Guide de référence · lecture libre
Marabout pour se marier : les quatre accords
Chez nous, un mariage n’unit pas deux personnes : il unit deux lignées
30+ années · Temple de Sakété · France 24 · Examen du Fâ gratuit
Une union ne se fait pas, traîne depuis des années, ou se défait juste avant. Je suis Maître Luc, à l’état civil Wêtê Agbonon, prêtre du vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin. Dans ma tradition, un mariage repose sur quatre accords, et l’Europe n’en regarde qu’un seul. Celui des deux personnes. Les trois autres concernent les familles, les anciens et les morts, et c’est presque toujours l’un de ceux-là qui manque quand rien n’avance. Un marabout pour se marier ne peut rien sur le premier accord ; il a quelque chose à voir avec les trois autres.
Écrit par Maître Luc, prêtre du vodun et bokonon du Fâ · à l’état civil Wêtê Agbonon · 30+ ANNÉES · 4 ACCORDS · TEMPLE FILMÉ · FRANCE 24 · lecture 32 MIN
Qui vous répondra
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon du Fâ
Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, et non votre paiement. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
En résumé
Un mariage, dans ma tradition, demande quatre accords : celui des deux personnes, celui des deux familles, celui des anciens, et celui des morts.
Quand une union ne se fait pas ou ne tient pas, ce n’est presque jamais le premier qui manque : c’est l’un des trois autres, et personne ne pense à les regarder.
Un marabout pour se marier ne peut rien sur l’accord d’une personne. Mon écoute et mon examen du Fâ sont gratuits, et je ne prends votre argent que si je peux agir.
Ce que je refuse absolument sur ce terrain
Je ne travaille sur personne qui n’a rien demandé. Ni sur celui ou celle que vous voulez épouser, ni sur ses parents, ni sur quelqu’un qui s’oppose à votre union. C’est un interdit de ma formation et il ne se négocie pas.
Je ne demande donc ni photographie, ni nom, ni date de naissance concernant un tiers. Si vous me les envoyez, je ne les emploie pas et je vous le dis.
Ce que vous allez lire
- Marabout pour se marier : les quatre accords
- Les unions entre deux mondes
- La dot, et ce qu’elle est réellement
- Marabout pour se marier : le premier accord
- Marabout pour se marier : le deuxième accord
- Marabout pour se marier : le troisième accord
- Marabout pour se marier : le quatrième accord
- Marabout pour se marier : ce que la distance a défait
- Marabout pour se marier : six situations fréquentes
- Marabout pour se marier : ce que je fais
- Le travail au temple, étape par étape
- Marabout pour se marier : ce que l’examen révèle
- Marabout pour se marier : quand la famille refuse
- Marabout pour se marier : les dix questions à se poser
- Ce que je propose selon votre situation
- Mon engagement
- Questions fréquentes
Marabout pour se marier : les quatre accords
Un seul est regardé, trois sont oubliés
Là où l’on cherche un marabout pour se marier, en Europe, un mariage se conclut entre deux adultes consentants, et c’est tout ce que la loi demande. Dans ma tradition, ce consentement est le premier cercle, et il en existe trois autres autour de lui.
Ce n’est ni supérieur ni inférieur : c’est une autre manière de compter ce qui fait une union. Et pour quelqu’un qui vient de cette culture, les trois cercles extérieurs continuent d’exister même quand on vit à six mille kilomètres.
Le premier cercle ne se travaille pas. C’est la limite absolue de mon métier : le consentement d’une personne lui appartient entièrement, et aucun geste ne l’entame. Les trois cercles extérieurs, en revanche, se regardent, et il arrive qu’on puisse y agir.
Le cas de celle ou celui qui attend depuis longtemps
Il faut dire un mot de la situation la plus douloureuse et la moins bien traitée par ce marché. Quelqu’un qui n’a pas rencontré de conjoint depuis des années, à qui l’entourage demande sans cesse quand est-ce que c’est ton tour, et qui finit par écrire à un marabout pour se marier avec le sentiment d’être bloqué.
Ce que je réponds tient en trois choses, et aucune n’est un rite.
D’abord, la pression n’est pas une information. Le fait que votre famille vous le demande à chaque appel ne dit rien de votre situation : cela dit ce que votre famille attend. Ce sont deux choses différentes, et les confondre fait beaucoup de mal.
Ensuite, le mot bloqué mérite d’être examiné. Une personne qui n’a pas rencontré quelqu’un n’est pas nécessairement empêchée par quelque chose : elle vit peut-être dans un endroit, un métier ou un rythme qui ne le permet pas. Cela se regarde très concrètement, et cela n’appelle aucun praticien.
Enfin, ce que je peux regarder est étroit et réel : une bénédiction jamais demandée avant un départ, un engagement pris devant un ancien. Si l’examen ne montre rien, je le dis, et je n’accepte pas votre argent. Ce cas est celui où je refuse le plus souvent, parce qu’attendre n’est pas un signe.
Les unions entre deux mondes
Cinq questions que personne ne pose avant, et qui reviennent après
Une part importante de ceux qui cherchent un marabout pour se marier forment un couple entre deux pays, deux religions ou deux cultures. Ce n’est pas un problème en soi, et cela demande d’avoir parlé de choses dont on parle rarement avant.
- Où se fera l’union, et devant qui ? Beaucoup de couples découvrent tard qu’une famille attendait une cérémonie au pays et l’autre une célébration ici. Les deux sont possibles, et il faut le dire tôt.
- Que fera-t-on des rites de l’autre côté ? Les faire, ne pas les faire, en faire une partie. Cette question, posée avant, évite des années de reproche. Posée après, elle devient une dispute.
- Comment les enfants seront-ils élevés ? C’est la question qui remonte le plus tard et qui pèse le plus lourd. Elle concerne les deux familles bien au-delà du couple.
- Qui annonce, et quand ? Beaucoup d’unions se sont abîmées parce qu’une famille a appris la nouvelle par quelqu’un d’autre, des mois après.
- Et que fait-on si une famille ne vient pas ? Cela arrive. Décider à l’avance comment on le vivra vaut mieux que de le découvrir la veille.
Ce que je regarde dans ces situations
Jamais la compatibilité de deux religions ni de deux cultures : ce n’est ni mon rôle ni ma compétence, et je n’interprète la foi de personne. J’y consacre un guide entier.
Ce que je regarde est plus étroit et plus concret : si une parole a été prononcée devant les anciens à propos de cette union, et si elle a été reprise. Un refus formulé publiquement dans une famille, puis contourné en silence, laisse quelque chose d’ouvert. C’est cela, et rien d’autre, que le Fâ peut désigner.
La dot, et ce qu’elle est réellement
Le malentendu le plus répandu sur ce sujet
Impossible de parler du deuxième accord sans dire un mot de la dot, parce que c’est là que beaucoup de choses se nouent et que le mot est mal compris en Europe.
- La dot n’est pas un achat, et aucun marabout pour se marier ne devrait le laisser croire. C’est le malentendu qu’on entend le plus, et il est complet. Ce qui se remet lors d’une union scelle une alliance entre deux lignées ; personne n’achète personne.
- Ce n’est pas un montant fixe. Les usages varient d’une région à l’autre, d’une famille à l’autre, et une part importante est symbolique : des boissons, du tissu, des noix de kola, une somme convenue.
- La dot se négocie entre les familles, jamais par un marabout pour se marier. C’est précisément pour cela qu’elle bloque tant d’unions dans la diaspora : la négociation demande des interlocuteurs des deux côtés, et il n’y en a plus.
- Ce qui est promis engage. Voici le point qui me concerne. Une somme annoncée et jamais remise, un engagement pris devant les deux familles et laissé en suspens, reste ouvert. Cela ressort parfois des années après.
- Et elle peut se reprendre tardivement. Beaucoup de gens croient qu’une union commencée sans cela est définitivement irrégulière. Ce n’est pas vrai : ce qui n’a pas été fait au bon moment se rattrape, avec les formes prévues.
Ce que je ne fais pas sur ce sujet
Je ne fixe aucun montant, je ne conseille aucune somme, et je ne prends jamais parti dans une négociation entre deux familles. Ce n’est pas le rôle d’un marabout pour se marier, et celui qui s’en mêle sort de sa place.
Ce que je regarde, c’est seulement ce qui a été promis devant les anciens et jamais tenu, parce que cela relève du même ordre qu’un engagement non honoré.
Marabout pour se marier : le premier accord
Le seul cercle où je ne toucherai jamais
C’est pourtant celui sur lequel on m’écrit le plus. Les demandes qui arrivent à un marabout pour se marier portent presque toutes sur une personne précise : faites qu’elle accepte, faites qu’il se décide, faites qu’elle m’aime.
Ma réponse est non, et elle ne varie pas. Le consentement d’un être humain lui appartient entièrement, et aucune tradition sérieuse ne prétend le contraire. Ma formation l’interdit explicitement, et l’interdit vaut aussi quand la demande est sincère et quand celui qui la formule souffre réellement.
Les trois formes que prend cette demande
- « Faites qu’il ou elle se décide », première demande faite à un marabout pour se marier. La plus fréquente. Une relation qui dure depuis des années sans avancer, et l’on voudrait forcer le pas. Ce blocage a des causes qui se parlent, et aucune ne se traite par un rite conduit sur quelqu’un d’autre.
- « Faites que cette personne m’épouse », deuxième demande faite à un marabout pour se marier. Quand il n’y a même pas de relation établie. Là, ce que l’on me demande est très clair, et le refus est immédiat.
- « Empêchez ce mariage. » Contre une rivale, contre un choix qu’on désapprouve, contre l’union d’un enfant. Refus également, et pour la même raison : ces personnes n’ont rien demandé.
La question que je pose avant de refuser
Toujours la même, et elle déplace beaucoup de choses : « si cette personne acceptait parce qu’un rite l’y a obligée, est-ce que ce serait un mariage ? »
Presque personne ne répond. Ce que l’on veut n’est pas une signature : c’est quelqu’un qui choisit. La seconde chose ne s’obtient par aucun geste, chez moi ni ailleurs, et j’ai développé ce point dans le guide sur le retour affectif.
Un consentement obtenu par un rite ne serait pas un consentement. Ce serait exactement ce qu’on cherchait à éviter en se mariant.
Marabout pour se marier : le deuxième accord
Le cercle que la migration a le plus abîmé
Voici où commence ce qu’un marabout pour se marier sait regarder. Chez nous, une union engage deux familles : elles se rencontrent, elles se parlent, elles échangent des paroles et des engagements, et ces paroles comptent.
Ce n’est pas une formalité de politesse. Ce qui est dit entre deux familles au moment d’une union reste dit, et ce qui n’a pas été dit reste ouvert.
Ce qui manque le plus souvent, dans l’ordre
- Les deux familles ne se sont jamais rencontrées : premier motif chez qui cherche un marabout pour se marier. Le cas le plus fréquent chez ceux qui vivent en Europe. Des années de vie commune, parfois des enfants, sans que les deux lignées se soient saluées.
- Une famille n’a jamais été prévenue, et aucun marabout pour se marier n’y changera rien. On ne l’a pas dit, par crainte du refus, parce que la personne n’était pas du même pays, de la même religion, du même milieu. Le silence dure, puis il devient impossible à rompre.
- Une parole a été donnée puis retirée devant les deux familles. Un engagement pris entre les familles, une promesse de dot, un accord annoncé puis annulé. Cela ne s’efface pas parce que le couple s’est séparé ensuite.
- Une union précédente n’a jamais été réglée. Un premier mariage rompu au pays sans que les gestes prévus aient été faits, et une seconde union bâtie par-dessus.
- Et une famille a dit non, et personne n’y est revenu. Le refus a été prononcé, l’union s’est faite quand même, et le refus est resté tel quel pendant des années.
Ce que je peux faire de mon côté
Regarder, d’abord, ce qui a été dit et par qui. Ensuite, quand une parole a été prononcée devant les anciens et jamais reprise, ma tradition prévoit des gestes précis pour la reprendre. Ce n’est pas une négociation à votre place : c’est une reprise de ce qui a été laissé ouvert, conduite au temple, avec les anciens de votre lignée.
Marabout pour se marier : le troisième accord
La bénédiction, et pourquoi son absence pèse
Le troisième cercle est celui qu’un marabout pour se marier rencontre le plus souvent dans mes examens, et c’est aussi celui que les gens ont le plus complètement oublié.
Avant une union, on demande la bénédiction de ceux dont on vient. Ce n’est pas une autorisation administrative : c’est un accord obtenu, une parole donnée en retour, et ma tradition considère qu’il porte l’union ensuite. Un marabout pour se marier honnête vous demandera cela avant toute chose.
- Partir vite empêche de demander la bénédiction. Un départ précipité, un visa obtenu de justesse, une situation qu’il fallait quitter. On n’a pas eu le temps, et vingt ans plus tard on n’y a plus repensé.
- Partir fâché rend la bénédiction impossible, et c’est là qu’on cherche un marabout pour se marier. Une brouille au moment du départ, et l’on n’ose plus rien demander à personne. C’est le cas le plus lourd et le plus courant.
- La distance la fait oublier. On se marie en France, on prévient au téléphone après coup, et personne ne songe qu’il manque quelque chose.
- Et parfois les anciens sont morts, et c’est là qu’un marabout pour se marier intervient. Situation fréquente et qui n’est pas bloquée pour autant : la bénédiction se demande alors autrement, et c’est là que mon métier commence.
Ce que je conseille avant tout examen
Si vos parents sont vivants, demandez-la directement, vous n’avez besoin de personne. Un appel, une visite, une phrase dite clairement. Beaucoup de gens découvrent que ce qu’ils redoutaient depuis des années se règle en un après-midi.
Je le dis en sachant que cela me coûte des consultations, et je préfère cela. Le sujet est développé dans le guide sur la bénédiction des parents.
Marabout pour se marier : le quatrième accord
Le cercle le plus large, et le moins visible
Le dernier accord d’un marabout pour se marier concerne ceux qui ne sont plus là, dans les deux lignées. C’est la part de mon métier qui étonne le plus un lecteur européen, et c’est celle qui revient le plus dans mes examens.
- Un mort mal accompagné dans l’une des deux familles. Des funérailles suivies au téléphone, des rites impossibles depuis l’Europe. Cela pèse sur tout, y compris sur une union qui se prépare, et je le décris dans le guide sur les cinq dettes.
- Un deuil récent dans la famille. Il existe des périodes où une union ne se conclut pas, et cette contrainte est réelle dans ma tradition. Beaucoup de gens l’ignorent complètement.
- Un engagement pris devant un ancien décédé, que seul un marabout pour se marier peut reprendre. Une promesse faite à une grand-mère, un vœu formulé devant un père. La personne est morte, la parole est restée.
- Et une union précédente dont le conjoint est mort. Cas particulier et fréquent, qui demande des gestes précis avant qu’une nouvelle union se fasse.
Pourquoi ce cercle est le plus étroit de mon travail
Parce que c’est le seul où les gestes ne peuvent pas être posés par vous-même. Les trois autres accords se traitent en parlant : aux personnes, aux familles, aux anciens vivants. Celui-ci demande des rites conduits là où sont vos morts, et c’est précisément ce que je fais au temple de Sakété.
Marabout pour se marier : ce que la distance a défait
Cinq mécanismes, et aucun n’est une faute
Presque tous ceux qui écrivent à un marabout pour se marier depuis l’Europe sont dans la même situation, et elle mérite d’être décrite sans jugement.
- On se rencontre hors du cadre, sans qu’aucun marabout pour se marier ait été consulté. Au travail, dans une ville, sur internet. Personne n’a présenté personne, et les deux familles n’ont joué aucun rôle. Ce n’est ni bien ni mal : c’est simplement une autre manière de se rencontrer, et elle laisse les trois cercles extérieurs vides.
- Le voyage coûte trop cher pour réunir les deux familles. Faire venir une famille, ou aller la voir, représente des sommes qu’une personne seule ne peut pas réunir. Beaucoup d’unions restent sans présentation pour cette raison-là et pour aucune autre.
- Le temps manque pour ce qu’un marabout pour se marier appellerait le deuxième accord. Un congé de deux semaines tous les trois ans ne permet pas de conduire ce qui demandait autrefois des mois de va-et-vient entre deux familles.
- Personne n’a expliqué ce qu’un marabout pour se marier appelle les quatre accords. Des gens nés en France ignorent complètement l’existence de ces trois cercles. Ils l’apprennent parfois de la bouche d’un parent, au pire moment, quand une difficulté est déjà là.
- Et l’on craint le refus. Un conjoint d’un autre pays, d’une autre religion, d’un autre milieu. On repousse l’annonce, puis on se marie sans le dire, et le silence devient définitif.
Ce que je réponds à ceux qui s’en veulent
La même chose qu’ailleurs, et elle vaut d’être répétée. Vous n’avez rien trahi : on ne vous a rien transmis, et vous n’aviez ni le temps ni l’argent de faire autrement.
Ces trois cercles ne se referment pas tout seuls, mais ils ne se périment pas non plus. Ce qui n’a pas été fait il y a quinze ans peut être fait cette année, et c’est exactement ce qui m’occupe la plupart des semaines.
Marabout pour se marier : six situations fréquentes
Et ce que je regarde dans chacune
- La relation dure sans avancer, motif numéro un du marabout pour se marier. La demande porte sur le premier cercle, et je ne peux rien. Ce que je regarde, c’est si une union précédente est restée non réglée dans l’une des deux lignées, ce qui arrive souvent.
- Les fiançailles sont faites et le mariage ne se conclut jamais : deuxième motif du marabout pour se marier. Une date fixée puis repoussée, plusieurs fois. Je cherche ce qui a été promis entre les familles et jamais tenu.
- La famille refuse et rien n’avance. C’est le cas le plus douloureux, et j’y consacre une partie entière plus bas.
- Un mariage annulé peu avant la date, troisième motif du marabout pour se marier. Je regarde ce qui a été dit au moment de la rupture, devant qui, et si cette parole a été reprise.
- Aucune relation ne dure : motif fréquent chez qui cherche un marabout pour se marier. Ici, je commence par écarter ce qui relève d’un professionnel du soin, et je le dis franchement. Ce que je peux regarder ensuite est une bénédiction jamais demandée avant un départ.
- Et le conjoint précédent est mort. Le seul cas où ma tradition prévoit des gestes précis et où je m’engage sans hésiter, quand l’examen le confirme.
Ce que ces six situations ont en commun
Dans cinq cas sur six, la personne écrit à propos d’une autre personne, et je dois la ramener vers elle-même. Ce que je peux regarder est toujours de votre côté : votre lignée, vos anciens, vos morts, vos paroles. C’est moins séduisant qu’une promesse et c’est le seul terrain où quelque chose m’appartienne.
Marabout pour se marier : ce que je fais
Concrètement, et à ma place
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre du vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans. On m’écrit d’Europe en cherchant un marabout : c’est le mot qu’on emploie là-bas, et je précise à chaque fois qu’un marabout est au sens strict une figure de l’islam ouest-africain, ce que je ne suis pas.
Je vous renvoie d’abord vers ce qui ne demande personne
Demander une bénédiction à des parents vivants, prévenir une famille, faire se rencontrer deux lignées. Ces trois choses se font sans moi, elles ne coûtent rien, et elles règlent une part considérable de ce qu’on m’apporte.
Marabout pour se marier : je ne travaille sur personne qui n’a rien demandé
Ni sur celui ou celle que vous voulez épouser, ni sur ses parents, ni sur quelqu’un qui s’oppose. Je ne demande donc aucune photographie, aucun nom, aucune date de naissance concernant un tiers.
Je vous dis franchement quand je ne peux rien
Quand l’examen ne montre rien que ma tradition sache traiter, je le dis, et je n’accepte pas votre argent. Sur ce terrain, cela arrive souvent : une relation qui n’avance pas est parfois une relation qui n’avance pas.
Et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert
L’examen porte sur vous, sur votre lignée et sur les lieux qui vous concernent. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit. Quand il montre quelque chose, je conduis au temple les gestes que ma tradition prévoit : prières adressées aux vodun de ma maison, offrandes déposées, libations versées pour les anciens de votre lignée, veillée quand le cas le demande.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Le travail au temple, étape par étape
Avec l’étape que ce terrain ajoute
Rien ne commence sans votre accord écrit, et rien ne se paie avant que je sache si je peux agir
Deux choses propres à ce sujet. Rien de ce que je conduis ne porte sur votre conjoint ni sur sa famille, à aucune étape. Et je ne demande jamais de complément : si j’ai mal évalué, c’est mon erreur et non la vôtre.
Dites-moi si les deux familles se sont rencontrées
C’est la première question que je pose, et elle en règle beaucoup. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je ne vous demanderai rien tant que je n’aurai pas vu si je peux agir.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Marabout pour se marier : ce que l’examen révèle
Six choses que le Fâ met au jour sur ce terrain
- Une bénédiction jamais demandée, motif principal du marabout pour se marier. Le premier motif, et de loin. Avant un départ, avant une première union, avant une installation.
- Deux familles jamais présentées, ce que tout marabout pour se marier devrait demander en premier. Ce n’est pas à proprement parler un manquement au sens du Fâ, et c’est ce qui explique le plus de situations bloquées.
- Une parole donnée devant les anciens et jamais reprise. Un refus prononcé, un engagement de dot annoncé puis abandonné, une brouille scellée le jour d’une annonce.
- Une union précédente non réglée. Rompue au pays, sans que les gestes prévus aient été faits, et une seconde bâtie par-dessus.
- Un mort mal accompagné, terrain propre du marabout pour se marier. Très fréquent, et personne ne fait jamais le lien avec un mariage qui ne se conclut pas.
- Et souvent, rien que je puisse traiter. Une relation qui n’avance pas est parfois une relation qui n’avance pas. Je le dis franchement et je n’accepte pas votre argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Vos deux familles se sont-elles rencontrées, et quand. Vos parents ont-ils été prévenus, et par qui. Une bénédiction a-t-elle été demandée avant votre départ. Y a-t-il eu une union précédente, et comment s’est-elle terminée. Et qui est mort dans les deux familles ces dix dernières années.
Et celle que personne ne pose jamais : « qu’est-ce que votre famille n’a jamais su de cette relation ? »
Cette question ouvre plus de dossiers que toutes les autres réunies. Il y a presque toujours quelque chose : un silence, une annonce jamais faite, une part de l’histoire qui n’a jamais été dite. Ce n’est pas un mensonge et c’est resté ouvert.
Marabout pour se marier : quand la famille refuse
La situation la plus douloureuse, et ce que je ne ferai pas
C’est le cas qui m’arrive le plus souvent après celui de la bénédiction manquée, et c’est celui où l’on me demande le plus de faire quelque chose d’inacceptable.
Devant un marabout pour se marier, le cas est toujours le même. Une famille s’oppose : à cause du pays d’origine du conjoint, de sa religion, de son milieu, de son âge, d’un mariage précédent. La personne souffre, elle a le sentiment de devoir choisir entre les siens et sa vie, et elle cherche un marabout pour se marier qui ferait céder les opposants.
- Aucun marabout pour se marier honnête ne travaillera sur vos parents. Ni sur eux, ni sur un frère, ni sur qui que ce soit qui s’oppose. Ils n’ont rien demandé, et c’est un interdit absolu.
- Je ne vous dirai pas de passer outre. Ce n’est pas ma décision, et une union conclue contre une famille laisse quelque chose d’ouvert que l’on retrouve des années après.
- Je ne vous dirai pas non plus de renoncer. Ce n’est pas davantage ma décision, et personne ne devrait décider de cela à votre place, moi encore moins qu’un autre.
- Et je ne désignerai personne comme responsable de ce refus. Jamais une belle-mère, jamais une tante, jamais quelqu’un qui aurait influencé. J’y consacre un guide entier.
Ce que je peux faire, et c’est étroit
Regarder si le refus a été prononcé devant les anciens, et dans quels termes. Dans ma tradition, un refus prononcé formellement se reprend, avec des gestes, et cela se distingue d’un refus qui n’a jamais été formulé ainsi.
Regarder aussi ce qui, dans votre propre lignée, avait pu se produire avant. Il arrive qu’une opposition familiale se répète d’une génération à l’autre sans que personne ne s’en rende compte, et cette découverte change souvent la manière dont les gens abordent la conversation avec leurs parents.
Marabout pour se marier : les dix questions à se poser
Avant d’écrire à qui que ce soit
- Ma famille a-t-elle été prévenue, et par qui ? La première question avant tout marabout pour se marier.
- Depuis combien de temps cela dure-t-il ? Si la réponse est non, commencez par là.
- Les deux familles se sont-elles rencontrées ? Même par téléphone, même brièvement.
- Une bénédiction a-t-elle été demandée avant mon départ ? Le motif le plus fréquent de tous.
- Mes parents sont-ils vivants ? Si oui, une bonne partie de ce guide se règle sans praticien.
- Y a-t-il eu une union précédente, et comment s’est-elle terminée ? Dans l’une ou l’autre des deux familles.
- Quelqu’un est-il mort récemment dans les deux lignées ? Et les rites ont-ils pu être faits.
- Une parole a-t-elle été prononcée devant témoins ? Un refus, une promesse, un engagement.
- Qu’est-ce que ma famille ignore de cette relation ? La question qui ouvre le plus de choses.
- Est-ce que je demande à quelqu’un d’agir sur une autre personne ? Si oui, aucun praticien honnête n’acceptera.
- Et à qui puis-je en parler autour de moi ? Si la réponse est personne, commencez par là.
Les gestes portent sur ce qui a été dit entre deux lignées. Jamais sur la personne que vous voulez épouser.
Ce que je propose selon votre situation
Quatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Vous cherchez un marabout pour se marier avec une personne précise
Ce que je fais : je refuse, et je vous explique pourquoi plutôt que de vous laisser partir sans réponse. Puis je vous propose de regarder les trois cercles extérieurs, ce qui est autre chose et ce qui est gratuit à examiner.
Vous consultez un marabout pour se marier et vos familles ne se sont jamais vues
Ce que je fais : je vous dis de commencer par là, sans moi. Une présentation, même par téléphone, même tardive, referme le deuxième cercle et coûte zéro.
Vous n’avez jamais demandé de bénédiction et vos parents sont vivants
Ce que je fais : je vous demande d’appeler avant de m’écrire à nouveau. C’est le conseil qui me fait perdre le plus de dossiers sur ce terrain, et c’est le plus efficace.
Un ancien est mort avant d’avoir pu bénir votre union
Ce que je fais : c’est le cas où ma tradition prévoit des gestes précis, et où je m’engage sans hésiter si l’examen le confirme. C’est le seul des quatre cercles qui demande vraiment un praticien.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Une dernière chose, sur le fait d’être partagé entre deux mondes
Beaucoup de ceux qui m’écrivent sur ce sujet portent la même chose : ils vivent dans un pays où un mariage ne concerne que deux personnes, et ils viennent d’une famille où il en concerne quatre cercles. Ils n’ont pas choisi cette position et personne ne les y aide.
Les deux manières de compter sont légitimes, et vous n’avez pas à décider laquelle est la vraie. Ce que je peux vous dire, c’est que les trois cercles extérieurs ne disparaissent pas parce qu’on a déménagé, et que les refermer ne vous oblige à renoncer à rien. Si vous voulez que nous regardions lesquels sont restés ouverts, écrivez-moi : l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je vous dirai franchement si je ne peux rien.
Mon engagement
Ce que je fais : je passe les quatre accords en revue avec vous, gratuitement. Je vous renvoie d’abord vers ce qui se règle sans praticien. J’examine par le Fâ sans rien demander. Et quand je peux agir, j’annonce les gestes et le montant ensemble, par écrit, avant de commencer.
Mes règles : je ne travaille sur personne qui n’a rien demandé, ni sur votre conjoint, ni sur sa famille, ni sur ceux qui s’opposent. Je ne demande ni photographie ni nom d’un tiers. Je ne désigne aucun responsable d’un refus. Je ne vous dis ni de passer outre ni de renoncer. Je n’annonce aucune date de mariage. Et je ne demande aucun complément : si j’ai mal évalué, c’est mon erreur et non la vôtre.
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon, Sakété, Bénin
Marabout et prêtre vodun, initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentes
Les réponses courtes, sans détour
Pouvez-vous faire que quelqu’un m’épouse ?
Non : aucun marabout pour se marier ne le peut. Le consentement d’une personne lui appartient entièrement, et un consentement obtenu par un rite n’en serait pas un.
Quels sont les quatre accords ?
Les deux personnes, les deux familles, les anciens, les morts. L’Europe ne regarde que le premier ; ce qui manque est presque toujours l’un des trois autres.
Nos familles ne se sont jamais rencontrées
Commencez par là, sans praticien. Une présentation, même par téléphone, même tardive, referme le deuxième cercle et ne coûte rien.
Faut-il une bénédiction si mes parents sont vivants ?
Demandez-la directement, vous n’avez besoin de personne. Beaucoup découvrent que ce qu’ils redoutaient se règle en un après-midi.
Et si mes parents sont morts ?
La bénédiction se demande alors autrement, par des gestes conduits au temple. C’est là que mon métier commence réellement.
Ma famille refuse mon union
Je ne travaillerai jamais sur vos parents. Je regarde si le refus a été prononcé devant les anciens, car un refus formel se reprend.
Pouvez-vous dire qui s’oppose à nous ?
Non, jamais un nom. Vous repartiriez avec une rancune définitive, et rien ne serait réglé.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un pour qui je ne peux rien.
Commencez par le deuxième cercle
Avant tout marabout pour se marier : prévenez votre famille, faites se rencontrer les deux lignées, demandez la bénédiction si vos parents sont là. Ensuite, écrivez-moi : l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
Gratuit, confidentiel, sans engagement, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Maître Luc · Wêtê Agbonon · Temple de Sakété
Pour aller plus loin
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