Marabout pour se venger : pourquoi je refuse toujours
Guide de référence · lecture libre
Quatre choses se perdent en formulant cette demande, et la première est la pire
30+ années · Temple de Sakété · France 24 · Examen du Fâ gratuit
Quelqu’un vous a fait du tort, et vous cherchez à le lui rendre. Je suis Maître Luc, à l’état civil Wêtê Agbonon, prêtre du vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin. Je ne travaille sur personne qui n’a rien demandé, et cette limite ne se négocie pas, quelle que soit la gravité de ce que vous avez subi. Mon refus n’est pas une posture morale : c’est une règle de formation, et je vais expliquer ce qu’un marabout pour se venger vous coûte réellement, en quatre points. Puis je dirai ce qui existe à la place, et ce n’est pas rien.
Écrit par Maître Luc, prêtre du vodun et bokonon du Fâ · à l’état civil Wêtê Agbonon · 30+ ANNÉES · 4 PERTES · TEMPLE FILMÉ · FRANCE 24 · lecture 32 MIN
Qui vous répondra
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon du Fâ
Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, et non votre paiement. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
En résumé
Je refuse toute demande dirigée contre quelqu’un. Ce n’est pas une question de puissance : c’est un interdit de ma formation, et il protège d’abord celui qui le demande.
Chercher un marabout pour se venger coûte quatre choses : on se livre à quelqu’un qui accepte de nuire, on entre dans une relation payante sans fin, on fixe sa vie sur son adversaire, et on ferme la seule voie qui répare.
Mon écoute et mon examen du Fâ sont gratuits, et sur ce terrain je n’ouvre aucun dossier.
Si vous avez subi quelque chose de grave
Un préjudice réel se traite là où il se traite, et cela existe. Une plainte se dépose, y compris longtemps après. Les permanences juridiques gratuites et les points-justice reçoivent sans condition.
En cas de violences dans le couple, le 3919 répond gratuitement et anonymement. En cas de danger immédiat, le 17. Pour un enfant en danger, le 119. Ces numéros feront plus pour vous que n’importe quel rite, et ils passent avant cette page.
Ce que vous allez lire
- Marabout pour se venger : les quatre pertes
- Ce qu’on vous vendra, et sous quels noms
- Ce que la colère fait au jugement
- Le cas de la séparation d’un couple
- Marabout pour se venger : la première perte
- Marabout pour se venger : la deuxième perte
- Marabout pour se venger : la troisième perte
- Marabout pour se venger : la quatrième perte
- Marabout pour se venger : pourquoi ma tradition l’interdit
- Marabout pour se venger : les recours réels
- Marabout pour se venger : ce que le Fâ regarde
- Marabout pour se venger : ce que je fais
- Le travail au temple, étape par étape
- Marabout pour se venger : ce que l’examen révèle
- Marabout pour se venger : si vous avez déjà payé
- Marabout pour se venger : les dix questions à se poser
- Mon engagement
- Questions fréquentes
Marabout pour se venger : les quatre pertes
Ce que la demande coûte à celui qui la formule
Face à une demande de marabout pour se venger, je ne vais pas commencer par un discours sur le bien et le mal : cela ne convaincrait personne dans votre état. Je vais décrire ce qui arrive concrètement à ceux qui font cette demande, parce que je les reçois ensuite.
Aucune de ces quatre pertes ne concerne la personne visée. Toutes concernent celui qui demande. C’est ce qui rend cette demande si mauvaise pour vous, indépendamment de ce que vaut ou non ce qu’on vous vendra.
Ce qu’on vous vendra, et sous quels noms
Six formules, et elles désignent toutes la même chose
Presque personne ne tape le mot vengeance en toutes lettres. Les vendeurs le savent, et ils emploient d’autres mots pour désigner exactement le même service. Un marabout pour se venger se présente rarement comme tel.
- « Justice divine. » La formule la plus employée, et la plus habile. Elle habille la demande d’un vocabulaire religieux qui la rend acceptable.
- « Retour à l’envoyeur. » Elle suppose qu’on vous a d’abord attaqué, ce qui n’a jamais été établi, et elle présente l’agression comme une défense.
- « Rétablir l’équilibre. » Vague, propre, et strictement identique dans les faits.
- « Faire tomber les masques. » Séduisante parce qu’elle promet la vérité plutôt que le mal. Ce n’est pas ce qui est vendu.
- « Séparer un couple. » Très demandée, et elle concerne deux personnes qui n’ont rien demandé plutôt qu’une.
- Et « travail de blocage. » Le mot est technique, presque administratif, et il porte sur une vie entière.
Pourquoi ces mots comptent
Parce qu’ils permettent de franchir une limite sans avoir l’impression de la franchir. Personne ne se dit qu’il commande du mal ; on se dit qu’on demande justice. C’est précisément ce que le vocabulaire est fait pour produire.
Ma réponse est la même pour les six, sans distinction, et sans discussion sur les mots. Je ne travaille sur personne qui n’a rien demandé.
Ce que la colère fait au jugement
Six observations, et elles expliquent pourquoi ce terrain fonctionne si bien
Il faut le dire sans juger personne, parce que cela concerne tout le monde et pas seulement ceux qui écrivent à un marabout pour se venger.
- La colère réduit le champ. On ne voit plus qu’une personne et une injustice. Tout le reste de la vie recule, y compris ce qui allait bien.
- Elle donne un sentiment de clarté. C’est le piège le plus efficace : on n’a jamais l’impression d’être plus lucide que dans ces moments-là, alors que le jugement est au plus bas.
- Elle rend les dépenses insensibles. Des sommes qu’on aurait refusées en toute autre circonstance paraissent normales. C’est ce qui explique les montants de ce terrain.
- Elle isole. Les proches se lassent, on ne raconte plus, et l’on se retrouve seul avec quelqu’un qui, lui, écoute très bien : celui qui vend.
- Elle ne diminue pas toute seule. Contrairement à ce qu’on croit, elle s’entretient très bien, surtout quand on surveille l’autre.
- Et elle passe. Voilà la seule bonne nouvelle de cette liste, et je la constate depuis trente ans. Elle passe, plus tard qu’on ne voudrait, et elle passe.
Ce que je demande à quelqu’un dans cet état
Une chose, et une seule : ne décidez rien cette semaine. Ne versez pas, n’écrivez pas à cette personne, ne prévenez pas la famille. Dormez dessus, plusieurs nuits.
Ce n’est pas une manière de vous éconduire : c’est ce que je demande à tout le monde, sur tous les sujets, et j’y consacre un guide entier. Sur ce terrain, c’est simplement plus important qu’ailleurs, parce que les décisions prises en colère sont les seules qu’on ne peut pas défaire.
Le cas particulier de la séparation d’un couple
La demande la plus fréquente de ce terrain, et la plus mal comprise
Elle arrive presque toujours sous une forme qui paraît différente : on ne demande pas de nuire, on demande de séparer. Un marabout pour se venger la traite pourtant exactement comme les autres, et moi aussi, par le refus.
Deux situations la produisent, et elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre.
Quand on vous a quitté pour quelqu’un d’autre
- La demande porte sur deux personnes qui n’ont rien demandé. Votre ancien conjoint et celle ou celui avec qui il est. Cela double l’interdit au lieu de l’atténuer.
- Elle suppose qu’une séparation vous rendrait quelque chose. Ce n’est presque jamais le cas, et ceux qui l’obtiennent me le disent ensuite.
- Et elle vous maintient dans la surveillance. Il faut savoir si cela a marché, donc il faut suivre leur vie. J’en parle dans le guide sur le retour affectif.
Quand quelqu’un s’est installé dans votre couple
Situation différente et beaucoup plus douloureuse : vous êtes encore ensemble, et une troisième personne est là. Ce que je réponds ne change pas, et ce que je propose n’est pas rien.
Ce qui se traite, c’est ce qui a été laissé ouvert dans votre union, pas la personne qui s’y est glissée. Une union commencée sans que les deux familles se soient rencontrées, une bénédiction jamais demandée, une parole donnée puis reprise. Le sujet est développé dans le guide sur les quatre accords.
Et je pose toujours la même question, qui déplace tout : « qu’est-ce qui, dans votre couple, s’était refermé avant que cette personne n’arrive ? » La réponse arrive lentement, et elle est presque toujours instructive.
Marabout pour se venger : la première perte
Et c’est la plus grave des quatre
Réfléchissez une seconde à ce que vous demandez à un marabout pour se venger. Vous cherchez quelqu’un qui accepte de nuire à un être humain contre paiement. Si vous le trouvez, vous venez d’établir un fait sur cette personne : elle accepte de nuire à un être humain contre paiement.
Un marabout pour se venger qui dit oui à votre demande dira oui à celle de votre adversaire demain, ou à celle de votre belle-sœur, ou à celle d’un associé mécontent. Vous n’avez pas trouvé un allié : vous avez identifié un homme dangereux et vous lui avez donné votre nom.
Ce que vous lui avez donné exactement
- Votre identité et votre situation, remises à un marabout pour se venger. Il sait qui vous êtes, où vous en êtes, et ce que vous êtes prêt à faire.
- Une preuve contre vous, conservée par le marabout pour se venger. Vos messages existent. Une demande écrite de nuire à quelqu’un est un document, et il le conserve.
- Un moyen de pression. C’est le point que personne n’anticipe. Quelqu’un qui détient cela peut vous demander de continuer à payer, et vous n’oserez ni refuser ni en parler.
- Et le nom d’une personne innocente. Celle que vous visez. Vous venez de la livrer à quelqu’un dont vous savez désormais qu’il accepte de nuire.
Ce que je réponds à quelqu’un qui insiste
Que mon refus ne dit rien de ma puissance et tout de ma formation. Un praticien qui n’a jamais reçu d’interdit n’a rien à opposer à une demande, et il dira oui à tout. Ma tradition est faite d’interdits avant d’être faite de promesses, et j’en parle dans le guide sur la religion vodun.
Vous ne cherchez pas un allié : vous cherchez la preuve qu’un homme accepte de nuire. Et vous venez de la lui donner sur vous.
Marabout pour se venger : la deuxième perte
Le terrain le plus rentable qui existe pour un escroc
Voici pourquoi un marabout pour se venger tient le terrain le plus recherché par les vendeurs : elle ne peut jamais aboutir ni échouer de manière constatable.
Si un malheur arrive à la personne visée, on vous dira que c’était le travail. Si rien n’arrive, on vous dira qu’elle est protégée, qu’il faut renforcer, qu’un travail contraire vous bloque. Aucun des deux cas ne permet de conclure, donc rien ne s’achève jamais.
- Le renforcement, mot favori du marabout pour se venger. Le mot revient sans cesse sur ce terrain, et il justifie chaque versement supplémentaire.
- La protection adverse, argument classique du marabout pour se venger. On vous explique que l’autre est défendu, ce qui rend nécessaire un travail plus lourd, donc plus cher.
- Le retour de bâton annoncé. On vous fait craindre un retour sur vous, et l’on vous vend une protection contre lui. La boucle est fermée.
- Et l’impossibilité de partir. Arrêter reviendrait à rester exposé, selon ce qu’on vous a raconté. C’est le verrou, et il tient des années.
Ce que je constate chez ceux qui en sortent
Ils ont versé bien davantage que sur n’importe quel autre terrain, souvent pendant deux ou trois ans, et ils n’en ont parlé à personne. La honte est double : celle d’avoir payé, et celle d’avoir demandé cela.
Marabout pour se venger : la troisième perte
La perte la plus longue, et personne ne la nomme
Cette perte du marabout pour se venger est celle dont je vois les effets des années après, chez des gens qui ont depuis longtemps cessé de payer quiconque.
Demander une vengeance oblige à surveiller. Il faut savoir si cela marche, donc il faut des nouvelles. On guette, on demande autour de soi, on regarde ses réseaux. La personne que vous vouliez chasser de votre vie devient l’objet principal de vos journées.
- On vérifie sans cesse ce qu’aurait produit le marabout pour se venger. Chaque information devient un signe : une difficulté est une preuve que le travail agit, un succès est une preuve qu’il faut renforcer.
- On ne se reconstruit pas tant qu’on attend l’effet d’un marabout pour se venger. L’énergie qui aurait servi à refaire quelque chose passe entièrement dans cette surveillance.
- Les proches s’éloignent. On ne parle plus que de cela, et l’entourage finit par éviter le sujet, puis la personne.
- Et le soulagement espéré ne vient jamais. C’est le constat que me font presque tous ceux qui ont obtenu ce qu’ils voulaient : rien ne s’est refermé.
La question que je pose alors
Une seule, et elle déplace beaucoup de choses : « si cette personne disparaissait de la terre demain, qu’est-ce qui irait mieux dans votre vie ? »
Presque personne n’a de réponse précise. Ce qui fait mal n’est presque jamais l’existence de l’autre : c’est ce qui a été perdu, cassé, ou humilié. Et cela ne se répare pas en atteignant quelqu’un.
Marabout pour se venger : la quatrième perte
Ce que ma tradition prévoit, et que vous fermez
Voici la perte du marabout pour se venger qui me concerne directement en tant que bokonon.
Ma tradition connaît des torts, des paroles blessantes, des trahisons, des biens pris. Et elle prévoit quelque chose pour cela : la reprise. Une parole se reprend devant les anciens, un tort se répare par des gestes, une brouille se dénoue avec des formes précises.
- Cette voie demande de n’avoir jamais consulté un marabout pour se venger. Quelqu’un qui a commandé un travail contre un autre n’est plus dans une position où l’on répare : il est devenu partie au conflit.
- Elle demande des vivants, que le marabout pour se venger éloigne. Une reprise se fait avec des gens, devant des gens. Une vengeance coupe précisément ces liens.
- Et elle demande de renoncer à avoir raison. C’est le plus dur, et c’est pourtant ce qui referme réellement les choses.
Ce que ma tradition prévoit à la place, concrètement
Il faut être précis, sinon le mot réparation reste une belle idée sans contenu. Voici ce que je vois faire depuis toujours au Bénin quand un tort a été commis dans une famille.
On réunit des gens. Pas les deux parties d’abord : les anciens, ceux qui ont autorité, ceux qui ont vu. Le tort se dit devant eux, et cela seul change beaucoup de choses, parce qu’il cesse d’être une affaire privée.
On nomme ce qui a été fait. Sans arrangement, sans formule diplomatique. Une grande partie du soulagement vient de là, et non de ce qui suit.
On fixe une réparation. Elle peut être matérielle, elle est souvent symbolique, et elle est toujours publique. Ce qui compte n’est pas sa valeur : c’est qu’elle soit posée devant tout le monde.
Et quand la personne fautive est morte, ou refuse, ou qu’on ne peut plus réunir personne, il reste des gestes qui se conduisent au temple. C’est là, et seulement là, que mon métier intervient dans une histoire de tort.
Ce que j’ai constaté en trente ans
Les gens qui vont mieux ne sont pas ceux qui ont obtenu quelque chose contre quelqu’un. Ce sont ceux qui ont repris une parole, réglé une affaire de famille, ou simplement cessé d’attendre quelque chose de la personne qui leur avait fait du tort.
Je ne dis pas cela pour vous consoler. Je le dis parce que c’est ce que je vois, semaine après semaine, depuis très longtemps.
Marabout pour se venger : pourquoi ma tradition l’interdit
Quatre raisons, et aucune n’est sentimentale
On me demande parfois si mon refus de faire le marabout pour se venger est une position personnelle. Non : c’est une règle transmise, et elle a des raisons précises qu’un marabout pour se venger n’a jamais apprises.
- Parce qu’on ne travaille pas sur qui n’a rien demandé. C’est le premier interdit qu’on reçoit, avant tout le reste. Une personne qui n’a rien demandé n’a pas donné son nom, pas donné son accord, et n’a aucun moyen de se défendre de ce qu’on ferait sur elle.
- Parce que nuire n’est pas de notre ressort. Le mot qui désigne celui qui nuit existe dans ma langue, et il ne désigne jamais un prêtre. C’est un mot que personne ne revendique, et j’en parle dans le guide sur les six malentendus.
- Parce qu’un prêtre rend des comptes, ce qu’aucun marabout pour se venger ne fait. À ses anciens, à sa maison, à la communauté. Un homme qui accepte ce genre de demande n’a personne au-dessus de lui, et cette absence est visible dans tout ce qu’il fait.
- Et parce que ma tradition répare au lieu de faire le marabout pour se venger. C’est ce qu’elle sait faire : reprendre ce qui est resté ouvert. Elle n’a jamais été un instrument pour atteindre quelqu’un, et ceux qui l’emploient ainsi la détournent.
Ce que je ne dirai pas non plus
Je ne vous dirai pas qu’un malheur vous frappera si vous demandez cela ailleurs. Cette menace est exactement le procédé que je dénonce, et je ne vais pas l’employer pour vous dissuader.
Ce que je vous dis est plus simple : cela vous coûtera de l’argent, du temps, des liens, et cela ne refermera rien. C’est vérifiable, et cela suffit.
Marabout pour se venger : les recours réels
Cinq recours réels, selon ce que vous avez subi
Plutôt qu’un marabout pour se venger, un tort réel appelle une réponse réelle, et il en existe. Je ne suis ni juriste ni policier, et je peux nommer ce qui existe.
- Une plainte se dépose, et elle agit là où aucun marabout pour se venger n’agit. Y compris longtemps après les faits selon leur nature, y compris si vous pensez que cela ne mènera à rien. C’est un acte, il est enregistré, et il compte.
- Une permanence juridique vous reçoit gratuitement, avant tout marabout pour se venger. Elle vous dira ce qui est possible dans votre situation exacte, ce qu’aucun praticien ne peut faire.
- Le 3919 pour des violences dans le couple. Gratuit, anonyme, et tenu par des professionnels. Le 17 en cas de danger immédiat, le 119 pour un enfant.
- Les associations d’aide aux victimes. Elles existent dans chaque département, elles accompagnent les démarches, et elles ne facturent rien.
- Et un professionnel du soin. Quand ce qui a été subi ne se répare par aucune démarche, ce qui arrive souvent, c’est là que quelque chose peut se traiter. J’y consacre un guide entier.
Pourquoi je place cette liste ici
Parce qu’une grande partie de ceux qui cherchent un marabout pour se venger ont subi quelque chose de réel et n’ont jamais été orientés nulle part. On leur a proposé un rite avant de leur proposer un recours, et c’est cela le scandale de ce marché.
Marabout pour se venger : ce que le Fâ regarde
Quatre motifs, et tous vous concernent, vous
Voici ce qui reste quand on a écarté la demande. Le Fâ regarde ce qui est resté ouvert derrière une personne, dans sa lignée, et jamais ce qui se passe chez quelqu’un d’autre.
- Une parole donnée devant les anciens et jamais reprise, seul terrain honnête du marabout pour se venger. C’est le motif principal sur ce terrain, parce que beaucoup de conflits naissent d’une phrase prononcée devant la famille.
- Un engagement pris et jamais honoré. Souvent bien avant le conflit, et sans rapport apparent avec lui.
- Une bénédiction jamais demandée. Avant un départ, une union, une installation, et j’y consacre un guide entier.
- Un mort mal accompagné. Notamment dans les conflits d’héritage, où les funérailles ont été interrompues par la dispute elle-même.
Ce que traiter cela produit, et ce que cela ne produit pas
Cela ne fait rien arriver à personne, et je le dis avant l’examen, pendant, et après. Ce qui est traité, c’est ce qui reste ouvert de votre côté, et cela existe indépendamment de ce que fait votre adversaire.
Ce que cela produit chez ceux qui le font, en revanche, est très constant : quelque chose se desserre, et la personne cesse peu à peu de surveiller l’autre. Je ne prétends pas expliquer pourquoi.
Marabout pour se venger : ce que je fais
Concrètement, et à ma place
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre du vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans. On m’écrit d’Europe en cherchant un marabout : c’est le mot qu’on emploie là-bas, et je précise à chaque fois qu’un marabout est au sens strict une figure de l’islam ouest-africain, ce que je ne suis pas.
Marabout pour se venger : je refuse, et je réponds quand même
Je ne laisse personne sans réponse, même quand la demande est de celles que je n’accepterai jamais. J’explique pourquoi, je donne les recours, et je propose de regarder autre chose. Cela ne coûte rien.
Je ne demande rien sur la personne visée
Ni nom, ni photographie, ni date de naissance, ni adresse. Si vous me les envoyez, je ne les emploie pas et je vous le dis.
Marabout pour se venger : je ne menace personne, y compris vous
Je ne vous annoncerai aucun retour de bâton, aucun malheur, aucune conséquence invisible. Employer la peur pour vous dissuader reviendrait à faire exactement ce que je reproche aux autres.
Et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert
L’examen porte sur vous, sur votre lignée et sur les lieux qui vous concernent, jamais sur un tiers. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit. Quand il montre quelque chose, je conduis au temple les gestes que ma tradition prévoit : prières adressées aux vodun de ma maison, offrandes déposées, libations versées pour les anciens de votre lignée, veillée quand le cas le demande.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Le travail au temple, étape par étape
Avec l’étape que ce terrain ajoute
Rien ne commence sans votre accord écrit, et rien ne se paie avant que je sache si je peux agir
Deux choses propres à ce sujet. Rien de ce que je conduis ne porte sur la personne visée, à aucune étape. Et je ne demande jamais de complément : si j’ai mal évalué, c’est mon erreur et non la vôtre.
Racontez-moi ce qui s’est passé, pas ce que vous voulez lui faire
Je refuserai la seconde partie, et j’écouterai la première aussi longtemps qu’il le faudra. C’est gratuit, et je vous dirai ce qui existe comme recours.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Marabout pour se venger : ce que l’examen révèle
Six choses, et aucune ne concerne votre adversaire
- Une parole donnée devant les anciens et jamais reprise. Le premier motif, et il précède presque toujours le conflit d’aujourd’hui.
- Une affaire de famille jamais réglée. Un héritage, un partage, une promesse au moment d’un décès. Beaucoup de demandes de vengeance viennent de là.
- Un engagement pris et jamais honoré. Un vœu formulé lors d’une difficulté ancienne, oublié dès qu’elle s’est éloignée.
- Un mort mal accompagné. Notamment celui dont on se dispute les biens ou la mémoire.
- Une blessure que personne n’a écoutée, avant toute idée de marabout pour se venger. Ce n’est pas un signe du Fâ et je le note parce que c’est ce que je rencontre le plus souvent. Quelqu’un a subi quelque chose de réel, personne ne l’a cru, et la vengeance est devenue la seule forme de reconnaissance imaginable.
- Et souvent, rien que je puisse traiter. Une trahison est une trahison. Je le dis franchement et je n’accepte pas votre argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
Que s’est-il passé exactement, et quand. À qui l’avez-vous raconté. Quelqu’un vous a-t-il cru. Avez-vous déposé plainte ou consulté quelqu’un. Et depuis combien de temps y pensez-vous chaque jour.
Et celle que personne ne pose jamais : « qu’est-ce que vous voudriez entendre de cette personne ? »
La réponse est presque toujours la même, à un mot près : qu’elle reconnaisse. Pas qu’elle souffre : qu’elle reconnaisse. Et c’est précisément ce qu’aucune vengeance n’obtient jamais.
Marabout pour se venger : si vous avez déjà payé
Cinq choses à faire, dans cet ordre
Cette situation m’arrive régulièrement, et elle arrive avec beaucoup de honte. Voici ce que je réponds, et rien de tout cela ne passe par moi.
- Cessez de verser au marabout pour se venger, immédiatement. À cette personne et à toute autre. Ne payez pas non plus pour faire annuler ce qui aurait été fait : c’est le second commerce, et il rapporte autant que le premier.
- Ne craignez pas de retour. On vous en fera peut-être craindre un pour vous retenir. C’est un procédé de vente, et je ne l’emploierai jamais.
- Conservez les messages. Ils peuvent compter, et ils vous rappelleront comment on vous a parlé.
- Coupez le contact avec ce marabout pour se venger. Bloquez, ne répondez plus, ne discutez pas. Toute réponse relance la conversation.
- Et parlez-en à quelqu’un. Une personne, une seule, en qui vous avez confiance. Le silence est ce qui a permis à tout cela de durer.
Ce que je réponds à ceux qui s’en veulent
Ce que je réponds à tout le monde, et c’est vrai ici plus qu’ailleurs. Vous avez formulé cette demande dans un moment précis, après quelque chose de réel, et vous ne l’auriez pas formulée un an plus tôt.
Ce que vous avez demandé n’a probablement rien produit, ni sur l’autre, ni sur vous. Ce qui compte maintenant est de cesser de payer et de reprendre votre vie là où vous l’aviez laissée.
Marabout pour se venger : les dix questions à se poser
Avant d’écrire à qui que ce soit
- Qu’est-ce que je voudrais entendre de cette personne ? La question à se poser avant tout marabout pour se venger.
- Depuis quand cela dure-t-il exactement ? La question qui déplace tout.
- Ai-je raconté ce qui s’est passé à quelqu’un ? Si non, c’est par là qu’il faut commencer.
- Ai-je consulté une permanence juridique ? Un tort réel a parfois un recours réel.
- Y a-t-il eu des faits graves ? Si oui, une plainte se dépose, et cela passe avant tout.
- Depuis combien de temps y pensé-je chaque jour ? Au-delà de quelques mois, cela relève d’un accompagnement.
- Est-ce que je dors ? Si non, votre jugement n’est plus le vôtre en ce moment.
- Qu’est-ce qui irait mieux si cette personne disparaissait ? Répondez précisément, et regardez la réponse.
- Suis-je prêt à donner mon nom à quelqu’un qui accepte de nuire ? C’est exactement ce que la démarche suppose.
- Y a-t-il une affaire de famille derrière tout cela ? Très souvent, et c’est le seul terrain qui relève de moi.
- Et que ferais-je de mes journées si je cessais d’y penser ? La question la plus utile de la liste.
Ma tradition sait reprendre ce qui est resté ouvert. Elle n’a jamais été un instrument pour atteindre quelqu’un.
Ce que je propose selon votre situation
Quatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Vous cherchez un marabout pour se venger de quelqu’un
Ce que je fais : je refuse, et je vous explique pourquoi plutôt que de vous laisser sans réponse. Puis je vous demande de me raconter ce qui s’est passé, gratuitement.
Vous cherchez un marabout pour se venger après un fait grave
Ce que je fais : je vous oriente vers les recours qui existent, et je n’accepte rien. Une plainte, une permanence juridique, une association d’aide aux victimes, un numéro d’urgence selon les faits.
Vous cherchez un marabout pour se venger dans une affaire de famille
Ce que je fais : c’est le seul cas où ma tradition a réellement quelque chose à regarder. Une parole prononcée devant les anciens se reprend, et j’en parle dans le guide sur les litiges.
Vous y pensez tous les jours depuis des mois
Ce que je fais : je vous oriente vers un professionnel du soin et je le dis sans détour. Une obsession de ce type se travaille, et aucun rite ne s’y substitue.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Une dernière chose, pour celui ou celle qui a été détruit
Je sais que ce guide sur le marabout pour se venger ne vous a pas donné ce que vous cherchiez, et je sais aussi que certains d’entre vous ont subi des choses que je n’imagine pas.
Vouloir que quelqu’un paie n’est pas un défaut de caractère : c’est ce que produit une injustice qu’on n’a pas pu faire reconnaître. Le problème n’est pas ce que vous ressentez, c’est ce qu’on va vous vendre avec. Racontez ce qui s’est passé à quelqu’un, allez voir ce qui existe comme recours, et ne donnez votre nom à personne qui accepterait de nuire. Si vous voulez ensuite que nous regardions ce qui, dans votre lignée, est resté ouvert, écrivez-moi : l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je vous dirai franchement si je ne peux rien.
Mon engagement
Ce que je fais : je refuse cette demande et je réponds quand même. Je vous écoute gratuitement, aussi longtemps qu’il le faut. Je vous oriente vers les recours réels. J’examine par le Fâ sans rien demander. Et quand je peux agir, j’annonce les gestes et le montant ensemble, par écrit, avant de commencer.
Mes règles : je ne travaille sur personne qui n’a rien demandé, sans aucune exception. Je ne demande ni nom, ni photographie, ni date de naissance d’un tiers. Je ne vends aucun travail de levée ni aucune protection contre un retour. Je ne vous menace de rien pour vous dissuader. Je ne dis jamais de mal d’un confrère nommément. Et je ne demande aucun complément : si j’ai mal évalué, c’est mon erreur et non la vôtre.
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon, Sakété, Bénin
Marabout et prêtre vodun, initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentes
Les réponses courtes, sans détour
Pouvez-vous agir contre quelqu’un ?
Non : un marabout pour se venger n’existe pas dans ma tradition. Cette personne n’a rien demandé, et c’est le premier interdit de ma formation.
Même si cette personne m’a fait beaucoup de mal ?
Même dans ce cas. Un tort réel appelle un recours réel : plainte, permanence juridique, association d’aide aux victimes.
Que risque celui qui accepte cette demande ?
La question est plutôt ce que vous risquez. Celui qui accepte contre lui acceptera contre vous demain, et il détient désormais votre demande écrite.
Y a-t-il un retour de bâton ?
Je ne vous menacerai de rien. Employer la peur pour dissuader serait le procédé même que je dénonce.
On m’a dit qu’un travail avait été fait contre moi
Je ne confirme jamais cela. Cette phrase ouvre un travail de levée, plus cher, et j’y consacre un guide entier.
Que regardez-vous alors ?
Une parole non reprise, un engagement non honoré, une affaire de famille, un mort mal accompagné. Tout cela vous concerne, vous.
J’ai déjà payé quelqu’un pour cela
Cessez de verser, coupez le contact, conservez les messages. Et ne payez pas pour faire annuler : c’est le second commerce.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un pour qui je ne peux rien.
Commencez par le raconter à quelqu’un
Plutôt qu’à un marabout pour se venger : à une personne, une seule, en qui vous avez confiance. Puis regardez ce qui existe comme recours. Ensuite, si vous le voulez, écrivez-moi : l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.
Gratuit, confidentiel, sans engagement, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Maître Luc · Wêtê Agbonon · Temple de Sakété
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