Guide de référence · lecture libre
Marabout pour un procès : les trois refus
Dans un litige, il y a toujours quelqu’un en face, et c’est là que tout se joue
30+ années · Temple de Sakété · France 24 · Examen du Fâ gratuit
Une audience approche, un dossier vous échappe, et quelqu’un vous propose de faire pencher la décision. Je suis Maître Luc, à l’état civil Wêtê Agbonon, prêtre du vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin. Un procès a ceci de particulier qu’il y a toujours une partie adverse, et c’est précisément sur elle qu’on vous proposera d’agir. Je refuse trois choses sur ce terrain, et ces refus disent tout de ce que vaut un praticien. Voici lesquels, ce qui relève d’un avocat, et le peu que ma tradition sache réellement regarder.
Écrit par Maître Luc, prêtre du vodun et bokonon du Fâ · à l’état civil Wêtê Agbonon · 30+ ANNÉES · 3 REFUS · TEMPLE FILMÉ · FRANCE 24 · lecture 32 MIN
Qui vous répondra
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon du Fâ
Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, et non votre paiement. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
En résumé
Un marabout pour un procès honnête refuse trois choses : agir contre la partie adverse, annoncer une décision de justice, et se substituer à un avocat.
Ce que le Fâ peut regarder est étroit et ne concerne pas votre dossier : une parole d’héritage jamais réglée, un engagement non honoré, un mort mal accompagné dans une succession.
Mon écoute et mon examen du Fâ sont gratuits, et je ne prends votre argent que si je peux agir.
Avant tout le reste : les délais
Une procédure se déroule dans un calendrier, avec des délais qui, une fois écoulés, ne se rouvrent pas. Je ne suis pas juriste et je ne vous donnerai aucun délai : c’est précisément pour cela qu’il faut voir quelqu’un dont c’est le métier.
En France, les permanences juridiques gratuites, les points-justice et l’aide juridictionnelle existent. Une heure avec un professionnel vaut mieux que tout ce que je peux conduire au temple, et cela passe avant.
Ce que vous allez lire
- Marabout pour un procès : les trois refus
- Pourquoi ce terrain est différent des autres
- Marabout pour un procès : le premier refus
- Marabout pour un procès : le deuxième refus
- Marabout pour un procès : le troisième refus
- Marabout pour un procès : les quatre promesses
- Marabout pour un procès : le cas des successions
- Et si c’est l’autre qui a consulté
- Ce qu’un litige long fait à une personne
- Marabout pour un procès : ce que le Fâ regarde
- Marabout pour un procès : ce que je fais
- Le travail au temple, étape par étape
- Marabout pour un procès : ce que l’examen révèle
- Marabout pour un procès : si vous gagnez ou si vous perdez
- Marabout pour un procès : les dix questions à poser
- Ce que je propose selon votre situation
- Mon engagement
- Questions fréquentes
Marabout pour un procès : les trois refus
Ce qui est demandé, et ce qui reste
Chez un marabout pour un procès, la demande arrive toujours sous l’une de trois formes, et j’en refuse trois sur quatre. Voici le partage, et il est plus net que sur n’importe quel autre sujet que je traite.
Le quart vert est tout ce qui me revient, et il ne concerne jamais votre procédure. Un praticien qui accepte les trois autres n’est pas plus puissant que moi : il est simplement prêt à vous vendre ce que personne ne possède.
Pourquoi ce terrain est différent des autres
Cinq raisons, et la première change tout
Chercher un marabout pour un procès n’a pas les mêmes conséquences que chercher de l’aide sur un autre sujet, et il faut le comprendre avant de décider quoi que ce soit.
- Parce qu’il y a une personne en face. C’est ce qui distingue ce terrain de tous les autres. Ailleurs, on vous vend une espérance ; ici, on vous propose d’agir contre quelqu’un de précis. Beaucoup de gens acceptent une chose qu’ils auraient refusée dans n’importe quelle autre circonstance.
- Parce que le sentiment d’injustice autorise tout. Quand on a été lésé, on se sent le droit de rendre coup pour coup. Un praticien malhonnête n’a plus qu’à confirmer ce sentiment.
- Parce que le calendrier est réel. Une audience, une convocation, un délai. Contrairement à d’autres terrains où l’urgence est fabriquée, elle existe ici, et un marabout pour un procès malhonnête s’en sert comme d’un levier.
- Parce que les sommes en jeu justifient les dépenses. Quand un héritage ou un emploi est en cause, verser une somme importante paraît raisonnable, et l’on va beaucoup plus loin qu’ailleurs.
- Et parce que le résultat est binaire. On gagne ou on perd, et les deux issues se récupèrent : la victoire prouve le travail, la défaite prouve qu’un obstacle existait.
Ce que cela implique très concrètement
Une seule chose : ne franchissez pas la limite du premier refus. Le jour où vous acceptez qu’un praticien agisse contre votre adversaire, vous entrez dans une logique qui n’a plus de fin, et vous devenez vous-même une cible potentielle dans l’esprit d’un homme qui vend cela à tout le monde.
Et voyez un professionnel du droit avant de payer qui que ce soit. C’est le conseil qui a le plus changé de situations parmi ceux que je donne.
Marabout pour un procès : le premier refus
Ce qui distingue ce terrain de tous les autres
Un marabout pour un procès affronte une particularité que n’ont ni l’argent, ni la santé, ni les papiers : il y a quelqu’un en face. Une personne réelle, avec un nom, une adresse, une famille. Et c’est sur elle qu’on vous proposera d’agir.
Ma réponse est non, et elle ne se négocie pas. Je ne travaille sur personne qui n’a rien demandé, quelle que soit la justesse de votre cause et quel que soit le tort que cette personne vous a fait.
Les formes que prend cette demande
- « Faites qu’il retire sa plainte », première demande faite à un marabout pour un procès. La plus fréquente. Elle demande d’agir sur la volonté d’un être humain, et aucune tradition sérieuse ne le prétend.
- « Faites qu’il ne vienne pas à l’audience », deuxième demande au marabout pour un procès. Celle-ci demande davantage, et sa formulation seule devrait vous alerter sur ce qu’on vous propose.
- « Affaiblissez son avocat. » Un tiers de plus, qui n’a rien demandé non plus et qui fait simplement son métier.
- Et « faites qu’il soit puni ». Sur cette dernière, je m’arrête et je pose une question plutôt qu’une réponse.
La question que je pose avant de refuser
Toujours la même, et elle déplace beaucoup de choses : « si un rite pouvait agir contre quelqu’un, qu’est-ce qui empêcherait cette personne d’en faire autant contre vous ? »
Presque personne n’a de réponse. C’est logique : celui qui croit qu’un praticien peut atteindre son adversaire doit aussi croire que son adversaire peut en trouver un. Cette symétrie est ce que le commerce de la peur exploite, et je la décris dans le guide sur les quatre peurs fabriquées.
Celui qui accepte de travailler contre votre adversaire aujourd’hui acceptera de travailler contre vous demain, pour quelqu’un d’autre.
Marabout pour un procès : le deuxième refus
Ni le sens, ni la date, ni le montant
Le deuxième refus d’un marabout pour un procès est symétrique de ceux que je tiens ailleurs. Je n’annonce jamais une naissance, jamais un décès, et jamais une décision de justice.
Un marabout pour un procès qui vous dit que vous allez gagner vous vend la chose la plus invérifiable qui soit : l’issue d’une délibération à laquelle il n’a aucun accès et dont il ignore tout du dossier.
- Une annonce favorable d’un marabout pour un procès désarme. On prépare moins bien, on relit moins, on demande moins de conseils. Beaucoup de gens arrivent à l’audience moins armés qu’ils ne l’auraient été sans cette phrase.
- Une annonce défavorable d’un marabout pour un procès détruit. Certains renoncent à se défendre après avoir entendu qu’ils allaient perdre. C’est encore pire.
- Une date annoncée sert à faire payer. Elle emprunte au calendrier réel de votre affaire, ce qui la rend crédible, et elle justifie un versement immédiat.
- Et l’échec s’explique toujours. Si vous perdez, ce sera un obstacle, une force contraire, un travail adverse plus puissant. Jamais l’inexistence de ce qui vous a été vendu.
Ce que je réponds à quelqu’un qui insiste
Que je ne le dirai pas, et que celui qui le dit prend un pari sans risque. Si vous gagnez, il aura eu raison. Si vous perdez, vous n’oserez pas revenir le lui reprocher. Cette asymétrie est ce qui rend l’annonce si rentable et si dangereuse.
Marabout pour un procès : le troisième refus
Le refus qui vous coûte le moins et vous rapporte le plus
Le troisième refus d’un marabout pour un procès est le plus concret des trois, et c’est celui qui change réellement des issues.
Une procédure obéit à des règles écrites, à des formes, et surtout à des délais. Je ne suis pas juriste, je ne connais pas votre dossier, et je ne vous donnerai jamais un conseil de procédure. Ce que je fais, c’est vous demander si vous avez vu quelqu’un dont c’est le métier, avant tout examen.
- Les permanences juridiques gratuites, à voir avant tout marabout pour un procès. Elles existent dans la plupart des villes, souvent en mairie ou dans un point-justice, et reçoivent sans condition. Elles savent lire une convocation et repérer ce qui presse.
- L’aide juridictionnelle, plus utile que tout marabout pour un procès. Beaucoup ignorent que les honoraires d’un avocat peuvent être pris en charge selon les ressources. Cela se demande, et le refus n’est pas automatique.
- Un avocat de permanence. Les barreaux organisent des consultations, parfois gratuites, souvent à tarif réduit.
- Les associations spécialisées. Selon le domaine, en droit du travail, en droit de la famille, en droit du logement, elles accompagnent gratuitement.
- Et les syndicats. Pour un litige avec un employeur, ils connaissent la matière et la procédure, y compris pour les non-adhérents dans certains cas.
Pourquoi je publie cette liste
Parce qu’elle me fait perdre des consultations et qu’elle en vaut la peine. Sur dix personnes qui m’écrivent à propos d’un litige, huit relèvent de cette liste et d’aucun rite. Je préfère qu’elles obtiennent un rendez-vous gratuit plutôt que de leur vendre une espérance pendant qu’un délai s’écoule.
Marabout pour un procès : les quatre promesses
Elles reviennent toujours, dans le même ordre
- « Vous gagnerez », promesse reine du faux marabout pour un procès. La promesse reine, et elle est vide. Personne ne connaît le contenu de votre dossier ni la manière dont il sera examiné.
- « Le juge vous sera favorable », variante grave du marabout pour un procès. Variante qui touche à quelque chose de plus grave encore, puisqu’elle laisse entendre qu’une décision peut être influencée. Rien de ce que je pratique ne porte sur un magistrat, et le prétendre serait grave.
- « Avant l’audience. » Une date empruntée à votre calendrier réel, qui sert à obtenir un versement rapide, sans réflexion et sans comparaison.
- Et « il faut d’abord affaiblir l’autre partie ». L’étape ajoutée, plus chère, et celle qui vous fait franchir une limite que vous n’auriez pas franchie seul.
Le test en un message
Écrivez ceci, mot pour mot, à n’importe quel praticien : « travaillez-vous sur la partie adverse ? »
Un homme honnête répond non immédiatement, et vous explique pourquoi. Celui qui répond oui, ou qui répond par une formule enveloppée, vient de vous dire exactement ce qu’il est. Et sachez qu’il le dira à votre adversaire s’il le rencontre demain.
Marabout pour un procès : le cas des successions
Le seul litige où ma tradition a réellement quelque chose à dire
Un marabout pour un procès doit distinguer, parce que tous les litiges ne se ressemblent pas. Un litige avec un bailleur, un employeur ou une administration ne relève d’aucun de mes quatre motifs. Une succession, si.
C’est le cas qui m’arrive le plus souvent, et de très loin, chez ceux qui cherchent un marabout pour un procès. Il concerne une terre, une maison, une part, et il oppose des frères, des sœurs, des cousins, parfois deux branches d’une même famille.
- Une parole donnée devant les anciens et jamais reprise, seul terrain d’un marabout pour un procès. Un partage annoncé de vive voix, un engagement pris devant le père avant sa mort, une promesse faite et contredite ensuite. Dans ma tradition, une parole prononcée devant les anciens ne s’annule pas parce qu’un tribunal en décide autrement.
- Un mort mal accompagné, ce que tout marabout pour un procès devrait chercher. C’est le motif le plus fréquent dans les successions. Les funérailles ont été bâclées faute de moyens, ou interrompues par la dispute elle-même, et les rites n’ont jamais été terminés.
- Un engagement pris et jamais honoré. Une promesse faite au moment du décès, sous le coup de l’émotion, oubliée dès que les questions d’argent sont arrivées.
- Et une brouille scellée par des mots durs. Prononcés devant toute la famille, souvent le jour de l’enterrement. Ils restent, et ils pèsent longtemps après que le tribunal a tranché.
Ce que traiter cela ne produit pas
Cela ne modifie aucun jugement, ne fait rien gagner à personne, et ne change pas un partage. Ce qui est traité, c’est ce qui reste ouvert entre les vivants et les morts d’une même famille, et cela existe indépendamment de ce que décidera un juge.
Je le dis clairement parce que beaucoup de gens espèrent l’inverse. Le sujet est développé dans le guide sur les cinq dettes.
Ce que je demande avant de regarder une succession
Trois choses, et elles surprennent toujours parce qu’aucune ne concerne le partage lui-même.
D’abord, si les funérailles ont été terminées. Pas seulement l’enterrement : la suite, les gestes prévus aux jours et aux mois qui suivent. Dans une famille en conflit, ils s’arrêtent presque toujours au milieu, parce que plus personne ne s’accorde sur qui doit les conduire.
Ensuite, ce qui a été dit le jour du décès et devant qui. C’est là que se trouvent les paroles qui pèsent, bien plus que dans les actes notariés.
Enfin, si quelqu’un dans la famille a déjà consulté un praticien pour cette affaire. Cela arrive souvent, et il faut le savoir avant de commencer quoi que ce soit : quand deux branches d’une même famille consultent chacune de leur côté, la situation devient inextricable et je préfère m’abstenir.
Ce que je constate chez ceux qui reviennent
Une succession se règle au tribunal en quelques années. La brouille, elle, dure trente ans. Ceux qui reviennent me parler ne me disent presque jamais qu’ils ont perdu de l’argent : ils me disent qu’ils ne parlent plus à leur frère. C’est cette part-là que ma tradition sait aborder, et c’est celle que personne ne traite.
Et si c’est l’autre qui a consulté
La crainte qui amène la moitié des messages sur ce terrain
Une part importante de ceux qui cherchent un marabout pour un procès ne cherchent pas à attaquer : ils croient être attaqués. On leur a dit que la partie adverse avait consulté quelqu’un, ou ils l’ont supposé en voyant leur affaire mal tourner.
Je réponds la même chose à tous, et cette réponse ne rapporte rien.
- Je ne confirme jamais cela. Je ne peux pas le vérifier, et l’affirmer ouvrirait un dossier. C’est exactement le mécanisme que je décris dans le guide sur les quatre peurs fabriquées.
- Une affaire qui tourne mal a des causes lisibles. Des pièces manquantes, un délai raté, un argument mal posé, un témoin qui se rétracte. Un professionnel du droit les identifie en une heure.
- La crainte fait perdre le procès plus sûrement que tout. Quelqu’un persuadé d’être attaqué prépare moins bien, écoute moins son avocat, et cherche ailleurs ce qu’il devrait chercher dans son dossier.
- Et l’on m’appelle en dernier. Presque toujours après avoir déjà payé quelqu’un d’autre, et souvent la semaine précédant une audience.
Ce que je propose à la place
Reprendre le dossier avec quelqu’un dont c’est le métier, et regarder ce qui, dans votre lignée, était resté ouvert avant que ce litige n’existe. Ce sont deux choses différentes, et aucune des deux ne consiste à répondre à une attaque supposée.
Je ne fais aucun travail de riposte, aucun renvoi, aucune protection contre un adversaire. Ma tradition ne fonctionne pas ainsi, et ceux qui le proposent vendent une guerre qui n’a jamais commencé.
Ce qu’un litige long fait à une personne
Six choses que je constate, et dont personne ne parle
Ceux qui m’écrivent au sujet d’un marabout pour un procès sont rarement au début de leur affaire. Ils y sont depuis deux ans, trois ans, parfois davantage, et cette durée a produit des effets qu’aucun jugement ne réparera.
- L’affaire occupe toutes les conversations. Les proches finissent par éviter le sujet, puis par éviter la personne. Beaucoup de gens perdent des amitiés en cours de procédure sans faire le lien.
- Le sommeil part en premier. On relit des pièces la nuit, on prépare des réponses à des arguments qui n’ont pas encore été faits. Cela se soigne, et cela ne se traite pas par un rite.
- On confond le droit et la reconnaissance. On attend qu’un tribunal dise qu’on avait raison, alors qu’il ne dira que qui a droit à quoi. Ce malentendu est la source la plus fréquente de déception après un jugement.
- On dépense au-delà de l’enjeu. C’est classique et personne ne le voit venir. Les frais accumulés finissent parfois par dépasser ce qui était en jeu au départ.
- On refuse des arrangements raisonnables. Par principe, parce que céder reviendrait à admettre. Beaucoup de gens regrettent ensuite l’accord qu’on leur proposait la deuxième année.
- Et l’on cherche une explication invisible. C’est à ce moment précis qu’un marabout pour un procès devient séduisant, et ce n’est pas un hasard : cela arrive quand la fatigue est à son maximum.
Ce que je réponds à quelqu’un dans cet état
Je ne commence pas par l’examen. Je demande depuis combien de temps il dort mal, et à qui il en parle encore.
Quand un litige a mangé trois ans d’une vie, ce qu’il faut traiter n’est pas le litige. Un professionnel du soin fera davantage que moi, et je le dis sans détour. Cela me coûte des dossiers, et je préfère cela à un rite conduit sur un récit d’épuisé.
Marabout pour un procès : ce que le Fâ regarde
Quatre motifs, et aucun ne concerne une procédure
Voici la part honnête de mon travail sur ce terrain, et elle est étroite. Le Fâ ne regarde pas un dossier, un juge, une audience ni une partie adverse. Il regarde ce qui est resté ouvert derrière vous.
- Une parole d’héritage jamais réglée, motif principal du marabout pour un procès. Le motif principal sur ce terrain, et il se rencontre presque exclusivement dans les successions.
- Un engagement pris et jamais honoré. Un vœu formulé lors d’une difficulté ancienne, souvent des années avant le litige.
- Une bénédiction jamais demandée. Avant un départ, une union, une installation. Elle ressort quand une famille se déchire, et j’y consacre un guide entier.
- Un mort mal accompagné. Notamment celui dont on se dispute les biens, ce qui est la situation la plus lourde de toutes.
La règle que je ne franchis pas
Chez un marabout pour un procès, ces quatre motifs concernent votre lignée seule. Quand une succession oppose deux branches d’une même famille, je ne conduis rien qui vise l’autre branche, même si ce sont vos cousins, même s’ils vous ont pris quelque chose.
Les gestes se posent pour vos morts, pas contre vos vivants. C’est la ligne exacte, et elle explique pourquoi je refuse une part importante de ce qu’on m’apporte ici.
Marabout pour un procès : ce que je fais
Concrètement, et à ma place
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre du vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans. On m’écrit d’Europe en cherchant un marabout : c’est le mot qu’on emploie là-bas, et je précise à chaque fois qu’un marabout est au sens strict une figure de l’islam ouest-africain, ce que je ne suis pas.
Marabout pour un procès : je demande d’abord si un professionnel a été vu
Avant tout examen. Si la réponse est non, je demande que cela soit fait avant qu’on m’écrive à nouveau, parce qu’un délai peut courir pendant que nous échangeons.
Je ne demande rien sur la partie adverse
Ni nom, ni photographie, ni adresse, ni date de naissance. Si vous me les envoyez, je ne les emploie pas et je vous le dis.
Marabout pour un procès : je n’annonce aucune décision
Ni le sens du jugement, ni la date, ni un montant. Cet interdit tient quelles que soient les circonstances et quelle que soit l’évidence apparente de votre bon droit.
Et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert
L’examen porte sur vous, sur votre lignée et sur les lieux qui vous concernent, jamais sur une procédure. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit. Quand il montre quelque chose, je conduis au temple les gestes que ma tradition prévoit : prières adressées aux vodun de ma maison, offrandes déposées, libations versées pour les anciens de votre lignée, veillée quand le cas le demande.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Le travail au temple, étape par étape
Avec les deux étapes que ce terrain ajoute
Rien ne commence sans votre accord écrit, et rien ne se paie avant que je sache si je peux agir
Deux choses propres à ce sujet. Je ne demande jamais de pièce de procédure, ni de nom d’adversaire. Et je ne demande jamais de complément : si j’ai mal évalué, c’est mon erreur et non la vôtre.
Dites-moi d’abord si vous avez vu un avocat
C’est la première question que je pose, et elle est gratuite. Un délai peut courir pendant que nous échangeons. Je réponds moi-même, l’écoute et l’examen du Fâ ne coûtent rien.
Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Marabout pour un procès : ce que l’examen révèle
Six choses, et aucune ne concerne un tribunal
- Une parole d’héritage jamais réglée. Le premier motif sur ce terrain, et il domine largement les autres.
- Un mort mal accompagné. Souvent celui dont on se dispute les biens, avec des funérailles interrompues par la dispute elle-même.
- Des mots durs prononcés devant la famille, hors de tout marabout pour un procès. Le jour de l’enterrement, ou au moment du partage. Ils ne s’annulent pas avec le temps.
- Un engagement pris et jamais honoré. Une promesse faite sous le coup de l’émotion et abandonnée dès que l’argent est entré dans la conversation.
- Une obsession qui a mangé des années, bien avant tout marabout pour un procès. Ce n’est pas un signe du Fâ et je le note parce que je le vois souvent. Des gens qui ne pensent plus qu’à ce litige depuis quatre ans, qui n’en dorment plus, et à qui personne n’a proposé d’aide.
- Et souvent, rien que je puisse traiter. Un litige avec un employeur ou un bailleur est un litige, et il se traite là où il se traite. Je le dis franchement et je n’accepte pas votre argent.
Les questions que je pose et que personne ne pose
De quel type de litige s’agit-il exactement. Est-ce une affaire de famille. Qu’a-t-on dit devant les anciens, et quand. Quelqu’un est-il mort dans cette histoire, et les rites ont-ils été terminés. Et depuis combien de temps cela occupe-t-il vos journées.
Et celle que personne ne pose jamais : « si le tribunal vous donnait raison demain, à qui reparleriez-vous ? »
Cette question change presque toujours la conversation. Beaucoup de gens découvrent en répondant que gagner ne rendra rien de ce qu’ils ont perdu, et que ce qu’ils veulent vraiment n’est pas dans le dossier.
Marabout pour un procès : si vous gagnez ou si vous perdez
Ce que je réponds dans les deux cas
On me réécrit souvent après une décision, et ma réponse dépend peu du sens de celle-ci.
Si vous gagnez
Un marabout pour un procès ne doit rien s’attribuer, et je le dis clairement. Un marabout pour un procès qui revendique une victoire judiciaire se donne un mérite invérifiable, exactement comme celui qui invoque un obstacle en cas d’échec. Votre avocat, votre dossier et les faits ont fait le travail.
Ce que je vous demande en revanche, c’est de regarder si le motif d’origine a été traité. Une parole non reprise reste non reprise, quel que soit le jugement, et une famille brouillée le demeure.
Si vous perdez
Je n’invente aucun obstacle, je ne parle d’aucune force contraire, et je ne vous propose pas un second travail pour renforcer le premier. Le sujet est développé dans le guide sur les travaux qui ne donnent rien.
Et je vous rappelle une chose pratique que je ne me lasse pas de répéter : une décision peut souvent se contester, et cela se décide avec un professionnel, dans un délai. Ne perdez pas ce temps-là à chercher une explication invisible.
Le cas de celui qui veut recommencer ailleurs
Il arrive qu’après une décision défavorable, quelqu’un me demande de conduire un travail pour rouvrir l’affaire, ou pour en engager une autre sur le même sujet.
Je refuse, et pour une raison qui n’a rien de spirituel. Ce que cette personne cherche n’est plus un droit : c’est la fin d’un sentiment. Aucune nouvelle procédure ne le lui donnera, et une deuxième défaite coûtera davantage que la première.
Ce que je propose alors est ce que je propose toujours : regarder ce qui, dans la lignée, était resté ouvert avant que ce litige n’existe. Souvent, il y avait déjà quelque chose, et le procès n’a fait que le rendre visible.
Dans les deux cas
Vous pouvez me réécrire sans nouveau paiement, y compris des mois après, y compris pour me dire que rien n’a changé. Cela fait partie de ce sur quoi je m’engage.
Marabout pour un procès : les dix questions à poser
À n’importe quel praticien, sur ce terrain plus qu’ailleurs
- Ce marabout pour un procès travaille-t-il sur la partie adverse ? La question qui règle tout en un message.
- Depuis combien de temps exercez-vous, et où ? La première de toutes. Si la réponse est oui, arrêtez immédiatement.
- Me demandez-vous son nom ou sa photographie ? Aucun praticien honnête ne les accepte.
- Me garantissez-vous de gagner ? Personne ne connaît le contenu de votre dossier ni la manière dont il sera examiné.
- Pouvez-vous agir sur un juge ? Le prétendre est grave, et devrait clore la discussion.
- Me donnez-vous une date de décision ? Personne ne connaît le calendrier d’une juridiction.
- Faut-il un travail préalable pour affaiblir l’autre ? L’étape ajoutée, plus chère, et celle qui vous fait franchir une limite.
- M’avez-vous demandé si j’ai vu un avocat ? Un homme honnête pose cette question en premier.
- Quel est le montant total, en chiffres, par écrit ? Une phrase, un nombre, et aucun autre versement.
- Que se passe-t-il si je perds ? La bonne réponse est : nous en reparlons, sans rien facturer.
- Et qu’est-ce que vous ne savez pas faire ? Sur ce terrain, la réponse devrait commencer par : je ne touche pas à votre adversaire.
Les gestes se posent pour vos morts. Jamais contre vos vivants, et jamais contre celui qui est en face.
Ce que je propose selon votre situation
Quatre cas parmi ceux qui m’arrivent
Vous cherchez un marabout pour un procès contre quelqu’un
Ce que je fais : je refuse, et je vous explique pourquoi plutôt que de vous laisser partir sans réponse. Puis je vous demande si vous avez vu un avocat, ce qui est gratuit et bien plus utile.
Vous cherchez un marabout pour un procès de succession
Ce que je fais : c’est le seul cas où ma tradition a réellement quelque chose à regarder. Nous cherchons ce qui a été dit devant les anciens et si les rites ont été terminés pour le défunt.
Vous n’avez pas encore vu de professionnel
Ce que je fais : je vous demande d’y aller avant de m’écrire à nouveau, et je n’accepte rien. Un délai qui court ne se rattrape pas, et c’est la seule urgence réelle de votre situation.
Vous cherchez un marabout pour un procès qui vous occupe depuis des années
Ce que je fais : je vous oriente vers un professionnel du soin et je le dis sans détour. Une affaire qui mange quatre ans d’une vie fait des dégâts qu’aucun jugement ne répare, et j’en parle dans le guide qui compare les deux métiers.
Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.
Une dernière chose, sur ce que gagner ne rend pas
Beaucoup de ceux qui cherchent un marabout pour un procès ne se battent plus vraiment pour un bien. Ils se battent pour que quelqu’un reconnaisse qu’ils avaient raison, et un tribunal ne délivre pas cela.
Une décision de justice tranche un droit ; elle ne rend ni une reconnaissance, ni un frère. Si ce que vous cherchez est du second type, aucun avocat et aucun praticien ne vous le donnera, et il vaut mieux le savoir avant d’y consacrer cinq ans. Si vous voulez que nous regardions ce qui, dans votre lignée, est resté ouvert, écrivez-moi : l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits, et je vous dirai franchement si je ne peux rien.
Mon engagement
Ce que je fais : je dis d’emblée que je ne toucherai pas à la partie adverse. Je demande si un avocat ou une permanence a été vu. Je distingue une succession d’un autre litige, parce que seul le premier relève de moi. J’examine par le Fâ sans rien demander. Et quand je peux agir, j’annonce les gestes et le montant ensemble, par écrit, avant de commencer.
Mes règles : je ne travaille sur personne qui n’a rien demandé. Je ne demande ni nom ni photographie d’un adversaire. Je n’annonce aucune décision, aucune date, aucun montant. Je ne prétends agir sur aucun magistrat. Je ne me substitue à aucun professionnel du droit. Je ne m’attribue aucune victoire. Et je ne demande aucun complément : si j’ai mal évalué, c’est mon erreur et non la vôtre.
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon, Sakété, Bénin
Marabout et prêtre vodun, initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentes
Les réponses courtes, sans détour
Pouvez-vous me faire gagner un procès ?
Non : aucun marabout pour un procès ne le peut. Je n’annonce aucune décision et je ne prétends agir ni sur un juge ni sur votre adversaire.
Travaillez-vous sur la partie adverse ?
Jamais. Elle n’a rien demandé, et celui qui accepte contre elle aujourd’hui acceptera contre vous demain.
Faut-il voir un avocat d’abord ?
Toujours, et avant tout. Une procédure a des délais qui, une fois écoulés, ne se rouvrent pas.
Et si je n’ai pas les moyens ?
Permanences juridiques gratuites, points-justice, aide juridictionnelle, syndicats, associations. Demandez : le refus n’est pas automatique.
Que regardez-vous alors ?
Une parole d’héritage jamais réglée, un engagement non honoré, un mort mal accompagné. Presque toujours dans une succession.
Mon litige n’est pas familial
Alors il ne relève probablement pas de moi, et je vous le dirai franchement sans accepter votre argent.
Si je gagne, sera-ce grâce au travail ?
Je ne m’en attribuerai rien. Votre avocat, votre dossier et les faits auront fait le travail.
Que promettez-vous ?
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un pour qui je ne peux rien.
Voyez un professionnel du droit, écrivez-moi ensuite
Avant tout marabout pour un procès : c’est gratuit dans beaucoup de cas, c’est leur métier, et un délai peut courir. Ensuite, si votre affaire touche à une famille, nous regardons ce qui est resté ouvert.
Gratuit, confidentiel, sans engagement, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
Maître Luc · Wêtê Agbonon · Temple de Sakété
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