Maraboutage par la nourriture : les quatre tables, par Maître Luc au temple de Sakété.

Maraboutage par la nourriture : ce que cette peur retire

Quatre tables se ferment, et vous perdez plus que ce que vous croyiez éviter

Guide de référence · lecture libre

30+ années · Temple de Sakété · France 24 · Examen du Fâ gratuit

Vous n’osez plus manger chez votre belle-mère, vous refusez les plats qu’on vous apporte, et vous cherchez à savoir si cette peur est fondée. Je suis Maître Luc, à l’état civil Wêtê Agbonon, prêtre du vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin. Je ne vous dirai jamais qu’un plat vous a été préparé, et je ne désignerai personne. Ce que je vais décrire, c’est ce que la peur du maraboutage par la nourriture retire à ceux qui la portent : quatre tables se ferment, et ce qu’on y perd dépasse largement ce qu’on croyait éviter.

Écrit par Maître Luc, prêtre du vodun et bokonon du Fâ · à l’état civil Wêtê Agbonon · 30+ ANNÉES · 4 TABLES · TEMPLE FILMÉ · FRANCE 24 · lecture 30 MIN

Maraboutage par la nourriture : Maître Luc, Wêtê Agbonon à l'état civil, ne confirme jamais qu'un plat a été préparé

Qui vous répondra

Maître Luc

Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon du Fâ
Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin

Il ne confirme aucun platJamais une cuisine, jamais une personne, jamais un repas
Vu à la télévisionReportage de France 24, émission Plan B, janvier 2026
Un malaise relève d’un médecinUne douleur après un repas s’examine, et vite
Il refuse plutôt qu’encaisserSur ce terrain, il n’ouvre presque jamais de dossier

Votre satisfaction est sa préoccupation, et non votre paiement. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.

Écrire à Maître Luc

En résumé

La peur du maraboutage par la nourriture est l’une des plus répandues dans les familles africaines, et l’une des plus destructrices pour celles-ci.

Elle ferme quatre tables : celle de la belle-famille, celle des fêtes, celle du pays, celle du voisinage. Et ce qu’on y perd est réel, immédiat et durable.

Je ne confirme jamais qu’un plat a été préparé. Un malaise après un repas relève d’un médecin. Mon écoute et mon examen du Fâ sont gratuits.

Si vous avez été malade après un repas

Cela relève d’un médecin, et vite. Une douleur, des vomissements, une réaction inhabituelle : consultez, dites ce que vous avez mangé et quand. En cas de gravité, appelez le 15 ou le 112.

Les centres antipoison répondent vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans chaque région. Et si vous pensez qu’un acte volontaire a été commis, cela se signale à la police. Rien de tout cela ne passe par un praticien, et tout cela passe avant cette page.

Pourquoi cette peur s’installe si facilement

Six raisons, et aucune ne tient à votre crédulité

La crainte d’un maraboutage par la nourriture est l’une des plus répandues qui m’arrivent, et elle a des ressorts précis qu’il vaut mieux connaître.

  • Parce que manger est un acte de confiance totale. Vous ingérez quelque chose que vous n’avez pas préparé, sans pouvoir le vérifier. Aucun autre geste social ne demande autant.
  • Parce que le corps réagit et qu’on cherche pourquoi. Une lourdeur, une nausée, une nuit difficile après un repas de famille. Le corps a parlé, et il faut une explication.
  • Parce que les récits circulent depuis l’enfance. Presque tout le monde, chez nous, a entendu une histoire de plat. Elles se racontent, jamais elles ne se vérifient.
  • Parce qu’elle nomme une tension déjà là. On ne soupçonne jamais quelqu’un au hasard : on soupçonne celle avec qui cela n’allait pas. La peur donne une forme à un conflit qui existait.
  • Parce qu’elle est invérifiable dans les deux sens. Personne ne peut prouver qu’un plat était propre, et personne ne peut prouver l’inverse. Le doute ne se referme jamais seul.
  • Et parce qu’elle se vend très bien. Un maraboutage par la nourriture confirmé, c’est un travail de levée, une protection, et souvent un abonnement à la peur.

Ce que je réponds à ceux qui s’en veulent d’y penser

Que cette pensée n’a rien d’exceptionnel et qu’elle ne dit rien de mauvais sur eux. Ce qui compte n’est pas d’avoir eu la pensée : c’est ce que vous en faites.

La garder pour vous et cesser de venir détruit un lien. La poser à plat, avec quelqu’un, permet presque toujours de retrouver la vraie affaire, celle qui était là avant le plat.

Les deux situations où la peur est la plus forte

La coépouse et la belle-mère, et ce n’est pas un hasard

Sur tous les messages que je reçois au sujet d’un maraboutage par la nourriture, deux figures reviennent presque toujours. Il vaut la peine de dire pourquoi.

La coépouse

Deux femmes, un même homme, souvent une même cuisine ou des repas qui circulent entre les maisons. La rivalité est structurelle, elle n’a rien d’occulte, et elle porte sur des choses très concrètes : l’argent envoyé, le temps passé, les enfants reconnus.

  • Le plat devient le lieu du conflit parce qu’il est le seul objet qui passe physiquement d’une maison à l’autre.
  • Aucun rite ne réglera un partage inéquitable. Ce qui se traite ici est une question d’organisation et de parole, entre adultes, et souvent avec l’homme concerné.
  • Et une accusation coupe les enfants en deux. Ils circulent entre les maisons, et ils portent le soupçon avec eux. J’y consacre un guide entier.

La belle-mère

La seconde figure, et la plus fréquente de toutes. Une mère qui n’a pas choisi cette union, une bru qui n’a jamais été présentée dans les formes, et des années de politesse tendue.

  • La peur du plat arrive après le conflit, jamais avant. C’est vérifiable dans chaque récit qu’on me fait : il y avait déjà quelque chose.
  • Ce quelque chose est presque toujours nommable. Une dot non versée, une bénédiction non demandée, une phrase dite le jour des présentations.
  • Et c’est cela, et cela seul, que ma tradition sait traiter. Pas le repas, pas la cuisine, pas la personne.

Ce que je demande dans les deux cas

La même chose : racontez-moi comment cette union a commencé, et qui était présent. La réponse contient presque toujours ce qu’il faut traiter, et il est très rare que ce soit un plat.

Maraboutage par la nourriture : les quatre tables

Ce que la peur ferme, une place après l’autre

Le maraboutage par la nourriture produit toujours la même séquence, et je la vois se dérouler toujours dans le même ordre. On commence par refuser un plat, poliment. Puis un deuxième. Puis on cesse d’aller quelque part.

LES QUATRE TABLES QUI SE FERMENT LA TABLE DE FAMILLE BELLE-FAMILLE LES FÊTES LE PAYS LES VOISINS ? VOUS QUATRE PLACES VIDES, ET LA VÔTRE QUI RESTE SEULE

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La quatrième place vide est la vôtre. Personne ne vous a exclu : vous avez cessé de venir, plat après plat, invitation après invitation. Et au bout d’un ou deux ans, on ne vous invite plus.

Maraboutage par la nourriture : la table de la belle-famille

Première table, et celle qui se ferme en premier

C’est presque toujours par là que commence la peur du maraboutage par la nourriture. Une belle-mère qui n’a jamais accepté l’union, une belle-sœur avec qui la relation est tendue, et un plat qu’on vous tend.

Le refus paraît prudent. Il est en réalité le premier acte d’une rupture.

  • Le premier refus, par peur d’un maraboutage par la nourriture, se remarque. On ne dit rien, mais on voit. Dans une famille africaine, ne pas manger ce qu’on vous sert est un signe, et tout le monde le lit.
  • Le deuxième refus s’interprète comme une accusation de maraboutage par la nourriture. À partir de là, la personne comprend qu’on la soupçonne, et elle en souffre ou s’en offense. Souvent les deux.
  • Le troisième referme la porte. On cesse de vous inviter, par fierté ou par lassitude. Personne ne l’annonce.
  • Et le conjoint est pris entre deux feux. C’est le dommage le plus lourd et le moins visible : il doit choisir entre sa mère et vous, chaque dimanche.

Ce que je demande à quelqu’un dans ce cas

Une chose, avant toute autre : « qu’est-ce qui s’était passé entre vous, avant l’histoire du plat ? »

Il y a presque toujours quelque chose : un mariage fait sans elle, une phrase dite le jour des présentations, une union jamais acceptée. La peur du plat est arrivée après, et c’est ce qui est arrivé avant qui se traite.

Refuser un plat ne protège de rien. Cela dit seulement, sans un mot, ce qu’on pense de celle qui l’a préparé.

Maraboutage par la nourriture : la table des fêtes

Deuxième table, et la plus visible

Un baptême, un mariage, des funérailles, une fête de fin d’année. Des dizaines de personnes, des plats partagés, et vous qui ne mangez pas.

Impossible de passer inaperçu dans ce cadre. On vous sert, vous déclinez, on insiste, vous inventez une raison. Deux fêtes plus tard, la raison ne tient plus.

  • On finit par ne plus venir, à force de craindre un maraboutage par la nourriture. C’est plus simple que d’expliquer, et c’est ainsi qu’on disparaît d’une famille sans que personne ne se fâche jamais ouvertement.
  • Les enfants apprennent la peur du maraboutage par la nourriture. Ils voient leurs parents refuser, ils comprennent qu’on se méfie, et ils grandissent avec cela. C’est ce qui me préoccupe le plus dans ce sujet.
  • La communauté remarque. Dans un groupe où l’on se connaît, le refus répété circule et se raconte.
  • Et l’on se retrouve à célébrer seul. Les fêtes, chez nous, ne se célèbrent pas à deux dans un appartement. C’est une perte que peu de gens anticipent.

Le cas des funérailles, et il mérite d’être dit

C’est l’occasion où la peur d’un maraboutage par la nourriture fait le plus de dégâts, et où elle est la plus fréquente.

Un décès rassemble toute une famille, y compris ceux qui ne se parlaient plus. Les repas sont nombreux, préparés par des mains diverses, et servis pendant plusieurs jours. C’est exactement le moment où les vieilles tensions remontent.

Refuser de manger à des funérailles est ce qui se remarque le plus, et se pardonne le moins. Parce qu’on est venu pour honorer quelqu’un, et que le repas fait partie de cet hommage. Le refus est alors lu comme une double offense : au vivant qui a cuisiné, et au mort qu’on accompagne.

Dans ma tradition, les repas de funérailles ne sont pas un accessoire. Ils font partie du rite lui-même. Celui qui n’y prend pas part n’accompagne pas complètement, et cela se sait longtemps.

Ce que je conseille pour ces occasions

Si vous devez y aller et que la peur est trop forte, mangez ce que tout le monde mange, servi du même plat, en même temps que les autres. C’est ce que font depuis toujours ceux qui se méfient, chez nous, et cela ne heurte personne.

Cela vaut mieux qu’un refus, qui blesse et qui vous isole. Et si vous ne pouvez pas du tout, dites que vous avez déjà mangé plutôt que de laisser un plat intact devant vous.

Maraboutage par la nourriture : la table du pays

Troisième table, et celle qui coûte le plus cher

Vous rentrez après des années. Tout le village veut vous voir, chacun prépare quelque chose, et vous ne mangez rien.

C’est la situation dont on me parle le plus souvent, et celle où le maraboutage par la nourriture fait le plus de dégâts, parce qu’elle concentre tout en trois semaines.

  • Craindre un maraboutage par la nourriture au pays est bien plus grave qu’en Europe. Ici, on peut prétexter un régime ou une allergie. Là-bas, cela ne se dit pas et cela ne s’entend pas.
  • Craindre un maraboutage par la nourriture confirme ce qu’on pense de vous. Que l’Europe vous a changé, que vous vous croyez au-dessus, que vous vous méfiez des vôtres. C’est le reproche le plus douloureux et il vous suivra longtemps.
  • Vous partez avec une brouille en plus. Trois semaines de vacances qui devaient réparer des années d’absence se terminent par un froid.
  • Et vous n’y retournerez peut-être plus. Beaucoup de gens espacent leurs retours après un séjour comme celui-là, et la distance s’installe.

Ce que je dis à ceux qui préparent un retour

Réglez ce qui doit l’être avant de partir, pas pendant le séjour. Une bénédiction demandée, une brouille reprise, une parole dite. La peur du plat est presque toujours la forme visible d’une chose non réglée avec cette famille, et le repas n’en est que le lieu.

Le sujet est développé dans le guide sur le retour au pays.

Maraboutage par la nourriture : la table des voisins

Quatrième table, et la plus discrète

Celle-ci ne fait pas de bruit, et elle referme pourtant quelque chose d’important. Une voisine qui apportait un plat le vendredi, une collègue qui ramenait des gâteaux, un ami qui invitait.

  • Le refus est plus facile ici, et le maraboutage par la nourriture reste inavoué. Un régime, une allergie, un horaire. Personne n’insiste, et c’est bien le problème.
  • Le geste ne se répète pas quand on soupçonne un maraboutage par la nourriture. On n’offre pas trois fois à quelqu’un qui refuse. Le lien s’arrête sans qu’aucune parole ne soit prononcée.
  • La solidarité disparaît avec. Ces échanges de plats sont, dans beaucoup de quartiers, la forme la plus concrète de l’entraide. On perd bien plus qu’un repas.
  • Et l’on se retrouve entouré d’inconnus. C’est ce que décrivent beaucoup de gens après quelques années : ils vivent au milieu de voisins qu’ils ne connaissent plus.

Ce qu’on vous vendra si vous cherchez confirmation

Il faut nommer les trois offres qui vous attendent, parce qu’elles arrivent toujours dans cet ordre quand un maraboutage par la nourriture a été confirmé.

D’abord la levée. Un travail pour retirer ce qui aurait été ingéré. Il est cher parce qu’il est présenté comme urgent, et il ne se vérifie ni avant ni après.

Puis la protection permanente. Un objet à porter, un bain à prendre, parfois quelque chose à avaler avant les repas. Ne consommez jamais rien de tel : c’est la ligne que je ne franchis jamais, et j’y consacre un guide entier.

Et enfin le nom. On finit par vous dire qui, souvent par un portrait que vous complétez vous-même. C’est le service le plus destructeur qui existe dans ce métier, parce qu’il est irréversible.

Ces trois offres se suivent et s’appellent. Chacune justifie la suivante, et l’ensemble peut durer des années.

Ce que je constate chez ceux qui reviennent me voir

Ils ne me parlent presque jamais du plat qui les avait inquiétés. Ils me parlent de la solitude qui est venue après. Et c’est cela, en trente ans, qui m’a convaincu d’écrire ce guide.

Maraboutage par la nourriture : ce que partager veut dire

Cinq choses, et elles expliquent pourquoi le refus pèse tant

Pour comprendre le poids d’un plat refusé, il faut comprendre ce qu’un plat partagé signifie dans nos familles. Ce n’est pas un détail culturel : c’est le cœur du problème.

  • Manger ensemble scelle une paix, ce que le maraboutage par la nourriture empêche. Après une brouille, chez nous, on ne signe rien : on mange ensemble. C’est le geste qui dit que l’affaire est close.
  • Offrir de la nourriture est un honneur, que le soupçon de maraboutage par la nourriture piétine. Celle qui a cuisiné pour vous a passé des heures, souvent dépensé ce qu’elle n’avait pas. Refuser, c’est refuser ce qu’elle a de mieux à donner.
  • Les repas accompagnent tout ce qui compte. Une naissance, un mariage, un deuil, un départ. Aucun moment important ne se passe sans nourriture partagée.
  • La nourriture circule dans les deux sens. On donne, on reçoit, on redonne. C’est un tissu, et une maille qui lâche défait tout un côté.
  • Et l’on nourrit aussi les morts. Les libations, les offrandes, ce qu’on dépose. Dans ma tradition, la nourriture relie les vivants entre eux et les vivants à ceux qui ne sont plus là. J’en parle dans le guide sur les cinq dettes.

Pourquoi je dis cela dans un guide sur la peur

Parce que celui qui vend la peur du maraboutage par la nourriture ne vous vend pas seulement un rite. Il attaque le geste qui tient nos familles ensemble, et il le fait dans des communautés déjà dispersées par la distance.

Je ne dis pas cela pour vous culpabiliser. Je le dis parce que personne ne mesure ce que coûte cette peur avant de l’avoir portée deux ans.

Maraboutage par la nourriture : ce qu’un refus dit

Quatre messages que vous envoyez sans les prononcer

Voici ce que comprend la personne dont vous refusez le plat. Elle ne le dira jamais, et elle le pense entièrement.

  • « Tu me crois capable d’un maraboutage par la nourriture. » C’est le message principal, et il est extrêmement violent quand il vient d’un membre de la famille.
  • « Je te crois capable de maraboutage par la nourriture. » Formulé sans un mot, devant témoins, à table.
  • « Ce que tu as préparé ne vaut rien. » Elle a cuisiné, elle a servi, et son plat reste intact.
  • Et « je ne suis plus des vôtres. » C’est ce qui blesse le plus les familles qui reçoivent quelqu’un revenu d’Europe.

Ce que cette personne fera ensuite

Rien, le plus souvent. Elle ne dira rien, elle ne se fâchera pas ouvertement, et elle cessera simplement de vous proposer. C’est le silence qui suit qui détruit le lien, pas la dispute qui n’a pas eu lieu.

Et il arrive qu’elle raconte. Dans une famille étendue, l’histoire du plat refusé circule et vous précède.

Maraboutage par la nourriture : le malaise après un repas

Ce qu’il faut faire, dans l’ordre

Il faut traiter ce cas sérieusement, parce qu’il est le point de départ de presque toutes ces peurs, et parce que la bonne réponse n’est jamais celle qu’on vous proposera.

  • Consultez un médecin, sans attendre, avant toute idée de maraboutage par la nourriture. Décrivez ce que vous avez mangé, quand, et ce que vous ressentez. Ne partez pas du principe que ce sera inexpliqué : la plupart des malaises après un repas ont une cause qui se trouve.
  • Ne cachez rien par gêne. Dites le repas, le lieu, l’heure. Un professionnel a besoin de cela et il ne jugera pas votre famille.
  • En cas de gravité, le 15 ou le 112. Et les centres antipoison répondent jour et nuit dans chaque région.
  • Si vous pensez à un acte volontaire plutôt qu’à un maraboutage par la nourriture, c’est la police. Pas un praticien. Un empoisonnement est un crime, et il se traite là où se traitent les crimes.
  • Et n’accusez personne avant d’avoir un avis médical. C’est le conseil le plus important de cette liste, et le moins suivi.

Ce qui se passe quand on ne consulte pas

Voici la séquence que je vois se répéter, et elle est toujours la même.

Un malaise survient. Personne ne va chez le médecin, parce qu’on croit savoir. On cherche l’explication auprès de la famille, puis en ligne, puis chez un praticien. Quelqu’un confirme, un travail de levée est vendu, et la personne se sent mieux quelques semaines.

Puis le symptôme revient, parce qu’il n’a jamais été examiné. On explique alors que le travail était insuffisant, ou que l’attaque a repris. Un second versement suit, et la cause réelle n’a toujours pas été cherchée.

C’est pour cela que je place la question du médecin avant toutes les autres, y compris avant l’examen du Fâ. Un maraboutage par la nourriture qu’on cherche à confirmer occupe la place d’un diagnostic qu’on n’a jamais demandé.

Les causes ordinaires que personne ne regarde

Une intolérance qui apparaît à l’âge adulte. Une allergie ignorée. Un plat conservé trop longtemps, ce qui arrive dans toutes les cuisines du monde. Une gastro-entérite banale. Un médicament qui ne s’accorde pas avec un aliment. Le stress d’un repas de famille tendu, qui produit des symptômes très réels.

Chacune de ces causes se vérifie et se traite. Aucune ne demande de rompre avec quelqu’un.

Maraboutage par la nourriture : avant d’accuser

Trois questions, et elles arrêtent la plupart des accusations

Si l’idée d’un maraboutage par la nourriture vous est venue à propos d’une personne précise, posez-vous ces trois questions avant tout le reste.

  • Qui vous a parlé de maraboutage par la nourriture ? Neuf fois sur dix, l’idée n’est pas née chez vous. Un proche, une vidéo, un praticien consulté. Savoir d’où elle vient change son poids.
  • D’autres ont-ils mangé le plat soupçonné de maraboutage par la nourriture ? Une question simple, factuelle, et qui règle une grande partie des cas. Si dix personnes ont partagé le même plat, la lecture change.
  • Que s’était-il passé avec cette personne avant ? La peur du plat désigne presque toujours quelqu’un avec qui il y avait déjà quelque chose. C’est cette chose-là qui existe, et elle se règle par des mots.

Ce qu’une accusation coûte, et elle ne se rembourse pas

Je le dis avec insistance parce que je vois les dégâts des années après. Une accusation de ce type ne se retire pas. Même si vous découvrez ensuite que vous vous êtes trompé, la personne saura toujours que vous l’avez crue capable de cela.

Des familles entières se sont coupées en deux sur une phrase prononcée après un malaise. J’y consacre un guide entier.

Maraboutage par la nourriture : ce que le Fâ regarde

Quatre motifs, et aucun ne concerne une cuisine

Voici la part honnête de mon travail sur ce sujet, et elle est très étroite. Le Fâ ne regarde ni un plat, ni une personne, ni un repas. Il regarde ce qui est resté ouvert derrière vous.

Et sur ce terrain précisément, il y a presque toujours quelque chose, parce que la peur du maraboutage par la nourriture vise en général une famille avec laquelle un compte n’a jamais été soldé.

  • Une union faite sans l’accord de la belle-famille, bien avant tout maraboutage par la nourriture. Le motif principal, et de loin. Deux familles qui ne se sont jamais rencontrées, une bénédiction jamais demandée, un mariage annoncé plutôt que présenté. J’y consacre le guide sur les quatre accords.
  • Une parole dure prononcée devant les anciens, sans aucun maraboutage par la nourriture. Le jour des présentations, le jour d’un partage, le jour d’un enterrement. Elle reste, et elle empoisonne les relations bien plus sûrement qu’un plat.
  • Un engagement pris et jamais honoré. Une promesse faite à cette famille, oubliée depuis.
  • Un mort mal accompagné. Notamment lorsque les funérailles ont été suivies de loin, ou interrompues par une dispute.

Ce que traiter cela produit, et ce que cela ne produit pas

Cela ne prouve rien sur aucun plat, cela n’innocente ni n’accuse personne, et cela ne vous protège d’aucun repas. Ce qui est traité, c’est ce qui est resté ouvert entre vous et cette famille, et c’est presque toujours là que se trouve la vraie affaire.

Ce que je constate chez ceux qui le font est constant : la peur du plat s’éloigne d’elle-même quand la chose d’avant a été reprise. Je ne prétends pas expliquer pourquoi.

Ce que je fais et ce que je refuse

Concrètement, et à ma place

Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre du vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans. On m’écrit d’Europe en cherchant un marabout : c’est le mot qu’on emploie là-bas, et je précise à chaque fois qu’un marabout est au sens strict une figure de l’islam ouest-africain, ce que je ne suis pas.

Maraboutage par la nourriture : je ne confirme jamais un plat

Ni un repas, ni une cuisine, ni une personne. Cette confirmation n’a qu’un usage : ouvrir un dossier et fermer une famille.

Je demande d’abord si un médecin a été consulté

Quand il y a eu un malaise, c’est la première question, et le dossier s’arrête souvent là.

Maraboutage par la nourriture : aucune protection vendue

Ni objet, ni préparation, ni bain, ni rien à avaler avant un repas. J’y consacre un guide entier.

Et j’examine par le Fâ ce qui est resté ouvert

L’examen porte sur vous, sur votre lignée et sur les lieux qui vous concernent, jamais sur une personne de votre entourage. Le déroulement est décrit dans le guide de la consultation du Fâ. Cet examen est gratuit. Quand il montre quelque chose, je conduis au temple les gestes que ma tradition prévoit : prières adressées aux vodun de ma maison, offrandes déposées, libations versées pour les anciens de votre lignée, veillée quand le cas le demande.

Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Je ne prends votre argent que si je peux agir.

Le travail au temple, étape par étape

Avec les deux étapes que ce terrain ajoute

Rien ne commence sans votre accord écrit, et rien ne se paie avant que je sache si je peux agir

I Je vous dis d’emblée qu’un maraboutage par la nourriture ne se confirme pas Avant tout le reste. Si c’est une confirmation que vous cherchez, vous perdrez votre temps avec moi.
II Je demande s’il y a eu un malaise et si un médecin a été vu C’est la première étape propre à ce terrain. Si la réponse est non, je vous demande de consulter avant de m’écrire à nouveau.
III Je demande qui vous a dit que cela venait de là Neuf fois sur dix, l’idée vient de quelqu’un. Savoir de qui change toute la lecture, et c’est gratuit.
IV Je cherche ce qui s’était passé avec cette famille, avant Une union faite sans accord, une parole prononcée devant les anciens, un engagement oublié. C’est le terrain propre du Fâ.
V Je rassemble ce qu’il faut, sur vous seul Votre nom, votre date de naissance et une photographie de vous. Elle reste au temple, jamais publiée ni transmise. Rien sur la personne que vous soupçonnez.
VI J’examine par le Fâ, gratuitement Au temple, avec l’opèlè. Soit quelque chose est resté ouvert dans votre lignée, soit rien, et vous l’apprenez en même temps que moi.
VII J’annonce les gestes et le montant, ensemble et par écrit Une seule fois, avant de commencer, et il ne bouge plus. Vous restez libre de dire non à cet instant.
VIII Je conduis le travail et je vous rends compte Quels gestes, quel jour, pour qui. Sans aucune conclusion sur qui que ce soit dans votre famille.

Deux choses propres à ce sujet. Rien de ce que je conduis ne porte sur la personne que vous soupçonnez. Et je ne demande aucun complément : si j’ai mal évalué, c’est mon erreur et non la vôtre.

Racontez-moi ce qui s’était passé avant le plat

C’est la question que je pose en premier, et elle est gratuite. Le plat est presque toujours le lieu d’une affaire plus ancienne, et c’est celle-là qui se traite.

Écrire à Maître Luc

Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.

Maraboutage par la nourriture : ce que les enfants apprennent

Le point qui m’a décidé à écrire ce guide

Un enfant qui voit ses parents refuser les plats de sa grand-mère apprend trois choses en même temps, et aucune n’est ce que vous vouliez lui transmettre.

  • Que sa famille est dangereuse, à force d’entendre parler de maraboutage par la nourriture. Il ne fait pas la différence entre une personne soupçonnée et l’ensemble. Il retient qu’on se méfie des siens.
  • Que la tradition fait peur. Vous vouliez lui transmettre une culture ; il en retient une menace. C’est exactement l’inverse de ce que vous cherchiez.
  • Et qu’on ne parle pas de ces choses-là. Il perçoit le silence des adultes et il apprend à ne pas poser de questions.

Ce que je réponds aux parents

Que ce qu’ils craignent pour leur enfant, ils sont en train de le lui donner autrement. Une génération qui grandit en se méfiant de sa propre famille est une génération qui perdra la tradition entière, et pas seulement la partie qui inquiète.

Ma religion se transmet par les repas partagés, les fêtes, les gestes vus. Une peur qui vide ces moments-là transmet le vide.

Maraboutage par la nourriture : les dix questions

Avant de refuser le prochain plat

  • Qui m’a dit que cela venait de là ? La première de toutes, et elle règle beaucoup de cas.
  • Ai-je vu un médecin ? Elle passe avant toute idée de maraboutage par la nourriture.
  • Depuis quand est-ce que j’y pense ? Si un malaise a eu lieu, cela passe avant tout.
  • D’autres ont-ils mangé le même plat ? Une question factuelle qui change la lecture.
  • Que s’était-il passé avec cette personne avant ? Il y a presque toujours quelque chose.
  • Depuis combien de temps est-ce que je refuse ? Comptez les occasions manquées.
  • Combien de tables ai-je déjà fermées ? Regardez la liste des gens que vous ne voyez plus.
  • Qu’est-ce que mes enfants ont compris ? Demandez-leur, la réponse surprend.
  • Est-ce que je dors, et depuis quand ? Une peur qui empêche de dormir relève aussi d’un soin.
  • Ai-je déjà payé quelqu’un pour cela ? Si oui, ne versez plus rien.
  • Et que se passerait-il si je mangeais ? Posez-vous la question sérieusement, et écoutez votre réponse.
Maraboutage par la nourriture : au temple de Sakété, la nourriture relie les vivants et les morts

Chez nous, la nourriture relie les vivants entre eux et les vivants aux morts. La peur qui la retire retire tout le reste avec.

Ce que je propose selon votre situation

Quatre cas parmi ceux qui m’arrivent

Vous avez été malade après un repas

Ce que je fais : je vous demande d’aller voir un médecin avant de m’écrire à nouveau, et je n’accepte rien. C’est le seul ordre correct.

On vous parle de maraboutage par la nourriture par une belle-mère

Ce que je fais : je ne confirme pas, je ne nie pas, et je vous demande qui vous l’a dit. Puis nous regardons ce qui s’était passé avec cette famille avant.

Vous ne mangez plus nulle part depuis des mois

Ce que je fais : je compte les tables fermées avec vous, gratuitement. Et si la peur empêche de dormir ou de sortir, je vous oriente vers un professionnel du soin.

Vous préparez un retour au pays et vous appréhendez les repas

Ce que je fais : c’est le cas où ma tradition a réellement quelque chose à regarder, et il faut le traiter avant le départ, pas pendant.

Ces quatre cas montrent comment je travaille : la même méthode pour tous, une réponse différente pour chacun, et jamais un rite conduit pour quelqu’un qui n’en a pas besoin.

Une dernière chose, et je l’écris en tant que prêtre

On me demande souvent si ma religion enseigne de se méfier de la nourriture. Voici ma réponse, et elle est nette.

Ce que ma tradition enseigne, c’est de partager. Les offrandes se déposent, les libations se versent, les repas se prennent ensemble, et l’on nourrit même ceux qui sont morts. Le geste central du vodun est un geste de partage, pas de méfiance. Celui qui vous vend la peur de manger chez les vôtres n’a rien reçu de cette tradition : il en a pris le vocabulaire pour vendre autre chose. Si vous voulez que nous regardions ce qui est resté ouvert entre vous et cette famille, écrivez-moi : l’écoute et l’examen du Fâ sont gratuits.

Mon engagement

Ce que je fais : je demande s’il y a eu un malaise et si un médecin a été vu. Je demande qui vous a dit que cela venait de là. Je cherche ce qui s’était passé avec cette famille avant. J’examine par le Fâ sans rien demander. Et quand je peux agir, j’annonce les gestes et le montant ensemble, par écrit, avant de commencer.

Mes règles : je ne confirme jamais qu’un plat a été préparé. Je ne désigne personne. Je ne demande rien sur la personne que vous soupçonnez. Je ne vends aucune protection à porter ni à consommer. Je ne vous conseille jamais de rompre avec quelqu’un. Et je ne demande aucun complément : si j’ai mal évalué, c’est mon erreur et non la vôtre.

Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. S’il ne montre rien que je puisse traiter, je vous le dis et je n’accepte pas votre argent. S’il montre quelque chose, je conduis le travail moi-même au temple de Sakété et je vous rends compte. Je n’annonce jamais de date : ce serait vous faire attendre un jour précis.

Maraboutage par la nourriture : Maître Luc, prêtre vodun et bokonon au temple de Sakété au Bénin

Maître Luc

Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon, Sakété, Bénin

Marabout et prêtre vodun, initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.

Questions fréquentes

Les réponses courtes, sans détour

Peut-on marabouter quelqu’un par la nourriture ?

Un maraboutage par la nourriture ne se confirme jamais, et je ne dirai jamais qu’un plat précis a été préparé. Cette confirmation ferme une famille.

J’ai été malade après un repas

Consultez un médecin sans attendre, en disant ce que vous avez mangé et quand. En cas de gravité, le 15 ou le 112.

Dois-je refuser les plats de ma belle-famille ?

Un refus ne protège de rien et dit beaucoup. Il désigne la personne comme suspecte, sans un mot, devant tout le monde.

Comment faire dans les fêtes ?

Mangez ce que tout le monde mange, servi du même plat, en même temps. C’est ce que font depuis toujours ceux qui se méfient, et cela ne heurte personne.

Vendez-vous une protection avant les repas ?

Aucune. Ni objet à porter, ni préparation à avaler. Ne consommez jamais rien qui vous soit envoyé par un praticien.

Que regardez-vous alors ?

Ce qui s’était passé avec cette famille avant : une union sans accord, une parole prononcée devant les anciens, un engagement oublié.

Que dit votre religion sur la nourriture ?

Qu’elle se partage. Les offrandes, les libations, les repas communs. Le geste central du vodun est un geste de partage.

Que promettez-vous ?

Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Et je n’accepte pas l’argent de quelqu’un pour qui je ne peux rien.

Comptons ensemble les tables que vous avez fermées

La peur d’un maraboutage par la nourriture en ferme quatre. C’est gratuit, et cela prend une conversation. Ensuite, si vous le voulez, nous regardons ce qui est resté ouvert entre vous et cette famille.

Écrire à Maître Luc

Gratuit, confidentiel, sans engagement, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.

Maître Luc · Wêtê Agbonon · Temple de Sakété

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