Guide de référence · lecture libre
Marabout pour guérir : les cinq lignes que je ne franchis pas
Sur ce terrain, un refus vaut mieux qu’un travail, et il arrive qu’il sauve
30+ années · Temple de Sakété · France 24 · Examen du Fâ gratuit
Vous souffrez, les examens ne donnent rien de clair, et quelqu’un vous propose une autre explication. Je suis Maître Luc, à l’état civil Wêtê Agbonon, prêtre du vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin. Je ne soigne pas, je n’établis aucun diagnostic, et je ne donne rien à consommer. Cinq lignes existent dans ma formation, elles ne se franchissent pas, et sur ce terrain leur franchissement ne coûte pas seulement de l’argent : il coûte des mois de retard et parfois davantage. Voici lesquelles, et ce que ma tradition sait réellement regarder.
Écrit par Maître Luc, prêtre du vodun et bokonon du Fâ · à l’état civil Wêtê Agbonon · 30+ ANNÉES · 5 LIGNES · TEMPLE FILMÉ · FRANCE 24 · lecture 32 MIN
Qui vous répondra
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon du Fâ
Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, et non votre paiement. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
En résumé
Un marabout pour guérir, cela n’existe pas dans ma tradition. Un bokonon interroge un oracle sur ce qui est resté ouvert dans une lignée ; il ne touche pas aux corps.
Cinq lignes ne se franchissent pas : aucun diagnostic, rien à consommer, aucun soin retardé, aucune guérison annoncée, aucun document médical demandé ni commenté.
Mon écoute et mon examen du Fâ sont gratuits, et sur ce terrain je refuse plus souvent que partout ailleurs.
Avant tout le reste
Un corps qui va mal relève d’un médecin, toujours et en premier. Une douleur, une fatigue qui dure, une perte de poids, un symptôme nouveau : cela s’examine, et rien de ce que je peux conduire ne doit le retarder d’un seul jour.
En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112. Et si vous n’avez pas de médecin traitant, un centre de santé ou une permanence d’accès aux soins vous recevra. Cela passe avant toute cette page.
Ce que vous allez lire
- Marabout pour guérir : les cinq lignes
- Pourquoi ce terrain est le plus dangereux
- Marabout pour guérir : la première ligne
- Marabout pour guérir : la deuxième ligne
- Marabout pour guérir : la troisième ligne
- Marabout pour guérir : la quatrième ligne
- Marabout pour guérir : la cinquième ligne
- L’attente d’un diagnostic, et ce qu’elle fait
- Quand c’est la famille qui insiste
- Marabout pour guérir ou tradipraticien
- Marabout pour guérir : ce que le Fâ regarde
- Marabout pour guérir : ce que je fais
- Le travail au temple, étape par étape
- Marabout pour guérir : ce que l’examen révèle
- Marabout pour guérir : si on vous a fait arrêter un traitement
- Marabout pour guérir : les dix questions à poser
- Mon engagement
- Questions fréquentes
Marabout pour guérir : les cinq lignes
Ce qu’on vous proposera, et ce que je réponds
Chercher un marabout pour guérir est le seul de tous les terrains où un mauvais praticien peut faire des dégâts irréversibles. Ailleurs, on perd de l’argent. Ici, on perd du temps sur une maladie.
Voici les cinq lignes, avec de chaque côté ce qui se dit.
Une seule de ces cinq phrases suffit à fermer la page. Vous n’avez pas besoin d’en entendre deux, et vous n’avez pas à discuter : un praticien qui en prononce une vient de vous dire qu’il est prêt à décider à la place de votre médecin.
Pourquoi ce terrain est le plus dangereux de tous
Six raisons, et la première suffit
De tous les sujets que je traite, chercher un marabout pour guérir est celui où les conséquences peuvent être irréversibles. Voici pourquoi, et aucune de ces raisons n’est de votre faute.
- Parce que le temps compte réellement. Sur l’argent ou l’amour, quelques mois perdus se rattrapent. Sur une maladie, un retard de diagnostic ne se rattrape pas toujours. C’est la seule raison qui suffirait.
- Parce que la peur désarme. Une personne qui craint pour sa santé, ou pour celle d’un enfant, accepte des choses qu’elle refuserait en toute autre circonstance.
- Parce que la médecine n’explique pas tout. Quand des examens ne donnent rien de clair, l’attente devient insupportable, et une explication complète et immédiate soulage énormément. C’est la faille exacte où s’engouffre un faux marabout pour guérir.
- Parce que l’amélioration naturelle existe. Beaucoup de choses s’améliorent seules avec le temps. Celui qui a vendu un produit s’attribue ce que le corps a fait tout seul.
- Parce qu’on n’ose pas le dire à son médecin. Par crainte d’être jugé, on cache ce qu’on a pris. Le professionnel travaille alors sans une information essentielle.
- Et parce que la famille pousse. Souvent depuis le pays, avec les meilleures intentions du monde, quelqu’un insiste pour qu’on essaie autre chose. Cette pression est réelle et il faut la nommer.
Ce que cela implique très concrètement
Une seule chose, et elle vaut mieux que tout le reste de ce guide : ne modifiez rien à votre suivi médical à cause de quelqu’un qui n’est pas médecin. Ni un rendez-vous, ni un traitement, ni un examen prévu.
Tout le reste peut attendre. Un rite conduit dans trois mois vaudra exactement ce qu’il vaut aujourd’hui ; un examen repoussé de trois mois, non.
Marabout pour guérir : la première ligne
Je ne dis jamais ce que vous avez
C’est la ligne d’entrée, et elle est franchie chaque jour. Un marabout pour guérir qui vous annonce ce dont vous souffrez sans vous avoir examiné, sans formation médicale et sans le moindre moyen de le vérifier vient de commettre la première faute.
Je ne le fais pas, et pas seulement parce que je n’en ai pas le droit : parce que je n’en ai aucun moyen. Le Fâ ne regarde pas les corps. Il porte sur ce qui est resté ouvert dans une lignée, ce qui est autre chose et beaucoup plus étroit.
Les formes que prend cette faute
- Nommer une maladie, ce qu’aucun marabout pour guérir ne devrait faire. La forme la plus directe, et la plus rare parce qu’elle est risquée pour celui qui la commet.
- Décrire un organe atteint, faute courante du faux marabout pour guérir. Beaucoup plus fréquent, et suffisamment vague pour ne jamais être contredit.
- Affirmer une cause invisible. La forme la plus courante de toutes : ce n’est pas naturel, on vous a fait quelque chose. J’y consacre un guide entier.
- Et contredire un médecin. Dire que les examens se trompent, que le traitement ne convient pas, que le professionnel n’a pas compris. C’est la plus grave.
Ce que je réponds à quelqu’un qui insiste
Que je ne peux pas le savoir, et que celui qui le sait s’appelle un médecin. Ce n’est pas de la modestie : c’est la description exacte de ce que ma tradition sait faire et de ce qu’elle ne sait pas.
Un praticien qui vous dit ce que vous avez sans vous avoir examiné vous dit surtout ce qu’il est prêt à inventer.
Marabout pour guérir : la deuxième ligne
La ligne dont le franchissement est le plus dangereux
Cette ligne est la plus grave des cinq du marabout pour guérir, et je vais l’écrire sans détour parce qu’elle concerne des corps.
Ne consommez jamais rien qui vous soit envoyé par un praticien, quel qu’il soit, et quelle que soit la confiance que vous lui portez. Ni poudre, ni liquide, ni préparation, ni infusion, ni gélule. Je ne donne rien de tel, je n’en envoie pas, et je n’en conseille aucun.
- Parce que vous ne savez pas ce qu’un marabout pour guérir vous envoie. Ni la composition, ni la dose, ni la provenance. Personne ne le sait, à commencer souvent par celui qui l’envoie.
- Parce que ce qu’envoie un marabout pour guérir interagit avec un traitement. Beaucoup de gens qui reçoivent ces produits suivent par ailleurs un traitement prescrit, et n’en parlent pas à leur médecin. C’est là que le danger devient réel.
- Parce que la dose ne se contrôle pas. Une plante n’est pas inoffensive parce qu’elle est naturelle, et certaines sont toxiques pour le foie ou les reins.
- Et parce que cela crée une dépendance à celui qui l’envoie. Il faut renouveler, il faut compléter, il faut payer encore. C’est le modèle économique complet.
Ce que je demande si cela vous est déjà arrivé
Deux choses, dans cet ordre. Arrêtez immédiatement, et parlez-en à votre médecin, même si vous avez honte, même si vous craignez d’être jugé. Un professionnel a besoin de savoir ce que vous avez pris pour comprendre ce qui se passe, et il a vu bien pire que votre situation.
Et si vous ressentez un effet inhabituel, un centre antipoison répond vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans chaque région. En cas de gravité, le 15 ou le 112.
Marabout pour guérir : la troisième ligne
Ni arrêté, ni espacé, ni caché
La troisième ligne du marabout pour guérir est celle dont je vois le plus souvent les conséquences, des mois après.
Un marabout pour guérir malhonnête n’a pas besoin de vous dire d’arrêter un traitement : il lui suffit de vous faire attendre. On vous demande de laisser agir, de patienter, de voir dans quelques semaines. Et pendant ce temps, un examen n’est pas fait.
- Aucun marabout pour guérir honnête ne conseille d’arrêter un traitement. Ni de l’espacer, ni de le remplacer, ni de le diminuer.
- Aucun marabout pour guérir ne devrait faire reporter un examen. Ni une consultation, ni une intervention, ni un contrôle.
- Je ne demande jamais le secret vis-à-vis d’un médecin. Dites-lui que vous me consultez si vous le souhaitez : cela ne me dérange pas, et un bon professionnel n’en fera pas une affaire.
- Et je ne dis jamais que les médecins ne trouveront rien. Cette phrase est la plus dangereuse du métier, et elle est prononcée tous les jours. J’y consacre un guide entier.
Ce que je demande avant tout examen
Une seule chose : que le parcours médical soit engagé et qu’il continue. Si quelqu’un m’écrit sans avoir consulté, je demande qu’il consulte avant de m’écrire à nouveau. Cela ferme beaucoup de dossiers, et c’est la partie de mon travail dont je suis le plus certain.
Marabout pour guérir : la quatrième ligne
Ni promesse, ni date, ni certitude
La quatrième ligne du marabout pour guérir est symétrique de celles que je tiens ailleurs. Je n’annonce jamais une naissance, jamais un décès, jamais une décision de justice, et jamais une guérison.
Ces interdits existent pour la même raison : une annonce de ce type reconfigure toute la vie de quelqu’un autour d’une échéance que personne ne peut garantir.
- Une annonce de guérison par un marabout pour guérir fait relâcher. On suit moins, on surveille moins, on consulte moins. C’est l’effet le plus direct et le plus mesurable.
- Une annonce de marabout pour guérir prépare une explication. Si rien ne vient, ce sera un obstacle, un travail adverse, une consigne mal suivie. Jamais l’inexistence de la promesse.
- Elle justifie un second versement. C’est sa fonction réelle sur presque tous les terrains.
- Et elle détruit quand elle échoue. Une personne malade à qui l’on a promis la guérison porte, en plus de sa maladie, le sentiment d’avoir échoué à quelque chose.
Ce que je peux dire, en revanche
Ce sur quoi je m’engage, et cela ne concerne que ma conduite. Le montant annoncé une fois et invariable. Les gestes conduits par moi-même. Le compte rendu écrit. Et la possibilité de me réécrire ensuite sans repayer.
Une promesse porte sur votre corps, qui ne m’appartient pas. Un engagement porte sur ma conduite, qui m’appartient. Je ne signerai jamais la première.
Marabout pour guérir : la cinquième ligne
Je ne les demande pas, je ne les lis pas, je ne les commente pas
La dernière ligne du marabout pour guérir est la moins connue et elle mérite d’être dite, parce que beaucoup de gens envoient spontanément leurs résultats en croyant bien faire.
Je ne demande aucun document médical : ni analyse, ni compte rendu, ni ordonnance, ni imagerie. Si vous m’en envoyez, je ne les emploie pas et je vous le dis.
- Parce qu’un marabout pour guérir ne sait pas les lire. C’est la raison principale et la plus honnête. Interpréter un résultat demande une formation que je n’ai pas.
- Parce que les commenter serait un diagnostic, interdit à tout marabout pour guérir. Même une remarque vague sur un chiffre est un franchissement de la première ligne.
- Parce que ce sont des données très sensibles. Elles ne devraient jamais circuler en dehors de votre suivi médical.
- Et parce qu’un praticien qui les réclame vous prépare autre chose. Il s’en servira pour paraître savoir, pour désigner une cause, ou pour justifier ce qu’il va vous vendre.
Ce que je demande à la place
Votre nom, votre date de naissance et une photographie de vous. Rien d’autre. Ces trois éléments servent à nommer une personne dans une prière, et ils n’ont aucune valeur médicale ni administrative.
L’attente d’un diagnostic, et ce qu’elle fait
Cinq observations, et elles expliquent presque tout ce terrain
Beaucoup de gens qui cherchent un marabout pour guérir ne cherchent pas un remède : ils cherchent une explication. Ce n’est pas la même chose, et cette distinction change tout.
- L’incertitude est plus dure que la mauvaise nouvelle. C’est ce que me disent presque tous ceux qui traversent des mois d’examens sans résultat clair. Une réponse fausse mais complète soulage, et c’est exactement ce qu’on leur vend.
- Le corps médical explique peu. Non par mauvaise volonté, mais par manque de temps. Cinq minutes d’explication supplémentaires suffiraient souvent à fermer la porte par laquelle entre un faux marabout pour guérir.
- On se sent seul et pressé. Les rendez-vous sont courts, espacés, et l’on n’ose pas poser toutes ses questions. Quelqu’un qui vous écoute une heure paraît alors plus attentif que celui qui vous soigne.
- Les proches proposent des explications. Chacun a une théorie, et les théories circulent plus vite que les résultats.
- Et l’on cherche une cause qui rende la chose maîtrisable. Une cause invisible a un avantage terrible : elle suggère qu’on peut agir, alors que l’attente suggère qu’on ne peut rien.
Ce que je conseille à quelqu’un dans cette attente
Trois choses, et aucune n’est un rite. Écrivez vos questions avant le rendez-vous, et demandez qu’on y réponde : c’est votre droit et cela change beaucoup de consultations. Demandez un deuxième avis si le doute persiste, c’est prévu et personne ne s’en offusque. Et demandez qui vous pouvez appeler entre deux rendez-vous, parce que la solitude entre deux dates est ce qui pèse le plus.
Je peux vous écouter, gratuitement, aussi longtemps qu’il le faut. Ce que je ne peux pas faire, c’est vous donner l’explication que vous cherchez, et je préfère vous décevoir plutôt que d’inventer.
Quand c’est la famille qui insiste
La pression qui amène la moitié des messages sur ce terrain
Une part importante de ceux qui cherchent un marabout pour guérir ne le cherchent pas pour eux-mêmes : on le leur a demandé. Un parent au pays, un oncle, une tante, quelqu’un qui insiste depuis des semaines.
- La demande vient d’un amour réel. C’est ce qui la rend si difficile à refuser. Personne n’insiste par méchanceté : on insiste parce qu’on a peur et qu’on veut aider.
- Elle s’appuie sur des histoires. Untel a été guéri, la femme d’untel s’est remise après avoir vu quelqu’un. Ces récits circulent, personne ne les vérifie, et ils pèsent lourd.
- Refuser passe pour un mépris. Refuser ce que propose sa famille, c’est refuser sa culture, c’est se croire supérieur depuis qu’on vit en Europe. Ce reproche est violent et il fait céder beaucoup de gens.
- Et l’on finit par payer pour avoir la paix. Non pas parce qu’on y croit, mais pour que la conversation cesse. C’est ce que me disent la plupart de ceux qui l’ont fait.
Ce que je conseille dans cette situation
Une phrase, une seule, et elle marche mieux qu’un refus. « Je le ferai, et après les examens. » Elle ne heurte personne, elle ne renie rien, et elle place le soin en premier, ce qui est exactement l’ordre correct.
Et si vous voulez qu’un praticien parle à votre famille, dites-lui de m’écrire. Je réponds la même chose à tout le monde, y compris à une mère inquiète : le médecin d’abord, et je ne soigne pas.
Marabout pour guérir ou tradipraticien
Une distinction que presque personne ne fait
Il faut la poser clairement, parce que la confusion entre les deux explique une partie de ce que je dénonce plus haut.
Le tradipraticien soigne par les plantes. C’est un métier réel en Afrique de l’Ouest, ancien, avec une transmission propre et un savoir végétal considérable. Ce n’est pas le mien. Je suis bokonon et hounnon : j’interroge un oracle et je conduis des rites, je ne prépare rien et je ne soigne personne.
- Deux métiers, deux formations : marabout pour guérir et tradipraticien ne se confondent pas. Un devin n’apprend pas les plantes, et un tradipraticien n’apprend pas nécessairement la divination. Ils se renvoient d’ailleurs des gens l’un à l’autre.
- Un vrai tradipraticien travaille sur place, à la différence d’un marabout pour guérir à distance. Il voit la personne, il observe, il ajuste. Cela ne se fait pas par messages depuis six mille kilomètres.
- Il ne remplace pas un médecin non plus. Les praticiens sérieux que je connais orientent vers l’hôpital dès qu’ils identifient quelque chose qui les dépasse, et cela arrive souvent.
- Et celui qui vend à distance n’est ni l’un ni l’autre. Un marabout pour guérir qui expédie des produits en Europe emprunte le vocabulaire du tradipraticien sans en avoir la pratique.
Ce que font les praticiens sérieux que je connais
Il faut le dire, parce que ce guide pourrait laisser croire que tout le monde ment sur ce terrain.
Les tradipraticiens sérieux que je connais au Bénin refusent des gens tous les jours. Ils reconnaissent ce qui les dépasse, ils envoient à l’hôpital, et certains travaillent en lien avec des centres de santé. Un praticien qui connaît vraiment les plantes sait mieux que quiconque à quel point elles peuvent nuire, et c’est précisément pour cela qu’il est prudent.
Celui qui n’a rien appris est celui qui promet tout. C’est vrai dans ma tradition comme ailleurs, et c’est vrai partout dans le monde.
Pourquoi cette confusion est entretenue
Parce qu’elle est commode. Le mot marabout attire les recherches, le vocabulaire des plantes rassure, et la combinaison des deux permet de vendre des produits à des gens qui n’ont aucun moyen de vérifier quoi que ce soit. J’ai posé ces distinctions dans le guide sur le vocabulaire des praticiens.
Marabout pour guérir : ce que le Fâ regarde
Quatre motifs, et aucun n’est dans votre corps
Voici la part honnête de mon travail sur ce sujet. Le Fâ ne regarde ni une maladie, ni un organe, ni une cause physique. Il regarde ce qui est resté ouvert derrière une personne, dans sa lignée.
- Une bénédiction jamais demandée, que tout marabout pour guérir devrait chercher. Avant un départ, une union, une installation. C’est le motif le plus fréquent chez ceux qui m’écrivent d’Europe.
- Un engagement pris et jamais honoré. Un vœu formulé pendant une maladie ancienne, souvent celle d’un parent, et oublié dès que la peur est passée. Ce motif revient très souvent sur ce terrain.
- Une parole donnée devant les anciens et jamais reprise. Une brouille, un reniement, un serment prononcé devant la famille.
- Un mort mal accompagné. Notamment un parent mort d’une maladie, dont les rites n’ont pas pu être conduits. Le sujet est développé dans le guide sur les cinq dettes.
Ce que traiter cela ne produit pas
Cela ne guérit rien, cela ne remplace aucun traitement, et cela ne modifie aucun résultat. Ce qui est traité, c’est un engagement resté ouvert, et cela existe indépendamment de votre état de santé.
Beaucoup de gens espèrent l’inverse, et je le comprends. C’est précisément pour cela que je le répète avant l’examen, pendant, et après.
Marabout pour guérir : ce que je fais
Concrètement, et à ma place
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre du vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans. On m’écrit d’Europe en cherchant un marabout : c’est le mot qu’on emploie là-bas, et je précise à chaque fois qu’un marabout est au sens strict une figure de l’islam ouest-africain, ce que je ne suis pas.
Marabout pour guérir : je demande d’abord si un médecin suit
Avant tout examen. Si la réponse est non, je demande que cela soit fait avant qu’on m’écrive à nouveau. C’est la question qui me fait perdre le plus de dossiers sur ce terrain, et c’est la plus utile que je pose.
Je tiens les cinq lignes, sans exception
Aucun diagnostic, rien à consommer, aucun soin retardé, aucune guérison annoncée, aucun document médical. Ces interdits tiennent quelles que soient les circonstances et quelle que soit l’insistance.
Marabout pour guérir : je refuse quand la situation est grave
Quand quelqu’un me décrit une maladie sérieuse, je n’ouvre pas de dossier et je n’accepte rien. J’écoute, j’oriente, et je reste joignable. Prendre de l’argent à quelqu’un dans cette situation ne s’excuse pas.
Et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert
L’examen porte sur vous, sur votre lignée et sur les lieux qui vous concernent, jamais sur un corps. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit. Quand il montre quelque chose, je conduis au temple les gestes que ma tradition prévoit : prières adressées aux vodun de ma maison, offrandes déposées, libations versées pour les anciens de votre lignée, veillée quand le cas le demande.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Le travail au temple, étape par étape
Avec les deux étapes que ce terrain ajoute
Rien ne commence sans votre accord écrit, et rien ne se paie avant que je sache si je peux agir
Deux choses propres à ce sujet. Rien de ce que je conduis ne doit retarder un soin, à aucune étape. Et je ne demande jamais de complément : si j’ai mal évalué, c’est mon erreur et non la vôtre.
Dites-moi d’abord si un médecin suit la situation
C’est la première question que je pose, et elle est gratuite. Rien de ce que je peux conduire ne remplace un soin ni ne doit le retarder. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ ne coûtent rien.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Marabout pour guérir : ce que l’examen révèle
Six choses, et aucune n’est une maladie
- Un vœu formulé pendant une maladie ancienne, seul terrain du marabout pour guérir. Le motif le plus fréquent de tout ce terrain. Quelqu’un a promis quelque chose pendant que sa mère était à l’hôpital, elle s’est remise, et la promesse a été oubliée.
- Une bénédiction jamais demandée. Avant un départ, une union, une installation.
- Une parole donnée devant les anciens et jamais reprise. Souvent prononcée dans une période difficile de la famille.
- Un mort mal accompagné. Notamment celui dont on porte le nom ou dont on a repris quelque chose.
- Un épuisement que personne n’a pris au sérieux. Ce n’est pas un signe du Fâ et je le note parce que je le vois chaque semaine. Quelqu’un qui ne dort plus depuis des mois ressent des choses qui l’inquiètent, et cela relève d’un médecin.
- Et souvent, rien que je puisse traiter. Une maladie est une maladie. Je le dis franchement et je n’accepte pas votre argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Un médecin suit-il la situation, et depuis quand. Quelqu’un vous a-t-il donné quelque chose à prendre. Avez-vous cessé ou espacé un traitement. Qui, dans votre famille, a été malade avant vous, et qu’a-t-on promis à ce moment-là. Et dormez-vous.
Et celle que personne ne pose jamais : « qu’avez-vous promis pendant que quelqu’un était malade ? »
La réponse arrive souvent après un silence. Un vœu formulé dans la peur, devant un lit d’hôpital, à un parent ou à une divinité. La personne s’est remise, la vie a repris, et l’engagement est resté. C’est cela, et rien d’autre, que ma tradition sait regarder ici.
Marabout pour guérir : si on vous a fait arrêter un traitement
Cinq choses à faire, dans cet ordre
C’est la situation la plus grave que je rencontre, et elle m’arrive plusieurs fois par an. Voici ce que je réponds, et rien de tout cela ne passe par moi.
- Reprenez contact avec votre médecin, maintenant, et non avec un marabout pour guérir. Pas la semaine prochaine. Un traitement interrompu se reprend, et plus vite c’est fait, mieux c’est.
- Dites-lui la vérité, y compris ce qu’un marabout pour guérir vous a donné. Ce que vous avez arrêté, quand, et ce que vous avez pris à la place. Il a besoin de le savoir pour comprendre ce qu’il voit, et il ne vous jugera pas comme vous le craignez.
- Cessez de verser à cette personne. Immédiatement, et ne payez pas pour obtenir la permission d’arrêter.
- Conservez les messages. Faire arrêter un traitement à quelqu’un n’est pas une simple escroquerie, et ces échanges peuvent compter.
- Et parlez-en à un proche. Cette situation ne se traverse pas seul, et le secret demandé était précisément ce qui la rendait possible.
Le cas de l’enfant, et je m’y arrête
Il faut le dire à part, parce que cela m’arrive et que la réponse ne souffre aucune nuance.
Quand un parent m’écrit au sujet d’un enfant malade, je réponds une seule chose : emmenez-le voir un médecin, aujourd’hui, et ne donnez rien à cet enfant qui vienne de quiconque, moi compris. Je n’ouvre aucun dossier, je ne conduis rien, et je n’accepte rien.
Ce n’est pas une question de compétence ni de tradition : un enfant ne peut pas décider pour lui-même, il ne peut pas dire qu’un produit lui fait du mal, et il dépend entièrement des adultes qui l’entourent. Un praticien qui accepte de traiter un enfant à distance, sans l’avoir vu et sans être médecin, commet la chose la plus grave de ce métier.
Si un proche vous pousse dans cette direction, montrez-lui ce paragraphe. Il vient d’un prêtre du vodun, et il dit la même chose que votre médecin.
Ce que je réponds à ceux qui s’en veulent
La même chose qu’ailleurs, et elle vaut d’être répétée ici. Vous n’avez pas été crédule : on vous a parlé au moment où vous aviez le plus peur, et quelqu’un a exploité cela.
Ce qui compte maintenant est devant vous, pas derrière. Reprenez le soin, dites la vérité au professionnel qui vous suit, et ne portez pas seul ce qui vient d’arriver.
Marabout pour guérir : les dix questions à poser
À n’importe quel praticien, sur ce terrain plus qu’ailleurs
- Me dites-vous ce que j’ai ? La question qui règle le choix d’un marabout pour guérir en un message.
- Depuis combien de temps exercez-vous, et où ? La première de toutes. Si la réponse est oui, arrêtez immédiatement.
- Avez-vous quelque chose à me faire prendre ? La réponse doit être non, sans nuance.
- Me demandez-vous d’arrêter ou de retarder un soin ? Refusez et parlez-en à votre médecin.
- Me demandez-vous mes analyses ? Aucun praticien n’en a besoin ni ne sait les lire.
- Me garantissez-vous une guérison ? Personne ne le peut, pas même un médecin.
- Me donnez-vous une date ? Une échéance sert à organiser une attente et à préparer une excuse.
- Dites-vous que les médecins ne trouveront rien ? C’est la phrase la plus dangereuse de ce métier.
- Me demandez-vous le secret vis-à-vis de mon médecin ? Si oui, partez.
- M’avez-vous demandé si je suis suivi ? Un homme honnête pose cette question en premier.
- Et qu’est-ce que vous ne savez pas faire ? Sur ce terrain, la réponse devrait commencer par : je ne soigne pas.
Les gestes portent sur ce qui est resté ouvert dans une lignée. Jamais sur un corps, et jamais à la place d’un médecin.
Ce que je propose selon votre situation
Quatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Vous cherchez un marabout pour guérir une maladie
Ce que je fais : je vous dis que je ne soigne pas, et je n’ouvre pas de dossier. Je vous écoute, gratuitement, et je vous demande si un médecin suit la situation.
On vous a parlé d’une cause invisible et vous cherchez un marabout pour guérir
Ce que je fais : je ne confirme pas et je ne nie pas. Je vous demande qui vous l’a dit, et je vous encourage à poursuivre les examens. J’y consacre un guide entier.
On vous a envoyé quelque chose à prendre
Ce que je fais : je vous demande d’arrêter et d’en parler à votre médecin, en priorité sur tout le reste. C’est la situation où je réponds le plus vite.
Vous voulez regarder ce qui est resté ouvert dans votre lignée
Ce que je fais : nous regardons, sans que rien n’interfère avec votre suivi. C’est le seul cas où je m’engage, quand l’examen le confirme, et je ne promets aucun effet sur votre santé.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Une dernière chose, et c’est la plus importante de cette page
Si vous cherchiez un marabout pour guérir parce que quelque chose ne va pas dans votre corps et que vous cherchez une autre voie, je vous ai déçu, et je préfère cela.
La seule chose que je puisse faire d’utile pour vous est de vous renvoyer là où on peut vous examiner. Un médecin traitant, un centre de santé, une permanence d’accès aux soins si vous n’avez pas de couverture. Et le 15 ou le 112 si c’est urgent. Quand ce sera fait, écrivez-moi si vous le souhaitez : l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je vous dirai franchement si je ne peux rien.
Mon engagement
Ce que je fais : je dis d’emblée que je ne soigne pas. Je demande si un médecin suit la situation. Je vérifie si quelqu’un vous a donné quelque chose à prendre. J’examine par le Fâ sans rien demander. Et quand je peux agir, j’annonce les gestes et le montant ensemble, par écrit, avant de commencer.
Mes règles : aucun diagnostic, rien à consommer, aucun soin retardé ni arrêté, aucune guérison annoncée, aucun document médical demandé ni commenté. Je ne dis jamais que les médecins ne trouveront rien. Je ne demande jamais le secret vis-à-vis d’un professionnel. Je n’ouvre aucun dossier quand la maladie est sérieuse. Et je ne demande aucun complément : si j’ai mal évalué, c’est mon erreur et non la vôtre.
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon, Sakété, Bénin
Marabout et prêtre vodun, initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentes
Les réponses courtes, sans détour
Un marabout peut-il guérir ?
Un marabout pour guérir, cela n’existe pas dans ma tradition. Un bokonon interroge un oracle sur une lignée ; il ne touche pas aux corps et n’établit aucun diagnostic.
Donnez-vous quelque chose à prendre ?
Jamais. Ne consommez rien qui vous soit envoyé par un praticien, quel qu’il soit, et parlez-en à votre médecin si c’est déjà fait.
Faut-il arrêter mon traitement ?
Non, jamais, et je ne le conseillerai sous aucune forme. Ni arrêter, ni espacer, ni cacher quoi que ce soit à votre médecin.
Les médecins ne trouvent rien, est-ce spirituel ?
Je ne l’affirmerai jamais. C’est la phrase la plus dangereuse de ce métier, parce qu’elle éloigne d’un examen.
Voulez-vous voir mes analyses ?
Non. Je ne sais pas les lire, les commenter serait un diagnostic, et ces données ne doivent pas circuler.
Que regardez-vous alors ?
Un vœu formulé pendant une maladie ancienne, une bénédiction non demandée, une parole non reprise, un mort mal accompagné.
Êtes-vous tradipraticien ?
Non, c’est un autre métier. Le tradipraticien soigne par les plantes et travaille sur place, pas par messages à distance.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un pour qui je ne peux rien.
Faites-vous examiner, écrivez-moi ensuite
Avant tout marabout pour guérir : un médecin traitant, un centre de santé, une permanence d’accès aux soins. En cas d’urgence, le 15 ou le 112. Ensuite, si vous le voulez, nous regardons ce qui est resté ouvert dans votre lignée.
Gratuit, confidentiel, sans engagement, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Maître Luc · Wêtê Agbonon · Temple de Sakété
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