. Le psychologue demande ce qui se passe en vous et comment le traverser. Moi je regarde ce qui est resté ouvert derrière vous. Ce sont deux enquêtes différentes, et une grande partie de ceux qui m’écrivent relèvent de la première. Je le leur dis, et je n’accepte pas leur argent.
Écrit par Maître Luc, marabout et prêtre vodun de Sakété · à l’état civil Wêtê Agbonon · 30+ ANNÉES · 2 QUESTIONS · TEMPLE FILMÉ · FRANCE 24 · lecture 32 MIN
Qui vous répondra
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon du Fâ
Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, et non votre paiement. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
En résumé
La question marabout ou psychologue oppose deux métiers qui ne cherchent pas la même chose. Le psychologue travaille sur ce qui se passe en vous, maintenant, et sur la manière de le traverser.
Le bokonon interroge le Fâ sur ce qui est resté ouvert derrière vous : un engagement non honoré, une parole non reprise, une bénédiction jamais demandée, un mort mal accompagné.
Souvent les deux se mènent en même temps. Souvent aussi, seule la première compte, et je le dis. Mon écoute et mon examen du Fâ sont gratuits, et je ne prends votre argent que si je peux agir.
Avant tout le reste
Si vous traversez des pensées noires, appelez le 3114. Ce numéro répond jour et nuit, gratuitement, partout en France, et il est tenu par des professionnels. Ce n’est pas une formule de prudence de ma part : c’est la chose la plus utile de toute cette page.
Aucun praticien de ma tradition ne remplace un soin, et aucun ne devrait vous en éloigner. Un homme qui vous dirait de ne pas consulter parce qu’il s’occupe de tout serait un homme dangereux. Écrivez-moi ensuite, quand ce qui devait être fait a été fait. Je serai là, et je le serai encore demain.
Ce que vous allez lire
- Marabout ou psychologue : les deux questions
- Pourquoi la question se pose surtout dans la diaspora
- Marabout ou psychologue : ce que fait le second
- Marabout ou psychologue : ce que regarde le Fâ
- Marabout ou psychologue : quand les deux ensemble
- Ni marabout ni psychologue, mais un médecin
- Ce qui se passe à un premier rendez-vous
- Marabout ou psychologue : six signes qui tranchent
- Marabout ou psychologue : les cinq obstacles
- Marabout ou psychologue : ce que je fais
- Le travail au temple, étape par étape
- Marabout ou psychologue : ce que l’examen révèle
- Marabout ou psychologue : ce que je ne dirai jamais
- Marabout ou psychologue : les dix questions à se poser
- Ce que je propose selon votre situation
- Mon engagement
- Questions fréquentes
Marabout ou psychologue : les deux questions
Deux enquêtes différentes sur la même vie
Quand quelqu’un souffre, il cherche une explication, et il se demande vers qui aller. La question marabout ou psychologue naît de là, et elle suppose que les deux répondent à la même chose. Ce n’est pas le cas.
Dans le couple marabout ou psychologue, le second vous demande, en substance : que se passe-t-il en vous, d’où cela vient dans votre histoire, et comment allez-vous le traverser. Un bokonon interroge le Fâ sur autre chose : qu’est-ce qui est resté ouvert derrière vous, dans votre lignée, et qui n’a jamais été refermé.
Ce ne sont pas deux réponses à la même question : ce sont deux questions. On peut se poser les deux, on peut n’en avoir qu’une, et il arrive souvent que celle qui compte ne soit pas celle qu’on croyait en écrivant.
Pourquoi cette question se pose surtout dans la diaspora
Quatre raisons, et aucune n’est irrationnelle
La question marabout ou psychologue ne se pose presque jamais dans les mêmes termes au Bénin et en France. Comprendre pourquoi aide à y répondre.
- Parce que les deux mondes ne se sont pas rencontrés. Un jeune né à Cotonou grandit avec les deux références sans les opposer : on va chez le médecin et on fait les rites, et personne n’y voit de contradiction. Arrivé en Europe, il découvre qu’il faudrait choisir.
- Parce que la famille reste juge à distance. Beaucoup de ceux qui m’écrivent depuis la France redoutent moins le psychologue lui-même que ce qu’en dirait leur mère au pays. C’est un obstacle réel et je ne le balaie pas.
- Parce que le soin psychique a mauvaise presse dans beaucoup de familles. Il est associé à la folie, à l’internement, à la faiblesse. Ces représentations sont anciennes, elles ne correspondent plus à rien, et elles coûtent des années à des gens qui souffrent.
- Et parce que personne ne fait le pont. Les professionnels du soin parlent rarement de la tradition, et les praticiens de la tradition parlent rarement du soin. Chacun reste chez soi, et le consultant est seul au milieu.
Ce que j’essaie de faire de ma place
Le pont, précisément. Quand j’écris qu’une angoisse relève d’un professionnel, cela vient de quelqu’un que la personne écoute, parce que je parle depuis sa tradition. Un praticien du vodun qui renvoie vers un psychologue est entendu là où un dépliant ne l’aurait pas été. C’est peut-être l’usage le plus utile que je puisse faire de ma position, et il ne me rapporte rien.
Marabout ou psychologue : ce que fait le second
Six choses que je ne sais pas faire, et qui manquent à beaucoup de gens
Dans la question marabout ou psychologue, voici la partie qui ne m’appartient pas. Je la décris avec soin parce que beaucoup de ceux qui m’écrivent devraient s’adresser là, et ne le savent pas.
- Traverser une angoisse qui s’installe : entre marabout ou psychologue, c’est lui. Quand l’inquiétude ne retombe plus, quand elle empêche de dormir, de travailler, de sortir. Cela se soigne, et cela se soigne bien. Aucun geste au temple ne remplace ce travail.
- Accompagner un deuil qui ne passe pas : marabout ou psychologue, c’est le second. Je peux conduire des gestes pour un mort mal accompagné : c’est ma tradition. Mais la douleur elle-même, la vôtre, celle qui vous prend le matin, relève d’un professionnel formé pour cela.
- Comprendre ce qui se répète dans vos choix. Un psychologue met au jour des mécanismes, des liens entre votre enfance et vos décisions d’adulte. Le Fâ ne fait pas cela : il regarde ailleurs.
- Sortir d’une relation qui abîme. Décider, tenir la décision, supporter le vide après. C’est un travail long qui demande un accompagnement régulier, pas un rite.
- Retrouver le sommeil, ce qu’aucun rite ne fait. L’insomnie qui dure a des causes qui se traitent, et un professionnel les connaît. Je le dis dans presque tous mes guides parce que je vois chaque semaine des gens épuisés qui prennent leur épuisement pour une attaque.
- Et tenir dans la durée, ce qu’un marabout ne fait pas. Un psychologue vous voit chaque semaine ou chaque quinzaine, pendant des mois. Je conduis un travail à un moment donné. La régularité est une force que je n’ai pas.
Comment consulter sans que cela coûte cher
Sur marabout ou psychologue, c’est l’objection que j’entends le plus souvent, et elle est légitime. Voici ce que je réponds, sans être spécialiste : en France, des consultations chez un psychologue sont prises en charge sur orientation d’un médecin, les centres médico-psychologiques reçoivent gratuitement, et beaucoup de villes ont des permanences d’écoute sans rendez-vous. Demandez à votre médecin traitant : c’est lui qui connaît ce qui existe près de chez vous.
Je perds des consultations chaque semaine en écrivant cela. Je préfère cela à quelqu’un qui paie un rite au lieu d’aller là où on l’aurait aidé.
Marabout ou psychologue : ce que regarde le Fâ
Quatre motifs, et un seul point de vue
Voici maintenant l’autre moitié de la question marabout ou psychologue, celle qui m’appartient. Elle est plus étroite qu’on ne l’imagine, et c’est précisément pour cela qu’elle est vérifiable.
Dans marabout ou psychologue, le Fâ ne regarde pas votre intériorité. Il regarde ce qui, dans une lignée, est resté sans réponse. Quatre motifs reviennent, et ma tradition n’en traite pas d’autres.
- Un engagement pris et jamais honoré, hors du champ de marabout ou psychologue tel qu’on l’imagine. Un vœu formulé un jour de peur, une promesse faite à un ancien, un serment prononcé devant les vôtres et laissé en suspens. C’est le motif le plus fréquent de tous, et celui que les gens ont le plus complètement oublié.
- Une parole donnée devant les anciens et jamais reprise, hors du champ du soin. Une brouille scellée par des mots durs, une rupture prononcée devant témoins. Dans ma tradition, une parole prononcée devant les anciens ne s’annule pas toute seule : elle se reprend, avec des gestes précis.
- Une bénédiction jamais demandée. Avant un départ, une union, une installation. Très fréquent chez ceux qui sont partis vite ou fâchés, et j’en parle dans le guide sur la bénédiction des parents.
- Un mort mal accompagné. Des funérailles suivies au téléphone, des rites impossibles à faire depuis l’Europe, une part de cérémonie sautée faute de temps ou de moyens. Cela pèse, et cela se rattrape même longtemps après.
Pourquoi un psychologue ne peut pas s’occuper de cela
Dans marabout ou psychologue, ce n’est pas une critique : c’est une question de domaine. Un professionnel du soin psychique travaille sur ce qui se passe dans une personne. Ces quatre motifs ne se passent pas dans une personne : ils concernent des engagements pris entre des gens, dont certains sont morts, et des gestes qui n’ont pas été faits.
Un psychologue peut vous aider à porter le poids d’un deuil mal fait. Il ne conduira pas les rites que ce deuil réclamait, et il ne prétendra pas le faire. C’est là que je commence.
Marabout ou psychologue : quand les deux ensemble
Le cas le plus fréquent, et personne ne le dit
La question marabout ou psychologue se pose presque toujours comme un choix. Dans les faits, la réponse la plus fréquente est : les deux, et en même temps.
Sur marabout ou psychologue, quelqu’un qui a perdu un parent au pays sans pouvoir assister aux funérailles porte deux choses à la fois. Un chagrin, qui se travaille avec un professionnel. Et un rite qui n’a pas été fait, qui se rattrape au temple. Traiter l’un sans l’autre laisse la moitié du problème en place.
Ce que je demande dans ces cas
- Que le soin commence en premier, toujours, dans le couple marabout ou psychologue. Toujours. Ce qui se passe en vous ne peut pas attendre le calendrier d’un rite.
- Que vous parliez de marabout ou psychologue avec le professionnel lui-même. Dites-lui que vous consultez aussi quelqu’un de votre tradition. Un bon praticien du soin ne s’en offusquera pas, et il tiendra compte de ce qui compte pour vous.
- Que rien ne soit interrompu de mon fait. Aucun traitement, aucune séance, aucun suivi. Je ne conseille jamais d’arrêter ni d’espacer quoi que ce soit, et j’y reviens dans le guide sur la maladie inexpliquée.
- Et que vous jugiez chacun sur son terrain. Ne me reprochez pas de ne pas avoir apaisé votre angoisse : ce n’est pas mon métier. Ne reprochez pas au psychologue de n’avoir pas repris une parole devant vos anciens : ce n’est pas le sien.
Ni marabout ni psychologue, mais un médecin
La troisième réponse, et elle sauve le plus de monde
Il existe une réponse à la question marabout ou psychologue que ni l’un ni l’autre ne donne assez : voyez un médecin d’abord.
Avant même de trancher marabout ou psychologue : un corps qui va mal relève d’un médecin, toujours et en premier. Une fatigue qui dure, une douleur, un sommeil détruit, une perte de poids, des symptômes qui apparaissent : cela s’examine. Un nombre considérable de choses que l’on attribue à une cause invisible ont une explication qu’un examen aurait trouvée.
- Je n’établis aucun diagnostic, et c’est ce qui sépare marabout ou psychologue. Ni sur votre corps, ni sur votre esprit. Ce n’est ni ma formation ni mon droit.
- Je ne donne rien à consommer. Aucune préparation, aucune plante, aucun produit. Cela relève du tradipraticien, qui est un autre métier, et je le distingue dans le guide sur le vocabulaire des praticiens.
- Je ne conseille jamais d’arrêter un traitement. Ni de l’espacer, ni de le remplacer, ni de le cacher à son médecin.
- Et en cas de danger immédiat, ce sont les secours. Le 15 ou le 112, le 17 en cas de menace, le 3919 pour des violences dans le couple, le 119 pour un enfant en danger.
Ce qui se passe à un premier rendez-vous
Pour ceux que l’inconnu retient plus que le principe
Beaucoup de gens qui hésitent entre marabout ou psychologue ne redoutent pas le principe : ils redoutent de ne pas savoir à quoi s’attendre. Je décris donc ce que j’en sais, tel que me le racontent ceux qui y sont allés.
- On vous demande de raconter, sans plan. Exactement comme quand vous m’écrivez. Vous n’avez pas à préparer, pas à bien dire, pas à savoir par où commencer.
- On ne vous juge pas. C’est la crainte la plus répandue et elle ne se vérifie presque jamais. Un professionnel entend chaque semaine des choses bien plus lourdes que les vôtres.
- Rien n’est décidé au premier rendez-vous. Ni traitement, ni durée, ni engagement. C’est un premier échange, et vous restez libre de ne pas revenir.
- Vous pouvez changer de personne. Si le courant ne passe pas, ce n’est ni un échec ni un jugement sur vous. On change, exactement comme on changerait de médecin.
- Et c’est couvert par le secret professionnel. Personne de votre entourage n’en saura rien, sauf si vous le dites vous-même.
La phrase qui aide à franchir la porte
Quelqu’un m’a dit un jour qu’il n’irait pas parce qu’il n’avait « rien de grave ». Je lui ai répondu ce que je répète depuis : on ne va pas chez un professionnel du soin parce que c’est grave, on y va parce que cela dure. La durée suffit, et elle est un critère bien plus juste que la gravité, que personne n’est capable d’évaluer sur soi-même.
Marabout ou psychologue : six signes qui tranchent
Quand je m’arrête et que je vous oriente
Voici ce qui, dans un message, me fait répondre que la question marabout ou psychologue se tranche du côté du soin, et que je n’accepterai rien.
- Le sommeil détruit depuis des semaines : marabout ou psychologue, la réponse est le second. C’est le premier de tous. Quelqu’un qui ne dort plus depuis dix jours voit des attaques partout, et ce n’est pas un signe du Fâ : c’est l’épuisement qui déforme le jugement.
- L’angoisse ne retombe jamais : entre marabout ou psychologue, la réponse est le soin. Elle est là au réveil, elle est là le soir, elle ne dépend plus des événements. Cela porte un nom, cela se soigne, et cela ne se traite pas par un rite.
- Plus rien ne procure de plaisir. Ce qui plaisait ne plaît plus, sortir coûte, parler coûte. Ce signe-là est celui que je prends le plus au sérieux.
- La pensée tourne en boucle sur une seule personne. Quand vérifier son téléphone occupe des heures chaque jour, quand tout ramène à la même personne, le travail à mener est d’abord sur cette emprise.
- Il y a eu un choc récent. Un accident, une agression, une perte brutale. Les semaines qui suivent demandent un accompagnement, pas une explication.
- Et des pensées noires apparaissent. Là je m’arrête net et je donne le 3114, qui répond jour et nuit et gratuitement. Rien d’autre ne se discute avant.
Ce que je réponds exactement dans ces cas
Je réponds que je ne peux rien pour cela, que ce n’est pas mon métier, et que je n’accepte pas d’argent. Puis je donne les orientations que je connais et je propose de reparler plus tard si la personne le souhaite. Beaucoup me remercient. Certains vont chercher ailleurs quelqu’un qui acceptera, et cette personne existe toujours. Je le sais et je ne change pas de réponse.
Marabout ou psychologue : les cinq obstacles
Je les entends chaque semaine, et ils méritent d’être nommés
Si la réponse à marabout ou psychologue penche si souvent de mon côté, ce n’est pas parce que ma tradition serait plus efficace. C’est parce que cinq obstacles très concrets empêchent d’aller là où il faudrait.
- Le regard des autres, qui tranche marabout ou psychologue avant même la réflexion. Dans beaucoup de familles, voir un psychologue veut dire être fou. Consulter un praticien de la tradition, non. C’est le premier obstacle et il est culturel, pas rationnel.
- La langue. Raconter sa vie dans une langue qui n’est pas la sienne est un effort immense. Beaucoup de ceux qui m’écrivent le font dans un français qu’ils manient très bien à l’écrit et beaucoup moins à l’oral, face à un inconnu.
- Le délai, qui fait pencher marabout ou psychologue du mauvais côté. Plusieurs semaines pour un premier rendez-vous, parfois plusieurs mois. Quand on souffre, un délai pareil ressemble à une porte fermée. Je réponds, moi, dans l’heure, et ce n’est pas un mérite : c’est une différence de métier.
- L’argent. Objection réelle, à laquelle il existe des réponses réelles : orientation par le médecin traitant, centres médico-psychologiques, permanences d’écoute. Demandez, on vous répondra.
- Et l’idée que cela ne servira à rien. « Parler ne change rien. » C’est ce que disent beaucoup de gens avant d’essayer, et presque aucun après.
Ce que je fais de ces obstacles
Sur marabout ou psychologue, je ne m’en sers pas. C’est tout, et c’est déjà beaucoup. Un praticien qui exploite la peur du regard des autres pour retenir quelqu’un loin d’un soin commet la faute la plus grave de ce métier. Je nomme l’obstacle et je reste sur ma réponse : ce que vous décrivez relève d’un professionnel.
Marabout ou psychologue : ce que je fais
Concrètement, et à ma place
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre du vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans. On m’écrit d’Europe en cherchant un marabout : c’est le mot qu’on emploie là-bas, et voici ce qu’il recouvre chez moi.
Marabout ou psychologue : mon écoute n’est pas un soin
Je le précise parce que la confusion est facile. Mon écoute est longue, gratuite, sans limite de temps, et elle fait du bien à beaucoup de gens. Ce n’est pas pour autant une thérapie, je ne suis pas formé pour cela, et je ne prétendrai jamais que parler avec moi remplace un accompagnement professionnel.
Marabout ou psychologue : je trie avant tout et je renvoie souvent
Sur dix demandes qui m’arrivent, quatre environ relèvent vraiment de ce que ma tradition sait traiter. Les six autres relèvent d’un médecin, d’un professionnel du soin psychique, d’un juriste, ou d’une décision qui n’appartient qu’au consultant. J’ai consacré un guide entier à ce tri dans le guide sur ce qu’il faut apporter à un marabout.
Et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert
Je procède à l’examen par le Fâ, l’art divinatoire de ma tradition et le cœur de mon métier de bokonon. Il porte sur vous, sur votre lignée et sur les lieux qui vous concernent. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit.
Quand il montre quelque chose, je conduis au temple les gestes que ma tradition prévoit : les prières adressées aux vodun de ma maison, les offrandes déposées, les libations versées pour les anciens de votre lignée, et la veillée quand le cas le demande. Une équipe de France 24 est venue y filmer en janvier 2026, pour son émission Plan B consacrée à la mangrove.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Le travail au temple, étape par étape
Où le tri intervient, et ce qui se passe ensuite
Rien ne commence sans votre accord écrit, et rien ne se paie avant que je sache si je peux agir
Deux choses propres à ce sujet. Le tri des six signes passe avant tout le reste, y compris avant l’examen. Et je ne demande jamais de complément : si j’ai mal évalué, c’est mon erreur et non la vôtre.
Dites-moi ce que vous traversez, je vous dirai qui peut quoi
Y compris si la réponse est que ce n’est pas moi. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je ne vous demanderai rien tant que je n’aurai pas vu si je peux agir.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Marabout ou psychologue : ce que l’examen révèle
Six choses que le Fâ met au jour, et qui ne relèvent pas du soin
- Un engagement pris et jamais honoré. C’est le premier, et de loin. Un vœu formulé un jour de peur, une promesse faite à un ancien. La personne l’avait complètement oublié, et aucun travail sur soi ne l’aurait retrouvé, parce qu’il n’est pas en elle.
- Une parole donnée devant les anciens et jamais reprise. Une brouille scellée par des mots durs, une rupture prononcée devant témoins. Cela se reprend, avec des gestes précis, devant ceux qui l’ont entendue.
- Une bénédiction jamais demandée. Avant un départ, une union, une installation. Très fréquent chez ceux qui sont partis vite ou fâchés.
- Un mort mal accompagné. Des funérailles suivies au téléphone, des rites impossibles depuis l’Europe. Le chagrin relève du soin ; les rites manquants relèvent de moi. Les deux existent en même temps.
- Un épuisement pris pour une attaque, faute d’avoir posé la question marabout ou psychologue. Ce n’est pas un signe du Fâ, et je le note parce que je le vois chaque semaine. Quelqu’un qui ne dort plus depuis dix jours interprète tout ce qui lui arrive comme une agression invisible.
- Et souvent, rien que je puisse traiter. Une vie difficile, une attente longue, une décision à prendre. Je le dis franchement et je n’accepte pas votre argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Depuis combien de nuits dormez-vous mal. Y a-t-il eu un choc récent. Êtes-vous suivi par quelqu’un, et depuis quand. Qui, avant vous, a vécu la même chose dans votre famille. Avez-vous pu accompagner vos morts.
Et celle que personne ne pose jamais : « si tout se réglait demain, qu’est-ce qui resterait ? »
Cette question sépare les deux domaines mieux que toutes les explications. Ce qui resterait, presque toujours, relève du soin. Ce qui disparaîtrait relevait de la situation. Beaucoup de gens découvrent en répondant que ce qui pèse le plus n’aurait pas bougé.
Marabout ou psychologue : ce que je ne dirai jamais
Sept phrases que vous entendrez ailleurs
- « Les médecins ne trouveront rien, c’est spirituel. » La plus dangereuse de toutes, parce qu’elle éloigne quelqu’un d’un examen qui aurait pu tout changer.
- « Arrêtez votre traitement, il vous bloque. » Je ne le dirai jamais, sous aucune forme, et personne ne devrait vous le dire.
- « Un psychologue ne comprendra pas votre culture. » Argument commode et faux. Beaucoup de professionnels connaissent parfaitement ces questions, et vous avez le droit d’en changer si le premier ne convient pas.
- « Votre angoisse vient d’une attaque. » Je ne l’affirmerai jamais. Une angoisse peut avoir cent causes, et la première chose à faire est de la faire examiner.
- « Ne parlez pas de moi à votre médecin. » Aucun praticien honnête ne demande ce silence. Dites-le à qui vous voulez.
- « Vous n’avez pas besoin de suivi, je m’occupe de tout. » Personne ne s’occupe de tout. Un homme qui le prétend vous isole.
- Et « c’est votre famille qui vous fait cela ». Je ne désigne jamais un coupable. Ceux qui donnent un nom brouillent des familles entières et ne réparent rien.
Au temple de Sakété, les gestes portent sur ce qui est resté ouvert dans une lignée. Ce qui se passe en vous relève d’un autre métier.
Ce que j’ai appris en trente ans sur cette question
Quand j’ai commencé, la question marabout ou psychologue ne m’était jamais posée. Les gens venaient avec ce qu’ils avaient, on regardait, et personne ne se demandait à quel domaine cela appartenait.
Ce qui a changé, ce n’est pas la souffrance : c’est le nombre de gens qui vivent loin de chez eux. Une personne installée en Europe depuis quinze ans porte souvent deux choses à la fois, et elle n’a personne à qui les confier ensemble. Son médecin ne connaît pas les rites manqués. Sa famille au pays ne comprend pas la fatigue de la vie là-bas. Elle se retrouve à devoir découper sa propre vie en morceaux, selon l’interlocuteur.
Ce découpage-là est une souffrance en soi, et personne n’en parle. Je le vois chaque semaine, et c’est peut-être ce que je peux faire de plus utile : dire à quelqu’un que les deux moitiés sont légitimes, qu’elles ne s’opposent pas, et qu’il n’a pas à choisir laquelle de ses deux vies est la vraie.
Personne ne devrait avoir à découper sa vie en deux selon l’interlocuteur. Les deux moitiés sont vraies.
Marabout ou psychologue : les dix questions à se poser
À vous-même d’abord, avant d’écrire à qui que ce soit
- Depuis combien de nuits est-ce que je dors mal ? La première question de marabout ou psychologue.
- Est-ce que cela dure depuis plus de deux semaines ? Au-delà de deux semaines, la réponse penche du côté du soin.
- Est-ce que quelque chose me procure encore du plaisir ? Si la réponse est non, c’est le signe le plus important de tous.
- Est-ce que mon corps a changé ? Poids, douleurs, fatigue nouvelle. Cela s’examine chez un médecin, en premier.
- Y a-t-il eu un choc dans les mois qui précèdent ? Un accident, une perte, une agression. Les semaines qui suivent demandent un accompagnement.
- Est-ce que je pense à la même personne toute la journée ? Le travail à mener porte alors d’abord sur cette emprise.
- Si tout se réglait demain, qu’est-ce qui resterait ? La question qui sépare les deux domaines.
- Y a-t-il eu, avant moi, quelque chose de non réglé dans ma famille ? Un départ fâché, des funérailles manquées, une promesse oubliée.
- Ai-je pu accompagner mes morts ? C’est le motif le plus fréquent chez ceux qui vivent loin.
- Est-ce que je cherche une explication, ou est-ce que je cherche à aller mieux ? Ce ne sont pas les mêmes démarches, et elles ne mènent pas au même interlocuteur.
- Et à qui puis-je en parler autour de moi ? Si la réponse est personne, commencez par là.
Ce que je propose selon votre situation
Quatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Vous hésitez franchement entre marabout ou psychologue
Ce que je fais : je vous donne les six signes et les dix questions, et je vous dis franchement de quel côté penche votre situation. C’est gratuit et cela prend quelques échanges.
Marabout ou psychologue : vous dormez mal depuis des semaines
Ce que je fais : je vous oriente vers un professionnel et je n’accepte rien. L’épuisement déforme tout, y compris ce que vous me raconterez, et un examen conduit sur un récit d’épuisé ne vaut rien.
Vous êtes déjà suivi et vous voulez aussi consulter
Ce que je fais : nous regardons votre situation, et je vous demande de ne rien interrompre. Je ne conseille jamais d’arrêter un suivi, et je vous encourage à en parler à la personne qui vous accompagne.
Vous avez perdu quelqu’un au pays sans pouvoir y aller
Ce que je fais : c’est le cas où les deux se mènent ensemble. Le chagrin se travaille avec un professionnel, les rites manquants se rattrapent au temple, et je conduis cette part-là. Le sujet est développé dans le guide sur le deuil.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Une dernière chose, et c’est la plus importante de cette page
Sur marabout ou psychologue, si vous hésitez à consulter un professionnel du soin parce que vous craignez le regard des autres, sachez que je ne vous jugerai pas et que je vous y encouragerai. Ce n’est pas un aveu de faiblesse, ce n’est pas une trahison de votre culture, et ce n’est certainement pas quelque chose dont il faudrait avoir honte.
Et si vous traversez des pensées noires en ce moment, appelez le 3114. Jour et nuit, gratuitement, partout en France, et des professionnels répondent. Cela passe avant tout ce que j’ai écrit sur cette page, avant mon métier, avant votre situation et avant moi. Quand cela sera fait, écrivez-moi si vous le souhaitez : je serai là.
Mon engagement
Ce que je fais : je cherche d’abord les six signes qui indiquent le soin. Je vous oriente quand c’est là que se trouve la réponse, et je n’accepte pas votre argent dans ce cas. Je vous écoute gratuitement, aussi longtemps qu’il le faut. J’examine par le Fâ sans rien demander. Et quand je peux agir, j’annonce les gestes et le montant ensemble, par écrit, avant de commencer.
Mes règles : je n’établis aucun diagnostic, ni sur le corps ni sur l’esprit. Je ne conseille jamais d’arrêter ni d’espacer un suivi ou un traitement. Je ne dis jamais qu’un professionnel ne comprendra pas votre culture. Je ne demande jamais le secret vis-à-vis de votre médecin. Je ne désigne aucun coupable. Et je ne prétends jamais m’occuper de tout.
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon, Sakété, Bénin
Marabout et prêtre vodun, initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentes
Les réponses courtes, sans détour
Faut-il choisir entre un marabout ou un psychologue ?
Marabout ou psychologue n’est pas un choix : ce sont deux questions différentes. L’un travaille sur ce qui se passe en vous, l’autre regarde ce qui est resté ouvert derrière vous.
Peut-on faire les deux en même temps ?
Oui : marabout ou psychologue se mènent souvent ensemble. Je demande seulement que le soin commence en premier et que rien ne soit interrompu de mon fait.
Quand faut-il aller voir un professionnel d’abord ?
Sommeil détruit, angoisse permanente, plus aucun plaisir, choc récent, pensée en boucle, pensées noires. Dans ces cas je m’arrête et je n’accepte rien.
Votre écoute remplace-t-elle une thérapie ?
Non, jamais : sur marabout ou psychologue, je reste du côté de la tradition. Elle est longue et gratuite, elle fait du bien, et je ne suis pas formé pour accompagner un soin psychique.
Un psychologue peut-il comprendre ma culture ?
Beaucoup le peuvent parfaitement, et vous avez le droit de changer si le premier ne vous convient pas. L’argument inverse sert à vous retenir.
Dois-je lui dire que je vous consulte ?
Oui, dites-le. Je ne demande jamais le secret, et un professionnel tiendra compte de ce qui compte pour vous.
Et si je n’ai pas les moyens de consulter ?
Parlez-en à votre médecin traitant. Des consultations sont prises en charge sur son orientation, et les centres médico-psychologiques reçoivent gratuitement.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un pour qui je ne peux rien.
Racontez-moi, et je vous dirai de quel côté cela penche
Entre marabout ou psychologue, même si la réponse est que ce n’est pas moi. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je ne vous demanderai rien tant que je n’aurai pas vu si je peux agir.
Gratuit, confidentiel, sans engagement, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Maître Luc · Wêtê Agbonon · Temple de Sakété
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