Si vous venez de payer · lisez d’abord les cinq gestes du premier jour
Marabout escroc : que faire une fois que vous avez payé
Ce qui se récupère, ce qui ne se récupère pas, et le second commerce qui vous attend
30+ années · Temple de Sakété · France 24 · Écoute gratuite
Vous avez versé, vous n’avez rien reçu, et vous cherchez quoi faire maintenant. Je suis Maître Luc, à l’état civil Wêtê Agbonon, prêtre du vodun et bokonon du Fâ au temple de Sakété, au Bénin. Je n’ai rien à vous vendre sur cette page, et je n’ouvrirai aucun dossier pour vous : quelqu’un qui vient de perdre de l’argent chez un praticien ne doit pas en payer un second. Voici les cinq gestes à poser aujourd’hui, ce qui se récupère selon le moyen de paiement employé, et les six phrases qu’un marabout escroc emploiera pour vous retenir.
Écrit par Maître Luc, prêtre du vodun et bokonon du Fâ · à l’état civil Wêtê Agbonon · 30+ ANNÉES · 5 GESTES · TEMPLE FILMÉ · FRANCE 24 · lecture 30 MIN
Qui vous répondra
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon du Fâ
Plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, au Bénin
Votre satisfaction est sa préoccupation, et non votre paiement. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après.
En résumé
Cinq gestes se posent aujourd’hui : cesser de verser, tout capturer, contester selon le moyen de paiement, signaler, et en parler à une personne.
Ce qui se récupère dépend presque entièrement du canal employé. Un virement bancaire laisse une trace ; une recharge prépayée, non.
Et attendez-vous au second commerce : celui qui vend l’annulation de ce qu’il a vendu. C’est là que les sommes doublent.
Les deux erreurs qui coûtent le plus
Ne payez rien pour faire annuler. Ni au même praticien, ni à un autre qui vous proposerait de lever ce qui aurait été fait. C’est le piège le plus rentable de ce métier et il ne s’arrête jamais de lui-même.
Et ne répondez plus, même pour réclamer. Chaque message que vous envoyez prouve que vous êtes joignable et relance la machine. Coupez, conservez, signalez.
Ce que vous allez lire
- Pourquoi ce terrain fabrique autant de victimes
- Marabout escroc : les cinq gestes du premier jour
- Marabout escroc : cesser de verser
- Marabout escroc : tout capturer
- Marabout escroc : contester le paiement
- Marabout escroc : signaler
- En parler à une personne
- Marabout escroc : ce qui se récupère
- Marabout escroc : le second commerce
- Marabout escroc : les six phrases pour vous retenir
- Ce que je vois passer, en trente ans
- Savoir si vous êtes en train de vous faire prendre
- Ce que vous pouvez m’écrire, et ce que je répondrai
- La honte, et pourquoi elle protège l’escroc
- Si c’est un proche qui a été volé
- Marabout escroc : si l’on vous menace
- Recommencer un jour, ou pas
- Marabout escroc : ce que je fais et ce que je refuse
- Questions fréquentes
Pourquoi ce terrain fabrique autant de victimes
Six raisons, et aucune ne tient à votre jugement
Avant les gestes pratiques, il faut comprendre pourquoi un marabout escroc réussit là où une autre escroquerie échouerait.
- On arrive au pire moment. Personne ne consulte un jour où tout va bien. On écrit après une rupture, un décès, un licenciement, une peur pour un enfant. C’est cet état qui est exploité, jamais l’intelligence.
- Rien n’est vérifiable. Un travail invisible ne se contrôle pas. S’il ne se passe rien, ce sera un obstacle ; s’il se passe quelque chose, ce sera la preuve. Aucun des deux cas ne permet de conclure.
- Le vocabulaire religieux désarme. On n’ose pas exiger de comptes de quelqu’un qui parle d’esprits et d’ancêtres. Cette retenue est précisément ce sur quoi joue un marabout escroc.
- Le secret est demandé d’emblée. Aucun proche ne peut alerter, et l’isolement fait le reste.
- Les montants montent par paliers. Jamais tout d’un coup. Chaque nouveau versement paraît petit à côté de ce qui est déjà engagé.
- Et personne ne porte plainte. Par honte, ou parce qu’on croit que cela ne mènera nulle part. C’est ce qui permet à un même compte de travailler pendant des années.
Ce que cela devrait vous enlever
Le sentiment d’avoir été particulièrement crédule. Vous avez rencontré un système rodé, au seul moment de votre vie où il pouvait fonctionner sur vous. Ce qui compte maintenant est devant vous, dans les cinq gestes qui suivent.
Marabout escroc : les cinq gestes du premier jour
Dans cet ordre, et le premier compte plus que les quatre autres
Face à un marabout escroc, ce qui suit ne demande ni argent, ni praticien, ni compétence particulière. Cela demande quelques heures, aujourd’hui.
Faites glisser le schéma vers la gauche pour le lire en entier
Le cinquième geste est celui qu’on saute, et c’est le plus important. Un escroc ne tient pas grâce à son talent : il tient grâce au fait que personne ne sait. Le jour où quelqu’un d’autre est au courant, la relation se casse d’elle-même.
Marabout escroc : cesser de verser
Premier geste, et il vaut tous les autres réunis
Cela paraît évident et cela ne l’est pas du tout dans la situation où vous êtes. Un marabout escroc ne vous demande jamais tout d’un coup : il vous a amené par paliers, et chaque nouveau versement paraît petit à côté de ce qui est déjà engagé.
C’est le mécanisme central, et il porte un nom en dehors de ce métier : plus on a investi, plus il devient difficile d’arrêter, parce qu’arrêter revient à reconnaître que tout est perdu.
- Ne versez rien au marabout escroc pour terminer. On vous dira qu’il ne manque qu’une étape. Cette étape est infinie par construction.
- Ne versez rien au marabout escroc pour récupérer. Ni vos documents, ni vos photographies, ni votre argent. Personne ne rend contre paiement.
- Ne versez rien pour annuler. C’est le second commerce et j’y consacre une partie entière plus bas.
- Et ne cherchez pas un autre praticien aujourd’hui. Vous êtes exactement dans l’état où l’on accepte n’importe quoi. Attendez que cela retombe.
Ce que je fais quand quelqu’un dans ce cas m’écrit
Je l’écoute, gratuitement, et je n’ouvre aucun dossier. Pas de montant, pas de proposition, pas d’examen conduit dans la foulée. Je donne ce qui est écrit sur cette page, et je dis de revenir dans quelques mois si l’envie est toujours là.
Ce n’est pas de la générosité : c’est la seule conduite décente. Prendre de l’argent à quelqu’un qui vient d’en perdre chez un confrère revient à terminer le travail de l’escroc.
Chaque versement supplémentaire n’est pas une chance de récupérer : c’est une preuve de plus que vous payez encore.
Marabout escroc : tout capturer
Deuxième geste, et il y a urgence réelle
Les messageries permettent d’effacer des messages chez le destinataire. Un compte se supprime en trois secondes. Ce que vous ne capturez pas aujourd’hui n’existera peut-être plus demain.
- La conversation entière avec le marabout escroc. En captures d’écran, pas en export : les captures montrent l’horodatage et le nom affiché.
- Le profil du marabout escroc. Photographie, nom employé, description, date de création si elle est visible.
- Le numéro de téléphone, en entier. Avec l’indicatif, et notez d’où vous l’avez obtenu.
- Les références de chaque versement. Date, montant, moyen employé, nom du bénéficiaire, numéro de transaction.
- Les annonces et les pages. Le site, la page de réseau social, l’annonce par laquelle vous êtes arrivé. Capturez-les aussi : elles disparaissent souvent en premier.
Où ranger tout cela
Dans un dossier unique, sur votre téléphone et sur un second support. Ajoutez un fichier texte avec le déroulé daté : quand vous avez été contacté ou quand vous avez écrit, ce qui a été promis, ce qui a été demandé, ce que vous avez versé et quand.
Ce document de deux pages vaut plus que tout ce que vous direz de mémoire, à une banque comme à un service de police.
Marabout escroc : contester selon le moyen de paiement
Troisième geste, et les délais sont courts
C’est la partie technique, et elle décide de presque tout. Je ne suis ni juriste ni banquier : je décris ce qui existe, et vous vérifierez auprès de votre banque, qui est la seule à pouvoir vous répondre sur votre cas.
- Carte bancaire, le cas le plus favorable face à un marabout escroc. Une procédure de contestation existe auprès de votre banque. Elle est encadrée par des délais, et ils commencent à courir dès le débit. Appelez aujourd’hui, pas la semaine prochaine.
- Virement bancaire vers le marabout escroc. Plus difficile à rappeler une fois exécuté, et la banque peut tenter une procédure de rappel de fonds. Cela vaut la demande, et cela se demande vite.
- Prélèvement. Un prélèvement se conteste, et une autorisation se révoque. Si vous en avez signé une, révoquez-la immédiatement.
- Transfert d’argent en agence. Prévenez l’opérateur : si le transfert n’a pas encore été retiré, il peut parfois être bloqué. Question d’heures.
- Recharge prépayée ou coupon, moyen favori du marabout escroc. C’est le cas le plus défavorable. Ces moyens ont été choisis précisément pour cela. Signalez tout de même à l’émetteur, avec les codes et les tickets.
- Crypto-monnaie. Irréversible. Conservez néanmoins l’adresse du portefeuille : elle peut servir dans une enquête.
Ce qu’il faut dire à votre banque
Dites la vérité, entièrement, et n’ayez pas honte : les conseillers voient ce type de dossier régulièrement. Décrivez une escroquerie, pas une consultation qui n’a pas donné satisfaction, la différence compte pour le traitement de votre demande.
Et demandez la réponse par écrit, quelle qu’elle soit.
Marabout escroc : signaler
Quatrième geste, et il sert davantage que vous ne le croyez
Presque personne ne signale, et c’est la première raison pour laquelle un marabout escroc travaille tranquillement pendant des années.
- La plateforme de signalement en ligne, pour dénoncer un marabout escroc. En France, Pharos reçoit les signalements de contenus et de comportements illicites sur internet. C’est rapide et cela ne demande aucune démarche physique.
- Le service dédié aux escroqueries, pour signaler un marabout escroc. Info Escroqueries répond gratuitement au 0 805 805 817 et vous oriente selon votre situation exacte.
- Le dépôt de plainte contre le marabout escroc. Il se fait au commissariat, à la gendarmerie, ou par lettre au procureur de la République. Une pré-plainte en ligne existe pour préparer le passage.
- Le signalement à la plateforme employée. Messagerie, réseau social, hébergeur du site. Un compte signalé par plusieurs personnes finit par tomber.
- Et l’association d’aide aux victimes de votre département. Elle accompagne les démarches gratuitement, y compris quand on ne sait pas par où commencer.
Les trois objections que j’entends, et ce que j’y réponds
« Cela ne servira à rien, il est en Afrique. » Peut-être. Il est aussi parfois en France, ou en Belgique, ou ailleurs en Europe : beaucoup de comptes affichent une origine qu’ils n’ont pas. Et un signalement sert même quand il n’aboutit pas pour vous : il alimente un dossier qui servira à quelqu’un d’autre.
« J’ai honte, on va me juger. » Les personnes qui reçoivent ces plaintes en voient toutes les semaines, de tous les milieux. Vous ne serez ni le premier ni le plus naïf.
« J’ai peur qu’il se venge. » J’y consacre une partie entière plus bas, parce que cette peur est fabriquée et qu’elle est le dernier verrou.
En parler à une personne
Cinquième geste, et c’est celui qu’on saute toujours
Une personne, une seule, en qui vous avez confiance. Pas toute la famille, pas les réseaux : quelqu’un.
Voici pourquoi cela compte plus que le reste. Un marabout escroc a besoin de trois conditions : que vous soyez seul, que vous ayez honte, et que vous croyiez qu’il détient quelque chose sur vous. Le fait d’en parler détruit la première, affaiblit la deuxième, et permet à quelqu’un d’examiner la troisième à froid.
- Choisissez quelqu’un qui ne jugera pas votre passage chez un marabout escroc. Pas nécessairement le plus proche : parfois un collègue, une voisine, quelqu’un d’un peu extérieur convient mieux qu’un parent.
- Montrez-lui les messages du marabout escroc. Pas votre résumé : les messages. Une personne extérieure voit en trois minutes ce que vous ne voyez plus.
- Dites le montant réel versé au marabout escroc. C’est la partie la plus difficile et elle est nécessaire, notamment si vous avez emprunté.
- Et demandez-lui de vous rappeler dans une semaine. Simplement pour savoir si vous avez repris contact avec l’escroc. Beaucoup de gens le font sans le vouloir.
Si vous ne pouvez vraiment le dire à personne
Cela arrive, et je le comprends. Écrivez-le alors quelque part : un carnet, un fichier, un courriel que vous ne postez pas. Sortir l’histoire de votre tête change déjà la manière dont vous la regardez. Et une association d’aide aux victimes écoute sans connaître votre entourage.
Marabout escroc : ce qui se récupère
La vérité, plutôt qu’un espoir vendu
Je vais être franc parce que personne ne l’est sur ce point, et parce que de faux espoirs vous coûteront encore.
- L’argent versé à un marabout escroc se récupère parfois, et rarement en totalité. Cela dépend du canal, de la rapidité, et de votre banque. Une contestation de carte bancaire faite dans les jours qui suivent a des chances réelles. Une recharge prépayée versée il y a trois mois, quasiment aucune.
- Vos documents ne se récupèrent jamais. Une image envoyée est une image copiée. Ce qui se traite, c’est la suite : surveiller ce qui s’ouvre à votre nom et contester le cas échéant.
- Vos photographies non plus. Si elles sont intimes, il existe des dispositifs de retrait en ligne et des associations spécialisées. Ne payez jamais pour une suppression.
- Le temps ne se récupère pas. Les mois passés à attendre un résultat sont perdus, et c’est souvent ce qui pèse le plus longtemps.
- Et ce qui vous avait amené est toujours là. La rupture, la difficulté, la peur. Elle n’a pas bougé, et elle mérite maintenant d’être traitée là où elle se traite.
Pourquoi je vous dis cela plutôt que de vous rassurer
Parce que la promesse de récupération est le hameçon du second commerce. Celui qui vous jure qu’il fera revenir votre argent vous vend exactement le même type de promesse que celui qui vous a pris.
Marabout escroc : le second commerce
Il rapporte autant que le premier, et il vise les mêmes personnes
Voici la partie que je tenais le plus à écrire, parce qu’elle décrit ce qui va probablement vous arriver dans les semaines qui viennent.
Une fois qu’une personne a payé un marabout escroc, elle devient une cible identifiée. Son nom, sa situation et sa disposition à payer sont connus, et parfois revendus.
- Le sauveur qui apparaît après le marabout escroc. Un compte vous écrit, dit avoir vu votre commentaire ou votre publication, et propose de réparer ce qui vous a été fait. Personne de sérieux n’écrit le premier.
- Le confrère qui accuse le premier marabout escroc. Il vous explique que le premier était un charlatan, que lui est authentique, et qu’il faut lever le travail mal fait. Un praticien qui prétend réparer le travail d’un autre commet la même faute que celui qu’il dénonce.
- Le récupérateur de fonds, troisième visage du marabout escroc. Il affirme pouvoir faire revenir votre argent contre une commission versée d’avance. C’est une escroquerie caractérisée, et elle vise spécifiquement les victimes.
- Le faux avocat, quatrième visage du marabout escroc. Frais de dossier, honoraires d’avance, prétendue procédure internationale. Les vraies associations d’aide aux victimes ne demandent rien.
- Et le témoignage sous les commentaires. Quelqu’un raconte avoir été volé puis sauvé par un tel, avec un contact. Ces témoignages sont produits en série ; j’en montre la fabrication dans le guide sur les cinq couches d’une page.
La règle qui vous protège de tout cela
Une seule, et elle est absolue pendant les six prochains mois : ne versez rien à personne, quelle que soit la raison invoquée. Ni pour réparer, ni pour annuler, ni pour récupérer, ni pour vous protéger.
Cette règle vaut pour moi comme pour n’importe qui. C’est même la raison pour laquelle cette page ne mène à aucune proposition.
Marabout escroc : les six phrases pour vous retenir
Vous en entendrez au moins trois
Quand vous cesserez de payer, l’escroc ne disparaîtra pas immédiatement. Il essaiera d’abord de vous ramener, et il dispose d’un répertoire limité.
- « Le travail est commencé », première phrase du marabout escroc. La plus employée. Elle transforme votre refus de payer en risque pour vous. Rien n’a été commencé.
- « Il ne manque qu’une dernière étape », deuxième phrase du marabout escroc. Il en manquera toujours une. C’est la définition même de ce système.
- « Vous allez tout perdre ce qui a déjà été fait. » Elle joue sur ce que vous avez déjà versé pour vous en faire verser davantage.
- « Les esprits sont déjà engagés. » La version religieuse de la même menace. Aucune tradition ne fonctionne ainsi, et je l’explique dans le guide sur les quatre peurs fabriquées.
- « Je vais vous faire un geste. » Un rabais, un délai, un cadeau. Le rabais existe pour vous garder dans la conversation.
- Et « vous avez signé un pacte ». La plus grave, et elle vise ceux qui commencent à parler de plainte. Aucun engagement de ce type n’existe, et l’invoquer relève de la menace.
Ce qu’il faut faire face à ces six phrases
Rien. Ne répondez pas, n’argumentez pas, ne réclamez pas. Bloquez et capturez. Toute réponse, même un refus ferme, relance la conversation et prouve que le numéro est actif.
Ce que je vois passer, en trente ans
Six constats, sans statistique inventée
Je ne vais donner aucun pourcentage : je n’en ai aucun de vérifiable, et ce serait exactement le procédé que dénonce cette page. Voici en revanche ce que je constate, semaine après semaine, chez ceux qui m’écrivent après être passés par un marabout escroc.
- Presque personne n’a versé une seule fois à un marabout escroc. La quasi-totalité décrit trois, cinq, parfois quinze versements étalés sur des mois. Le premier était toujours modeste.
- Presque personne n’en a parlé. Ni au conjoint, ni à un ami. C’est ce que je lis le plus souvent, et c’est ce qui a permis à la durée de s’installer.
- Beaucoup ont été contactés en premier. Un message reçu sans l’avoir demandé, un commentaire sous une publication où ils exprimaient une difficulté.
- Presque tous ont franchi une limite qu’ils n’auraient pas franchie. Envoyer une pièce d’identité, accepter une recharge prépayée, garder le secret. Ils le savaient sur le moment et ils l’ont fait quand même.
- Beaucoup ont été relancés par un second. Dans les semaines qui ont suivi, un autre compte leur a proposé de réparer. Le fichier circule.
- Et presque tous s’excusent en m’écrivant. C’est ce qui me frappe le plus après trente ans : des personnes volées commencent leur message par des excuses.
Le récit type, celui que je lis presque chaque semaine
Il ressemble à ceci, et je le résume sans citer personne.
Une rupture, ou un décès, ou un licenciement. Quelques nuits sans dormir. Une recherche tard le soir, un compte trouvé, ou un message reçu. Une conversation longue et chaleureuse où l’on se sent enfin écouté. Une somme modeste demandée pour commencer, versée sans hésitation parce qu’elle est raisonnable.
Puis un obstacle. Puis un complément. Puis une urgence. Puis le silence, quand il n’y a plus rien à prendre.
Ce qui revient dans tous ces récits, c’est la qualité de l’écoute initiale. Personne ne se fait prendre par quelqu’un de brutal : on se fait prendre par quelqu’un de patient, disponible, qui pose des questions et se souvient des réponses. C’est ce qui rend l’affaire si douloureuse à raconter ensuite.
Ce que j’en tire
Que ce n’est pas une affaire de naïveté mais de méthode. Les mêmes procédés, dans le même ordre, produisent les mêmes effets sur des gens très différents. Un enseignant, une infirmière, un chef d’entreprise : je reçois les trois, avec des récits presque identiques.
Et que la seule protection qui fonctionne vraiment est celle qui ne demande aucune compétence : ne jamais répondre à qui écrit le premier, ne jamais payer par un moyen intraçable, et ne jamais accepter le secret.
Comment savoir si vous êtes en train de vous faire prendre
Pour ceux qui n’ont pas encore tout versé
Une partie de ceux qui arrivent sur cette page ne sont pas au bout : ils ont versé une fois, ils hésitent pour la deuxième, et ils cherchent à savoir. Voici les repères, et un seul suffit.
- Le montant a bougé depuis l’annonce. Un praticien honnête annonce une somme unique, par écrit, avant de commencer, et elle ne change plus. Chez un marabout escroc, elle augmente toujours.
- Un obstacle est apparu. Une force contraire, une protection adverse, un travail plus lourd que prévu. C’est le mot qui précède chaque nouveau versement.
- On vous presse. Une date, une nuit précise, une lune. L’urgence sert à empêcher les vingt-quatre heures qui auraient tout changé.
- Le marabout escroc vous a demandé le secret. C’est le signal le plus décisif de tous, et le plus négligé.
- Le moyen de paiement a changé. On commence par un virement et l’on finit par une recharge. Ce glissement précède presque toujours la disparition.
- Et vous n’osez plus poser de questions. Quand vous vous surprenez à ne pas demander ce que vous voudriez savoir, la relation a déjà basculé.
Ce que vous faites si vous vous reconnaissez
Vous n’avez pas besoin d’être certain. Arrêtez de verser et attendez trois semaines. Si l’homme en face est honnête, il attendra sans insister. S’il est un marabout escroc, la pression montera dans les jours qui suivent, et vous aurez votre réponse sans avoir rien risqué.
C’est le test le moins coûteux que je connaisse, et il fonctionne sur tout le monde, moi compris.
Ce que vous pouvez m’écrire, et ce que je répondrai
Pour que vous sachiez exactement à quoi vous attendre
Beaucoup de gens hésitent à écrire après avoir été volés, et c’est une prudence saine. Voici donc, à l’avance, ce que contiendra ma réponse.
- Aucune proposition de travail. Ni ce jour-là, ni dans les semaines qui suivent. Vous venez de perdre de l’argent chez un marabout escroc : le pire moment pour en engager d’autre.
- Aucun jugement sur ce que vous avez fait. Ni sur le montant, ni sur le temps que cela a duré, ni sur le fait d’avoir cru.
- Aucun nom de marabout escroc cité. Je ne vous dirai pas si celui que vous nommez est connu de moi, et je ne dirai de mal de personne nommément.
- Des questions sur le marabout escroc, plutôt que des affirmations. Par quel canal avez-vous payé, quand, avec quel moyen, et avez-vous encore accès à la conversation.
- Et les mêmes conseils que sur cette page. Je n’ai rien de secret à ajouter, et c’est précisément la preuve que cette page n’est pas une accroche.
La seule chose que je vous demanderai
De ne verser à personne, moi compris, pendant plusieurs mois. Votre satisfaction est ma préoccupation, et non votre paiement, cette phrase figure sur toutes mes pages, et elle prend ici son sens le plus concret : il n’y a rien à vous vendre aujourd’hui.
Écrivez-moi par le formulaire de ce site si vous voulez simplement raconter ce qui s’est passé. Beaucoup de gens le font, et cela ne mène à rien d’autre qu’à une conversation.
La honte, et pourquoi elle protège l’escroc
Cinq observations, et elles valent pour presque tout le monde
C’est la partie dont personne ne parle, et c’est pourtant elle qui explique pourquoi un marabout escroc peut travailler dix ans sans être inquiété.
- On se juge plus durement que le marabout escroc lui-même. Les mots qui reviennent dans les messages que je reçois sont toujours les mêmes : j’ai été bête, j’ai honte, je n’aurais jamais dû. Aucun proche n’emploierait ces mots.
- On ne parle donc à personne du marabout escroc. Ni au conjoint, ni à la famille. Ce silence est exactement ce qui a permis à la relation de durer des mois.
- On ne signale pas. Par crainte du regard, ou parce qu’on croit que cela ne mènera nulle part. Résultat : les faits ne sont jamais enregistrés.
- On continue parfois pour ne pas admettre. C’est le mécanisme le plus douloureux : arrêter reviendrait à reconnaître que tout est perdu, alors on verse encore.
- Et l’on s’excuse en écrivant. Une grande partie des messages que je reçois sur ce sujet commencent par des excuses. Des personnes qui ont été volées s’excusent auprès de moi.
Le cas de ceux qui ont emprunté
Il faut le traiter à part, parce que c’est la situation la plus lourde et qu’elle arrive souvent. Une part de ceux qui m’écrivent n’ont pas seulement perdu leur argent, ils ont emprunté pour payer, à une banque, à un organisme de crédit, ou pire, à leur famille.
La dette, elle, ne disparaîtra pas avec le compte de l’escroc. Elle continue de courir, et elle rappelle chaque mois ce qui s’est passé.
Deux choses valent d’être sues. Un crédit contracté peut parfois être réaménagé, et cela se demande, un point-conseil budget ou une assistante sociale examinent cela gratuitement. Et une dette envers un proche se dit : la cacher coûte davantage, sur des années, que la conversation redoutée.
C’est aussi la raison pour laquelle je n’accepte rien de quelqu’un dans cette situation, quel que soit ce que montrerait un examen. Le sujet est développé dans le guide sur les cinq marches de la pente.
Ce que je réponds à chacune de ces personnes
La même chose, et je la mets ici parce qu’elle vous concerne peut-être. Vous n’avez pas été bête. Ces gens travaillent la persuasion toute la journée, ils repèrent une difficulté en trois messages, et ils prennent chaque semaine des enseignants, des infirmières, des cadres et des chefs d’entreprise.
Et vous n’étiez pas dans votre état normal. On ne consulte pas un praticien un jour où tout va bien : on le fait après une rupture, un décès, un licenciement, une peur. Ce qui a été exploité, c’est ce moment-là, pas votre intelligence.
Si c’est un proche qui a été volé
Cinq choses à faire, et une à ne surtout pas faire
Une part de ceux qui lisent cette page ne sont pas concernés directement : c’est leur mère, leur sœur, leur conjoint qui verse à un marabout escroc depuis des mois. Voici ce qui aide et ce qui aggrave.
- Ne vous moquez jamais. C’est l’erreur qui ferme tout. Une personne qu’on ridiculise cesse de parler et continue en cachette. C’est la seule chose à ne surtout pas faire.
- Demandez à voir les messages. Sans commenter d’abord. Lire ensemble une conversation à froid produit plus d’effet que tous les arguments.
- Posez des questions plutôt que des affirmations. Que t’a-t-il promis exactement, pour quelle date, et que se passe-t-il si tu arrêtes maintenant. Les réponses font le travail.
- Proposez d’appeler la banque ensemble. La honte empêche souvent de faire seul une démarche pourtant simple.
- Et restez disponible après. Le moment le plus fragile n’est pas la découverte, c’est la semaine qui suit, quand l’escroc revient avec ses six phrases.
Ce qu’il faut accepter
Vous ne convaincrez peut-être pas du premier coup, et c’est normal. Personne n’abandonne en une conversation quelque chose sur quoi il a misé des mois et beaucoup d’argent. Ce que vous obtenez, en revanche, c’est que la personne ne soit plus seule, et c’est cela qui finit par casser la relation avec l’escroc.
Et si vous voulez qu’elle parle à quelqu’un de ce milieu, dites-lui de m’écrire : je ne lui proposerai rien et je lui dirai ce qui est écrit sur cette page.
Marabout escroc : si l’on vous menace
Le dernier verrou, et il est fabriqué
Quand vous cesserez de payer, il arrive qu’on passe de la persuasion à la menace. Elle prend toujours l’une de ces formes.
- La menace spirituelle du marabout escroc. Un malheur annoncé, un retour de bâton, un danger sur vos enfants. C’est le procédé le plus lâche de ce métier et il n’a aucun fondement dans les traditions que je connais.
- La menace de divulgation du marabout escroc. On révélera à votre entourage que vous avez consulté, ou l’on publiera vos messages. Le chantage est un délit distinct et plus grave que l’escroquerie initiale.
- La menace par vos documents. Si vous avez envoyé une pièce d’identité ou des photographies, on vous laissera entendre qu’elles peuvent servir.
- Et la menace envers un proche. Elle vise en général un enfant, parce que c’est là que la peur est la plus forte.
Ce qu’il faut savoir sur ces menaces
Deux choses, et elles renversent complètement le rapport de force.
Une menace est un délit, et elle met celui qui la formule dans une position bien plus grave que la vôtre. Il vient de transformer une escroquerie difficile à poursuivre en un fait qui l’expose davantage. Conservez précieusement ces messages : ce sont vos meilleures pièces.
Et sur la menace spirituelle, je vais être aussi net que possible, en tant que prêtre du vodun. Ma tradition ne prévoit rien de tel. Un homme qui annonce un malheur pour se faire payer sort de toute pratique religieuse et emploie simplement la peur comme un outil commercial. J’y consacre un guide entier.
Ce que vous faites concrètement
Ne répondez pas. Capturez. Bloquez sur tous les canaux. Et signalez cette menace précisément, en la citant, à la plateforme et dans votre plainte. Si la menace vise un enfant ou devient explicite, contactez la police sans attendre.
Recommencer un jour, ou pas
Ce que je réponds à ceux qui reviennent six mois plus tard
Beaucoup de gens me demandent, après tout cela, s’ils doivent renoncer complètement. Voici ma réponse, et elle ne va pas dans le sens de mes intérêts.
- Rien ne vous oblige à recommencer. Une partie de ceux qui traversent cela découvrent que ce qu’ils cherchaient se traitait ailleurs, et ils ont raison de s’arrêter là.
- Si vous recommencez, laissez passer des mois. Pas des semaines. Le temps que l’état qui vous a rendu vulnérable soit derrière vous.
- Ne choisissez plus jamais un marabout escroc qui vous écrit le premier. C’est la règle la plus simple et elle élimine la majorité des escrocs.
- Vérifiez avant de parler à un autre marabout escroc éventuel. Le nom, l’image du profil, le numéro, l’ancienneté. Trois minutes, et j’en décris la méthode dans le guide sur les six signaux.
- Et posez la question du paiement au premier message. Comment se paie un travail chez vous. La réponse tranche presque toujours.
Le seul repère qui vaut vraiment
L’ordre. Un praticien qui examine avant de facturer prend le risque à votre place ; un praticien qui facture avant d’examiner vous le fait porter. Tout le reste, les promesses, les témoignages, les images, se juge à partir de là. Le sujet est développé dans le guide sur ce qui est gratuit et ce qui ne l’est pas.
Marabout escroc : ce que je fais et ce que je refuse
Sur ce sujet précisément
Je m’appelle Maître Luc, Wêtê Agbonon à l’état civil. Je suis prêtre du vodun et bokonon du Fâ, initié dans ma famille, et je travaille au temple de Sakété depuis plus de trente ans.
Je vous écoute, gratuitement
Aussi longtemps qu’il le faut, y compris si vous avez seulement besoin de raconter ce qui s’est passé à quelqu’un qui connaît ce milieu de l’intérieur.
Je n’ouvre aucun dossier dans ce cas
Pas de montant, pas de proposition, pas d’examen conduit dans la foulée. Vous venez de perdre de l’argent : vous n’allez pas en engager d’autre aujourd’hui, chez moi ou ailleurs.
Je ne répare jamais le travail d’un autre
C’est un interdit constant de ma pratique, et il vaut particulièrement ici. Un praticien qui prétend lever ce qu’un confrère aurait fait vend exactement la même chose que celui qu’il dénonce.
Et je ne dis de mal de personne nommément
Je décris des procédés, jamais des personnes. Non par prudence, mais parce qu’accuser publiquement un confrère est le premier argument de vente du second commerce.
Mon engagement sur cette page
Cette page ne mène à rien. Aucun travail, aucun montant, aucune proposition. Si vous m’écrivez après l’avoir lue, vous recevrez une écoute et les mêmes conseils que ceux qui sont écrits ici.
Je ne promets rien avant l’examen, et je m’engage après. Sur ce terrain précisément, cela veut dire que je n’ouvre aucun dossier tant que vous n’êtes pas sorti de ce qui vient de vous arriver.
Ce que je refuse : réparer le travail d’un autre, lever ce qui aurait été fait, promettre une récupération d’argent, désigner nommément un praticien, ouvrir un dossier pour quelqu’un qui vient de payer ailleurs.
Et si dans plusieurs mois vous souhaitez que nous regardions ce qui est resté ouvert derrière vous, l’écoute et l’examen du Fâ seront gratuits ce jour-là comme aujourd’hui. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ, et je ne prends votre argent que si je peux agir.
Racontez ce qui s’est passé, sans rien engager
Je ne vous proposerai aucun travail et je ne vous demanderai rien. Vous repartirez avec ce qui est écrit sur cette page, et la conviction que vous n’êtes ni le premier ni le dernier.
Gratuit, confidentiel, sans engagement. Je ne m’engage qu’après l’examen du Fâ. Quand je m’engage, je conduis le travail moi-même, jusqu’au bout, et je reste joignable après. Je ne prends votre argent que si je peux agir.
Aucun dossier n’est ouvert pour quelqu’un qui vient de payer ailleurs. Prendre après un escroc, c’est terminer son travail.
Maître Luc
Wêtê Agbonon à l’état civil · Marabout et prêtre vodun, bokonon, Sakété, Bénin
Marabout et prêtre vodun, initié par transmission familiale, plus de trente ans de pratique au temple de Sakété, consultations à distance depuis la France, la Belgique, la Suisse et le Canada. Apparaît comme prêtre vaudou dans un reportage de France 24 tourné à Gogotinkpon, le village de sa mère. Son parcours complet.
Questions fréquentes
Les réponses courtes, sans détour
Puis-je récupérer mon argent ?
Parfois, et rarement en totalité. Cela dépend du moyen employé et de la rapidité. Contactez votre banque aujourd’hui, pas la semaine prochaine.
Faut-il payer pour faire annuler le travail ?
Jamais. C’est le second commerce, et il rapporte autant que le premier. Ne versez rien à personne pendant plusieurs mois.
On me menace d’un malheur si j’arrête
Ma tradition ne prévoit rien de tel. Une menace est un délit, et elle expose celui qui la formule bien plus que vous.
Pouvez-vous réparer ce qui a été fait ?
Non, et personne ne le peut. Un praticien qui prétend lever le travail d’un autre vend la même chose que celui qu’il dénonce.
Dois-je porter plainte ?
Oui, même si vous doutez que cela aboutisse. Un signalement alimente un dossier qui servira à d’autres, et la démarche est gratuite.
J’ai envoyé ma pièce d’identité, que faire ?
Surveillez ce qui s’ouvre à votre nom et contestez le cas échéant. Ne payez jamais pour une suppression.
Allez-vous me proposer un travail ?
Non, pas aujourd’hui. Je n’ouvre aucun dossier pour quelqu’un qui vient de perdre de l’argent chez un praticien.
Puis-je reconsulter un jour ?
Oui, dans plusieurs mois. Et jamais quelqu’un qui vous aura écrit le premier.
Maître Luc · Wêtê Agbonon · Temple de Sakété
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